Mgr Antoine Ricard (1834–1895)
- Jeanne d’Arc la Vénérable (1894)
Chronologie
1834
- 2 déc.Naissance de Esprit-Antoine-Charles Ricard à La Ciotat, fils de Joseph Ricard (29 ans, directeur de l’Enseignement mutuel) et de son épouse Magdelaine Cardonnet (29 ans).
1841
(6 ans)- 1841–1853Il étudie au petit séminaire de Marseille, plus connu sous le nom de Collège catholique (du Sacré-Cœur).
1851
(16 ans)-
En classe de seconde il a pour professeur l’abbé Antoine Bayle.
L’année suivante (22 avril 1852) il assiste avec émotion à la réception de son professeur à l’Académie de Marseille (élu le 23 mars). Ce jour-là, confiera-t-il plus tard, naît en lui l’ambition de devenir membre de l’institution (discours de réception, 15 juin 1890).
1853
(18 ans)-
Il entre au grand séminaire de Marseille.
1857
(22 ans)-
Il est ordonné prêtre par l’évêque Mgr de Mazenod.
Eugène de Mazenod (1782-1861) est le fondateur de la congrégation missionnaire des Oblats de Marie-Immaculée.
Il est nommé vicaire de l’église Saint-Laurent à Marseille, puis de l’église Saint-Vincent-de-Paul.
1858
(23 ans)-
Il publie la première traduction en français des Œuvres complètes de saint Louis de Gonzague.
Cela marque le commencement d’une carrière littéraire longue et prolifique.
1860
(25 ans)- 1860–1861
Il publie la Religieuse en oraison, quatre volumes de méditations pour chaque jour de fête de l’année chrétienne, à l’usage des communautés religieuses contemplatives, hospitalières et enseignantes. En 1864, la France littéraire nous apprend que 80 maisons-mères avaient adopté l’ouvrage.
1861
(26 ans)-
Il est nommé professeur au Collège catholique et aumônier au pensionnat des religieuses de Saint-Joseph de Cluny.
Au printemps, il entre en contact avec Mgr de La Bouillerie, évêque de Carcassonne, dont il souhaite développer les Sujets de méditations sur l’Eucharistie ; ce dernier l’encourage. En mai 1862 l’ouvrage initulé : Sujets de méditations pour l’adoration perpétuelle, obtient l’approbation du nouvel évêque de Marseille, Mgr Cruice, successeur de Mazenod.
C’est sans doute à cet époque que Mgr de La Bouillerie le nomme chanoine honoraire de Carcassonne.
- 1er déc.Il fonde la Semaine liturgique de Marseille, bulletin hebdomadaire, qu’il dirigera pendant quinze ans.
1862
(27 ans)- 20 mar.Il accompagne Mgr Cruice lors de sa réception à l’Académie de Marseille.
1865
(30 ans)- 31 maiIl est reçu docteur en théologie à la Sorbonne.
- sep.Mgr Cruice le nomme chanoine honoraire de Marseille.
1866
(31 ans)-
Mgr Place succède à Mgr Cruice à l’évêché de Marseille et fait de Ricard son secrétaire.
- 1866–1879Il entame la publication des Douze Mois sanctifiés par la prière, collection consacrée à la méditation, régulièrement rééditée et enrichie de nouveaux volumes.
1870
(35 ans)-
Concile Vatican I. — Mgr Place, l’un des pères conciliaires, appartient à la minorité opposée au dogme de l’infaillibilité pontificale. Ricard, lui, soutient activement sa proclamation dans la Semaine liturgique, et quittera bientôt son poste de secrétaire.
- oct.Le Collège catholique devient l’École Belsunce. L’établissement est dirigé par l’abbé François Jauffret (1833-1902), d’un an son aîné et originaire comme lui de La Ciotat.
1878
(43 ans)- 1878–1885
Il est nommé professeur de dogme à l’Université d’Aix. Il sera le dernier titulaire de la chaire.
La loi de finances du 21 mars 1885 supprimait les crédits alloués aux facultés de théologie catholiques au sein de l’Université publique, ce qui entraîna leur disparition dès la rentrée suivante.
1880
(45 ans)- 17 maiLe cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, le nomme chanoine honoraire de Bordeaux.
1881
(46 ans)- 1881–1885Publication de l’École Menaisienne, cinq volumes sur Lamennais, Gerbet, Lacordaire, Montalembert et Rohrbacher, édité chez Plon.
1882
(47 ans)- 16 maiLéon XIII l’élève à la dignité de Prélat de la Maison de Sa Sainteté.
1886
(51 ans)-
Xavier Gouthe-Soulard, 66 ans, est nommé archevêque d’Aix-en-Provence et consacré le 25 juillet. Il fait de Ricard l’un de ses vicaires.
1887
(52 ans)-
Il est donné
chanoine d’honneur de Chambéry
dans sa Vie de Mgr de La Bouillerie. 1888
(53 ans)- 1888–1895Il entame la publication chez Vitte du Grand Siècle, série interrompue par sa mort après six volumes : Bossuet (1888), Corneille (1889), Boileau (1890), La Bruyère (1892), Mme de Sévigné (1893), La Fontaine (1895).
1889
(54 ans)-
Il est élu à l’Académie de Marseille (fauteuil 18 de la classe des lettres, en remplacement de Pierre Boudeville) ; il prononce son discours de réception dans la séance publique du 15 juin 1890.
Lire : Discours de réception (Mémoires de l’Académie, années 1888-1892, p. 205, Gallica)
1892
(57 ans)-
Mgr Gouthe-Soulard le choisit pour vicaire-général.
- 24 nov.Ses deux volumes : Correspondance diplomatique et mémoires inédits du cardinal Maury (1891) sont honorés par l’Académie française.
1893
(58 ans)- sep.Ricard accompagne son évêque pour un grand pèlerinage national à Lourdes.
1894
(59 ans)-
Il est élu président de l’Académie de Marseille.
- 27 jan.Léon XIII publie le décret ouvrant le procès de canonisation de Jeanne d’Arc, la déclarant de fait Vénérable.
- 20 avr.
Parution de Jeanne d’Arc la Vénérable, biographie rédigée à l’instigation de Mgr Gouthe-Soulard, et basée sur les documents présentés lors du procès d’introduction de la cause de canonisation.
Des extraits de la préface de Mgr Gouthe-Soulard avaient paru dans la presse la semaine précédente (Le Figaro, La Vérité, 10 avril, La Croix, Le Gaulois, 11 avril, etc.).
Mark Twain le cite comme l'une de ses sources historiques de sa Jeanne d'Arc (Personal Recollections of Joan of Arc, 1896).
