François Gayot de Pitaval (1672–1743)
- Histoire de la Pucelle d’Orléans, Causes célèbres, t. XIX (1743)
Chronologie
1672
- 11 oct.
Naissance à Lyon de François Gayot fils de Jean-Jacques Gayot (35 ans, noble, conseiller du roi et garde des sceaux à la sénéchaussée et siège présidial de Lyon, seigneur de la Rajasse, Pitaval et autres lieux) et de Marie de la Roue (29 ans, fille de feu Aimé de la Roue, seigneur du Blanc, Pitaval, co-Seigneur de la Tour-des Champs, conseiller en élection de Lyon).
Ils seront trois frères, chacun héritant d’un titre : Pierre Gayot de la Rajasse (1671), François Gayot de Pitaval (1672), Jean-Pierre Gayot de Pisay (1675). Sa mère décède quelque mois après la naissance du dernier enfant.
La Rajasse et Pitaval sont deux seigneureries des Monts du Lyonnais, non loin de Saint-Chamond d’où la famille Gayot est originaire.
Il est baptisé le jour même à Saint-Pierre le Vieux, Lyon.
1673
(9 mois)- 25 jul.
La cérémonie de baptême est célébrée à l’église de la Rajasse.
Il a pour parrain François Lefèvre, prêtre, conseiller-clerc au présidial de Châlons-en-Champagne et chanoine de Châlons, et pour marraine la femme de Jean-François Philibert, ex-consul de Lyon (qui en comptait cinq, dont quatre échevins et un prévôt des marchand ; une médaille le donne pour premier échevin de Lyon en 1672 ; le consulat est aboli en 1790 pour laisser place au premier maire de Lyon).
~1679
(6 ans)-
Dès son plus jeune âge, dira-t-il plus tard, il se met à recueillir et collectionner les bons mots.
~1687
(14 ans)-
Carrière ecclésiastique. — Destiné à l’Église, il s’engage dans une formation cléricale. Il reçoit le petit collet (tonsure, au plus les ordres mineurs), puis, selon certaines notices,
monte
à Paris pour la théologie.Le statut d’abbé était très répandu chez les cadets de familles de robe. Il entre probablement au Collège de la Trinité, le grand collège des jésuites de Lyon (l’actuel lycée Ampère), où la robe et le négoce lyonnais envoyaient leurs fils.
~1695
(22 ans)-
Carrière militaire. — Il renonce à la carrière ecclésiastique et s’engage dans une carrière militaire comme ses frères. Les divers actes le qualifient d’écuyer, seigneur de Pitaval.
En 1698, son cadet, Jean-Pierre Gayot de Pisay est donné
capitaine de régiment
. 1700
(27 ans)- fév.
Il épouse à Villeurbanne, Anne Curnillon, fille d’un conseiller du roi, notaire et tabellion royal à Lyon.
Naissance à Lyon de deux enfants : Andrée (1701) et Jean-Baptiste Gayot de Pitaval (1703).
1712
(39 ans)-
Carrière littéraire. — Il publie un premier ouvrage, sur les récentes victoires françaises de la guerre de Succession d’Espagne en Catalogne et en Aragon (1710-1711).
Histoire des combats d’Almenar et de Pennalva, des batailles de Saragosse, de Villaviciosa et du siège de Gironne, Paris, Jombert, in-12 d’environ 100 p.
1713
(40 ans)-
Il enchaîne avec le récit de la campagne du maréchal de Villars sur le Rhin.
Campagne du maréchal de Villars, de l’année 1712, Paris, Jombert, 1713, in-12 d’environ 100 p.
En fin d’année, il écrit directement à Villars pour lui offrir l’ouvrage et lui demander de la documentation pour écrire la suite de sa campagne (lettre de Lyon, 24 octobre 1713). Le maréchal, en plein siège de Fribourg, lui répond favorablement (6 novembre). Une seconde édition paraîtra en 1715, prolongée jusqu’au traité de Rastatt (6 mars 1714), qui met fin à la guerre de Succession d’Espagne.
Campagne du maréchal de Villars, 1713, suivie de la paix de Rastat, Paris, Courbe, 1715, in-12 d’environ 450 p.
Lenglet du Fresnoy le jugera sévèrement.
Il faudrait un autre écrivain que M. Gayot de Pitaval pour écrire dignement ce que M. le Maréchal de Villars a fait de grand. — (Méthode pour étudier l’histoire, 1726.)
1715
(42 ans)-
Publication à Paris des Heures perdues du chevalier de Rior, un recueil
de contes et de bons mots
.En préface, il répond avec détachement aux critiques qu’il devine :
Dans la République des Lettres on s’érige en auteur à peu de frais, dira un critique, après avoir parcouru mon livre.
Ce sera désormais sa marque de fabrique : des recueil d’histoires, d’affaires, de bon mots ou d’énigmes ; dédié à un grand du royaume ; et ouvert par une préface caustique où il justifie d’avance son ouvrage face aux critiques (généralement celles d’usurper la qualité d’auteur).
- Heures perdues du chevalier de Rior, 1715, dédié à Louis Bontemps, premier valet de chambre ordinaire du roi et gouverneur des Tuileries ;
- Recueil des énigmes les plus curieuses de ce temps, 1717 (avec la clef des énigmes en fin de volume), dédié à la duchesse de Berry, fille ainée du régent Philippe d’Orléans ;
- Nouveau recueil d’énigmes, 1720, dédié au prince de Conti.
~1720
(47 ans)-
Carrière juridique. — Il met temporairement son activité littéraire en pause pour commencer des études de droit.
Après avoir obtenu sa licence, il est reçu en 1723 avocat au Parlement de Paris (dont dépendait Lyon).
Beaucoup de candidats — surtout des hommes mûrs déjà engagés dans une autre vie — passaient par des facultés expéditives (Orange, Valence, Reims, Bourges, Avignon), réputées délivrer la licence en quelques mois, parfois moyennant finance, sans les trois années réglementaires. Nous ignorons où Pitaval a pris ses grades.
Il exerce dès le printemps 1724.
D’après une note du t. V de ses Causes célèbres, où il mentionne une affaire jugée le 16 mars 1724 pour laquelle il avait
écrit
, c’est-à-dire rédigé les écritures (le factum ou le mémoire d’une des parties).En parallèle de sa production de recueils grand public, il publiera les mémoires judiciaires des causes qu’il défend.
1723
(50 ans)-
Les publications de recueils reprennent ; les ouvrages s’épaississent et gagnent en volumes.
- Bibliothèque des gens de Cour, 3. vol., 1723, un recueil de bons mots de rois et de prince, dédié au chevalier d’Orléans, fils naturel du régent ; suivis d’un vol. 4 en 1724, puis 5 en 1725 ; les 5 volumes paraîtront à Amsterdam en 1726 ;
- Saillies d’esprit, ou choix curieux de traits utiles et agréables pour la conversation, 2. vol., 1726, dédié à la comtesse de Toulouse, Marie-Victoire de Noailles, épouse d’un fils légitimé de Louis XIV ;
- L’Art d’orner l’esprit en l’amusant ou Nouveau choix de traits vifs, saillants et légers, soit en vers, soit en prose, 2. vol., 1728, dédié à Claude Le Blanc, ministre de la guerre ;
- L’Art d’orner l’esprit en l’amusant, 2e édition portée à 4. vol., 1732, toujours dédié à Claude Le Blanc, ministre de la guerre ;
- Esprit des conversations agréables, ou Nouveau mélange de pensées choisies, 3 vol., 1733, dédié au comte de Charolais, Charles de Bourbon-Condé, prince du sang.
1732
(59 ans)-
Dans la préface du dernier recueil, l’Esprit des conversations agréables, il narre (avec humour) son entrée dans les Lettres, et les réactions suscitées par ses ouvrages. Admirateur de tout bon mot, même à ses dépens, il ne peut s'empêcher de publier celui-ci :
Le titre modeste d’Heures perdues [du chevalier de Rior], a donné lieu à un auteur obscur de dire, que ce titre convenait autant au lecteur qu’à l’auteur.
Il répond ensuite (avec une pointe d’agacement) aux critiques de l’abbé Desfontaine, collaborateur du Journal des savants (et traducteur des Voyages de Gulliver), ainsi qu’à celles du Journal de Trévoux (fondé par des jésuites). L’année suivante il fait paraître à Amsterdam un ouvrage anonyme contre Desfontaine : Le faux Aristarque reconnu.
1734
(61 ans)-
Publication du premier volume de ses Causes célèbres (recueil d’affaires criminelles) : son bestseller absolu, qui l’absorbera dès lors jusqu’à la fin de sa vie (20 volumes en dix ans, soit deux volumes de plus de 500 pages par an).
- Son nom n’apparaît pas en couverture, l’ouvrage est signé
M. ***, avocat au Parlement
. - Le premier volume contient six Causes et s’ouvre sur l’histoire du
faux Martin Guerre
. Voir la table générale des 20 tomes. - Une Cause présente généralement les faits, puis le procès : exposé des pièces, des arguments des parties, des sentences rendues, etc.
- À Paris, les volumes paraissent chez quatre libraires simultanément, qui se sont partagé le privilège royal, et rééditent les premiers volumes (dans une version corrigée) en même temps que paraissent les nouveaux.
- Une édition parallèle paraît en même temps à La Haye, signée
M. Gayot de Pitaval, avocat au Parlement de Paris
.Pitaval insérera dans cette édition des pièces supplémentaires : le tome X contiendra une Réfutation de l’apologie du Congrès (procédure judiciaire par laquelle un mariage attaqué en nullité pour cause d'impuissance se prouvait : quand une épouse accusait son mari d'impuissance, les conjoints devaient accomplir l'acte sexuel devant un
congrès
: un collège d'une douzaine de docteurs et sages-femmes) ; le XI un Traité de la dissolution de mariage pour cause d’impuissance, etc., ce qui portera le total à 22 volumes. - Des traductions sont publiées en Europe.
Anglais : Gallick Reports: Or, An Historical Collection of Criminal Cases (London, 1737) ; hollandais : Beroemde en Gedenkwaardige Rechts-Zaaken (2 vol., 1737-1738) ; allemand Erzählung sonderbarer Rechtshändel (Leipzig, 9 vol., 1747-1767)
- Son nom n’apparaît pas en couverture, l’ouvrage est signé
1742
(69 ans)-
Les tomes XIX et XX sont terminés (approbation de mai 1742). Dans sa préface, rien n’indique que ce sont les derniers ou que la série touche à son terme. Il se sent vieillir mais assure de sa bonne santé, et réfute même une rumeur de mort :
Le ciel m’a reservé dans leur première vigueur les yeux, la mémoire, et les qualités nécessaires pour les travaux de l’esprit ; de sorte que je ne puis douter que la Providence ne veuille que je meure enfin armé d’une plume, ainsi qu’un soldat en combattant les armes à la main. Il faut remplir ma destinée malgré un nouveliste qui, chargé de répandre par écrit des nouvelles dans le monde, a divulgué ma mort ; sur la foi de ce galant-homme, peut-être impatient de me voir vivre si longtemps, les gazettes étrangères ont débité cette nouvelle qui n’avait pas même pour fondement une maladie. Le public m’a cru mort, des beaux esprits ont fait mon épitaphe, des âmes dévotes ont prié pour le repos de mon âme.
Le tome XIX (ou XXI dans l’édition de La Haye) s’ouvre par l’histoire et le procès de Jeanne d’Arc, sur plus de cent pages, Cause intitulée :
L’innocence opprimée par des juges iniques.
1743
(70 ans)- jan.
Il décède à Paris ou à Lyon, selon les sources.
Les tomes XIX et XX des Causes célèbres paraissent à Paris.
1746
-
La première réédition des Causes célèbres paraît La Haye (22 vol., 1746-1751), bientôt suivie par de nombreuses rééditions à Paris à partir de 1750.
1775
-
Nouvelle réédition complète à Amsterdam (basée sur celle de La Haye en 22 vol.).
