Just-Jeanne-Étienne Roy (1794–1871)
- Histoire de Jeanne d’Arc (1839)
Chronologie
1794
- 14 oct.
Naissance de Just-Jeanne-Étienne Roy à Beaumotte-lès-Pin (à 20km au Nord-Ouest de Besançon), de Henri Roy, ancien professeur au collège oratorien de Vendôme (à 30km à l’Ouest d’Orléans) et Marguerite Joubert (Acte de naissance ).
Note : les publications récentes (catalogue de la BNF, page Wikipédia, etc.) commettent tous la même erreur à son second prénom qu’ils écrivent Jean, alors que tous les actes officiels donnent Jeanne.
1810
(15 ans)- 1810–1818Le jeune homme fait ses études au collège communal de Ornans (à 20km au Sud-Est de Besançon).
1817
(22 ans)-
Le Brun de Charmettes publie sa magistrale Histoire de Jeanne d’Arc en 4 volumes. Charles Nodier en fait un long éloge dans le Journal des Débats (8 et 10 octobre). J.-J.-É. Roy puisera sa matière historique chez le premier et citera le second dans sa future Jeanne d’Arc (1839).
1819
(24 ans)- 1819–1827
Il devient répétiteur de 3e au collège Sainte-Barbe à Paris, puis remplaçant dans des collèges de Besançon et alentours.
Il y rencontre l’abbé Gattrez, alors proviseur du collège de Besançon. Ce dernier, proche des milieux légitimistes et catholiques, est appelé en 1828 pour diriger le nouveau collège de Pontlevoy, rénové à l’instigation de l’homme de lettres Pierre-Sébastien Laurentie en place de l’ancienne école royale militaire supprimée à la Révolution. Gattrez lui offre un poste de professeur dans le nouvel établissement : il accepte.
1828
(33 ans)-
Roy déménage à Pontlevoy (entre Tours et Blois, le long de la Loire). Finalement c’est un autre proche de Laurentie qui prend la tête du collège, l’abbé Demeuré, qui vient de redresser avec succès les collèges royaux de Nantes (1822) puis de Lyon (1827).
Le nouveau Pont-Levov eut peu d’élèves jusqu’à la deuxième rentrée, celle de 1830 ; mais celle-ci et les deux suivantes amenèrent un chiffre inconnu jusqu’alors. Il y eut même excès : une révolte arrivée en 1833 fit comprendre le danger du trop grand nombre et le besoin de choisir. — (Alexandre Dupré, Essais sur la seigneurie, le monastère et l’école de Pont-Levoy, 1841.)
Lors de la première rentrée on ne compta en effet que 5 élèves ; 100 en 1830 et près de 400 en 1836.
1831
(36 ans)- 11 avr.J.-J.-É. Roy épouse Eulalie-Antoinette Saisy (19 ans) une fille du pays (Acte de mariage ).
1833
(38 ans)-
La première version de son Histoire de Jeanne d’Arc, dite la Pucelle d’Orléans, d’après l’ouvrage de Le Brun (1817), paraît à Paris (Pierre Lanéry d’Arc, Le livre d’or de Jeanne d’Arc, 1894).
- 7 jun.Naissance de leur fils Flavien-Marie-Just-Raoul (Acte de naissance ).
1835
(40 ans)-
Publication par le collège de deux drames en prose composés par
M. Roy, professeur
à l’occasion de la fête de l’abbé Demeuré : la Fête interrompue et Baldini, ou Épisode d’un voyage en Italie. 1837
(42 ans)-
Des ennuis de santé le contraignent au repos. Sans amélioration notable après une année, il renonce définitivement à son activité de professeur après 20 ans d’enseignement dont 10 à Pontlevoy.
1838
(43 ans)-
La famille s’installe à Tours, où Roy commence à écrire pour la maison d’édition Mame (collection Bibliothèque de la jeunesse chrétienne), essentiellement des œuvres de vulgarisation historique puis d’éducation morale à destination de la jeunesse.
Ses premiers ouvrages comptent une Histoire de Fénelon, une Histoire de Bossuet, une Histoire de Charlemagne et de son siècle et une Histoire de la chevalerie.