1895
(60 ans)- 26 mar.Il décède subitement des suites d’un malaise survenu alors qu’il sortait d’une séance de l’Académie de Marseille (le 21 mars).
Références
Bibliographie
Liste non exhaustive.
- Œuvres complètes de saint Louis de Gonzague, recueillies et traduites pour la première fois en français (Paris, Sarlit, 1858, in-18 ; 2e éd. revue et augmentée, 1859, XXXI et 327 p.) ;
- Notice historique sur le sanctuaire de Notre-Dame-de-Santé à Carpentras, par l’abbé R… (Carpentras, Grivot-Proyet, 1859, Gallica) ;
- Notice sur la vie de messire J.-M. Barthélemy, ancien vicaire à La Ciotat, curé d’Auriol (Wassy, et Paris, Sarlit, 1860, in-18) ;
- La Religieuse en oraison méditant sur la vie et l’esprit de Notre-Seigneur (Paris, Sarlit, 1860-1861, 4 gros vol. in-12) : 1. Vie cachée et vie souffrante du Sauveur ; 2. Vie souffrante et vie glorieuse du Sauveur ; 3. Vie publique et vie eucharistique du Sauveur ; 4. Vie publique du Sauveur ;
- Nouveau mois de Marie de l’enfance et de la jeunesse ou Dialogues sur toutes les circonstances de la vie de la sainte Vierge (Paris, Sarlit, 1860, in-18) ;
- Vie de saint Siffrein, évêque et patron de Carpentras, par l’abbé R… (Carpentras, Rolland, 1860, Gallica) ;
- Explication du Symbole des apôtres, traduite (du latin) du cardidal Bellarmin, publiée avec l’approbation de Mgr de Mazenod (Paris, Paulmier, 1861, in-18 de 119 p.) ;
- L’Adoration perpétuelle, ou Nouveau manuel très complet de dévotion (Paris, Sarlit, 1861, in-18 de 214 p.) ;
- Nouveau Psautier complet des écoles primaires (Paris, Sarlit, 1861, in-18 de XVI et 272 p.) ;
- Notice historique sur le Saint-Mors de l’empereur Constantin, conservé dans l’église de Saint-Siffrein à Carpentras (Lyon, J.-B. Pélagaud, 1862) ;
- La Couronne du rosaire (Paris, Ruffet, 1862, in-32) ;
- Nouveau Mois du Saint-Sacrement (Paris, 1863, in-18) ;
- Avant et après la sainte communion, traduit du latin du R. P. J. M. Lercari (Paris, 1863, in-18 ; éd. en 1909) ;
- Œuvres de Jacques Marchant (Paris, 1863-1865, 9 vol. in-8) ;
- La Passion et le Calvaire, traduit de saint Alphonse-Marie de Liguori (Paris, 1863, in-18) ;
- La Crèche et le tabernacle (Paris, Ruffet, 1864, in-32), méditations de Mgr de la Bouillerie, développées ;
- Journée du chrétien (Marseille, 1864, Vve Chauffard, in-32) ;
- Sujets de méditations pour l’adoration perpétuelle, de Mgr de la Bouillerie (Paris, Ruffet, 1864, in-18 ; 4e éd. Paris/Bruxelles, Ruffet, 1869, Google) ;
- La Vengeance d’un ci-devant (Tournai, Casterman, 1864, in-8), sous le pseudonyme René d’Arioul ;
- Vie de Mgr Jean-Baptiste Gault, évêque de Marseille, 1595-1643 (Paris, Palmé, 1864, in-8) ;
- Petit Traité sur les petites vertus, de l’abbé comte Roberti, traduction nouvelle (Paris, 1864, in-64) ;
- Anna-Maria Taïgi, sa vie, ses révélations et ses prophéties (Paris, Sarlit, 1865, in-18) ;
- Héléna, ou la Confiance des dames (Tournai, Casterman, 1865, in-18), sous le pseudonyme de René d’Arioul ;
- La Sainte Veille devant l’adorable Eucharistie (Paris, 1866, in-32) ;
- Les Cérémonies de la messe (Paris, 1867, in-18) ;
- La Parole de Pie IX, par l’abbé Marcone, traduit de l’italien par l’abbé Ricard (Paris, Sarlit, 1868, in-8 de 288 p., Google) ;
- Le Carême (Paris, 1869, in-32) ;
- Les Noces d’Or de Pie IX (Paris, Ruffet, 1869, in-12 de 256 p., Google) ;
- Nouvelles Méditations sur l’Eucharistie (Tours, Mame, 1869, in-32 de 462 p., Google) ;
- Les évêques de Marseille, depuis saint Lazare jusqu’à nos jours (Marseille, Vve Chauffard, 1872, 155 p., Google) ;
- Méditations et mémorial de vie chrétienne (Paris, 1870, in-32) ;
- Histoire du cardinal Sadolet, par l’abbé R… (Avignon, Seguin aîné, 1872) ;
- Étude sur Mgr Gaume, ses œuvres, son influence, sa polémique (Paris, Gaume et Duprey, 1872, éd. 1891 Google) ;
- Examen sur les vertus et les pratiques de la vie chrétienne (Lyon, 1873, in-18) ;
- Les pèlerinages de la France à Notre-Dame de Lourdes en 1872 (Paris, Bourguet-Calas, 1873, in-12) ;
- La Virginité chrétienne dans le monde au temps présent (Paris, 1873, in-32) ;
- L’Avent (Paris, 1875, in-32) ;
- Petit Manuel du jubilé (Paris, 1875, in-32) ;
- Symboles et figures de l’Eucharistie dans l’Ancien Testament (Paris, 1876, in-32) ;
- Allocution prononcée à l’occasion du mariage de M. le comte Georges de Sinety et de Mlle Élizabeth de Lyle-Taulane, le 8 septembre 1879, à Taulane (Marseille, Chauffard, 1879, Gallica) ;