1792
-
En Allemagne, paraît le
Pitaval de Schiller
(Iéna, 4 vol., 1792-1795) qui aura une grande postérité littéraire.Titre original : Merkwürdige Rechtsfälle als ein Beitrag zur Geschichte der Menschheit. Nach dem Französischen Werk des Pitaval durch mehrere Verfasser ausgearbeitet und mit einer Vorrede begleitet herausgegeben von Schiller. (Affaires juridiques singulières : une contribution à l'histoire de l'humanité. D'après l'ouvrage français de Pitaval, élaboré par plusieurs auteurs et publié par Schiller, avec une préface.) Le véritable maître d'œuvre est en réalité Friedrich Immanuel Niethammer ; Schiller lui donna surtout sa célèbre préface.
1842
-
En Allemagne toujours, lancement d'une nouvelle collection d’histoires criminelles, le
Nouveau Pitaval
(Der neue Pitaval), 60 volumes de 1842 à 1890.
Références
- Bibliographie
- Table générale des 12 tomes des Causes célèbres
- Liste des différentes éditions des Causes célèbres
- Sources généalogiques
- Sources sur sa carrière parlementaire
- Sources générales
Bibliographie
Histoire des combats d’Almenar et de Pennalva, des batailles de Saragosse, de Villaviciosa et du siège de Gironne, Paris, Claude Jombert, 1712 ; La Haye, Adrien Motiens, 1715, Gallica
Dédié
à Monseigneur François-Marie de Paule Telles Giron, duc d’Ossonne
(Francisco María de Paula Téllez-Girón), grand d’Espagne et proche de Philippe V, petit-fils de Louis XIV, soutenu par la France contre l’archiduc Charles de Habsbourg dans la guerre de Succession d’Espagne.— Permission du 7 août 1712 accordée pour 4 ans à Jombert
Campagne du maréchal de Villars de 1713, suivie de la Paix de Rastat, Paris, veuve de Courbe, Claude Jombert, 1713 ; veuve Courbe, 1715, Google
Dédié
à Monsieur le marquis de Villars
(fils du maréchal).Lettre de Pitaval à Villars (Lyon, 24 octobre 1713) :
Monseigneur, J’ai osé écrire l’histoire de votre dernière campagne de Flandres. J’ose encore entreprendre la relation de votre campagne d’Allemagne, mon zèle sauva auprès de vous la faiblesse du premier ouvrage. Peut-être que celui-ci méritera mieux votre attention. [...] Gayot de Pitaval, à Lyon ce 24 octobre 1713.
Réponse de Villars (Fribourg, 6 novembre 1713) :
Je vous suis très obligé, Monsieur, de tous les sentiments que vous me montrez, et de l’empressement avec lequel vous désirez de travailler à l’histoire des heures succès de cette campagne. La matière en est belle, et je serai ravi qu’elle passe sous une plume aussi nette que la vôtre. Mon secrétaire vous donnera les mémoires qu’il peut avoir fait de tout ce qui s’est passé, arrangés par ordre. Mais il faut attendre la fin de la campagne. Je suis, Monsieur, entièrement à vous. Villars, au camp devant Fribourg, ce 6 novembre 1713.
Seconde édition de 1715 : — Approbation. Paris, 9 sept. 1714. Signé : Fontenelle. — Privilège du roi, pour 5 années consécutives. Versailles, 8 mars 1715, du règne le 72e. Signé : L’Authier. — Registré à Paris le 12 mars 1715. Signé : Robustel, syndic.
Les Heures perdues du chevalier de Rior, Paris, veuve de Courbe, 1715, Google
Dédié
à Monsieur Bontemps, conseiller premier Valet de chambre du Roy, gouverneur des Thuileries
.Avertissement (extrait) :
Dans la République des Lettres on s’érige en auteur à peu de frais, dira un critique, après avoir parcouru mon livre. Qu’est-ce qui compose le capital de cet ouvrage poursuivra-t-il, des contes, des bons mots, dont quelques-uns ont déja vu le jour, plusieurs vers qui paraissent n’être pas sortis de la veine de cet auteur ; tout cela sans ordre et sans liaison. Si dans cet ouvrage il y a mis du sien, certes il y en a mis très peu. Voilà donc le Parnasse applani ! on n’y grimpera plus, voilà une voie large et spacieuse qu’ơn nous ouvre ! Que d’auteurs y entreront en foule guéris de la crainte de broncher et de faire des chutes dangereuses ! Mon procès est instruit non pas par Minos, ou par quelqu’autre juge équitable : mais par Momus le dieu de la raillerie, je parerai bien ses coups. Voici ma réponse. Qu’on dépouille toute prévention, on verra qu’il y a quelque discernement dans le choix des contes et des bons mots, que l’art de narrer qui peut-être est de tous les genres d’écrire le plus difficile n’est pas négligé dans cet ouvrage. [...]
À l’égard de quelques bons mots qui ont déja été imprimés et que j’ai répandus dans cet ouvrage, je puis dire qu’il n’y en a peut-être pas vingt pages sur plus de cinq cents que ce livre contient. Ainsi ce recueil a le mérite de la nouveauté. Dira-t-on après cela que ce livre ne m’a rien coûté ? La raillerie ne tombe-t-elle pas d’elle-même ? Je conviens que j’ai poussé la licence de cet ouvrage bien loin. À la suite d’un conte on y verra une réflexion sérieuse ; un bon mot traînera après soi une remarque critique, à propos de quoi ? à propos de rien. Ce sont mes Heures perdues, c’est à dire, un livre que j’ai composé dans des heures de récréation et de délassement. Tant pis, me dira un critique en m’interrompant. Pour lui fermer la bouche je lui répondrai que j’ai revu cet ouvrage dans mes heures d’étude. J’ai affecté d’y mêler le sérieux avec l’enjoué sans aucune transition ; et je n’ai pas daigné employer le moindre artifice pour coudre des sujets si différents. Encore une fois ce font mes Heures perdues, mon titre seul m’autorise.
— Approbation. Paris, 17 sept. 1713. Signé : Fontenelle. — Privilège du roi, pour 5 années consécutives. Versailles, 9 jan. 1715, du règne le 72e. Signé : Lauthier. — Registré à Paris le 15 février 1715. Signé : Robustel, syndic.
Recueil des énigmes les plus curieuses de ce temps, Paris, Nicolas Legras, 1717, Google
Dédié
à Madame, duchesse de Berry, fille de France
.— Approbation. 22 juillet 1715. Signé : Moreau de Mautour. — Privilège du roi, pour 5 années consécutives. Versailles, le 7 août 1715, du règne le 73e. Signé : Fouquet. — Registré à Paris le 9 août 1715.
Nouveau recueil d’énigmes, Le Gras, 1720 ; nouvelle édition corrigée et augmentée de 200 énigmes, Paris, Th. Le Gras, 1721, Google
Dédié
à son altesse sérénissime Monseigneur le Prince de Conty
.Avertissement :
J’ai eu bien de la peine à résister à l’envie de faire sur l’énigme une ample dissertation où j’aurois étalé une érudition d’emprunt si la mienne m’avait manqué dans le besoin. J’aurais débité des conjectures sur l’origine de ce genre d’ouvrages, dont le nom est dérivé du grec, et comme le pays des conjectures est fort vaste, je me serois donné carrière tant que j’aurais voulu ; j’aurais montré l’antiquité de l’énigme qui a paru dans les siècles les plus reculés [...] Afin qu’on ne me reprochât pas de n’avoir d’autre talent que des yeux et de la mémoire, j’aurais fait des recherches inventé des systèmes, [...]
Afin de récompenser avantageusement le public des énigmes que j’avais suprimées, je les avais remplacées dès la première édition de plus de cent cinquante énigmes, et dans cette seconde édition, j’y en ajoûte environ deux cent ; il y en a quelques unes de mon cru, j’ai recueilli les autres dans les cabinets de mes amis. J’ai jugé qu’elles avaient le mérite qu’on demande dans ce genre d’ouvrage. Ainsi à tout prendre, ce livre peut bien porter le titre de Nouveau Recueil. [...]
— Approbation. 22 juillet 1715 [Même date que le premier recueil]. Signé : Moreau de Mautour. — Privilège du roi à Th. le Gras, pour 3 années consécutives. Paris, le 10 oct. 1720, du règne le 5e. Signé : Fouquet. — Registré à Paris le 11 oct. 1720. Signé : F. de Laulne, syndic.
Bibliothèque des gens de Cour, 1723, 2e éd. corrigée et augmentée, Paris, Legras, t. I, Google, Google
Dédicace
à Monseigneur le chevalier d’Orléans, grand prieur de France, et général des galères
.Les grâces présidaient au jour de ta naissance, | Ton nom, tes vertus, ton rang et tes emplois | Semblent ressusciter le célèbre Dunois* | L’effroi des ennemis et l’amour de la France. | À l’exemple des dieux prends de petits présents, | Reçois de mes vœux, mon cœur, mon livre et mon encens.
Gayot de Pitaval. * Jean, comte de Dunois, fils naturel de Loüis I. duc d’Orleans ; il aida à Charles VII à conquérir son royaume sur les Anglais, et par ses grandes actions, il mérita le rang de prince. C’est de ce comte de Dunois que sont descendus les ducs de Longueville.
Avertissement (fin) :
Un essai de cet ouvrage a déjà paru sous un titre fort simple (je l’ai donné au public sous le titre d’Heures perdues du Chevalier de Rior...), et comme il a été goûté du public, j’ai cru que je le devais épurer pour le rendre plus digne de l’impression. Je l’ai refondu dans le premier volume, et parce que j’avais promis un second tome si le premier avait le bonheur de plaire, je tiens ma parole. On dira d’abord que mon livre est un Mississipien, qui ayant fait fortune a quitté son nom modeste pour en prendre un superbe. Mais comme sa fortune est un peu plus solide que celle du Quinquempois, peut-être ne sera-t-il pas contraint de reprendre son premier nom.
Que me reste-t-il à vous dire ? Excusez mes fautes, en faveur d’une aussi belle intention que celle que j’ai eue de vous réjouir, ou plutôt ne les excusez point, divertissez-vous-en, vous répondrez à mon dessein ; j’en sortirais si je faisais un plus long Avertissement, ce serait vous ennuyer de trop bonne heure. Imaginez-vous que ceci est un intermède, et que vous entendez une belle symphonie de violons, qui vous annonce une pièce héroïcomique, qui vous fera rire souvent dans l’âme, et quelques fois du bout des lèvres seulement.
— Approbation. 17 juin 1720. Signé : Fontenelle. — Privilège du roi à Gayot de Pitaval pour 4 années consécutives. Paris, le 27 juin 1720, du règne le 5e. Signé : De S. Hilaire. — Cession du privilège
pour toujours
à Théodore le Gras. Paris, le 16 juillet 1720. Signé : Gayot de Pitaval. — Registré à Paris le 16 juillet 1720. Signé : Delaulne, Syndic.Seconde édition, 1723. T. II, Google, Google
(p. 138) Éloge du Sr Gayot de la Rejasse. — Combien de juges, ou distraits, ou vaincus par le sommeil, jugent ensuite avec précipitation. Je ne fuis pas un auteur assez grave pour faire des leçons aux magistrats. Je me contenterai de leur proposer le Sr Gayot de la Rejasse pour modèle. Ce juge fameux suivait dans ses jugemens les règles les plus pures de l’équité. Assis sur le Tribunal, il était toujours sur ses gardes pour ne pas se laisser surprendre à la passion des parties. Tyrannisé par le sommeil, il s’y livra dans une audiance, et ce fut l’unique fois de sa vie qu’il accorda au Palais un pareil avantage à Morphée. Pour réparer cette faute, quand il fut aux opinions, il n’oublia rien pour s’instruire de la cause. Le Président lui en diť le précis, le Sr Gayot donna ensuite sa voix. Les opinions furent fort balancées. Celui qui gagna eut l’avantage d’une voix seulement. Le Sr Gayot après le jugement, soupconna qu’il pouvait avoir mal jugé. Il se fit apporter chez lui les sacs des parties, et après avoir examiné le procès avec une grande attention, il vit que son soupçon étoit bien fondé, et il jugea que sa voix avoit fait pencher la balance du côté de celui qui ne devait pas gagner dans les règles. Combien de juges se seraient étourdis là-dessus, ayant un prétexte aussi spécieux que celui qui se présente dans une cause douteuse, où il semble qu’on peut user sans intéresser sa conscience de la liberté de prendre le parti qui plaît davantage. Un juge qui a fait un recueil de plusieurs questions de droit, a mis à la marge, à côté de celles qui sont douteuses : Question pour l’ami : voulant di re que dans ces occations-là on pouvait pencher pour un ami. Le Sr Gayot ne se laissa point éblouir par un pareil raisonnement ; il manda la partie qui avait perdu son procès, et la remboursa du principal et des dépens considérables auxquels elle était condamnée.
