Hilaire de Barenton

Jeanne d’Arc franciscaine (1909)

Études nouvelles sur son étendard et sur ses relations avec les Franciscains d’après les documents originaux.
Couverture.
    Auteur
    Date de publication
    1909

    Présentation

    Alors que Jeanne d’Arc venait d’être béatifiée par Pie X le 18 avril 1909, le père franciscain Hilaire de Barenton entreprend de démontrer qu’elle était également tertiaire franciscaine : c’est-à-dire membre du tiers-ordre, ces laïcs engagés à vivre selon la règle de saint François tout en demeurant dans le monde. Sa thèse va plus loin que la simple parenté spirituelle avec les Franciscains, reconnue par d’autres historiens (Siméon Luce, le père Henri de Grèzes) : il s’agit de montrer qu’elle fut, à part entière, l’une des leurs.

    L’auteur reconnaît d’emblée la difficulté : aucun document décisif n’établit cette appartenance, hormis une brève mention dans la chronique vénitienne de Morosini, qui la dit béguine. Mais cette absence n’a, selon lui, rien d’exceptionnel. Les actes de réception des tertiaires séculiers étaient rarement consignés, et l’on ne possède pas davantage de preuve écrite pour des figures aussi célèbres que saint Louis, sainte Élisabeth de Hongrie ou saint Yves, tenus pourtant pour tertiaires. De même qu’on ne prouve pas qu’un personnage historique fut chrétien en exhibant son acte de baptême, mais par les témoignages de sa foi et de sa conduite, on peut reconnaître un tertiaire à ses fruits — à la fidélité avec laquelle il observe les pratiques propres à la règle.

    L’ouvrage rassemble à cette fin un faisceau d’indices convergents. L’auteur examine la rencontre probable de Jeanne avec sainte Colette de Corbie, ses confessions aux Franciscains de Neufchâteau, sa longue compagnie avec le frère Richard, et les images peintes sur son étendard. Il insiste surtout sur tout ce que la vie de Jeanne lui paraît emprunter à la règle du tiers-ordre : la coupe et la couleur de son costume, ses cheveux taillés en rond, sa piété quotidienne, ses dévotions — au premier rang desquelles celle, typiquement franciscaine, au nom de Jésus — et son refus obstiné des jurons. Il propose enfin une lecture personnelle d’un épisode obscur : l’enquête menée sur Jeanne à Domrémy par des Frères mineurs. Là où d’autres y voient une démarche liée à l’examen de Poitiers, Barenton suggère qu’il pourrait s’agir de l’information préalable requise avant l’admission d’une postulante au tiers-ordre.

    En croisant les témoignages historiques avec les traditions iconographiques et dévotionnelles des Franciscains, l’auteur propose deux reconstitutions visuelles : celle du costume dans lequel Jeanne se présenta à Chinon, et celle de son étendard.

    On gardera à l’esprit la nature ouvertement apologétique de l’ouvrage. Écrit l’année même de la béatification, dans un temps où plusieurs familles religieuses revendiquaient le patronage de la nouvelle bienheureuse, il vise moins à peser le pour et le contre qu’à réclamer Jeanne pour l’ordre franciscain. Sa démonstration, fondée sur la convergence d’indices plutôt que sur une preuve directe, établit une forte plausibilité que l’auteur présente volontiers comme une certitude.

    Images (10)

    [1909]

    Jeanne, en costume de tertiaire, telle qu’elle se présenta devant le roi, à Chinon.

    Par : Jos. Girard

    [1909]

    Reconstitution de l’étendard de Jeanne d’Arc.

    [1909]

    Jeanne au bûcher (d’après la statue d’Alphonse-Amédée Cordonnier).

    Par : Frères Bauchart (Ernest et Georges)

    [1909]

    Les voix du ciel (d’après le panneau de Jules Lenepveu au Panthéon).

    Par : Frères Bauchart (Ernest et Georges)

    [1909]

    Entrée de Jeanne à Orléans (d’après le panneau de Jules Lenepveu au Panthéon).

    Par : Frères Bauchart (Ernest et Georges)

    [1909]

    La guerrière (d’après le bronze de Paul Dubois).

    Par : Frères Bauchart (Ernest et Georges)

    [1909]

    Jeanne relevant l’épée de la France (d’après le groupe sculpté d’Antonin Mercié, depuis monument aux morts de Domremy).

    Par : Frères Bauchart (Ernest et Georges)

    [1909]

    Jeanne à Domrémy (d’après le marbre d’Henri Chapu).

    Par : Frères Bauchart (Ernest et Georges)

    [1909]

    Jeanne sur le bûcher (d’après le panneau de Jules Lenepveu).

    Par : Frères Bauchart (Ernest et Georges)

    [1909]

    Jeanne écuyère (librement inspirée de la statue de Denis Foyatier ?).

    Par : Frères Bauchart (Ernest et Georges)

    Édition

    • Paris, Action franciscaine (In-8, 65 p. et 20 p.)

      [Partie 1] H. de Barenton. — Jeanne d’Arc franciscaine — Études nouvelles sur son étendard et sur ses relations avec les Franciscains d’après les documents originaux. — Paris, Action franciscaine, 117 Brd. Raspail, 117. Couvin, Maison Saint-Roch (Belgique) — 1909
      [Partie 2] H. de Barenton. — Jeanne d’Arc franciscaine, deuxième partie — Béguinages et Tiers-Ordres au Moyen-Âge — (Extrait de l’Action Franciscaine) — Paris, Action franciscaine, 117 boulevard Raspail. Couvin, Belgique, Maison Saint-Roch

      Gallica

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