- Allocution prononcée à l’occasion du mariage de M. Joseph Chauffard et de Mlle Thérèse Éméric, le 7 février 1880, en l’église Saint-Pierre-Saint-Paul, à Marseille (Marseille, Chauffard, 1880, Gallica) ;
- Allocution prononcée à l’occasion du mariage de M. le comte de Nugent et de Mlle Christine d’Espagnet, le 31 mars 1880 dans l’église Saint-Jean-de-Malte, à Aix (Marseille, Chauffard, 1880, Gallica) ;
- Petite année liturgique (Paris, 1879, 2 vol., in-12) ; réédité l’année suivante sous le titre de Petite année ecclésiastique (Paris, Bray et Retaux, 1880, 2 vol., in-12, t. I : Google) ;
- Les Matinées de l’année pieuse (Paris, 1880, 3 vol. in-18, 2e éd. en 4 vol., 1882, t. I : Google) ;
- L’École Menaisienne (Paris, 1881-1885, 5 vol. in-12, ci-dessous) ;
- Souvenirs du clergé marseillais au XIXe siècle (Marseille, Chauffard, 1881, in-8) ;
- Le Clergé ciotaden au XIXe siècle, discours prononcé dans l’église paroissiale de La Ciotat, à l’occasion de l’ordination de M. l’abbé Louis Briard, le 2 juillet 1882 (La Ciotat, Isnard, 1882) ;
- L’Imitation de saint François d’Assise (Paris, 1883, in-12) ;
- Mgr de la Bouillerie (Paris, Bourguet-Calas, 1883, in-12) ;
- Les Premiers Jansénistes et Port-Royal (Paris, Plon, 1883, in-8, Google) ;
- Rome sous Léon XIII, notes et souvenirs d’un voyage à Rome en 1883 (Paris, Plon, 1884, gr. in-8 de 151 p., Google) ;
- Les Orateurs sacrés contemporains (Marseille, 1884-1885, 5 vol. in-8, t. I : Google) ;
- Une Victime de Beaumarchais (Paris, Plon, 1885, in-12, Gallica) ;
- Manuel complet du jubilé du très saint rosaire (Paris, 1886, in-32) ;
- L’Abbé Maury (1746-1791) (Paris, Plon, 1887, in-12 de 292 p., Gallica) ;
- Un Quart d’heure de méditation (Paris, Haton, 1887, in-32) ;
- Vie de Mgr de la Bouillerie, évêque de Carcassonne, archevêque de Perga, coadjuteur de Bordeaux (Paris, Palmé, 1887, in-8, Gallica, Google) ;
- Une ville de Provence pendant la période révolutionnaire, 1789-1794 (Paris, Plon, 1887, in-12) ;
- Un censeur de livres et de théâtres au XVIIIe siècle (Nîmes, Gervais-Bedot ; Marseille, Chauffard, 1887) ;
- Le bienheureux de La Salle et son œuvre, discours prononcé dans l’église paroissiale de La Ciotat, le dimanche 8 juillet 1888, pour la clôture du triduum solennel célébré en l’honneur de la béatification du fondateur des Frères des écoles chrétiennes (Lyon, Vitte et Perrussel, 1888, in-12 de 30 p., Gallica) ;
- L’Évêque de Nîmes (Nîmes, Gervais-Bedot, 1889, in-8) ;
- Correspondance diplomatique et mémoires inédits du cardinal Maury, 1792-1817 (Lille, Desclée de Brouwer, 1891, 2 vol. in-8, t. I : Gallica, Google, t. II : Gallica, Google) ;
- L’abbé Combalot, missionnaire apostolique, préface de Mgr de Cabrières (Paris, Gaume, 1891, in-18 de XVI et 656 p., Gallica ; 2e éd., 1892, 3e mille Google) ;
- Les Grands évêques de l’Église de France au XIXe siècle (Lille, Desclée de Brouwer, 1892, in-12 de 306 p., Google) ;
- Au pied de l’Eucharistie (Paris, Bourguet-Calas, 1892, in-12) ;
- Monseigneur Freppel (Paris, Dentu, 1892, in-18 de 260 p., Gallica) ;
- Jésus adolescent (Paris/Lille, Lefort, 1892, in-4 de 237 p., Google) ;
- Mes pèlerinages (Lille, 1892, in-8) ;
- Le cardinal Lavigerie, primat d’Afrique, archevêque de Carthage et d’Alger, 1825-1892 (Paris/Lille, Lefort, 1892, in-8 de 494 p., 4e éd. Gallica) ;
- Monseigneur de Mazenod, évêque de Marseille (Paris, Poussielgue, 1892, in-8 de XVI et 474 p., Gallica) ;
- Manuel des familles chrétiennes (Lille, 1893, in-32) ;
- Les Veillées provençales (Paris/Lille, Lefort, 1893, in-8) ;
- Le cardinal Fesch, archevêque de Lyon, 1763-1839 (Paris, Dentu, 1893, 392 p., Gallica) ;
- Monseigneur de Miollis, évêque de Digne, 1753-1843 (Paris, Dentu, 1893, in-12 de 346 p.) ;
- Les Proverbes de mon pays natal (Marseille, 1894, in-8, Gallica) ;
- Le Très cher Frère Trivier, 1817-1893 (Lyon, Vitte, 1894, in-16 de XVI et 219 p., Gallica) ;
- La Mission de la France (Paris, Firmin-Didot, 1894, in-4 de IV et 312 p., Gallica) ;
- Jeanne d’Arc la Vénérable (Paris, Dentu, 1894, in-18 de X et 286 p., Google) ;
- La Vraie Bernadette de Lourdes, lettres à M. Zola (Paris, Dentu, 1894, in-18 de 280 p., Gallica) ;
- Le Concile national de 1811 (Paris, Dentu, 1894, 306 p., 5e éd. Gallica) ;
- Christophe Colomb (Tours, Mame, 1894, in-4 de 399 p., Gallica) ;
- Les Chefs-d’œuvre oratoires de l’abbé Combalot (Paris/Lyon, Delhomme et Briguet, 1894, in-18).