J’ajouterais à l’éloge du Sr Gayot qu’il était un véritable Chrétien nourri à l’école de l’Évangile : mais l’Épitaphe que Damon a faite sur ce magistrat est un panégyrique complet, c’est le précis d’une belle oraison funèbre : Cy gist le Roy des gens de bien | Que de vertus dans sa course il assemble!...
T. III, Google, T. IV, 1724, Google, Google, avec nouvelle préface et épître
au lecteur difficile
. Approbation du 20 sept. 1723, signée Blanchard. T. V, 1725, Google, Google, avec une nouvelle préface sur lesbon mots
. Approbation du 6 mai 1724, signée Blanchard. Privilège du roi donné le 30 juin 1724, signé Carpot. Registré le 3 juillet 1724.Amsterdam, aux dépens de la Compagnie, 1726 : T. I, Google, T. II, Google, Google, Google, T. III, Google, T. IV, Google, Google, T. V, Google, Google, Google
Saillies d’esprit, ou choix curieux de traits utiles et agréables pour la conversation, Paris, Briasson, 1726, Part. I : Google, Part. II : Google (suite sous un autre titre de la Bibliothèque des Gens de Cour)
Dédié
à son altesse sérénissime Madame la comtesse de Toulouse
.Avertissement (fin):
Voici un ouvrage dans le goût de ceux que j’ai déja donnés au public, ainsi je puis me flater que j’ai fait paraître le recueil le plus complet de bons mots qu’on ait encor vu. J’y ai joint dans tous les volumes un choix des vers les plus aisés et les plus heureux, de ces vers qui plaisent même à ceux qui n’aiment pas la poésie. J’y ai fait entrer le grave et le sérieux ; je les ai ornés par-ci-par-là de lambeaux précieux de l’Écriture Sainte. Afin de ne pas effrayer les curieux en les jettant dans une espèce de nécessité d’acheter plusieurs volumes, si j’eusse mis celui-ci à la suite des autres, je l’ai détaché et lui ai même donné un autre titre, Saillies d’Esprit, c’est-à-dire, pensées vives un peu marquées qui sortent d’un ouvrage, et se présentent avec un brillant qui les distingue ; si ce titre ne convient pas à tout ce qui est inséré dans le volume, j’ai annoncé dans le titre même d’autres matières, cela suffit. Après tout, cette expression, Saillies d’Esprit, convient au capital de mon Livre, et puis j’ai droit dans un ouvrage de ce genre de m’affranchir de la grande précision d’un titre. [...]
— Approbation du 5 sept. 1725, signée Blanchard. — Privilège du roi à Antoine-Claude Briasson, libraire à Paris, pour 3 années consécutives. Versailles, le 29 nov. 1725, du règne le 11e. Signé : Noblet. — Cession de la moitié du privilège à M. Labottière, Paris, 30 nov. 1725, signé Briasson. — Registré à Paris le 7 déc. 1725.
Paris, La Bottière, 1726, Google (part 1 et 2)
Amsterdam, chez Michel Charles le Cene, 1727, part 1 et 2 : Google, Google
L’Art d’orner l’esprit en l’amusant ou Nouveau choix de traits vifs, saillants et légers, soit en vers, soit en prose, Paris, Briasson, 1728, Part. I, Google, Google, Part. II, Google, Google
Dédié
à Monseigneur le Blanc, ministre de la guerre
.Avertissement :
Voici le reste des matériaux que j’ai étalés dans plusieurs volumes, la dépense en était faite, encore ne fallait-il pas la perdre. Pour vous faire agréer ce débris, j’ai voulu lui donner un titre qui ne fût ni trop superbe, ni trop modeste, ces deux excès sont également nuisibles à un auteur. S’éleve-t-il, on mesure son abaissement à son élevation ; s’humilie-t-il, on le croit malicieusement sur sa parole, il faut donc qu’il garde un milieu. Il y a longtemps que l’on a dit que les milieux sont difficiles à tenir, je ne réponds pas que j’aie celui-ci bien su prendre, je l’ai toujours tenté ; je promets donc par mon titre de vous orner l’esprit en l’amusant. N’attendez pas de moi des préceptes, mas des exemples continuels qui font le tissu de l’ouvrage ; exemples plus efficaces que les préceptes, puisqu’ils font l’effet de l’Art. [...]
— Approbation du 23 juillet 1727, signé Blanchard. — Privilège du roi le 26 novembre 1727, de son règne le 13e, signé Carpot. — Registré à Paris le 28 février 1728, signé Brunet, syndic.
Éd. 1732 (approbation du 15 juillet 1732, signé Moreau de Mautour, privilège du 16 juillet signé Sainson, registré le 7 août 1734 [1732?], Part. I et II : Google, Google, Google, Part. III et IV : Google
Esprit des conversations agréables, ou Nouveau mélange de pensées choisies, Paris, Théodore Legras, 1731, T. I, T. II, Google, T. III, Google
Dédié
S. A. S. Monseigneur le comte de Charolais
.Avertissement :
Voilà dix gros volumes, tous à peu près dans le même goût, dont j’ai fait successivement un fort petit présent au public. J’aurais traité de visionnaire celui qui m’aurait dit dans le commencement que je pousserais ma carrière jusque-là. Demandez-moi comme cela s’est fait : Un tendre engagement va plus loin qu’on ne pense.
Dès qu’un auteur qui se fait imprimer a quelque succès, il s’engage par là avec le public ; son amour propre l’aiguillonne ; le libraire affriandé l’aiguillonne aussi : il s’embarque de nouveau sur la mer orageuse de l’impression.
Voici l’histoire de ces ouvrages. Il faut prendre la chose dans sa source. À peine ai-je eu l’usage de raison, que j’ai recueilli ces bons mots, ces traits vifs qui frappent dans la conversation, dans les livres. J’en avais fait une bonne provision, lorsque je partis de ma province en 1715 pour Paris. À peine fus-je arrivé, que je fus tenté d’enrichir le public de ma récolte. Comme je suis timide naturellement, je n’osai pas aborder ces libraires de la vieille Roche, de la rue Saint-Jacques et du Palais, je m’adressai à une libraire surannée, brocanteuse de livres, dont la boutique enfoncée d’un demi-pied seulement dans une encognure, à l’entrée du quai des Augustins, était exposée à toutes les injures de l’air. Tel auteur, tel libraire. La bonne femme trafiquait en bouquins et ne faisait point imprimer. N’importe, elle s’avantura, et donna au public mon ouvrage, qui parut sous le titre modeste d’Heures perdues du Chevalier de Rior. Corneille, dit la Bruyère, jugeait de la bonté de ses pièces par l’argent qui lui en revenait. Il n’est pas étrange après cela, que la bonne femme jugeât de même de mon livre qui eut du succès, malgré la modestie du titre et de la marchande. On fut surpris que le public qui juge par les apparences, eût fait un bon accueil à un auteur qui s’humilie dans son titre. Je m’en retournai en ma province, décoré du nom d’auteur, qui m’y donna quelque relief. Je revins à Paris en 1720. Comme mes actions étaient haussées par le succès de mon livre, je m’apprivoisai avec un libraire du Palais que je louerais s’il ne me le défendait pas, car je suis bien tenté de donner un petit coup d’encensoir à un libraire qui a travaillé à m’immortaliser. Je m’engageai de renouveller mon livre, et d’y ajoûter un second tome ; et afin qu’il parût tout neuf, il me conseilla de lui donner un titre magnifique. Je le crus, et j’intitulai mes deux volumes, La Bibliothèque des gens de Cour. Quoique la modestie du premier titre ne m’eût pas nui, je jugeaį que la vanité du second serait encore plus heureuse : je ne me trompai point, on dévora cette édition, quoiqu’elle eût causé quelques nausées à certains lecteurs. Me voilà arrivé à la seconde édition, je lâchai alors un troisiéme volume, qui fut suivi d’un quatriéme. L’ouvrage fut enfin couronné d’un cinquiéme volume ; on les regarda de bon œuil. Reprenons haleine, en voilà bien assez qui se suivent à la file.
Je fus bientôt délassé ; je suis comme le Cid de Corneille, je me délasse de mes exploits, en les racontant. J’étais d’humeur de regaler de nouveau le public dans le même hôtel, c’est-à-dire dans la boutique du même libraire : mais il branla la tête, et me témoigna qu’il s’en tenait là. J’ai dit ailleurs que mes livres étaient des festins que je donnais au public. Suivant cette allégorie je suis le traiteur qui ordonne et apprête les mets : le libraire les sert au public. Il y a deux differences remarquables. Dans un festin, on paye au traiteur son écot, après que le repas est fini. Ici on paye l’écot avant que de se mettre à table, non pas au traiteur, mais à celui qui a servi le repas.
Comme j’avais le pied marin, voici une autre figure d’éloquence, j’allai m’embarquer avec un libraire lyonnais de la rue Saint-Jacques, mon compatriote, qui avait le talent de donner à ses chalans des yeux très favorables pour ses livres : car on prétend que nous autres Lyonnais nous avons un vernis de Gasconisime, franchement je ne crois pas en être exempt. Ce vernis ne gâte rien : preuve de cela, c’est que ce libraire a tout le mérite d’un habile homme dans sa profession, et qu’il possède tout ce qu’il faut pour faire voguer heureusement le vaisseau de sa fortune. Il prit mon livre. J’étais embarrassé sur le titre que je lui donnerais. Despréaux dit : Je trouve au coin d’un bois le mot qui m’avait fui. Je trouvai au bout de la grande allée des Tuilleries le titre de Saillies d’esprit. Je m’applaudis de l’invention, je sautai tout transporté de joie.
Mon libraire lyonnais s’associa avec un autre libraire dont la fortune n’était pas riante ; celui-ci talonné par le besoin d’argent, vendait mon livre à tout prix : il n’en fallait pas davantage pour lui faire faire naufrage avec ce libraire : mais heureusement le libraire lyonnais qui le prônait, et qui a le don de la parole, le soutint contre vent et marée. Qu’on ose après cela condamner le vernis de Gasconisime !
Notre ouvrage ayant donc réussi malgré l’orage, le libraire lyonnais m’invita à en donner un autre, que j’intitulai l’Art d’orner l’esprit en s’amusant. Je promettais peut-être bien plus que je ne tins ; mais ce serait plutôt la faute du public que la mienne puisqu’il s’est déclaré pour les titres qui imposent. Mon amour propre fut flatté du succès de ce dernier ouvrage. (Certaines gens ont dit que ce livre n’ornait, ni n’amusait leur esprit. Je réponds qu’il y a des esprits si secs, si arrides et en même temps si bourrus et si misantropes, qu’ils sont à l’épreuve de l’art d’orner et d’amuser.)
Enfin j’ai poussé ma pointe jusqu’à donner encore un livre nouveau en trois volumes, où mon libraire du Palais qui est rentré en goût est interessé. Avant que de parler de ce denier livre, il faut dire un mot des critiques qui ont frondé les autres.
Le titre modeste d’Heures perdues, a donné lieu à un auteur obscur de dire, que ce titre convenait autant au lecteur qu’à l’auteur. Comme je donne un recueil de bons mots, j’ai cru que je devais rapporter celui-ci, quoiqu’il ait été imaginé à mes dépens. Peut-on mieux entendre raillerie ? Je ne rendrai point trait pour trait à cet auteur, je lui ferais trop de plaisir de le tirer de l’obscurité où il est enseveli ; j’aurai même la petite malice de ne le pas nommer.
