Gilbert Duprez

Souvenirs d’un chanteur (1880)

Ouvrage autobiographique du ténor légendaire.
Couverture.
Auteur
Date de publication
30 mars 1880
Catégorie

Présentation

Souvenirs d’un chanteur est l’autobiographie de Gilbert Duprez (1806-1896), ténor français légendaire, pédagogue et compositeur.

À travers une multitude de souvenirs personnels, d’anecdotes et de réflexions sur l’art lyrique, le théâtre et les coulisses de l’opéra, Duprez y retrace sa carrière et brosse un tableau vivant du monde musical du XIXe siècle. Écrit dans un style vif et teinté d’humour, l’ouvrage revient notamment sur son retour triomphal à Paris en 1837 dans le Guillaume Tell de Rossini, où il poussa son fameux contre-ut de poitrine, une prouesse technique alors considérée impossible.

Toute ma vie j’ai conservé le caractère assez jovial et l’esprit passablement porté à la bouffonnerie ; aussi, s’est-on toujours beaucoup diverti chez moi, soit à Paris, soit à la campagne.

Extraits

Réflexion de Duprez sur l’opéra :

Un opéra n’est pas une comédie, ce n’est pas non plus un cours d’histoire ; le pourquoi et le parce que des faits qu’on y représente importent très peu à ceux qui viennent l’entendre ; suivre un raisonnement ou une idée philosophique à travers la musique est une tâche fatigante ; aussi, la presque totalité des spectateurs s’en abstient-elle, pressée d’arriver aux points culminants qui doivent fournir un aliment à son besoin d’émotions. Tout ce qui n’est pas essentiel à l’action, dans cet ordre de choses, y devient donc nuisible ; tout ce qui ne l’accélère pas l’entrave. Facta et non verba, telle doit être sa devise. […] Supprimer l’encombrement des détails, les enchaînements d’une situation à une autre, les scènes explicatives qui le plus souvent n’expliquent rien ; en un mot, condenser, si je puis m’exprimer ainsi, le sujet, le réduire à sa plus simple expression, le présenter, non plus en actes entraînant de longs développements, mais en tableaux où ce qui doit pénétrer l’imagination frappe vivement les sens.

Témoignage de son humour et de sa capacité à rire de lui-même :

La première critique dont j’eus l’honneur d’être l’objet fut faite par Charles Maurice, dans le Courrier des Théâtres ; elle disait que, pour m’entendre, il fallait être assis sur le trou du souffleur, et qu’en me voyant, on croyait avoir pris la lorgnette par le grand côté.

Édition

  • Paris, Calmann Lévy (In-18 de 284 p. Prix : 3 fr.)

    Souvenirs d’un chanteur, par G. Duprez. Paris, Calmann Lévy, éditeur, ancienne maison Michel Lévy frères, rue Auber, 3, et boulevard des Italiens, 15. À la Librairie Nouvelle. 1880.

    Gallica, Archive, Google

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