- Saint Antoine de Padoue (Paris, Retaux, 1895, VIII et 404 p., Gallica) ;
- Sainte Claire d’Assise (Lille, Desclée de Brouwer, 1896, in-8 de 236 p., Gallica) ;
Collection : L’École Menaisienne (1881-1885) :
- Lamennais et son école (Didier, 1881, 367 p.) ; Lamennais (Paris, Plon, 1883, in-12 de XIV et 353 p.) ;
- Gerbet, sa vie, ses œuvres (Didier, 1881, 253 p.) ; Gerbet et Salinis (Paris, Plon, 1883, in-12 de XIV et 353 p.) ;
- Lacordaire (Paris, Plon, 1882, in-12 de II et 344 p.) ;
- Montalembert (Paris, Plon, 1884, in-12 de 343 p.) ;
- Rohrbacher (Paris, Plon, 1885, 116 p.) ;
Collection : Le Grand Siècle (1888-1895) :
- Bossuet (Lyon, Vitte et Perrussel, 1888, in-12 de VI et 387 p.) ;
- Corneille (Lyon, 1889, in-12 de III et 346 p.) ;
- Boileau (Lyon, Vitte, 1890, in-18 de VII et 337 p.) ;
- La Bruyère (Lyon, Vitte, 1892, in-18 de 304 p., Gallica) ;
- Mme de Sévigné (Lyon, Vitte, 1893, in-16 de 226 p.) ;
- La Fontaine (Lyon, Vitte, 1895, in-16) ;
Collection : Glanes d’or des Enfants de Marie (Paris, Bourguet-Calas, 1879), dédiée à Mgr de la Bouillerie (petits in-64 de 128 p.) :
- Les Petites vertus, par le comte Roberti, S. J., traduction du chanoine Ricard
- L’Imitation consultée
- Les Petites Fleurs de la vie dévote
- Nos petits mérites
- Plaintes et complaisances
- Le Livre d’or
- Tribut d’honneur à la T.-S. Trinité
- Tribut d’honneur au Sacré-Cœur
- Tribut d’honneur à Marie
- Tribut d’honneur à saint Joseph
- Tribut d’honneur à Jésus-Hostie
- Tribut d’amour à Jésus-Épоuх
- Tribut d’amour aux âmes du purgatoire
- Aux pieds de l’Eucharistie
- Cantique des cantiques
- Trésor des trésors
Collection : Les Douze Mois sanctifiés par la prière (1866-1879, collection enrichies de nouveaux volumes au fil des nombreuses rééditions) :
- Janvier
- Le mois des Étrennes spirituelles (Paris, Périsse, 1886, 200 p., Google) ;
- Le mois de saint François de Sales ;
- Le mois du saint enfant Jésus, avec l’office de la nuit de Noël (Paris, Ruffet, 1867, in-32 ; 2e éd. 1872 ; 3e éd. Paris, Bourguet-Calas, 1875 ; 4e éd. Paris, Périsse, 1882) ;
- Février
- Le mois de la sainte Famille de Nazareth (Paris, Bourguet-Calas, 1877) ;
- Mars
- Le mois consolateur de saint Joseph (Paris, Haton, 1890, in-18 de 252 p., Google ; Lille, 1893, in-8) ;
- Avril
- Le mois de la Passion (Paris, Bourguet-Calas, 1875 ; éd. Périsse en 1878, 1880, 1897) ;
- Mai
- Le mois de Marie, des paroisses et des familles, 32 discours ou lectures sur la vie et les vertus de la T.-S. Vierge, avec des traits historiques (Paris, Palmé , 1874, in-12) ;
- Le nouveau mois de Marie, d’après la vénérable Marie de Jésus d’Agreda ;
- Juin
- Le mois du Sacré-Cœur ; Nouveau mois du Sacré-Cœur de Jésus, d’après la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque (Paris, Ruffet, 1866 ; 2e éd. Paris, Périsse, 1867, Google) ;
- Le mois de saint Louis de Gonzague ;
- Juillet
- Le mois de sainte Marie-Madeleine (Paris, Bourguet-Calas, 1875, in-32, 216 p. ; éd. en 1876, 1886 ; Lille, 1894, in-8) ;
- Le mois de saint Vincent de Paul (Paris, Périsse/Bourguet-Calas, 1878, 254 p., Google) ;
- Le mois de sainte Anne, mère de la Bienheureuse Vierge Marie et aïeule du Christ, dédié aux mères chrétiennes (Paris, Périsse/Bourguet-Calas, 1878, 254 p.) ;
- Août
- Le mois de saint Pierre ; Nouveau Mois d’août, consacré au T. S. et immaculé cœur de Marie (Paris, Ruffet, 1868, in-32 ; 2e éd. 1872 ; 3e éd. Paris, Bourguet-Calas, 1881) ;
- Le mois de saint Dominique, ou le mois d’août consacré à la méditation de la vie et des vertus du Saint patriarche (Paris, Périsse, 1878, 256 p.) ;
- Le mois du Saint Cœur de Marie, avec une notice détaillée sur l’archiconfrérie de N.-D. des Victoires (Paris, Périsse, 1878, 208 p.) ;
- Septembre
- Le mois des Pèlerins ; Nouveau Mois de septembre, consacré Notre-Dame réconciliatrice de la Salette (Paris, Ruffet, 1868, in-32) ;
- Octobre
- Le mois des saints Anges, d’après Henri-Marie Boudon (Paris, Ruffet, 1866 ; 2e éd. 1870 ; 3e éd. Paris, Bourguet-Calas Cie, 1875)
- Le mois du séraphique saint François d’Assise (Paris, Périsse/Bourguet-Calas, 1878, Gallica) ;
- Le mois du Très-Saint Rosaire (Paris, Taffin-Lefort, 1893) ;
- Novembre
- Le mois des Âmes du Purgatoires (Paris, Périsse/Ruffet, 1866) ;
- Décembre
- Le mois des Bergers ;
Directeur de :
- Le Propagateur de la dévotion à saint Joseph et à la sainte Famille (1863-1921), bulletin mensuel du culte perpétuel des confréries, des associations en son honneur et des faveurs obtenues par sa puissante médiation pour demander le triomphe de la sainte Église (fondé et dirigé par le père Joseph Huguet jusque vers 1877, édité par Périsse)
- L’Apostolat des enfants de Marie (1877-1927), bulletin mensuel des associations et congrégations de la Très-Sainte Vierge et des faveurs obtenues par sa puissante méditation pour demander le triomphe de l’Église et le salut de la France
Liens
- La Vénérable Jeanne d’Arc : SciencesPo, Archive (exemplaire SciencesPo), Google
Acte de naissance, Archives des Bouches-du-Rhône, La Ciotat, 1834, p. 33/38
N° 129. Ricard, Esprit-Antoine-Charles. — Du trois décembre mil huit cent trente quatre, à onze heures du matin, acte de naissance d’Esprit-Antoine-Charles Ricard, né hier à une heure après midi en cette ville de la Ciotat, rue Sainte-Barbe, n° 26, fils de Joseph-Esprit Ricard, directeur de l’Enseignement mutuel, âgé de vingt neuf ans, et de Magdelaine Cardonnet, âgée aussi de vingt neuf ans, mariés et domiciliés en cette dite ville, ainsi que m’en a fait la déclaration le dit Joseph-Esprit Ricard et le dit enfant m’ayant été présenté par lui a été reconnu être du sexe masculin. Le tout en présence des sieurs Jean Honoré Gède, propriétaire, âgé de soixante ans et de Pierre Antoine Lambert, employée des ponts et chaussées, âgé de cinquante deux ans ; témoins requis et domiciliés en cette susdite ville. Constaté, selon la loi, par moi Jean-Baptiste-Lazare Reynier, maire de la Ciotat, remplissant les fonctions d’officier public de l’État-civil, soussigné avec le père et les témoins, après que lecture du présent acte leur a été faite. À la Ciotat, en l’hôtel de ville, les jour, mois et an susdits.
