Auteur

Eugène Sue (1804–1857)

Richissime dandy devenu écrivain, puis socialiste, il est l’auteur d’une des plus vivantes Jeanne d’Arc (quoiqu’outrageusement anti-catholique et anti-royaliste), dans le tome IX de ses Mystères du peuple.
Œuvre en ligne
Catégories

Chronologie

  • 1804

  • 26 jan.

    Naissance à Paris de Marie-Joseph Sue, fils de Jean-Joseph Sue (44 ans), illustre médecin, nommé par le consul Bonaparte (35 ans) médecin en chef de l’hôpital de la Garde quatre ans plus tôt, et de sa seconde épouse Marie-Sophie Tison de Rilly (~23 ans).

    Il a pour marraine l’épouse du consul, Joséphine de Beauharnais (41 ans, dont Jean-Joseph est le médecin) et pour parrain le fils de celle-ci, Eugène de Beauharnais (23 ans) ; de là son prénom d’Eugène.

    Jean-Joseph Sue eut 5 enfants de 3 mariages :

    • 1794 : Adèle Sauvan (1775-1809) :
      • 1795 : Émile
      • 1799 : Flore

      Adèle était la veuve d’un girondin guillotiné en 1793, l’avocat bordelais Pierre-Victurnien Vergniaud (1753-1793). Après son divorce d’avec Jean-Joseph elle épousa en 1803 le poète Gabriel-Marie Legouvé (1764-1812), avec qui elle aura un fils, l’homme de lettres et académicien Ernest Legouvé (1807-1903).

    • 1803 : Marie-Sophie Tison de Rilly (~1781-1820) :
      • 1804 : Eugène
      • 1810 : Victorine
    • 1820 : Marie-Rosalie Milhau (1794-1848), née à Baltimore, États-Unis, d’un père né à Saint-Domingue (Haïti) :
      • 1823 : Joseph-Dieudonné
  • 2 déc.
    Napoléon se couronne empereur à Notre-Dame.
  • 1808

    (4 ans)
  • 21 déc.

    Jean-Joseph est fait chevalier d’Empire.

    Dans ces années il acquiert le château de Bouqueval, au nord de Paris, dont il fait sa maison de campagne.

  • 1815

    (11 ans)
  • jul.

    Restauration.

    Waterloo (18 juin) ; abdication de Napoléon (21 juin) ; Louis XVIII est de retour sur le trône (8 juillet).

    Jean-Joseph Sue devient médecin du roi.

  • 1820

    (16 ans)
  • 14 fév.
    Décès de sa mère (~39 ans). Son père se remarie l’année même (6 décembre).
  • 1824

    (20 ans)
  • 16 sep.
    Charles X succède à son frère Louis XVIII.
  • 1830

    (26 ans)
  • 21 avr.
    Décès de son père, qui est inhumé à Bouqueval (70 ans). Il hérite de sa fortune.
  • jul.

    Monarchie de juillet.

    Révolution de juillet : Charles X abdique (2 août) ; son cousin le duc d’Orléans, Louis-Philippe, devient roi des Français (9 août).

  • 1840

    (36 ans)
  • 22 déc. 1840–26 sep. 1841

    Mathilde, Mémoires d’une jeune femme. — Publication de son premier roman-feuilleton dans la Presse.

    Fondé par Émile de Girardin cinq ans plus tôt, la Presse avait révolutionné le secteur en devenant le premier quotidien populaire avec sa formule bon marché et l’apparition du roman-feuilleton pour fidéliser le lectorat (signés d’auteurs en vue comme Dumas ou Balzac).

  • 1842

    (38 ans)
  • 19 jun. 1842–15 oct. 1843

    Les Mystères de Paris. — Publication du roman en feuilleton dans le Journal des débats (quotidien bourgeois) ; succès immédiat et universel.

  • 1844

    (40 ans)
  • 25 jun. 1844–26 aoû. 1845

    Le Juif errant. — Publication en feuilleton dans le Constitutionnel (quotidien républicain, bonapartiste et anticlérical) ; nouveau succès ; le nombre d’abonnés du journal passe de 3 600 à 23 600.

  • 1848

    (44 ans)
  • fév.

    Seconde République.