1839
(44 ans)- avr.
Publication de son Histoire de Jeanne d’Arc chez Mame,
revue et approuvée par une société d’ecclésiastique
. Ce sera l’une de ses œuvres les plus populaires, rééditée chaque année pendant près de trente ans (la BNF répertorie une 18e édition en 1867).En 1869, les éditions Mame publient la Jeanne d’Arc de Marius Sepet, qui semble avoir remplacé au catalogue celle de J.-J.-É. Roy ; l’ouvrage de Sepet sera lui aussi massivement réédité (au moins jusqu’à 1924).
Une traduction en espagnol sera publiée en 1841, chez deux éditeurs de Barcelone, sous deux titres :
- Historia de Juana d’Arc, por J. J. E. Roy, traducida libremente del francés y aumentada con notas por D. M. y D. E. de G. (321 p., Barcelone, Imprenta de Don Antonio Albert).
- Juana de Arc o la Doncella de Orleans, por J. J. E. Roy, traduccion del francés y adornada con 3 laminas finas por D. M. y D. E. de G. (321 p., Barcelone, Imprenta de Don Antonio Albert).
Suivie de deux traductions (indépendantes) en allemand en 1842 :
- L’une à Augsbourg (avec approbation de l’archevêque de Tours) : Geschichte der Johanna von Arc, genannt die Jungfrau von Orleans. Für die Reise der christlichen Jugend aus dem Französischen des J. J. E. Roy, mit approbation des Erzbischofs von Tours (289 p., éd. Lampart).
- L’autre à Leipzig et Quedlinbourg (d’après la 2e édition de Roy) : Geschichte der Johanna d’Arc, genannt : Die Jungfrau von Orleans. Von J. J. E. Roy. Nach der zweiten verbesserten Ausgabe aus dem Französischen übersest (240 p., éd. Gottfried Basse).
1841
(46 ans)-
Publication coup sur coup de la Jeanne d’Arc de Michelet (4 septembre, tome V de son Histoire) et du 1er tome de l’édition des Procès de Quicherat (16 octobre).
1842
(47 ans)- 1842–1848
J.-J.-É. Roy cesse un temps de fournir Mame (qui toutefois continue de rééditer ses premiers ouvrages) et collabore avec deux autres éditeurs-libraires catholiques pour la jeunesse : Ardant à Limoges (1842-1846), et Lefort à Lille (1843-1848).
Chez Ardant (collection Bibliothèque religieuse, morale, littéraire de l’enfance et de la jeunesse) paraissent une douzaine de volumes d’Illustrations de l’histoire des pays du monde : Suisse, Angleterre (1842), Allemagne, Italie, Espagne et Portugal (1843), Grèce, Russie (1845), Égypte (1846).
Chez Lefort (collection Bibliothèque historique et morale) un mélange de ce qu’il publie chez Mame et chez Ardant, à savoir des biographie historiques : Vauban, le grand Condé (1844), François Ier, Napoléon (1846), Saint Louis (1847), Turenne (1850) et des histoires de pays : Angleterre, Russie (1845).
1843
(48 ans)-
5e édition de sa Jeanne d’Arc.
1844
(49 ans)-
Cette intense production cumulée à une multitude de rééditions n’enrichissent cependant pas leur auteur. En effet les éditeurs payent une fois, à la livraison du texte dont ils deviennent propriétaire. Aussi J.-J.-É. Roy envoie-t-il une première demande de pension au fonds de secours aux gens de lettres institué par le Ministère de l’Instruction en 1840. Le 31 janvier 1845, le Ministère lui octroie 150 francs... il ne recevra plus jamais autant.
1846
(51 ans)- 20 avr.Naissance de leur fille Marie-Blanche-Augustine-Euphrasie (Acte de naissance ; note : Roy est désigné comme
ancien professeur
). 1848
(53 ans)-
J.-J.-É. Roy retourne chez Mame (qui n’a pas cessé de rééditer ses premiers ouvrages) et publie à un rythme soutenu, sous son nom et sous plusieurs pseudonymes.