Acte de décès, Archives des Bouches-du-Rhône, Marseille, 1895/Mars (4), p. 24/36 :
Ricard, Antoine Charles, 139. — L’an mil huit cent quatre-vingt-quinze, et le vingt-six mars, trois heures et quart. Acte de décès de Antoine Charles Ricard, décédé à Marseille ce matin, sept heure et demie, dans son domicile boulevard Longchamp, 104, âgé de soixante ans, prêtre, célibataire, né à La Ciotat (B. du Rhône) fils de Joseph Esprit Ricard, et de Madeleine Cardonnet, sur la déclaration faite par Vincent Riboulet, âgé de soixante six ans, propriétaire domicilié demeurant ? et Barthélémy Maurin, âgé de soixante cinq ans…
- Académie de Marseille : Généalogie du fauteuil n° 18
- BnF
Prêtre du diocèse de Marseille (ordonné en 1857), vicaire général honoraire d’Aix, chanoine honoraire de Carcassonne, Marseille et Bordeaux. — Professeur de dogme à la Faculté de théologie d’Aix (1878-1885). — Docteur en théologie (1865). — Prélat de la Maison de Sa Sainteté. — Historien, biographe, auteur spirituel, critique littéraire, romancier.
- Le Sémaphore de Marseille
2 décembre 1860, Retronews
Voici les noms des prédicateurs de l’Avent : […] Saint-Laurent, M. l’abbé Ricard, vicaire de Saint-Vincent-de-Paul.
26 février 1865, Retronews
Voici la liste des prédicateurs de la station du Carême dans toutes les églises de la ville et du diocèse de Marseille : […] Les Dames de l’Espérance, M. l’Abbé Ant. Ricard, chanoine honoraire de Carcassonne.
1er décembre 1861, Retronews
Voici les noms des prédicateurs de l’Avent : […] St-Vincent-de-Paul, M. l’abbé Ricard vicaire de la paroisse.
- La France littéraire, t. XII, 1859-1864, Google
Ricard (l’abbé Esprit-Antoine-Charles), gradué en Sorbonne, professeur au petit séminaire et collège catholique de Marseille […]
La Religieuse en oraison, méditant sur la vie et l’esprit de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Cours de méditations pour chaque jour de fête de l’année chrétienne, composé selon la méthode de saint Ignace, d’après les maîtres de la vie spirituelle et les ascétiques modernes les plus autorisés. (À l’usage des communautés religieuses contemplatives, hospitalières et enseignantes. Avec les approbations de six archevêques et quatorze évêques). […] Cet ouvrage paraît appelé au plus grand succès ; déjà tous les journaux religieux en ont rendu un compte élogieux ; 80 maisons-mères l’ont adopté, et l’épiscopat français a adressé plus de vingt lettres fort laudatives à l’auteur. Ce résultat vient surtout de la méthode simple adoptée, consistant à ne donner dans cet ouvrage que la substance des grands maîtres de la vie spirituelle et des ascétiques modernes les plus autorisés. […]
Outre les ouvrages que nous venons de citer, M. l’abbé Ricard a coopéré à diverses grandes publications religieuses, aux suivantes entre autres : 1° l’Encyclopédie théologique, publiée par M. l’abbé Migne. Dans le Dictionnaire des hérésies, de Pluquet, augmenté par l’abbé J.-J. Claris, qui forme les tomes XI et XII de la première série de cette grande Encyclopédie, il a fourni pour le Supplément à l’ouvrage de Pluquet un bon nombre d’articles, qui sont signés : l’abbé Ant. Dr****. Dans le Dictionnaire des anecdotes chrétiennes, par M. l’abbé Paul Jouhanneaud, qui forme le tome X de la seconde série de cette Encyclopédie, il a fourni, sous le voile de l’anonyme un Supplément à cet ouvrage. 2° La Revue de l’art chrétien, publiée par M. l’abbé Corblet, où parmi d’autres articles il a fourni un Essai résumé du symbolisme architectural, réimprimé depuis par plusieurs Revues de province, et nommément par celles d’Avignon et de Toulouse. 3° Diverses Revues de théologie et de prédication, et y a publié des Conférences sur toute la doctrine catholique, un Mois de Marie paroissial, une série d’Homélies sur les évangiles des dimanches et fêtes, et une suite d’Allocutions sur des sujets de circonstance, etc., etc.
M. l’abbé Ricard a en cours de publication ou en préparation diverses Nouvelles morales et quelques Romans religieux. Mgr de La Bouillerie, évêque de Carcassonne, l’a chargé de développer ses célèbres sujets de Méditations sur l’Eucharistie, et de publier ce travail.
- Le Petit Marseillais, 17 mai 1880, Google
Bazas (Gironde), 17 mai, 6 h. 30 s. le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, officiant pontificalement dans notre antique église cathédrale de Bazas, était assisté de votre compatriote, M. l’abbé Ricard, professeur à la Faculté de théologie d’Aix, que le cardinal a nommé, à cette occasion, chanoine honoraire de Bordeaux.
- Dictionnaire Universel des Contemporains, Hachette, 1880, 5e éd., Google
Ricard (l’abbé Antoine), théologien français, né à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), le 2 décembre 1834, fit ses études à Aix, fut ordonné prêtre à Marseille, en 1857 et prit le grade de docteur en théologie, le 31 mai 1865. Chanoine honoraire de Carcassonne, de Marseille et de Bordeaux, il a été nommé, le 1er novembre 1878, professeur de dogme à la Faculté d’Aix. […]
- Encyclopédie des sciences religieuses, t. 13, 1882, p. 176, Gallica
Ricard (l’abbé Antoine), théologien français, né à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), en 1824 [1834], fit ses études à Aix, fut ordonné prêtre à Marseille, en 1857, et prit le grade de docteur en théologie en 1865. Chanoine honoraire de Carcassonne, de Marseille et de Bordeaux, il a été nommé, en 1878, professeur de dogme à la Faculté d’Aix. M. l’abbé Ricard est auteur d’un grand nombre d’ouvrages ascétiques, liturgiques et hagiographiques, parmi lesquels nous citerons la Religion en oraison (1860-61 4 vol.), les Douze mois sanctifiés par la prière (1866-79, 12 vol.), la Journée du chrétien (1866), Chronique des évêques de Marseille (1872), Mois de Marie des paroisses et des familles (1878). On lui doit la traduction des Œuvres de Jacques Marchand (1863-76, 13 vol.), et une édition du même Opera omnia Jacobi Marchandi (1863-70, 6 vol.), les traductions des Œuvres de Justin de Miechow (6 vol.), des Œuvres complètes de saint Louis de Gonzague (1858), de l’Église et de la civilisation, du pape Léon XIII, précédée d’une notice (1878). Il a dirigé, depuis 1861, la Semaine liturgique de Marseille, depuis 1877, l’Apostolat des enfants de Marie, et, depuis 1878, le Propagateur de la dévotion de saint Joseph, Petite année liturgique (1880, 2 vol.), Le pape Léon XIII, Vie de M. J.-B. Gault, évèque de Marseille.
