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Hilaire de Barenton (1864–1946)

Capucin, historien et orientaliste, linguiste réputé en son temps et spécialiste du sumérien et de l’étrusque, il fut aussi l’un des tenants de la thèse faisant de Jeanne d’Arc une tertiaire franciscaine.
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    Chronologie

    • 1864

    • 28 fév.

      Naissance d’Étienne-Marie Boulé à Barenton, dans la Manche, fils d’Étienne-Pierre-Marin Boulé (cultivateur, 46 ans) et de Louise-Augustine Lechaplays (33 ans).

    • ~1875

      (10 ans)
    • Il entre au Petit séminaire de Mortain (dit de l’abbaye Blanche).

    • ~1881

      (16 ans)
    • Il entre au Grand séminaire de Coutances.

    • 1887

      (23 ans)
    • 29 jun.

      Il est ordonné prêtre. Pendant quatre années il exerce son ministère paroissial dans le sud de la Manche, comme vicaire à Montmartin-sur-Mer puis au Teilleul.

    • 1891

      (27 ans)
    • 2 aoû.

      Il prend l’habit chez les Capucins, au Mans, sous le nom de Père Hilaire de Barenton.

    • 1892

      (27 ans)
    • Il est nommé professeur de sciences et d’histoire au scolasticat de Kadikoy (banlieue d’Istanbul), dans l’Empire ottoman. Il y demeure environ sept ans.

    • 1899

      (34 ans)
    • De retour en France, à Paris, il collabore aux Études Franciscaines, que viennent de fonder des frères capucins, et enseigne la théologie morale.

      Il publie de nombreux ouvrages, brochures apologétiques et polémiques, ouvrages de théologie et d’écriture sainte :

      • Les franciscains en France, dans la collection des Grands ordres religieux (Paris, Bloud, 1903, in-8° de 64 p., Gallica)
      • Les capucins français (Couvin, Belgique, Saint-Roch, 1903, in-8° de XII-132 p., Gallica)
      • L’action sociale de François d’Assise (Paris, Association franciscaine, 1904, in-8° de 53 p., Gallica)
      • L’Action franciscaine contre la franc-maçonnerie le Tiers-Ordre à la Chambre des Députés (Paris, Association franciscaine, 1904, in-8° de 52 p.)
    • 1909

      (44 ans)
    • Publication de Jeanne d’Arc franciscaine.

      Il reprend, en les étoffant, les arguments d’un autre capucin, le père Henri de Grèzes, qui font de Jeanne d’Arc une tertiaire franciscaine.

      Lire : Jeanne d’Arc franciscaine (Henri de Grèzes, 1895)

      Note : Grèzes avait réclamé Jeanne pour son ordre au lendemain de l’ouverture de son procès de béatification par Léon XIII (27 janvier 1894) ; Barenton la réclame au lendemain de sa béatification par Pie X (18 avril 1909).

    • 1914

      (49 ans)
    • 1914–1918
      Première Guerre mondiale.
    • 1918

      (53 ans)
    • Sous l’impulsion du père dominicain Jean-Vincent Scheil, il s’engage dans une carrière d’orientaliste. Il entreprend l’étude du sumérien et de l’étrusque.

      Scheil (1858-1940) était titulaire de la chaire d’assyriologie à l’École des hautes études depuis 1895, membre de la Commission pontificale des études bibliques (1903) et de l’Institut (1908, Académie des inscriptions et belles-lettres).

      Suivent plusieurs ouvrages scientifiques :

      • La Langue étrusque, dialecte de l’ancien égyptien, Études orientales n° 1 (essai de grammaire, traductions de morceaux choisis, essai sur l’origine des Étrusques, lexique), dans la collection des Grands ordres religieux (Paris, Geuthner, 1920, in-4 de 62 p., Gallica, dédicacé au père Scheil)
      • Le mystère des pyramides, Études orientales n° 4 (Paris, Geuthner, 1923, in-4 de 167 p., Gallica)
    • 1923

      (59 ans)
    • 3 avr.

      Ses travaux sont présentés par l’astronome Guillaume Bigourdan à l’Académie des sciences.

      Note : Barenton chercha à démontrer que l’étrusque et le sumérien étaient les témoins d’une langue primordiale (dérivation de toutes les langues d’Occident du sumérien, étrusque présenté comme un dialecte de l’égyptien ancien). Après avoir suscité un réel intérêt à leur époque, ses théories ne sont plus retenues par la science linguistique moderne.

    • 1931

      (66 ans)
    • En 1929 était paru Jeanne d’Arc, ses costumes, son armure d’Adrien Harmand. Ce dernier y rejette plusieurs conclusions de Jeanne d’Arc franciscaine, dont la principale : l’appartenance de Jeanne au Tiers-ordre franciscain.

      [Hilaire de Barenton] s’efforce d’y prouver que Jeanne d’Arc était franciscaine dès Domrémy, donnant ainsi un appui inattendu à la thèse naturaliste qui ne veut voir dans l’héroïne que l’instrument de quelques clerc ou moines, lesquels lui auraient soufflé sa mission. Nous préférons Jeanne venant directement et sans intermédiaire de par le Roy du Ciel. (P. 44, note 1.)

      Le père Hilaire lui répond par une nouvelle étude Jeanne d’Arc franciscaine dans les Études franciscaines (livraisons de sept.-oct. et nov.-déc. 1931). Harmand écrit à la revue qu’il se rallie entièrement à la thèse du tertiairat (livraison de mai-juin 1932).

