Qui a brûlé Jeanne d’Arc ? (1931)
- Paul Doncœur (1880–1961)
Présentation
Face aux polémiques du temps qui tentent de charger l’Église (Jeanne brûlée par les Prêtres !
), le père Doncœur rappelle quelques vérités historiques. Non, Jeanne n’était pas une protestante
ni une libre-penseuse
avant l’heure, mais une catholique fervente et fidèle, qui en appela obstinément au Pape et à Rome. Et si l’honneur de l’Église a été entaché par l’action de ses juges — sans que l’Église elle-même soit coupable, puisqu’ils agirent hors de sa loi et que leur œuvre fut ensuite annulée — il est essentiel de réaliser qu’à côté de ces brebis galeuses au sein de l’Église, on en trouve dans tous les corps de la nation française : bourgeois, universitaires, soldats, princes, jusqu’au roi Charles VII qui pécha sans doute par son silence.
Doncœur établit alors les deux véritables responsabilités du crime de Rouen. D’abord, la raison d’État anglaise, permise par cet esprit païen qui justifie tout crime nécessaire
: Bedford orchestra ce procès politique déguisé en tribunal ecclésiastique pour obtenir la condamnation infamante de celle qui avait contrarié ses desseins. Ensuite, le défaitisme français : ceux qui, croyant la défaite inévitable, s’étaient ralliés
au conquérant et voyaient en Jeanne une aventurière compromettant leurs affaires, leur confort ou leurs petits arrangements diplomatiques, l’abandonnèrent lâchement à son sort.
Or, ces deux maux ne sont ni d’une époque ni d’un camp en particulier. Il est vain de s’accuser mutuellement et nul ne peut jeter la première pierre
. La seule attitude légitime, en ce 500e anniversaire du procès de Jeanne d’Arc, est l’humilité, le deuil et l’union de tous les Français dans la réparation.
Collection Les Réponses catholiques, de Flammarion.
Édition
Paris, Flammarion (In-12 de 120 p. Prix : 5 fr.)
Les Réponses catholiques — Paul Doncœur S. J. — Qui a brûlé Jeanne d’Arc ? E. Flammarion, éditeur, Paris