- Prix de l’Académie : La Croix, 25 novembre 1892, Gallica
Académie française. Les prix de vertu. — Ce jeudi [24 novembre], séance publique annuelle à l’Académie française, pour le rapport sur le concours de l’année 1892. […] L’Académie décerne un prix de 1000 francs à Mgr Ricard, prélat du Saint-Siège, pour sa Correspondance diplomatique et ses Mémoires inédits du cardinal Maury.
Les papiers du cardinal étaient soigneusement enfermés dans les archives de sa famille, à Avignon. Il semblait qu’on craignit d’exposer de nouveau à la discussion publique les actes contradictoires du tribun ecclésiastique de la Constituante et de l’archevêque du premier Empire. Ces précieux documents ayant été mis à sa disposition, Mgr Ricard les a réunis dans deux gros volumes. Non seulement un certain nombre de faits politiques de grave importance s’y trouvent expliqués aujourd’hui, mais ces correspondances alertes, spirituelles, qui abondent en tours imprévus, nous révèlent une sorte de sous cardinal de Retz qui parfois brille encore à côté de son chef d’emploi.
- Nécrologies
Le Gaulois, 27 mars 1895, Retronews
On n’apprendra pas sans regrets la mort de Mgr Ricard, dont les récentes polémiques avec M. Zola ont eu tant de retentissement, et dont nos lecteurs ont pu apprécier le talent et l’érudition dans des lettres que nous avons publiées.
Mgr Ricard était âgé de soixante-sept ans. Il était né à la Ciotat, et il s’était fait connaître d’abord par des travaux archéologiques et historiques d’une réelle valeur, qui lui ont valu de devenir directeur de l’académie de Marseille. C’était aussi un théologien apprécié, et il avait été doyen de la Faculté de théologie avant de devenir vicaire général de Mgr Gouthe-Soulard, a l’archevêché d’Aix. Le Pape l’avait récompensé de ses travaux en le nommant prélat romain. Il est mort subitement, à Aix, et cette nouvelle a causé une véritable émotion dans le clergé et une partie de la population du diocèse.
Mgr Gouthe-Soulard en a été particulièrement affecté. Il présidera lui-même les obsèques.
L’Univers, 28 mars 1895, Retronews
Une dépêche de Marseille nous apporte la triste nouvelle de la mort presque subite de Mgr Ricard, prélat de la maison de Sa Sainteté et vicaire général de Mgr Gouthe-Soulard, archevêque d’Aix. Le zélé prélat est mort après quelques heures seulement de maladie. Son âge, 65 ans, permettait d’espérer qu’il pourrait continuer encore longtemps ses utiles travaux. On peut dire qu’il est tombé la plume à la main, car il venait encore de publier récemment des ouvrages remarqués, et nous savions, de bonne source, qu’il avait d’autres travaux en train.
Né à la Ciotat, Mgr Ricard avait souvent consacré sa plume à sa ville natale, mais, prêtre plein de zèle, il l’avait surtout réservée pour la défense de l’Église. Ils sont aussi nombreux qu’utiles les travaux qu’il a publiés, et nous n’avons pas besoin de les rappeler à nos lecteurs qui les connaissent et les apprécient. Qui n’a lu ses études sur le jansénisme et le mennaisianisme, ses travaux sur Maury, dont mieux que personne il a fait revivre la figure complexe, et dont il nous a donné les papiers ; sur le cardinal Fesch, sur Mgr de Mazenod,sur l’abbé Combalot, pour lequel il s’était pris d’une véritable passion, etc. Un de ses derniers fit plus retentissants travaux a été les Lettres à M. Zola sur son triste roman de Lourdes, lettres qui avaient valu à Mgr Ricard les félicitations de Sa Sainteté le Pape Léon XIII.
Mgr Ricard avait été longtemps professeur à la faculté de théologie d’Aix où son enseignement était suivi. Lorsque nos députés, en haine de l’Église, supprimèrent les facultés catholiques, en maintenant les protestantes, le savant professeur ne vit dans les loisirs qui lui étaient faits que le moyen de multiplier ses travaux pour l’Église, et ses meilleurs ouvrages sont peut-être de ces années-là.
Lorsque Mgr Gouthe-Soulard devint archevêque d’Aix, il fit appel au zèle et au dévouement de Mgr Ricard qui fut un de ses vicaires généraux. Mgr Ricard accompagna l’éminent prélat lorsqu’il vint à Paris pour comparaître devant la cour d’appel, et l’on peut croire qu’il eut sa part de la rédaction du livre sur ce retentissant procès ; il avait, du reste, au plus haut degré la confiance du prélat.
Dans un récent voyage à Rome où il était allé porter au Pape l’expression de son ardent dévouement, Mgr Ricard avait été reçu en audience privée par Léon XIII qui lui avait témoigné, une bienveillance toute paternelle ; il nous écrivait combien il en avait été heureux. Cela lui avait donné pour la défense de l’Église comme un renouveau d’ardeur, et il se disposait à réfuter le futur roman de Zola sur Rome, comme il avait réfuté celui de Lourdes.
Son âge, sa forte santé, permettaient de croire qu’il pourrait mener à bonne fin, non seulement cette œuvre, mais d’autres encore. Dieu en a jugé autrement ; il a rappelé à lui le bon serviteur, jugeant sans doute qu’il avait achevé sa besogne et bien fait fructifier le
talent
qu’il lui avait confié. Les prières ne manqueront pas à ce vaillant défenseur de l’Église, que nous n’avons pas besoin de recommander à nos lecteurs.A. Rastoul.
La Vérité, 28 mars 1895, Retronews
L’Agence Havas publie la dépêche suivante :
Marseille, 26 mars. — Mgr Ricard, directeur de l’Académie de Marseille, vicaire général de l’archevêché d’Aix, prélat de la maison de Sa Sainteté, vient de mourir à Marseille dans sa 67e année, à la suite d’une très courte maladie.
Cette mort quasi-soudaine est bien faite pour attrister et surprendre ceux qui, connaissant l’infatigable activité de Mgr Ricard, l’avaient vu naguère encore plein de vie et d’entrain, ayant en préparation quelque nouveau livre dont la publication tentait sans cesse sa plume inépuisable.
Le temps nous manque pour faire la simple énumération des écrits multipliés, en ces dernières années surtout, par Mgr Ricard, avec une prodigieuse fécondité.
Le dernier en date est une vie de saint Antoine, écrite pour aider à la diffusion du culte de ce grand saint, si merveilleusement renouvelé de nos jours par l’abondance des grâces qu’il plaît au célébré thaumaturge d’accorder sans mesure à ceux qui ne lui mesurent pas non plus leur inébranlable confiance.