    Révolution de février : Louis-Philippe abdique (24 février) ; la Seconde République est proclamée. Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République (11 décembre, avec 74% des voix), pour un mandat de quatre ans.

  • 1849

    (45 ans)
  • 1er déc.

    Les Mystères du peuple. — Première livraison le 1er décembre.

    L’ouvrage, illustré de gravures, ne paraît pas en feuilleton dans un journal, mais en livraison par abonnement : livraison à 50 centimes, hebdomadaire.

    Les 10 000 premiers abonnés recevront plusieurs primes et la médaille en bronze d’Eugène Sue (La Presse, 24 nov. 1849).

    Les livraisons (1 feuille in-8°, soit 8 pages), seront également réunies en volumes qui paraîtront parallèlement. À l’origine étaient prévues 120 livraisons/6 volumes (Bibl. de la France, 8 déc. 1849).

    L’éditeur, Maurice Lachâtre (35 ans), ne possédait pas de brevet de libraire-imprimeur ; il comptait faire imprimer l’ouvrage en s’associant avec des imprimeurs établis (son nom n’apparaît pas sur les publications) ; puis le faire distribuer par des colporteurs.

    Dans sa première lettre aux lecteurs (20 janvier 1850), l’auteur remercie ses abonnés pour le succès qui dépasse toutes ses espérances. La publication comptabilisera 15 000 abonnés fin 1851.

  • 1850

    (45 ans)
  • Parution à l’étranger de traductions des Mystères du Peuple en allemand (Die Geheimnisse des Boltes, Ebb, Leipzig, Stuttgart), en italien (I Misteri del popolo, Turin). Éditions à Bruxelles et à Lausanne. En Belgique, la Nation publie les 6 premiers épisodes des Mystères en feuilleton (27 janvier 1850-juin 1851).
  • 28 avr.

    Député de la Seine. — Eugène Sue, candidat démocrate-socialiste est élu Représentant du peuple pour le département de la Seine, face au candidat du Parti de l’Ordre, Alexandre Leclerc.

    Contexte : Les premières (et seules) élections législatives de la IIe République (13 et 14 mai 1849) avait donné une large majorité au Parti de l’Ordre (450 députés sur 705). Le 13 juin, une manifestation d’extrême-gauche menés par le député Ledru-Rollin et une trentaine d’autres dégénérait : 34 députés étaient déchus et de nouvelles élections organisées (10 mars 1850). Le député François Vidal, élu deux fois dans la Seine et dans le Bas-Rhin, choisit le dernier département : d’où un nouveau scrutin dans la Seine (28 avril).

    Eugène Sue signe bientôt ses lettre aux lecteurs de son titre de Représentant du peuple (18 septembre 1850).

  • jun.

    La parution des Mystères du peuple double de cadence et passe à deux livraisons par semaine.

    Sue commence à se documenter sur Jeanne d’Arc (notamment auprès de Victor Schœlcher qui lui fournit des ouvrages).

  • sep.
    Parution du premier volume relié des Mystères du peuple ; il contient les 14 premières livraisons (parues du 1er décembre 1849 au 1er mars 1850, soit les épisode 1 et 2 et début du 3).
  • 1851

    (47 ans)
  • 29 aoû.
    Maurice Lachâtre est condamné à mille francs d’amende pour contravention à la police de l’imprimerie ; il fait appel.
  • 2 déc.

    Coup d’État du 2 décembre 1851.

    À quelques mois de la fin de son mandat Louis-Napoléon Bonaparte dissout l’Assemblée, et annonce de nouvelles élections ainsi qu’une révision de la Constitution.

    Eugène Sue et quelques autres députés protestataires sont arrêtés au sortir de l’Assemblée et incarcérés à la forteresse du Mont-Valérien. Il y passe trois semaines avant d’obtenir un visa pour la Savoie.

    Les États de Savoie étaient alors possession du duc de Savoie Victor-Emmanuel II, futur roi d’Italie.

    Arrêt brutal des livraisons (la dernière date du 26 novembre 1851) ; la publication comptait alors 15 000 abonnés.

  • 1852

    (47 ans)
  • jan.

    Exil. — Eugène Sue traverse le canton de Genève (Débats, 28 jan.) et entre en Savoie.

  • 22 jan.