Le second critique qui a paru, est l’abbé D*** qui nous a inondé de brochures : il est à l’affut de tous les livres nouveaux ; dès que quelqu’un réussit, cet hypercritique l’accompagne d’une censure brochée. C’est, dit-on, l’épouvantail des petits auteurs et de leurs libraires. J’ai d’abord saisi deux grands défauts dans cet aventurier du Parnasse. Il s’attache dans un ouvrage qu’il critique, à n’en relever que les endroits faibles qu’il charge extrêmement, et en supprime malignement les bons. Voilà un mauvais modèle de critique, qui doit être proposé afin qu’on en évite le vice excessif. Un autre grand défaut, c’est l’opinion qu’il a de lui-même ; il s’est bonnement imaginé qu’il était superieur à Messieurs de la M*** et F***, parcequ’il les avait censurés. S’il ouvrait les yeux, il serait étonné de la distance énorme que le public met entre eux et lui : elle est égale à celle qui est entre Homère et Zoïle. (Zoïle si décrié dans tous les siècles se déchaîna contre Homère et Platon, dont il se disait le fléau : on l’appelait le Chien de la Réthorique ; on le fit mourir d’une mort violente. Un savant lui ayant demandé pourquoi il s’acharnait contre les plus grands écrivains : c’est que, dit-il, je voudrais bien leur faire du mal, et je n’en puis venir à bout. Les envieux ont été appelés Zoïles.)
Voici comme cet auteur m’a attaqué dans son Apologie des Anglais et des Français. [Ouvrage de l’abbé Desfontaines (Pierre-François Guyot Desfontaines) et du père Brumoy (Pierre Brumoy), jésuites : Apologie du caractère des Anglais et des Français, ou observation sur le livre intitulé : Lettres sur les Anglais et les Français et sur les Voyages (de Béat Louis de Muralt), Paris, Briasson, 1726]. Il dit que les libraires du Palais offrent aux provinciaux, dont la phisionomie ne leur annonce pas beaucoup de goût et de lumière, la Bibliothèque des gens de Cour, les Saillies d’esprit, l’Homme universel, le Héros, Clovis et l’Illiade en vers, et autres pareilles drogues. Nos expressions décèlent notre naissance ; témoin cet inconnu qui révèla sa profession de chirurgien, lorsqu’il dit dans un repas :
Faisons la dissection de ce levraut.
L’expression basse de Drogues ferait d’abord soupçonner que l’abbé D*** serait fils d’un épicier ou d’un apoticaire, à ceux qui ignorent sa naissance.Le public prit soin de me venger, car cette Apologie n’eut aucun succès : c’était une critique d’un ouvrage de M. de Murat, dont l’imagination est infiniment supérieure à celle du censeur, qui ne donna aucune atteinte au mérite de l’ouvrage censuré. Mais je n’étais pas satisfait de la vengeance du public, j’en méditais une qui se fit mieux sentir lorsqu’en passant sur le Pont-Neuf auprès du Cheval de bronze, je foulai aux pieds un livre étalé à terre, qui avait pour titre : Les poésies sacrées traduites, ou imitées des psaumes [de l’abbé Desfontaines, 1718]. Je l’eus à grand marché. À peine en eus-je lu quelques vers, que je crus que c’était un ouvrage posthume de Chapelain, tant ils étaient durs et frappés au coin de ce poète. Au bas de l’épître dédicatoire, je trouvai le nom et le surnom de mon censeur. Cette découverte me réjouit beaucoup : je crus alors la métempsycose [croyance où l’âme du défunt quitte son corps après la mort pour entrer dans un autre], car je m’imaginai que l’âme de Chapelain par la voie de la transmigration, était allée habiter le corps de l’abbé D***. J’eus la patience de lire tout l’ouvrage ; j’y trouvai les semences de plus de cinquante épigrammes contre lui. * En voici une qui vient d’éclore.
Languissant traducteur et poète postiche, | Ah! que n’as-tu paru dans le temps de Boileau ? | Ton nom sonore aurait orné son hémistiche, | Il t’aurait célébré comme un Cotin nouveau, | Te faisant dans ses vers un illustre tombeau. | Quelle gloire pour toi ! si la sagesse immense | Eût voulu de trente ans avancer ta naissance.
Je regarde ce livre comme un arsenal qui me fournira des armes pour battre mon censeur avec succès ; je m’en suis déja servi dans le IIIe tome ; et je suis très disposé à continuer.
Les troisièmes censeurs que j’ai eus, sont les journalistes de Trévoux, qui ont fait dans leur Journal un article sur l’Art d’orner l’esprit en l’amusant. Ils assaisonnent de louanges leurs traits de critique. Comme ce sont des légions que je ne veux point avoir sur les bras, je les remercie de leur éloge : à l’égard de leurs traits, je baisse la tête sans rien dire, et je tâche d’esquiver les coups.
Mais si j’ai été censuré, j’ai eu aussi en récompense une aventure qui m’a beaucoup flatté. J’étais dans la boutique de mon libraire, lorsqu’un inconnu habillé magnifiquement m’embrassa à plusieurs reprises, en me disant dans les convulsions de sa civilité, qu’il m’avait des obligations infinies. Quand il eut pris haleine, je lui témoignai mon étonnement. Il me dit :
Je vous dois, Monsieur, tout l’esprit que j’ai ; je suis un officier qui passe pour le plus bel esprit de mon régiment, on n’y fait point de partie de plaisir qu’on ne m’en mette. Tout mon savoir consiste dans vos livres, que je sais par cœur. Ainsi, Monsieur, je suis bel esprit, par la grâce de Dieu, de vous et de ma mémoire.
Je fus charmé de l’effet de mes livres, c’est ce qui m’a engagé à lui donner encore plusieurs doses de bel esprit par des ouvrages nouveaux.Au reste, pour venir à mon dernier livre, voici ce qui le distingue des autres ; je l’ai embelli des plus beaux traits de l’Histoire, de ces endroits que la plupart des gens y cherchent avidement, et qui les dédommagent de la peine qu’ils ont eue à la lire ; de ces traits que tout le monde veut apprendre, et qui ornent les conversations et les rendent agréables. Il n’en faut pas davantage pour justifier mon titre, qui convient d’ailleurs au reste de l’ouvrage. J’ai usé de la même liberté que j’ai prise dans mes autres livres. Je passe d’un sujet à un autre tout différent, sans transition, sans liaison. Je ne céderais pas pour tous les biens du monde le droit précieux que j’ai acquis d’avoir mes coudées franches. Je m’apperçois que ma préface commence à m’ennuyer : je pourrais donc bien aussi ennuyer mon Lecteur.
Je n’ai plus que deux observations à faire, après quoi je le congédierai. Premièrement, on veut me ravir la gloire d’auteur, parceque, me dit-on,
vous ne nous donnez rien de votre cru
. Compte-t on pour rien mon discernement, si l’on trouve que j’ai fait un bon choix ? Compte-t-on pour rien mon style, s’il a le bonheur de plaire dans mes narrations ? Compte-t-on pour rien des lettres, des historiettes, des réflexions, des remarques critiques, des maximes sans nombre, et plusieurs vers qui sont purement de moi ? Non seulement j’ai fait entrer dans ce livre plusieurs ouvrages de ma façon ; mais je me suis rendu souvent propre ce que j’ai trouvé ailleurs, en tachant de l’accommoder et de l’apprêter au goût de mes lecteurs.Secondement, nul ouvrage où l’on trouve plus d’esprit, je puis le dire, que dans les bons livres de ce genre, nul ouvrage où l’on puisse recueillir tant de traits heureux, de pensées brillantes dans un plus petit espace. De quoi s’embarrasse le lecteur ? Ces pensées sont-elles de l’auteur? ou les a-t-on prises ailleurs ? Qu’elles soient de moi, ou d’un autre, son plaisir en doit-il souffrir ? Mais, me dira-t-on, votre gloire gloire en doit diminuer. À la bonne heure, je la sacrifie à son plaisir. Ainsi l’on me doit regarder comme un héros parmi les auteurs.
On m’apporte le nouvelliste du Parnasse (ouvrage périodique de l’abbé ***) qui a critiqué mon livre avant qu’il ait paru. Censurer une comédie après qu’on l’a vue jouer, bon ! qui n’en ferait pas autant ? Mais la censurer avant que les chandelles soient allumées, c’est le chef-d’œuvre de la critique.
Caustique auteur dont l’esprit misantrope, | De mon livre fait l’horoscope, | De ton journal veux-tu savoir le sort ? | Il pourra quelque temps lutter contre la mort, | Pourvu que ta stérile verve | N’y mette pas ses vers forgés malgré Minerve.
— Approbation du 23 juin 1730, signé Jolly. — Privilège du roi à Théodore le Gras, le 23 juin 1730, de son règne le 15e, signé Sainson. — Partage du privilège de le Gras avec sa sœur Mme Delaulme et M. Cavalier, le 11 juillet 1730, signé Le Gras. — Registré à Paris le 11 juillet 1730, signé Le Mercier, syndic.