Dans la plupart des écrits sortis de sa plume, Mgr Ricard faisait apprécier un talent peu commun : celui de vulgariser, sans en diminuer l’intérêt, ce que d’autres, plus savants, peut-être, et travaillant de première main n’auraient pas su rendre également accessible à la grande masse du public. C’est le plus souvent à l’aide de citations heureusement choisies et nombreuses, qu’il faisait connaître et fixait la figure des personnages dont il écrivait l’histoire.
Ajoutons que, doué d’une rare mémoire et en relation avec quantité de gens, Mgr Ricard connaissait à fond les dessous de l’histoire politique et religieuse contemporaine. Aussi sa conversation était-elle remplie d’agrément et de sel.
La confiance dont l’avait honoré Mgr l’archevêque d’Aix en le nommant son vicaire général suffit, en outre, à marquer quelle place il avait prise dans le combat contre les sectes persécutrices. Ce souvenir sera l’honneur de sa mémoire.
Auguste Roussel.
Le Sémaphore de Marseille, 29 mars 1895, Retronews
Hier matin ont eu lieu, au milieu d une assistance nombreuse et recueillie, les obsèques de Mgr Ricard, directeur de l’Académie de Marseille. Dans le cortège, on remarquait Mgr Gouthe-Soulard, archevêque d’Aix, M. le Préfet, M. le général Canonge, Mgr Robert, évêque de Marseille, M. de Roski, président du Tribunal civil, etc., ainsi que les membres de l’Académie de Marseille. La cérémonie religieuse a été célébrée en l’église des Réformés. À la gare, où le convoi funèbre s’est rendu, M. Stephan, directeur de l’Observatoire, parlant au nom de l’Académie, a prononcé un discours ému, que nous publierons demain, le manque de place ne nous permettant pas de l’insérer aujourd’hui.
Le Sémaphore de Marseille, 30 mars 1895, Retronews
Nous publions aujourd’hui le discours prononcé par M. Stephen, directeur de l’Observatoire, au nom de l’Académie, aux obsèques de Mgr Ricard :
Messieurs,
La douloureuse circonstance qui nous rassemble, me remet en mémoire cette exclamation de Montaigne :
Combien a la mort de façons de surpinses
, paroles qu’on ne saurait trop méditer et que le vieux penseur renforce par cette citation d’Horace :Quid quisque vitet, numquam homini satis / Cautum est in horas. (L’homme ne peut jamais assez prévoir quel danger le menace à chaque instant.)
(Hor., ode II).Le jour même, qui devait être son dernier, ou avait vu Monseigneur Ricard se livrer avec son ardeur habituelle aux occupations volontaires et aux obligations de sa vie si laborieuse ; aussi la nouvelle inopinée de sa brusque fin a-t-elle provoqué dans la cité un sentiment général de stupéfaction et de regrets ; mais combien plus profonde a été cette impression pénible dans le sein de l’académie au nom de laquelle j’ai l’honneur de porter la parole ; car, dans ce prélat éminent, notre compagnie ne pleure pas seulement un confrère aimé et respecté ; elle voit disparaître un directeur en exercice qu’elle était fière de voir à sa tête. Notre deuil est celui d’une famille qui perd son chef ; nous sommes vivement touchés de le voir partagé par tant d’amis, par les personnalités les plus éminentes de Marseille et des villes voisines que nous remercions d’être venues mêler leurs marques de sympathie avec les nôtres. Nous prions en particulier M. le directeur de l’Académie d’Aix, qui représente sa compagnie à ces obsèques, de porter à ses confrères l’expression de notre gratitude.
Permettez-moi, messieurs, d’ajouter, en mon nom personnel, un hommage spécial à la mémoire du collègue que l’honorariat maintenait étroitement uni à notre Faculté.
Né à La Ciotat, le 2 décembre 1834, Antoine-Esprit-Charles Ricard, a poursuivi toute sa carrière en Provence. Entré dans les ordres après de fortes études, il s’était senti de bonne heure attiré vers l’enseignement de la théologie : une brillante thèse lui ouvrit les portes de la Faculté d’Aix. C’est là, ainsi que dans les cours annexes de la Faculté des sciences de notre ville qu’il a professé avec éclat pendant de longues années. Les nombreux auditeurs, qui se pressaient à ses savantes leçons, conservent toujours présent le souvenir de cette parole élégante et facile qui savait rendre séduisante l’étude des points les plus abstraits et ceux de ses élèves, qui comme lui ont été entraîné par une vocation ecclésiastique, savent tout ce qu’ils doivent à ce maître expérimenté et bienveillant.
Mais l’accomplissement des devoirs professionnels ne suffisait pas à l’activité d’esprit de l’abbé Ricard. Ses recherches bibliographiques le poussaient dans les directions les plus variées et se traduisaient bientôt par des publications non moins remarquables dans le fond que par la forme.
Ce n’est pas ici le lieu de faire l’énumération complète de ses œuvres. Outre un grand nombre d’ouvrages d’ascétisme et de piété, d’articles de revues ou de traductions, il a donné au public une quinzaine de livres de haute valeur qui, tous, ont obtenu un très vif succès et dont la plupart ont eu l’honneur de plusieurs éditions successives. Je me bornerai à citer parmi ceux-ci :
- Les Jansénistes et Port Royal ;
- L’École Menaisienne ;
- La Correspondance diplomatique et des Mémoires inédits de l’abbé Maury.
Ce dernier ouvrage, le plus étendu de tous et qui occupe deux gros volumes in-8°, a été couronné par l’Institut.
Enfin, un livre tout récent n’a pas eu moins de vingt-trois éditions.
Possédant une facilité d’assimilation surprenante, Monseigneur Ricard n’était pas moins heureusement doué pour l’exposition ; il écrivait d’un seul jet presque sans ratures ; cela explique comment il pouvait s’occuper à la foi de tant de sujets divers ; comment, par exemple, outre ses travaux historiques, il a pu suffire à la publication régulière de la Semaine liturgique dont il était le fondateur et qu’il a dirigée avec un grand talent pendant une longue suite d’années.
Cette fécondité avait promptement acquis à notre regretté confrère une renommée légitime ; aussi, lorsque surgit sa candidature, notre compagnie fut-elle heureuse de lui ouvrir ses rangs ; il y prit place le 15 juin 1890 et depuis lors il n’a cessé de participer activement à notre vie académique ; on peut dire que jusqu’au dernier jour il a tenu à nous honorer de sa collaboration, puisque jeudi dernier [21 mars], souvenir que je ne puis évoquer sans une profonde émotion, il nous lisait encore une étude sur Madame de Grignon.