- 2 oct.
Naissance à Tours de leur fille Marie-Ange-Isabelle (Acte de naissance ; note : Roy est désigné comme
propriétaire
, et son 2e prénom est écritJean
).Note : Il s’agit du dernier acte d’état civil enregistré à Tours. Les suivants le seront à Paris, où sont alors domiciliés les Roy. L’installation de la famille dans la capitale se situe donc autour de 1850.
1852
(57 ans)-
10e édition de sa Jeanne d’Arc.
1853
(58 ans)-
La Bibliothèque morale de la jeunesse (Rouen) publie une Vie de Jeanne d’Arc signée
Clément
, également tirée de Le Brun de Charmettes. 1854
(59 ans)-
La situation financière du ménage ne s’est pas améliorée et Roy sollicite régulièrement le Ministère. En février 1854 il écrit :
C’est à l’aide de ces travaux que j’ai pu jusqu’ici quoique péniblement pourvoir aux besoins et à l’éducation de ma nombreuse famille ; mais [...] la dépense indispensable à l’entretien de ma famille, dépense accrue encore par les rigueurs de l’hiver et l’augmentation du prix des denrées et des loyers rendent ma position de jour en jour plus pénible. — (Cité par Cécile Boulaire, Mame : Deux siècles d’édition pour la jeunesse, 2019, p. 400)
1856
(61 ans)- 5 aoû.Mariage de Flavien-Marie-Just-Raoul (23 ans) à Paris (domicile, 26 rue Vaugirard, archive V3E/M 902, n° 31).
1859
(64 ans)-
La famille semble s’enfoncer dans la misère. Extrait de sa lettre au Ministère :
Depuis quelques jours, ma femme, dont la santé était déjà chancelante, est tombée sérieusement malade, et le médecin craint que cette maladie ne soit grave ou tout au moins d’une longue durée. De surcroît, ma fille puînée enfant de 13 ans et demi, a été atteinte depuis hier d’une fièvre dont le caractère n’est pas encore décidé. Cette double maladie, outre l’inquiétude qu’elle nous occasionne, force mes deux autres filles, occupées à donner leurs soins à leur mère et à leur sœur, de suspendre leurs travaux d’aiguille qui nous aidaient à vivre, et de nouvelles dépenses surgissent à chaque instant, sans que nous en voyions le terme. — (Cité par Cécile Boulaire, op. cit.)
1862
(67 ans)-
15e édition de sa Jeanne d’Arc.
1863
(68 ans)- 27 jun.Décès de Marie-Ange-Isabelle (14 ans), en leur domicile parisien (89 rue de Vaugirard, 6e).
1870
(75 ans)- 19 jul. 1870–29 jan. 1871Guerre contre la Prusse et siège de Paris (à partir du 17 septembre).
1871
(76 ans)- 22 jun.
J.-J.-É. Roy décède en son domicile parisien (62 rue de Babylone, 7e).
Il aura travaillé jusqu’au bout. Ainsi l’année de sa mort, Mame publiera pas moins de cinq titres inédits (en plus d’une dizaine de réimpréssions). En trente ans de carrière il aura écrit plus de 180 ouvrages :
Il fut l’un des plus prolifiques auteurs dont se doit dotée la maison Mame [...] sous neuf pseudonymes identifiées. Ses livres connurent de très nombreuses réimpressions, 8 en moyenne, mais parfois plus de 20. Vendus dès les débuts de la Bibliothèque de la jeunesse chrétienne (1838), certains sont toujours au catalogue en 1914. La durée de vie moyenne d’un titre de Roy fut de 20 ans, mais quelques long-sellers atteignirent 50 voire 60 ans de vie en librairie, ce qui est considérable. — (Cécile Boulaire, ibid., p. 393.)
1877
- 3 fév.Lors du mariage de Marie-Blanche-Augustine-Euphrasie (30 ans), les Roy habitent au 112 rue du Bac, 7e.
1900
- 21 avr.Décès d’Eulalie-Antoinette (87 ans) en son domicile parisien (14 rue de l’Ouest, 14e).