Paris, veuve Delaulme, 1731, T. I : Google, T. II : Google. — Paris, Guillaume Cavelier, 1731, T. II : Google, Google, T. III, Google — Paris, Charles-Nicolas Poirion, 1731, T. III, Google
Paris, Guillaume Cavelier, 1749, T. III, Google, T. III, Google
Le faux Aristarque reconnu (= l’abbé Desfontaines), Paris, Briasson, 1728, Gallica
Table générale des 20 tomes des Causes célèbres
- Histoire du faux Martin-Guerre, où le faux faillit à prévaloir p. 1
- Histoire de Renée Corbeau, ou fille qui par son éloquence empêche l’exécution d’un arrêt qui condamnait à mort son amant p. 57
- Histoire du gueux de Vernon, ou du jeune mendiant qu’on a voulu faire passer pour le fils qu’une bourgeoise aisée avait perdu p. 79
- Plaidoyer pour un médecin qui prétendait être exempt d’être collecteur de la taille p. 184
- Enfant réclamé par deux mères, ou la célèbre cause de Saint-Géran p. 199
- Histoire d’une célèbre empoisonneuse, ou Marie-Marguerite d’Aubray, marquise de Brinvilliers, convaincue d’avoir empoisonné son père et ses deux frères, et d’avoir attenté à la vie de sa sœur. On traite la question si la confession écrite pour être révélée à un prêtre peut servir de preuve contre un accusé p. 363
- Un mari et sa femme accusés injustement d’un vol énorme dont l’innocence n’éclata qu’après leur condamnation à des peines infamantes et la mort du mari ; ou histoire du malheur du sieur d’Anglade et de sa femme p. 481
- Histoire du faux Caille, ou Pierre Mège, soldat de marine, reconnu par le Parlement de Provence pour être le sieur de Caille gentilhomme, et pour être Pierre Mège par le Parlement de Paris p. 1
- Histoire d’Urbain Grandier, condamné comme magicien, et comme auteur de la possession des religieuses de Loudun p. 347
- Histoire de la Pivardière, ou femme accusée d’avoir fait tuer son mari qui se justifie en le représentant p. 1
- Histoire de Beausergent et de Magdeleine Jollivet, prétendant avoir épousé le sieur Beausergent, elle s’oppose à la publication des bans du mariage qu’il veut contracter avec la demoiselle Marlot ; elle se désiste de son opposition ; le mariage se contracte. Elle soutient après cela pouvoir être admise à la preuve du mariage qu’elle allègue p. 136
- La belle épicière, ou la femme adultère condamnée. Ses enfants réputés adultérins, quoiqu’on les défendît par la loi qui veut que le mariage démontre la paternité p. 268
- Histoire de Le Brun, ou innocent condamné sur des indices, et sa mémoire justifiée p. 435
- Testament singulier ; ou si un testament fait par interrogatoire d’un testateur, qui ne peut s’énoncer que par oui et non, pour avoir été attaqué d’apoplexie deux ans auparavant, est valable p. 562
- Testaments singuliers p. 576
- Histoire de Madame Tiquet, condamnée pour avoir entrepris de faire assassiner M. Tiquet son mari p. 1
- Légataire présumée indigne déchue de son legs ; ou legs d’un testateur marié, fait à une demoiselle (Mademoiselle Gardel) cassé et annulé à cause de l’indignité présumée de la légataire p. 62
- Histoire des juges de Mantes, ou juges prévaricateurs punis p. 167
- Cause de Dieu, ou société qu’un homme contracta avec Dieu, exécutée p. 288
- Outrage sanglant fait à une dame par une autre dame, ou histoire de la dame de Liancour, et du différend qu’elle eut avec la marquise de Tresnel, et de l’insulte qu’elle en essuya p. 348
- Mariage mal assorti, ou mémoire pour dame Anne-Christine Gomès, contre messire Romain de Kinglin son mari, président au Conseil souverain d’Alsace p. 396
- Mariage avorté, ou mémoire pour le sieur Louis de Rustaing de Saint-Jori, gentilhomme ordinaire de M. le duc d’Orléans, défendeur et demandeur ; contre demoiselle Jeanne-Geneviève Aubert de Chatillon, fille majeure, demanderesse et défenderesse p. 429
- Faux hermaphrodite, ou fille réputée faussement hermaphrodite p. 454
- Différend entre un bailli et un procureur du roi, ou mémoire du sieur de Saint-Jori procureur du roi au bailliage de Meudon, pour servir de réplique aux défenses du sieur Lamet, avocat aux conseils du roi, bailli du même siège p. 485
- Négociations d’actions de la Compagnie des Indes ; si l’on en doit permettre la preuve p. 516
- Placets au roi p. 556
- Fils désavoué, ou histoire de Charles-François Harrouard désavoué par son père et sa mère p. 1
- Histoire de Marie Cognot, désavouée par son père et sa mère p. 90
- Histoire de l’abbé de Mauroy p. 169
- Question d’état ; fille réclamée par deux mères p. 291
- Histoire de la marquise de Gange p. 367
- Fille qui perd ses dents dans le grand remède, et qui prend à partie son chirurgien p. 459
- Critique et contre-critique de l’oraison funèbre de Madame Tiquet p. 483
- Contestation entre deux oculistes p. 543
- Question sur une lettre de change p. 553
- Procureur condamné aux dépens en son propre nom, à cause de ses mauvaises procédures p. 572
- Traits contre des procureurs p. 580
- Placets en vers p. 597
- Histoire du procès entre le sieur Saurin de l’Académie des sciences, et le sieur Rousseau de l’Académie des belles-lettres p. 1
- Observations sur les diverses espèces d’injures p. 179
- Histoire de Louis Gaufridi, prêtre, brûlé comme sorcier par arrêt du Parlement de Provence p. 192
- Religieuse prétendue hermaphrodite, sur le bénéfice de laquelle on jeta un dévolu p. 310
- Mariage attaqué confirmé par arrêt rendu entre le comte de Bussi Rabutin, la dame de Coligni, et le sieur de la Rivierre son mari p. 363
- Histoire de Mademoiselle de Choiseul p. 407
- Mariage du marquis de Sailly, déclaré abusif après vingt-quatre ans de cohabitation, et la mort de l’épouse p. 1
- Dissertation où l’on démontre que la défense de se marier dans les degrés d’affinité n’est pas de droit divin, mais de droit positif et ecclésiastique p. 64
- Concubine donataire, dont on a confirmé la donation ; ou histoire de la demoiselle de Grand-Maison, et du sieur Perraud p. 94
- Pipeurs confondus p. 165
- Traité des gageures et des loteries p. 220
- Soufflet donné à une jolie femme p. 246
- Querelle entre un seigneur et un particulier : ou mémoire pour François Brochard sieur de la Ribordière, contre M. le comte de Nogent p. 251
- Femme adultère condamnée à la perte de sa liberté, et qui la recouvre après la mort de son mari par un second mariage p. 271
- La fausse testatrice p. 366
- Enfant réclamé par deux mères p. 409
- Legs fait sous une condition contre les bonnes mœurs p. 525
- Enfants ingrats p. 536
- Principes des interdictions p. 560
- Histoire de M. de Cinq-Mars, grand écuyer, et de M. de Thou p. 1
- Congrès aboli, ou épreuve qui tendait à casser le mariage, abolie comme contraire aux bonnes mœurs p. 232
- Chanoine qu’on refuse d’admettre, à cause de la petitesse de sa taille p. 327
- Question d’état, où la preuve testimoniale ne fut point admise p. 401
- Jugements célèbres que l’histoire nous présente : on y a joint d’autres jugements rendus par des cours souveraines que l’on ignore p. 475
- Histoire de Frillet procureur fiscal convaincu de subornation de témoins, et de prévarication p. 1
- Demande en réhabilitation de mariage p. 143
- Histoire d’un bigame, dont les deux femmes après sa mort contestent l’une contre l’autre sur la validité de leur mariage et l’état de leurs enfants p. 192
- Ecclésiastiques déréglés qui ont été punis, ou histoire des sieurs Desrues et Merlier p. 252
- Histoire du mariage que la comtesse de Bossu a prétendu avoir contracté avec Henri de Lorraine, duc de Guise p. 474
- Histoire du chevalier de Morsan, ou mari accusé de bigamie, qui pour s’en justifier accuse plusieurs personnes de lui avoir enlevé sa première femme, favorise son déguisement en homme, et articule la mort de cette femme travestie p. 1
- Libéralité imparfaite par M. le Normand évêque d’Evreux, à son clergé p. 112
- Fille qui veut changer son état de légitime contre celui de bâtarde p. 153
- Demande en cassation de mariage p. 265
- Père désavoué par sa fille p. 414
- Arrêts en faveur des comédiens français p. 515
- Réfutation de l’apologie du congrès p. 545
- Histoire du connétable de Bourbon jugé comme rebelle au roi et à l’État p. 1
- Condamnation d’une fille accusée d’être sorcière p. 220
- Le spectre ou l’illusion reconnue p. 304
- Mariage fait à l’extrémité, réprouvé p. 392
- Réclamation contre des vœux p. 487
- La marquise de Sassy accusée du meurtre de son mari, et d’une supposition de part, et qui se justifie p. 1
- Histoire de Jean Maillard, ou mari qui après quarante ans d’absence, vient accuser sa femme d’adultère et de bigamie p. 139
- Don Carlos fils de Philippe II roi d’Espagne, condamné à mort par son père p. 256
- Alexis-Petrowitz Czarewitz, héritier présomptif de l’Empire de Russie, condamné à mort par son père p. 338
- Majorat de Rye p. 436
- Histoire de M. de Montmorency jugé comme rebelle au roi et à l’État p. 1
- Histoire de Mademoiselle Ferrand p. 382
- Liberté réclamée par un nègre contre son maître qui l’a amené en France p. 526
- Le Code Noir, ou l’édit du roi servant de règlement pour le gouvernement et l’administration de la justice et de la police des îles françaises de l’Amérique, et pour la discipline et le commerce des nègres et esclaves dans ledit pays p. 617
- Histoire du mariage de Mademoiselle de Kerbabu ; ou mariage déclaré nul p. 1
- Fille mineure appelée à la religion, qui y est admise malgré la résistance de son père et de sa mère p. 230
- Histoire des démêlés d’Hortence Mancini, duchesse de Mazarin avec son époux, qui furent la source de leur procès p. 329
- Principes pour les séparations de corps et de biens dans les mariages p. 585
- Mémoire pour Margueritte Avrillon demanderesse en séparation d’habitation, contre François de Sorny écuyer, défendeur p. 617
- Suite des causes de séparation p. 649
- Lettre de l’auteur servant de défense aux Causes célèbres, et de réponse à deux écrivains périodiques p. 1
- Filiation du sieur de Sasilly vainement réclamée, malgré la preuve admise par le premier juge, et autorisée provisionnellement par le Parlement p. 23
- Histoire d’une coquette de l’Opéra, qui croit pouvoir retenir avec justice les gains qu’elle a faits dans son commerce galant. Raisons pour et contre p. 231
- Le mariage de la belle tourneuse attaqué et confirmé p. 277
- Comédienne célèbre qui se pourvoit contre son mariage p. 314
- Copie d’un testament militaire confirmée p. 416
- Si après trente ans la mort civile est prescrite, et si l’accusé qu’elle a proscrit est censé revivre civilement, et les effets qu’elle a éteints peuvent renaître p. 487
- Histoire du différend que Furetière eut avec l’Académie française p. 1
- Avocats et médecins de Lyon attaqués pour avoir pris le titre de nobles ; l’on ramène au sujet des endroits curieux concernant leurs professions. On a recueilli plusieurs traits et décidé des questions importantes p. 72
- Histoire d’un parricide commis par deux enfants, où leur mère a participé, jugé au Parlement de Provence p. 251
- Charles Premier, roi de la Grande-Bretagne, condamné à mort par ses sujets p. 347
- Histoire de la naissance de la demoiselle de Sfrondate, et de la filiation qu’elle a réclamée, jugée par le Sénat de Turin p. 1
- Histoire de Marie Stuard, reine d’Écosse, condamnée à mort sans autorité par Elisabeth reine d’Angleterre p. 181
- Filiation réclamée par la dame de Bruys sans acte de baptême, sans une véritable possession d’état, sur le fondement de plusieurs fortes conjectures p. 259
- Séducteur qui se dévoile après la séduction p. 437
- Supplément aux causes de séparation de corps et de biens p. 535
- Cassation du testament de M. Le Camus lieutenant civil p. 1
- Testament cassé d’un homme qui croyait être fille p. 226
- Juifs condamnés pour un crime énorme qui révolte l’humanité. On rapporte leurs mœurs, leurs coutumes, leurs usages, leurs crimes, et les traitements qu’ils ont essuyés dans toutes les nations depuis la mort de Jésus-Christ, et le fameux siège de Jérusalem p. 307
- Filiation réclamée malgré l’acte de baptême p. 467
- Robert comte d’Artois, condamné comme rebelle, et la justice de Philippe de Valois justifiée p. 541
- Supplément au testament cassé d’un homme qui croyait être fille p. 580
- Histoire de la Pucelle d’Orléans, ou l’innocence opprimée par des juges iniques p. 1
- Testament cassé, ou un cadet par prédilection est institué légataire universel p. 112
- Mariage secret, ou enfants reconnus légitimes, issus d’un mariage qu’on a prétendu secret, déclarés incapables de recueillir aucune chose dans une succession ouverte, et autre succession de leur famille qui pourrait s’ouvrir, auxquels on adjuge néanmoins des sommes considérables contre les héritiers p. 182
- Femme accusée d’adultère renvoyée sur un plus amplement informé p. 307
- Fille dont l’honneur est outragé cruellement par des voies de fait, qui se pourvoit en justice p. 459
- Le maréchal de Gié accusé d’un crime de lèse-majesté : ou l’histoire du maréchal de Gié dont on tâche en vain d’opprimer entièrement l’innocence p. 1
- Avantage de la possession d’état, ou fils légitime d’un premier lit que les enfants d’un second lit veulent faire passer pour bâtard, parce qu’il ne produit pas l’acte de célébration du mariage de son père, dont la légitimité est pourtant reconnue en justice à cause de la possession de son état p. 75
- Si par des présomptions une dot en argent dans un contrat de mariage stipulée, nombrée et délivrée en présence des notaires et des témoins peut être déclarée nulle p. 90
- Bénéficier dont le baptême et la naissance sont incertains, ou bénéficier admis malgré l’incertitude de sa naissance dans le royaume, de sa légitimité, et de son baptême p. 331
- Meurtre d’un mari dont la femme et le frère s’accusent mutuellement, tandis que celui qu’on a raison de soupçonner est en fuite, et qu’on néglige de le poursuivre vivement p. 445
Liste des différentes éditions des Causes célèbres
Éditions parisiennes originales (20 vol., 1734-1743)
Par M. ***, avocat au Parlement.
- Approbation du garde des sceaux : 9 mars 1733 (signé : Capon).
- Privilège du roi à Théodore Legras : Compiègne, le 30 juin 1733 (signé : Sainson).
- Cessation respectivement d’un quart des privilèges à sa sœur Mme Delaulne, M. Cavelier, M. de Nully : Paris, le 3 juillet 1733 (signé : Legras).
- Enregistrement de la cessation : 6 juillet 1733 (signé : G. Martin, syndic).