Le voyant plus souvent et de plus près, nous avons senti s’accroître encore envers lui nos sentiments d’affectueuse estime et de respectueuse confraternité et, malgré la date récente de son élection, nous avions tenu à lui en donner un témoignage tout spécial en l’appelant à nous présider.
Lorsqu’il applaudissait avec nous, il y a quelques semaines, dans notre dernières séance ouverte, les paroles pleines d’éloquente finesse de notre directeur, le public avait pu juger de l’excellence de notre choix. Que nous étions éloignés alors de soupçonner l’imminence de coup qui devait nous frapper en lui.
Je me bornerai, Messieurs, à considérer, Monseigneur Ricard, comme universitaire, comme membre de l’Académie.
J’aurais trop à faire et je serais trop au dessous de la tâche s’il me fallait parler du prêtre que ses vertus et son mérite exceptionnel avaient appelé à l’honneur de la prélature et que l’opinion publique semblait pousser d’elle-même aux plus hautes fonctions ecclésiastiques. Mais cette lacunes sera comblée, n’en doutez pas : au sein même de l’Académie, notre regretté confrère recevra tout le tribut d’éloges, qui lui est dû, dans une biographie complète.
On dira que le publiciste élégant et érudit, que le prêtre modèle étaient doublés d’un homme du monde d’une rare distinction ; que cet écrivain, inflexible en ce qui concerne les principes fondamentaux, savait faire preuve d’une tolérance de bon goût dans les polémiques où il se trouvait entraîné ; qu’il alliait, à la dignité d’une vie exemplaire, ce libéralisme bienveillant qui est la marque des esprits élevés.
Pour moi, je salue surtout le travailleur opiniâtre dont toutes les heures laissées libres par les devoirs du sacerdoce, ont été consacrées au culte des choses de l’esprit ; qui semblait avoir pris pour devise ces paroles du poète latin :
Je veux que la mort me surprenne au milieu du travail. (Quum moriar, medium solvar et inter opus.)
Cv.Le Gaulois, 30 mars 1895, Retronews
Les obsèques de Mgr Ricard, l’érudit prélat romain, ont eu lieu, jeudi matin, à Marseille, avec beaucoup de pompe.
Le corbillard était précédé d’une délégation de toutes les paroisses et ordres religieux de la ville, auxquels s’étaient joints tes chapitres de la cathédrale de Marseille et de la métropole d’Aix.
Derrière la famille marchaient le préfet, les généraux Canonge et Cabrié, et les principales autorités et notabilités ; une foule énorme formait la haie de la maison mortuaire, boulevard Longchamp, à l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, où le service religieux a été célébré par le prévôt du chapitre, en présence de l’archevêque d’Aix et de l’évêque de Marseille. Le cercueil a été transporté à La Ciotat, où, après une absoute, l’inhumation s’est faite dans un tombeau de famille.
Dantin
Notice biographique dans les Annales de philosophie chrétienne, t. XXXII, avril-septembre 1895, Google
Mgr Ricard est mort le 27 mars à Marseille. Né à la Ciotat en 1834, il fut ordonné prêtre en 1857, puis nommé vicaire à Saint-Laurent et professeur au collège catholique de Marseille. Pendant le concile du Vatican, l’abbé Ricard prit fait et cause dans la Semaine religieuse pour la proclamation de l’infaillibilité pontificale. Il devint bientôt professeur à la faculté de théologie d’Aix, chaire qu’il garda jusqu’à sa suppression par la loi Ferry. C’est alors qu’il entreprit une foule de publications historiques, littéraires, biographiques et mystiques. C’était un écrivain de talent, extrêmement fécond, et à qui furent confiés beaucoup de documents.
Voici la liste à peu près complète de ses ouvrages. […]
Sa dernière œuvre avait trait à S. Antoine de Padoue. Il avait aussi raconté la vie des grands évêques du siècle, Mgr de Mazenod, Mgr Freppel, le cardinal Lavigerie, Mgr de Miollis, le cardinal Fesch, Mgr Mermillod, Mgr de La Bouillerie. Son histoire du concile est très connue.
Dès les premières années de son pontificat, Léon XIII, reconnaissant les services signalés que l’abbé Ricard avait rendus à l’Église par ses nombreux écrits, l’avait élevé à la prélature et l’avait attaché à sa maison. Il était déjà chanoine de Carcassonne et de Bordeaux lorsque Mgr Gouthe-Soulard l’appela, il y a trois ans, aux fonctions de vicaire général d’Aix, et c’est Mgr Ricard qui l’assista lors du procès que le gouvernement lui intenta après les pèlerinages à Rome.
Doué d’un naturel aimable, Mgr Ricard jouissait à Marseille de nombreuses sympathies. Membre de l’Académie de Marseille, il en avait été élu cette année directeur, et le gouvernement l’avait nommé officier de l’Instruction publique. C’est au sortir d’une des dernières séances de l’Académie qu’il a pris le mal qui devait l’emporter.
Notice biographique dans la Revue encyclopédique (Larousse), année 1895, Google
Ricard (Antoine), écrivain français, né à La Ciotat (Bouches-du-Rhône) le 2 décembre 1834, mort à Marseille le 26 mars. Ordonné prêtre à Marseille en 1857, il prit, en 1865, le grade de docteur en théologie et se fit connaître par de nombreux travaux qui lui valurent d’être nommé directeur de l’Académie de Marseille. Secrétaire de l’évêque de Marseille Place, il le quitta en 1870 après le concile du Vatican, puis dirigea la Semaine liturgique de cette ville jusqu’en 1881. Il était depuis 1878 professeur de dogme à Aix, où il avait organisé des conférences philosophiques et religieuses, lorsque l’archevêque Gouthe-Soulard le prit pour vicaire général (1886). Le pape lui avait donné le titre de prélat romain. Grand travailleur, l’abbé Ricard fit paraître des traductions, des livres de dévotion, des biographies d’évêques et des ouvrages parmi lesquels nous citerons […] La vraie Bernadette de Lourdes. Lettres à M. Zola (1894), livre qui a eu un assez grand retentissement.
- Mémoires de l’Institut historique de Provence, 1929, p. 138, Gallica
Ricard (Esprit-Antoine-Charles) [La Ciotat (Bouches-du-Rhône), 2 déc. 1834 ; Marseille 26 mars 1895], docteur en théologie, vicaire à Marseille : aumônier de l’hôpital de La Ciotat, professeur à l’école Belzunce, aumônier du pensionnat des religieuses de Saint-Joseph de Cluny et fondateur de la Semaine Liturgique, professeur de Dogme 1878-1885, chanoine honoraire de Marseille et d’Aix, prélat du S. S., président de l’Académie de Marseille.