      Lire : Jeanne d’Arc franciscaine (échange entre Adrien Harmand et le père Hilaire, Études franciscaines, 1931-1932)

    • 1936

      (72 ans)
    • aoû.

      À l’apogée de sa notoriété d’orientaliste, il participe à Istanbul au Congrès international de linguistique et rencontre en tête-à-tête le président Atatürk. La presse le salue comme le grand sumérologue français.

      Note : il s’agit du IIIe Congrès de la langue turque, tenu au palais de Dolmabahçe du 24 au 31 août 1936 devant une quinzaine de linguistes étrangers. Son thème central était la théorie de la langue-soleil (des adorateurs du soleil d’Asie centrale, pour saluer sa puissance vivifiante, auraient mué leurs vociférations informes en énoncés rituels cohérents — et le langage serait ainsi né). Faisant descendre toutes les langues humaines d’une langue primordiale proto-turque, portée par le nationalisme linguistique de la Turquie kémaliste, cette théorie est aujourd’hui classée parmi les pseudo-sciences.

    • 1939

      (74 ans)
    • 1939–1941

      Il commence la publication de sa Petite histoire :

      1. Petite histoire illustrée du monde ancien, vol. 1, de -6000 à -2000 (Paris, Berche et Pagis, 1939, 126 p., Gallica, dédicacé au père Scheil)
      2. Petite histoire illustrée du monde ancien, vol. 2, de -2000 à l’ère chrétienne (Paris, Maisonneuuve, 1941, 162 p., Gallica, dédicacé au père Scheil)
      3. Petite histoire de l’Église naissante (Paris, Maisonneuuve, 1941, 80 p., Gallica, dédicacé au père Scheil)
    • 1946

      (81 ans)
    • 24 fév.
      Il décède à Paris.

    Références

    • Acte de naissance, Barenton, Naissances, Mariages, Décès, 1863 - 1867, 5 Mi 215, p. 57/281 :

      N° 25 Naissance de Étienne Marie Boulé [décédé à Paris 16e le 24.2.46...] — L’an mil huit cent soixante-quatre, le vingt-huit février, [à] deux heures du soir, en l’hôtel de la mairie, devant nous Sylvain Charles Postel, maire et officier de l’état civil de la commune de Barenton, chef-lieu de canton, arrondissement de Mortain, département de la Manche, a comparu Étienne-Pierre-Marin Boulé, âgé de quarante-six ans, cultivateur, demeurant au hameau de Boulé en Barenton, lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin, né ce matin à onze heures, en son domicile, de lui comparant et de Louise Augustine Lechaplays son épouse, âgée de trente-trois ans, et auquel il a déclaré vouloir donner les prénoms d’Étienne Marie ; lesdites présentation et déclaration faites en présence de Gilles Alexandre Véron, cafetier, âgé de vingt-six ans, et de Philippe Jacques [Guytand], âgé de cinquante-cinq ans, greffier du tribunal de la justice de paix, tous les deux domiciliés à Barenton, lesquels témoins ont, avec le père de l’enfant et nous, signé le présent acte de naissance, après avoir entendu la lecture.

      Mariage des parents le 1er août 1854, à Barenton.

      Étienne-Pierre-Marin Boulé, né le 27 mars 1817 à Saint-Cyr-du-Bailleul, Basse-Normandie, décédé le 3 mars 1869 à Barenton, à l’âge de 51 ans, Geneanet.

    • Reconstitution du cursus scolaire d’après les établissements fréquentés (petit séminaire de Mortain, grand séminaire de Coutances) et une ordination sacerdotale le 29 juin 1887.

      • École communale de Barenton (instruction primaire)
        • 1870-1871 : entrée à l’école (≈ 6-7 ans)
        • 1871-1872 : cours élémentaire
        • 1872-1873 : cours élémentaire / moyen
        • 1873-1874 : cours moyen
        • 1874-1875 : cours supérieur ; préparation à l’entrée au petit séminaire, souvent avec l’aide du curé de la paroisse.
      • Petit séminaire de Mortain (Abbaye Blanche) (enseignement secondaire, humanités classiques : latin, grec, français, histoire)
        • 1875-1876 : Sixième (≈ 11 ans).
        • 1876-1877 : Cinquième.
        • 1877-1878 : Quatrième.
        • 1878-1879 : Troisième.
        • 1879-1880 : Seconde.
        • 1880-1881 : Rhétorique (≈ classe de Première) — fin du cycle secondaire.
      • Grand séminaire de Coutances (formation sacerdotale)
        • 1881-1882 : Philosophie, 1re année (≈ 17-18 ans).
        • 1882-1883 : Philosophie, 2e année ; tonsure et premiers ordres mineurs possibles.
        • 1883-1884 : Théologie, 1re année.
        • 1884-1885 : Théologie, 2e année ; ordres mineurs.
        • 1885-1886 : Théologie, 3e année ; sous-diaconat (engagement du célibat), puis diaconat.
        • 1886-1887 : Théologie, 4e année ; ordination sacerdotale le 29 juin 1887 (à 23 ans, ce qui suppose une dispense d’âge, courante à l’époque).
    • Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, 1923, p. 944 (séance du 3 avril 1923), Gallica.

      Chronologie. — Une nouvelle interprétation de la période sothiaque. Note de M. Hilaire de Barenton, présentée par M. Bigourdan.

      Jusqu’à présent, on a estimé à 1460 ans la durée de la période sothiaque égyptienne et à 30 ans l’intervalle entre les seds ou jubilés qu’elle comporte. Mais, quand on a voulu en faire l’application à la chronologie égyptienne, les calculs se sont trouvés le plus souvent en défaut...

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