Théodore Legras
— T. I, 1735, Google* — T. III, 1736, Google — T. IV, 1738, Gallica* — T. V, 1736, Google* — T. VII, 1736, Gallica, Google 1739, Gallica* — T. VIII, 1736, Gallica 1739, Gallica* — T. IX, 1737, Google, 1740, Google* — T. X, Paris, Legras, 1737, Gallica, Google, Google, 1740, Google* — T. XI, Paris, Legras, 1738, Gallica — T. XII, Paris, Legras, 1738, Gallica — T. XIII, Paris, Legras, 1739, Gallica, Google — T. XIV, Paris, Legras, 1739, Gallica — T. XVI, Paris, Legras, 1740, Gallica, Google — T. XVIII, Paris, Legras, 1741, Gallica — T. XIX, Paris, Legras, 1743, Gallica — T. XX, Paris, Legras, 1743, Gallica
Veuve Delaulne
— T. I, 1738, Gallica*, Google* (en préface, la cessation des droits par Legras) — T. II, 1734, Archive, — T. IV, 1734, Gallica — T. V, 1735, Google 1738, NumeLyo — T. VI, 1738, NumeLyo — T. VIII, 1739, NumeLyo — T. X, 1740, Google* — T. XI, 1738, Gallica, NumeLyo — T. XII, 1738, Gallica — T. XIII, 1739, Gallica, NumeLyo, Google — T. XIV, 1739, Gallica — T. XV, 1740, Gallica, Google — T. XVI, 1740, Google, Google — T. XVI, 1740, Gallica
Guillaume Cavelier
— T. I, 1734, Google — T. II, 1734, Google, Google — T. V, 1735, Gallica, 1739, Gallica — T. VI, 1735, Gallica, Google — T. XI, 1738, Google 1743, Google — T. XIII, 1739, Google — T. XV, 1740, Google — T. XVI, 1740, Google, Google — T. XVIII, 1741, Google
Jean de Nully
— T. I, 1734, eRara, 1738, Google* — T. II, 1734, eRara, Google, 1738, Google* — T. III, 1734, eRara 1738, Google* — T. IV, 1734, eRara, 1738, Google* — T. V, 1738, Google* — T. VI, 1738, Google* — T. VII, 1739, Google* — T. IX, 1738, Google, 1739, Gallica* — T. X, 1737, Google, 1740, Gallica — T. XI, 1738, Google — T. XII, 1738, Google — T. XIII, 1739, Google — T. XIV, 1739, Google — T. XV, 1740, Gallica — T. XVI, 1740, Gallica — T. XVII, 1741 — T. XVIII, 1741 — T. XIX, 1743 — T. XX, 1743
Autres
Paris, Durand : — T. V, 1739, Gallica — T. VI, 1739, Gallica, Google*
Paris, Poirion : — T. I, 1739, Gallica* — T. II, 1739, Gallica*, Google* — T. IV, 1738, Google* — T. V, 1739, Gallica*, Google* — T. VI, 1739, Google* — T. VIII, 1739, Google* — T. X, 1740, Google* — T. XVII, 1743, Gallica — T. XVIII, 1743, Gallica — T. XX, 1743, Google
Édition de Jean Neaulme à La Haye (22 vol., 1735-1745)
Par Mr. Gayot de Pitaval, avocat au Parlement de Paris.
— T. II, 1735, Google, Google — T. IV, 1737, Google — T. VI, 1735, Archive, 1737, Google — T. VII, 1738, Archive, 1741, Google — T. VIII, 1738, Google — T. IX, 1738, Google, Google, Google, Google, Google, Google Archive, — T. X, 1738, Google, Google, Google, Google, Google, Archive — T. XI, 1738, Google, Google, Google, Google, Archive — T. XII, 1739, Google, Google, Archive — T. XIII, 1739, Google, Archive — T. XIV, 1742, Google, Archive, Archive — T. XV, 1742, Google — T. XVI, 1742, Google, Archive — T. XVII, 1742, Google, Google, Archive, Archive — T. XVIII, 1742, Google, Google, Google, Archive, Archive — T. XIX, 1745, Google, Google, Archive — T. XX, 1745, Google, Google, Google, Archive — T. XXI, 1745, Google, Google, Google, Archive — T. XXII et dernier (augmenté des plaidoyers d’Arnauld et de Marion contre les Jésuites), 1745, Google, Google, Archive
Seconde édition : — T. I, 1746, Google*, Google*, Archive*, 1747, Archive — T. II, 1746, Google*, Google*, Google*, Archive*, 1747, Google, Google, Archive, 1757, Google — T. III, 1746, Google*, Google*, Google*, Archive*, 1747, Google*, — T. IV, 1746, Google*, Google*, Google*, Google*, Archive 1748, Archive — T. V, 1746, Google, Archive, 1748, Google — T. VI, 1746, Google, Google, Google, Archive, 1749, Google, Google* — T. VII, 1746, Google, Google, Archive, 1749, Google, Archive, — T. VIII, 1746, Archive — T. IX, 1749, Google — T. XI, 1749, Google, Google, Archive — T. XII, 1750, Google — T. XIV, 1750, Archive — T. XV, 1750, Archive — T. XVI, 1750, Google, Archive — T. XVII, 1750, Google, Google — T. XVIII, 1750, Google, Google — T. XX, 1750, Google, Google — T. XXI, 1751, Google, Google — T. XXII, 1751, Google, Archive
Premières rééditions posthumes
Paris
— T. III, Poirion, 1750, Gallica, Desprez/(Pierre-Guillaume) Cavelier, 1750, Google Cavelier, 1752, Gallica — T. IV, Poirion, 1750, Gallica, Legras, 1758, Google — T. VII, Legras, 1750, Google Cavelier père, 1750, Google — T. IX, Poirion, 1752, Gallica — T. X, veuve Cavelier, 1752, Google Desprez/Cavelier, 1752, Google — T. XI, Nully, 1753, Gallica — T. XII, Nully, 1753, Gallica, Durand, 1753, Google — T. XIII, Legras, 1747, Google, Poirion, 1747, Google, Nully, 1757, Gallica — T. XIV, Nully, 1757, Gallica, Google — T. XV, Delaulne, 1750, NumeLyo — T. XVI, Poirion, 1752, Gallica — T. XVII, Nully, 1748, Gallica, Google, Google, Delaulne, 1751, NumeLyo — T. XVIII, Nully, 1748, Gallica, Google, Delaulne, 1751, NumeLyo, — T. XIX, Poirion, 1750, Gallica, Cavelier père, 1750, Google Poirion, 1753, NumeLyo Savoye, 1757, Google — T. XX, Poirion, 1750, Gallica, Durand, 1750, Google
Amsterdam
Châtelain et fils : — T. IV, 1754, Google, Google — T. VI, 1754, Google — T. XII, 1756, Google — T. XIII, 1756, Google, Google — T. XVII, 1766, Google — T. XVIII, 1756, Google — T. XXI, 1770, Google
Amsterdam, Bassompierre / Van den Berghen, Bruxelles, 1775 : — T. I, Archive, Archive — T. II, Archive — T. III, Google, Archive — T. IV, Archive — T. V, Archive — T. VI, Archive, Archive — T. VII, Archive — T. VIII, Archive — T. IX, Archive — T. X, Archive — T. XI, Archive — T. XII, Google, Archive — T. XIII, Archive — T. XIV, Archive — T. XV, Archive — T. XVI, Archive — T. XVII, Archive — T. XIX, Archive, Archive — T. XX, Archive — T. XXI, Google, Archive, Archive — T. XXII, Archive,
Généalogie
Généalogie : Geneanet
Data Bnf : François Gayot de Pitaval (1673-1743)
Archives du Rhône, Larajasse, Baptême, 1673, Cote 110GG3, p. 5/7
173. — Ce jourd’huy vingt cinquiesme jour de juillet 1673 François filz legitime de noble homme Jean Jacques Gayot conseiller du roy et garde des sceaux à la senechaussée et siège presidial de Lyon sieur de la Rajasse Pitaval et autres lieux et de madame Marie de la Roue a receu les ceremonies du st baptesme quoy que nay et baptisé dans l’eglise de St Pierre le Vieux dudit Lyon le 11e octobre 1672 en suitte de la permission de Mre le grand vicaire aussy quil nous a esté certifié par Mre Aymé Morand ancien cure de lad. eglise St Pierre le Vieux icy present lequel a soubsigné au present acte son parrein Mre François Lefebure prestre conseiller clerc au presidial de Chaaslon en Champagne et chanoine dudit Chaslon et sa marreine madame Margueritte des [Vernayes?] femme de noble Jean François Philibert ex-consul de la ville de Lyon.
[Signatures :] Le Fevre / Desverneys Philibert / Gayot de la Rajasse / Morand, ancien curé de St Pierre le Viel de Lyon
Lyon (Rhône, France), Fonds Frécon, Dossiers rouge, Lettre G (AD69 106 J 06), famille Gayot, p. 46-70/293. Jean-Jacques Gayot, p. 55, Geneanet
Vᵉ Noble Jean-Jacques Gayot, — docteur ès-droits, avocat en parl[emen]t ; — cons[eill]er du roi en la sénéch[aussée] et s[iège] p[résidia]l de Lyon, — garde des sceaux en lad. sénéch. ; — puis, écuyer ; — sgr de la Rajasse, Pitaval, et St-Pierre de Pisay ; — échevin de Lyon, an 1683-1684 ; — bp. à St-Chamond, 18 mai 1637 ; — teste 7 mars 1672, dev. Deleullion, n. ; — ép., 1[?] janv. 1661, c[ontrat] r[eçu] Terrasson, n., Marie de la Roue, laquelle mourut p[aroiss]e St-P.-le-Vieux, 18 déc. 1675, — et était fille d’Aimé de la Roue, cons. du roi, élu en l’Élection de Lyon, sgr du Blanc et Pitaval, co-sgr de la Tour du Champ, et de Catherine Dupoix ; — dont il eut :
- Catherine Gayot, — légataire de son père, en 1672.
- Jean-Baptiste, bp. à St-Pierre-le-Vieux, 27 juin 1669.
- Pierre Gayot, — écuyer, — sgr de la Rajasse, Saconay, le Mas, le Blanc, Aveize, la Chapelle, Pitaval ; — bp. à St-P.-le-V., 15 févr. 1671 ; — teste 10 déc. 1692 et 18 j[anvie]r 1695, dev. Chazotte et Orlania, n. à Lyon ; — ép., p[aroiss]e St-P., 30 janv. 1695, Marg[ueri]te Carrige, + [décédée] susd. p[aroiss]e, 10 oct. 1706, à 35 ans, fille de François Carrige, s[ieu]r de Vareilles et Pierreux, en Beaujolais, et de Jeanne-Marie Clarat ; — dont : A. Marguerite Gayot, bp. 30 nov. 1695 ; — teste 28 août 1747, dev. Guyot, n. B. Jean-François Gayot, bp. à S.P., 11 mars 1697 ; chantre et chanoine de l’église collég[iale] de Beaujeu. C. Madeleine, bp. à S.P., 24 mars 1698. D. Blaise, bp. 25 mai 1701. E. Pierre Gayot, éc., — s[ieu]r de Bachelonne, — cadet, en 1728, dans le régim[en]t de la marine ; — bp. à S.P., le 4 nov. 1708. F. Pierre-François, né à Pomeys, 8 juin 1704 ; — mort à Lyon, S.P., 6 juin 1714. G. Jean-Marie Gayot, bp. 9 j[uille]t 1706 ; — reçoit la lettre de prêtrise, 30 mai 1733 ; — était, en 1747, prêtre chanoine doyen de Messimieux [Meximieux].
- François Gayot de Pitaval, éc., — avocat en parl[emen]t ; — bp. à la Rajasse, 25 j[uille]t 1673 ; — teste 12 mai 1698, dev. Guérin, n., — mort 1er janv. 1743 ; — ép., à Villeurbanne, 17 févr. 1700, Anne Curnillon, fille de Mᵉ Pierre C[urnillon]., cons. du roi, not. et tabellion r[oyal] à Lyon, et de Claudine Malgendre. — Il eut : A. Andrée Gayot de Pitaval, bp. à S.C. [Ste-Croix], 2 déc. 1701 ; — ép. 1º Joseph Sorbière ; — 2º, p[aroiss]e St-P.-le-V., 9 mai 1747, Jean-Théodore Bourchers [?], mᵈ banq[uier] et b[our]g[eoi]s de Lyon. B. Jean-Bapt[ist]e Gayot de Pitaval, bp. à St-P.-le-V., le 5 nov. 1703.