    L’ensemble de ses œuvres (opera omnia) est mise à l’Index.

    En 1845, les Mystères de Paris avaient été examinés et déclarés inoffensifs. C’est la publication des Sept Péchés Capitaux (1847-1852) qui provoqua un réexamen de toute l’œuvre et sa proscription.

  • 23 jan.
    Sue arrive à Annecy-le-Vieux, et s’y installe.
  • mar.
    Depuis son exil il essaye d’organiser la reprise de la publication des Mystères du peuple avec son éditeur (dont l’appel a été rejeté le 8 janvier 1852, et qui tente en vain d’obtenir son brevet d’imprimeur).
  • 2 déc.

    Second Empire.

    Un an après son Coup d’État du 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte restaure l’Empire et devient l’empereur Napoléon III.

  • 1853

    (48 ans)
  • Espérant rentrer en France et y rencontrer son éditeur, il envoie son passeport à la légation française de Turin pour obtenir un visa : son passeport lui est confisqué et l’interdiction de territoire notifiée par le ministère de la Police.
  • 15 jun.

    Finalement, après plus de dix-huit mois d’interruption, les livraisons reprennent ; mais intermittentes.

    Si l’on en croit Eugène Sue, [la publication] ne reprend d’ailleurs que grâce à la protection de Napoléon Jérôme, cousin de l’empereur. — (Lettre à Schœlcher, cité par Bernard Garay, voir.)

  • 24 oct.
    Il achève sa lettre aux abonnés qui introduit l’histoire de Jeanne d’Arc (datée d’Annecy-le-Vieux, 24 octobre) ; cinq jours plus tard il signe la seconde lettre aux abonnés (Annecy-le-Vieux, 29 octobre), qui introduit le procès de condamnation, avant-dernier chapitre de l’épisode.
  • 21 déc.
    Livraison de la lettre aux abonnés du 24 octobre (introduction à l’histoire de Jeanne d’Arc).
  • 1854

    (49 ans)
  • 11 jan.–27 mai

    Jeanne la Pucelle.

    Livraisons du Couteau de boucher ou Jeanne la Pucelle, 14e épisode des Mystères du peuple (22 livraisons en comptant la lettre aux abonnés du 21 décembre 1853).

  • 1855

    (51 ans)
  • jul.
    Parution des tomes 4 à 11 de l’édition en volume des Mystères du peuple (dont le 9 contenant Jeanne la Pucelle), et réédition des tomes 1 à 3.
  • 1856

    (51 ans)
  • Dans une lettre à Schœlcher (6 août), Sue déplore n’avoir plus que 1 500 abonnés.
  • 1857

    (53 ans)
  • 7 mai
    Le Ministère de la Justice engage des poursuite contre les Mystères du peuple.
  • 28 jul.
    Eugène Sue rédige sa dernière lettre aux abonnés, qui clôt les Mystères du peuple (commencés 7 ans et 7 mois plus tôt).
  • 3 aoû.

    Il décède à Annecy-le-Vieux.

    La dernière livraison des Mystères sort des presses le lendemain ; elle ne sera pas distribuée à cause des poursuites en cours.

  • 27 sep.

    Le Ministère obtint la condamnation de l’œuvre par le tribunal Correctionnel de la Seine. Le jugement est confirmé en appel (12 décembre).

    Lachâtre et son partenaire Chabot sont accusés :

    1° d’outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ; 2°, d’outrage à la religion catholique ; 3° d’excitation à la haine et au mépris des citoyens les uns contre les autres ; 4° d’apologie de faits qualifiés crimes ou délits par la loi pénale ; 5° d’attaques contre le principe de la propriété ; 6° d’excitation à la haine et au mépris du gouvernement... (La Presse, 27 sept. 1857)

Références

  • Bernard Garay :
    • Eugène Sue ; De l’illusion lyrique de 1848 au roman national (2020), HAL version très abrégée de sa thèse de doctorat :
    • Les Mystères du peuple d’Eugène Sue ; Roman et Histoire (1992), HAL.
  • Jean-Baptiste Amadieu, Procédure et fonds d’archives de l’Index ; Le corpus littéraire français du XIXe siècle (2016), HAL.
page served in 0.015s (0,7) /