- 5º Gabriel Gayot, bp. à St-P.-le-V., 15 mars 1674.
- 6º Jean-Pierre Gayot, bp. en 1675, — qui suit.
VIᵉ Jean-Pierre Gayot de Pisay, — écuyer, — sieur de Pisay, — capit[aine] au rég[imen]t de Nauville-Inf[anteri]e ; — bp. à Lyon, p[aroiss]e St-P.-le-V., 15 mai 1675 ; — teste 12 mai 1698, dev. Guérin, n. ; — ép., le 5 janv. 1703, c[ontrat] r[eçu] Delhorme, n., Marie-Benoîte Gervais, — laquelle convola en 2des noces avec Bernard de Crouty, inspecteur pour le roi à St-Jean-Chambre [et] Chalancon, — et était fille d’André Gervais, cons. du roi, receveur des fermes au bur[eau] de Serrières, en Vivarais, et de d[am]e Jeanne Jona ; — dont : — Jean-André Gayot, — qui suit.
Sur l’origine de la famille, p. 56.
Originaires de Florence, les Gayot vinrent au milieu du 10ᵉ s. à St-Chamond, où ils établirent une belle manufacture d’étoffes de soie, qu’ils transférèrent plus tard à Lyon. Louis VII [lire probabl. Louis XI], roi de France, pour encourager cette branche d’industrie, leur accorda de grands privilèges, et en outre des lettres patentes de noblesse.
Dès le milieu du 15ᵉ s., cette famille a formé plusieurs branches : — Gayot d’Auxerre ; — de la Rajasse ; — de Châteauvieux ; — de Pitaval ; — de Corcelles ; — Mascrany [Masérany] de la Bussière. Cette dernière branche, — la plus nombreuse, — s’est séparée des autres Gayot dès 1569 ; elle a produit plusieurs trésoriers de France, un prévôt des m[archand]s, un aumônier de St-Just, 2 cons[eiller]s à la Cour des aides de Paris ; — plusieurs off[iciers] sup[érieur]s, beaucoup de recteurs à l’Hôtel-Dieu de Lyon. [...]
— 1679 et 81 — J[ea]n-J[ac]q[ues] —, cons[eille]r à la Sénéch[aussée], sgr de la Rajasse et Pitaval, recteur à l’Hôtel-Dieu.
P. 67.
23 févr. 1700 — mar. (Villeurbanne) Fr[anç]ois Gayot de Pitaval, éc. ; (signé) ; Et dᵉ Anne Curnillon. Rem. de la par[oisse] Ste Croix, de Lyon.
Testament mutuel des frères François et Pierre (Geneanet).
12 mai 1698 (Guérin). Testament mutuel de François Gayot, sieur de Pitaval, et Jean-Pierre Gayot, sieur du Pizay, capitaine au régiment de Maras, écuyers, enfants de feu noble Jean-Jacques Gayot, seigneur de la Rajasse, conseiller du roi, garde seal en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon et de dame Marie de la Roue.
Archives du Rhône, Gayot (François) écuyer seigneur de Pitavial, rhone.fr/PDF
1E/3898 Gayot (François) écuyer seigneur de Pitavial. 1706. Transaction
1E/198 Acquisitions. 1671-1710. [...] Contrat de vente d’une maison située rue Sain-Jean à Lyon, par René Chausse, avocat en Parlement et ès Cours de Lyon, à Jacques de Bonnel, bourgeois de Lyon, pour le prix de 2200 livres ; déclaration de René Chausse, au sujet d’un larmier qu’il promet de faire boucher ; transport par Rodollet, avocat en Parlement, au profit de Jacques de Bonnel, de la somme de 1469 livres 4 sous 6 deniers, à lui due par Marcellin Palerne, bourgeois de Lyon ; sentence de la sénéchaussée, condamnant Palerne à payer les intérêts de cette somme ; ventes : par demoiselle Claude Malgendre, veuve en dernières noces de maître Hugues Poyet, procureur et notaire au bailliage de Villefranche, à Antoine de Bonnel, écuyer, conseiller en la sénéchaussée de Lyon, du tiers d’un domaine situé à Irigny, pour le prix de 1800 livres, les deux autres tiers appartenant aux héritiers de Pierre Curnillon, notaire à Lyon ; par François Gayot, écuyer, sieur de Pittaval, et Anne Curnillon, sa femme, au même, des deux tiers des meubles et immeubles de Claudine Malgendre (domaine d’Irigny),
dont elle avait fait don à feu sieur Pierre Curnillon, par leur contrat de mariage
, moyennant le prix de 4500 livres ; quittances au profit d’Antoine de Bonnel : de 1050 livres 10 sous, par François Curnillon, lieutenant d’infanterie au régiment de Montesson ; par François Gayot de Pittaval, écuyer, et dame Anne Curnillon, son épouse, de la somme de 500 livresdont il leur a fait don, à cause de la vente qu’il a passée du domaine d’Irigny, qui a été vendu au-dessus de sa valeur, par rapport au temps de la vente
; par Marguerite Curnillon, veuve Vignard, de la somme de 500 livres, pour le même motif. Saisie entre mains de Combes, chirurgien, et assignation pour déclarer ce qu’il doit au sieur Berthelon, à la requête de Claude de Bonnel.Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790 Ain, série A, (Art. 1-4). Série B, (Art. 1-347), Geneanet
(p. 148) B. 104. (Registre) — In-4°, papier, 79 dossiers. — 1744. Registre des procédures ordinaires de l’Hôtel [...] cautionnement pour dame André Gayot de Pitaval contre Claude-Urbain Gallet, curé de Cuet et de Montrevel ;
(p. 490) B. 343. (Registre) — In-4°, papier, 100 feuillets. 1713-1715. — Registre des audiences. [...] Fol. 53 : procès entre dame Anne Curnillon, femme de François Guyot [Gayot], écuyer, sieur de Pitaval, et Étienne Bricard, notaire royal à Neuville-les-Dames ;
(p. 493) Archives de l’Ain. 1716. — Registre des audiences. [...] août 17l6 : procès entre François Gayot, écuyer, sieur de Pitaval, et Claude Duperron ;
[AN Y4456B] - Paris (Paris, France) - Registres de tutelles | 16/06/1730 - 30/06/1730, Geneanet
[...] François Gayot, écuyer, Sr de Pitaval, avocat en Parlement
Carrière au Parlement de Paris
Sa réception en 1723. Almanach royal, année 1730, Paris, p. 211, Google
Avocats au Parlement, suivant l’ordre de leur réception. [...] 1723 [...] Gayot de Pitaval, rue S. Denis, vis-à-vis le Sepulchre.
Il évoque plusieurs causes des années 1723 et 1724, Causes célèbres, t. V, p. 39-40, Google
[Note] Dans un procès où un nommé Bertaud demandait à des marchands le payement de leur billet de plusieurs voies de bois au porteur, ils soutenaient qu’il était payé, et avaient pris la voie extraordinaire. Bertaud était appellant de la procédure criminelle à la Tournelle. Voici ce que je dis pour sa défense. [Plus loin on apprend que l’affaire Berthaud n’était pas conclue en 1734.] Le Parlement, le 16 décembre 1723, a donné le même exemple par un arrêt rendu sur les conclusions de M. Gilbert, qui parla avec la même dignité et la même éloquence que messieurs Talon, et Bignon. Je citai ensuite un pareil arrêt du 16 mars 1724, rendu dans une affaire où j’avais écrit ; ce jugement infirmait une sentence du Châtelet, qui avait permis une information pour prouver un dépôt...
M. Gilbert, qui parla avec la même dignité
suggère que Pitaval entendit sa plaidoirie du 16 décembre 1723. De même ilavait écrit
dans une affaire conclue le 16 mars 1724.
Sources
Nouvelles littéraires, t. III, 1e part., La Haye, 1716, p. 293-299, Google
Il a paru un nouveau livre dans le goût des in ana, qui a pour titre : Heures perdues du Chevalier de Rior... Ce Chevalier est M. Gayot de Pitaval, auteur de la Campagne de M. de Villars..., le titre de ce recueil au moins avoir autant le lecteur pour objet que l’auteur, soit dit en passant. C’est un in-12 de 522 pages imprimé à Paris et approuvé par M. de Fontenelles. Pour bien entendre ce livre il faudrait en avoir une clef, je vais donc tâcher de mettre au fait les lecteurs en relevant certains endroits et en dévoilant certains noms que l’auteur a pseudonymisés ou anagramatisés pour dépayser ceux qui liraient ses Heures perdues.
Il tâche d’abord de se concilier la protection de M. d’Argençon, en parlant des filoux [...] Il parle ensuite du P. H*** célèbre capucin [...] c’est le P. Honoré de Cannes, petite ville de Provence, célèbre en nos jours par les faux-monnayeurs et remarqueurs. [...] L’abbé de C*** c’est l’abbé de Clerambaut, mort il y a déjà 3 ou 4 ans, ce que notre auteur ne sait certainement pas ; et l’abbé de N*** c’est le cardinal de la Trimouille, connu auparavant sous le nom d’abbé de Noirmoutier. [...] On connaît depuis longtemps l’ardeur de M. Pitaval pour l’exécution de cet ouvrage, mais on le recommande à M. du Freni et le Fèvre de Fontenay. Il trouvera bien à qui parler. [...] Cette vieille Araminte dont il parle p. 122 et suiv. et qui remuait la tête continuellement par faiblesse, c’est une Me Raveisse, connue parmi les joueurs car c’était une grande joueuse. [...] Le Comte de Minechat c’est le comte de Mechatin, chanoine et comte de Lyon. L’autre dame avec qui il eu un incident au jeu et qui lui demanda fièrement s’il l’a connaissait bien, c’est Me le Boindre, femme d’un conseiller au Parlement, et auparavant Mlle Doujat. [...]
En voilà assez pour cette fois ; une autre fois je vous enverrai les autres remarques qui seront très intéressantes.
Mémoires pour l’histoire des sciences et des beaux arts, octobre 1715, à Trévoux, p. 1867, Google
Monsieur Gayot de Pitaval, dont nous avons la Relation de la Campagne de Monsieur le Maréchal de Villars en mil sept cens douze, qu’on a lûe avec plaisir, a fait paraître la Relation de la Campagne de ce grand Général en mil sept cens treize. Elle est plus travaillée que la premiere Relation, M. de Pitaval a les talens necessaires pour écrire l’histoire, et on doit souhaiter qu’il s’y applique.
Mercure français, juin 1723, Paris, Cavelier/Pissot, p. 1165, Google
Bibliothèque des Gens de Cour, ou Mélange curieux des bons mots d’Henry IV. de Loüis XIV. de plusieurs Princes et Seigneurs de la Cour, et autres personnes illustres ; avec un choix des bons mots des anciens, et un assemblage amusant de traits naïfs, Gascons et Comiques, de plusieurs petites pieces de Poësies et de pensées ingenieuses, propres à orner l’esprit, et à le remplir d’idées vives et riantes. Dédiée à M. le Chevalier d’Orleans. Par M. Gayot de Pitaval tome 3. in 12. de 542. pages, sans la Table, et une Preface en Dialogue. À Paris, au Palais, chez Th. le Gras 1723.
Journal des scavans, année 1724, Paris, Pissot, p. 753, Google
[Novembre 1724] De Paris. Mr Gayot de Pitaval, vient de faire imprimer le quatriéme volume de sa Bibliothéque des Gens de Cour, chés Th. le Gras au Palais ; le cinquiéme volume est sous presse.
Dictionnaire universel de la France, t. II, Paris, 1726, p. 1133, Google
PITAVAL, dans le Lionnois, Diocèse de Lion, Parlement de Paris, Intendance et Election de Lion, a 24 habitans.
Lenglet du Fresnoy, Méthode pour étudier l’histoire, première partie, Paris, La Bottière, 1726, Google
Relation de la Campagne du Maréchal de Villars, en 1712. par Gayot de Pitaval, in 12. Paris 1712.
Campagne du Maréchal de Villars en 1712. suivie de la paix de Rastat, par le même, in 12. Paris 1713. Il faudrait un autre écrivain que M. Gayot de Pitaval pour écrire dignement ce que M. le Maréchal de Villars a fait de grand.
Il est signataire avec d’autres avocats au Parlement d’un
premier certificat de fréquentation
pour un confrère. Dossier : Procès Vander Meersch contre A. J. Seron, GoogleNous soussignés, certifions que Maître Jean de Vauversin est assidu et fréquente le Palais, qu’il remplit ses fonctions avec probité et honneur, en foi de quoi nous avons signé. À Paris, le 6 décembre 1727 : Bourdot de Richebourg, Maillart, Terrasson, Sarrazin, Cauchy, Aubry, Tauxier, De Hericourt, Du Bos, De la Verdy, Griffon, Gayot de Pitaval.
Il est l’un des signataires d’une Requeste de MM. les avocats au Parlement de Paris, au sujet de l’arrêt du Conseil d’État du Roi, du 30 octobre 1730, Google (son nom p. 12, colone 1, 5e en partant du bas)
Journal littéraire, année 1730, t. XVI, 2e part., La Haye, Gosse, 1730, p. 507, Google
L’Éloge de Rien, dédié à Personne ; avec une Postface. 3e éd., peu revue, nullement corrigée, et augmentée de plusieurs Riens. À Paris, chez Antoine de Heuqueville, 1730, in-8, 46 p. L’Éloge de Quelque-chose, dédié à Quelqu’un ; avec une Préface chantante [sur l’Air des Pendus.] À Paris, chez Antoine de Heuqueville, 1730, in -8c, 30 p.
On a déjà vu ci-dessus (t. XV, p. 241) ce que l’on doit penser de la prémiere de ces deux belles pièces. Tout ce que nous pouvons ajouter ici, c’est que l’Éloge de Quelque-chose est encore au-dessous de l’Éloge de Rien, et que l’un et l’autre sont des matériaux tout-à-fait propres pour l’augmentation des Heures perdues du Chevalier de Rior, ou de la Bibliothèque des Gens de Cour du Sr. Gayot de Pitaval.
Histoire littéraire de la ville de Lyon, 1730, part. 2/2, p. 830, Google
Gayot de Pitaval né à Lyon, d’un père échevinen en 1683 et conseiller au Présidial, a donné les ouvrages suivants: Relation de la campagne du maréchal de Villars en 1712 ; Campagne du même maréchal en 1712, suivie de la Paix de Rastad. Art d’orner l’esprit en s’amusant ; à Paris, chez Briasson 1728, etc.
Dictionnaire historique, t. XII, Paris, 1822 (Chaudon et Delandine, dir. Goigoux, éd. Ménard et Desenne), p. 10-11, Gallica
Repris et amplifiée dans Biographie universelle, ou Dictionnaire historique de Feller, t. IV, Paris, 1848 (dir. Weiss et Busson, éd. Paris : Leroux, Jouby et Cie / Gaume / Lille : Lefort / Besançon : Outhenin), p. 58, Gallica
GAYOT DE PITAVAL (François) naquit à Lyon en 1673, d’un conseiller au présidial de cette ville. Il prit le petit collet, qu’il quitta bientôt, pour suivre l’exemple de ses deux frères qui étaient l’un et l’autre dans le service. Aussi peu propre à l’état militaire qu’à l’état ecclésiastique, il se fit recevoir avocat en 1723, et prit une femme. Son éloquence n’ayant réussi que très-faiblement au barreau, et ne possédant qu’une fortune médiocre, il se mit à publier volume sur volume, jusqu’à sa mort arrivée en 1743, après plus de 40 attaques d’apoplexie. On peut appliquer à Pitaval ce que La Bruyère a dit de certains écrivains :
Il y a des esprits, si j’ose le dire, inférieurs et subalternes, qui ne semblent faits que pour être le registre ou le magasin de toutes les productions des autres génies. Ils sont plagiaires, traducteurs, compilateurs ; ils ne pensent point, ils disent ce que les autres ont pensé ; et comme le choix des pensées est invention, ils l’ont mauvais, peu juste. Ils rapportent beaucoup de choses, plutôt que d’excellentes choses.
Ce portrait est celui de Pitaval. Ses ouvrages en sont un témoignage authentique. Les principaux sont : Relation des campagnes de 1713 et 1714, très-mal rédigée sur les Mémoires du maréchal de Villars ; L’art d’orner l’esprit en l’amusant, 2 vol. in-12 : recueil de bons mots, plutôt fait pour gâter le goût, que pour enrichir la mémoire ; Bibliothèque des gens de la cour, en 6 vol. in-12, compilée pour le peuple ; les Causes célèbres, 20 vol. in-12 : collection qui intéresse par son objet, mais qui dégoûte par le style fade, rampant, entortillé, louche du compilateur, par les puérilités, en vers et en prose, dont il l’a semée, par des hors-d’œuvre sans nombre, par le mauvais choix des matériaux ; par la profusion du verbiage le plus vain et le plus commun. M. Garsault a réduit les 20 vol. des Causes célèbres en un seul, sous le titre de Faits des causes célèbres et intéressantes. Un M. Bresdel en a donné un abrégé en un volume in-12, Liège, 1788. M. de la Ville, avocat, en a donné une suite en 4 vol. in-12. La continuation de cet ouvrage a pris la forme de journal et une marche périodique : le public sensé n’y a rien gagné. Richer a publié depuis un Recueil des causes célèbres, qui a fait entièrement oublier celui de Gayot de Pitaval.Revue du Lyonnais, 3e série, t. XIX, Lyon/Paris, 1875, p. 292, Google
À côté de Glatigny, on remarquait François Gayot de Pitaval, fils de J.-J. Gayot de la Rajasse, échevin en 1683 et de Hélène de la Roue. Célèbre avocat et jurisconsulte, né à Lyon le 4 juillet 1673, mort le 1er janvier 1743, il se maria à N. Curnillon, dont il eut une fille unie à M. de Sorbière (1).
(1) Cette famille a fourni plusieurs branches et occupé beaucoup de charges et d’emplois honorables à Lyon. Elle remonte à Catherine Gayot, moulinier de soie à Saint-Chamond, lequel, en 1557, épousa Antoinette le Sage. La branche de la Bussière subsiste encore. (Notes de M. Morel de Voleine.) Gayot de Pitaval est auteur
de la Bibliothèque des gens de la cour, de l’Art d’orner l’esprit, des Causes célèbres, etc.
M. Dupin aîné le cite dans son Manuel des étudiants en droit. (Lyonn. dig. de mémoire, p. 125.)Henri de Jouvencel, L’assemblée de la noblesse de la sénéchaussée de Lyon en 1789, étude historique et généalogique, 1907, p. 490, Gallica
Noble Jean-Jacques Gayot, écuyer, sgr de La Rajasse, Pitaval, La Fay, L’Aubespin, Saint-Pierre-de-Pizay, bapt. à Saint-Chamond le 18 mai 1637, mort en 1684, conseiller et garde des sceaux en la sénéchaussée de Lyon, Échevin de Lyon en 1683-84 ; ép. à Lyon, p. c. du 12 janvier 1661 Marie de La Roue, fille de noble Aimé, sgr du Blanc, Pitaval, co-sgr de La Tour-des-Cbamps, conseiller en l’élection de Lyon, et de Catherine Dupoix, dont :
1) Pierre Gayot, écuyer, sgr de La Rajasse, ép. le 30 janvier 1693 Marguerite Carrige, morte le 10 octobre 1706, fille de noble François, sgr de Bachelonne et de Jeanne Claret, dont entre autres : A) Pierre Gayot de La Rajasse, écuyer, sgr de Bachelonne, bapt. à Lyon le 4 novembre 1702, cadet au répriment de la Marine (1728).
2) François Gayot, écuyer, sgr de Pitaval, né à La Rajasse le 23 juillet 1673, mort à Paris le 1er janvier 1743, avocat en Parlement, théologien, rédacteur des mémoires du maréchal de Villars ; ép. Anne Curnillon, fille de Pierre, de Claudine Malegendre ;
3) Jean-Pierre, qui suit.
Les Gayot de Saint-Éloi, SaintÉloi.fr (Saint-Éloi, commune de l’Ain)
Qui sont les Gayot de Saint-Éloy ? Cette famille est originaire de Saint-Chamond, dans la Loire, où s’établirent leurs ancêtres au Xe s. ; leur origine est Florence en Italie ; ils développèrent l’industrie de la soie et au XVe s. il y aura plusieurs branches.
Les Gayot de Saint-Éloy appartiennent à la noblesse provinciale de l’ancien régime ; ils sont les descendants de Jean-Jacques Gayot de la Rajasse, grand échevin de la ville de Lyon de 1683 à 1684 (noblesse d’échevinage reconnu en 1730), son fils Jean-Pierre Gayot de Pisay (village situé dans la Loire) sera le père de Jean-André Gayot de la Rajasse. Celui-ci par son mariage vient s’installer sur le domaine du Trevet (situé actuellement sur la commune de Rignieux le Franc) domaine qui appartient à Marie Claudine de Saillans avec qui il se marie à Rignieux le 18/01/1729 ; elle en avait héritée de son pére Henri de Saillans décédé en 1731, (écuyer, seigneur de Trévet). Malheureusement Marie Claudine décèdera jeune à l’âge de 30 ans le 01/03/1734 à Rignieux. De cette union naîtront deux enfants : Marie-Anne (1731-1732) et Marie-Denise (1729-1807 ursuline à Bourg). Jean-André se remariera rapidement le 13/07/1734 à Lyon Saint-Irénée avec Marie-Anne Charreton, dont le père Mathieu était officier monnayeur de Lyon. De cette union il aura 14 enfants dont la plupart naîtront à Lyon, mais aussi à Bourg et aussi dans leur maison du Trevet. Jean-André de la Rajasse seigneur de Saint-Éloy s’éteindra à Rignieux le 22/09/1770 à l’âge de 66 ans.
(À noter que son oncle François Gayot de Pitaval est juriste et auteur de plusieurs ouvrages dont
le retour de Martin Guerre
.)Le fils de Jean-André se nommera aussi Jean-André de Saint-Éloi et sera son héritier, il portera le titre de Gayot, seigneur de Saint-Éloy. Il est né le 20/07/1742 à Rignieux au domaine de Trevet ; il sera écuyer, capitaine d’infanterie au régiment de la Sarre et chevalier de l’ordre de Saint-Louis, il se mariera à Mâcon le 20/09/1781 avec Marie Louise Bernard de Lavernette (cousine de Lamartine). L’un de ses témoins sera son cousin Jean-Marie Gayot de la Rajasse, prêtre doyen de Meximieux, de 1747 à son décès à Meximieux le 26/05/1782 âgé de 76 ans.
La famille Gayot fut admise le 15/10/1704 aux assemblées de la noblesse de Bresse. Elle sera représentée en 1772 par Pierre-André Gayot écuyer, Jean-François et Benoît Gayot, capitaine de dragons au régiment du roi, tous trois frères de Jean-André. Le 23/03/1789 à Bourg à l’assemblée générale des 3 ordres seront présent Jean-André et son cousin Étienne-Hyacinthe Gayot de Chateauvieux ; celui-ci sera fusillé à Lyon le 05/12/1793 pour motif de contre-révolutionnaire. Une sœur de Jean-André, Louise-Benoîte Gabrielle de Gayot se mariera à Rignieux le 17/12/1776 à Philippe Robin de Montauban, seigneur de Villars en Beauchene (vers Gap), une autre Benoîte Gayot se mariera avec Louis-Joseph Perret de Chareyziat. Jean-André fit construire une auberge non loin de la route royale allant de Meximieux à Chalamont qu’on appelle aujourd’hui le logis Gatyo. (À noter que son voisin le seigneur de Rignieux-le-Franc est Honoraty de Brézenaud, héritier des Saillans de Brézenaud.