Jacques Berriat-Saint-Prix (1769–1845)
- Jeanne d’Arc (1817)
Chronologie
Les éléments biographiques sont tirés pour la plupart de la notice biographique d’Alphonse Taillandier.
1769
- 22 sep.
Naissance à Grenoble de Jacques, fils de Pierre Berriat (29 ans, procureur au bailliage de la ville) et de Françoise Trousset (30 ans, issue également d’une famille de magistrats).
Le couple aura au moins dix enfants entre 1767 et 1784.
Il est baptisé le lendemain en la paroisse Saint-Hugues de Grenoble (acte).
~1778
(8 ans)-
Il étudie au collège Dauphin, principal établissement d’instruction publique de la ville.
(Note. — À défaut des dates exactes, nous nous fondons sur celle d’un cursus classique de cette époque.)
1785
(15 ans)-
Au sortir du collège, il étudie le droit auprès d’un avocat de la ville.
Grenoble ne disposait pas d’université, et les deux de la province, celles d’Orange et de Valence, étaient à l’abandon.
1787
(18 ans)- oct.
Il obtient son grade de bachelier de l’université d’Orange.
Il avait déjà commencé la rédaction d’une traduction des commentaires du Digeste et du Code par Cujas, ce qui fera dire à son biographe Taillandier qu’il était
sans doute beaucoup plus instruit que les docteurs qui l’interrogeaient
. 1790
(20 ans)- 14 jul.
Il se rend pour la première fois à Paris, comme député des gardes nationaux du département de l’Isère à la Fête de la Fédération, au Champ-de-Mars.
1792
(22 ans)- sep.
Il concourt à Grenoble pour une place de commissaire des guerres, puis retourne à Paris l’année suivante pour solliciter sa nomination, mais y renonce après avoir appris qu’il lui faudrait solliciter l’appui des députés montagnards de son département.
De retour à Grenoble, il est nommé commandant d’une des compagnies franches, levées contre l’invasion piémontaise pendant le siège de Lyon. Il devient ensuite quartier-maître trésorier du 10e bataillon des volontaires de l’Isère (1794).
1795
(25 ans)-
Il est désigné par le département pour être l’un des élèves de la nouvelle École normale à Paris.
L’École normale avait ouvert le 20 janvier 1795 suite au décret de fondation par la Convention du 30 octobre 1794 (an III).
1796
(26 ans)-
De retour de Paris, il est nommé professeur à l’École centrale de l’Isère.
Il y enseigne d’abord la législation, puis à partir de 1800 l’économie politique.
Avec d’autres professeurs, il reconstitue l’ancienne Académie delphinale (dissoute en 1793) sous le nom de Lycée des sciences et des arts de Grenoble, qui deviendra en 1802 la Société des Sciences et des Arts de la ville de Grenoble.
Il présente devant la Société plusieurs travaux, qui paraissent dans le Magasin encyclopédique, revue savante fondée en 1795 par l’érudit Aubin-Louis Millin de Grandmaison.
1797
(28 ans)- 13 nov.
Il épouse à Grenoble Joséphine Genève, 27 ans.
Ils auront (au moins) six enfants dont deux seulement atteindront l’âge adulte, Charles et Félix : — Françoise Joséphine Amélie (1798-1798) — Sébastien Gabriel (1799-1801) — Charles (1801-1870) — Marie Joséphine Amélie (1802-1804) — Josephine Zoé Louise (1806-1809) — Aimé Julien Félix (1810-1883)
1800
(30 ans)-
Il commence la publication d’un Annuaire statistique de l’Isère (1800-1803, qui lui vaudra un prix de la Société en 1805), puis un roman, l’Amour de la philosophie (1801, 5 vol.), puis de son Cours de législation (1803-1804, 2 vol.). Il continuera à communiquer ses travaux à la Société, ou de les publier dans le Magasin encyclopédique jusqu’en 1814.
1805
(35 ans)-
Après la suppression des Écoles centrales (1804) il est nommé professeur dans la nouvelle Faculté de droit de Grenoble.
Cours de procédure civile et de législation criminelle.
Il publie son Cours de procédure civile (1808-1810, 2 vol., six rééditions jusqu’en 1835), plus tard augmenté d’un Cours de droit criminel.
1807
(37 ans)-
Il devient membre correspondant de l’Académie celtique, puis de la Société nationale des antiquaires de France.
1815
(45 ans)-
Cent jours. — Du 7 au 9 mars Napoléon est à Grenoble. Le 8 il rencontre le corps académique de la ville et converse vivement avec Berriat sur le Code de procédure.
Sa ferveur bonapartiste lui causera quelques inquiétudes lors de la Seconde Restauration.
-
Il compose un ouvrage sur Jeanne d’Arc pour un concours ouvert par une Académie.
1817
(47 ans)-
Publication de sa Jeanne d’Arc, version revue du texte présenté au concours.
Lire : Jeanne d’Arc, ou Coup-d’œil sur les révolutions de France...
L’ouvrage contient de nombreuses pièces (itinéraire des expéditions de Jeanne, ses lettres) ainsi que quelques-unes sans grand lien avec le sujet.
Il avait pris le parti de les insérer dans son volume pour lui donner plus de vingt feuilles et échapper à la censure qui pesait alors sur les ouvrages n’ayant pas cette étendue. (Taillandier)
1819
(49 ans)-
Il est nommé à la Faculté de droit de Paris, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort.
Il se voit confier l’une des deux chaires de procédure. Il assurera par la suite plusieurs fois par intérim les fonctions de doyen de la faculté.
1820
(50 ans)- 9 jul.
Il est reçu membre résidant de la Société nationale des antiquaires de France.
1821
(51 ans)-
Il publie successivement son Histoire du droit romain et son Histoire de Cujas.
1827
(57 ans)- 9 mar.
Il est élu président de la Société nationale des antiquaires de France (mandat de six mois).
Il avait été élu premier vice-président le 9 mars 1825, et deuxième vice-président le 9 mars 1826.
1830
(60 ans)-
Il commence la publication des Œuvres de Boileau, avec des notes historiques et littéraires (4 vol. 1830-1834).
1831
(61 ans)-
Il est fait chevalier de la Légion d’honneur.
1840
(70 ans)- 25 fév.
Il est admis à l’Académie des sciences morales et politiques.
1845
(76 ans)- 4 oct.
Il décède à Paris. Ses obsèques sont célébrées à l’église Saint-Étienne-du-Mont, à proximité du Panthéon.
Références
Actes de baptême, Grenoble, Paroisse Saint-Hugues, Registres 1766-1772 (GG 110), p. 176/362 :
B. Jacques St Prix Berriat. | Le vingt trois septembre 1769 j’ay baptisé Jacques St. Prix, né hier, fils légitime de Me Pierre Berriat procureur au baillage et de Dlle Françoise Trousset. Le parrain a été Me Jacques Sallicon ? à Grenoble. La marraine Dlle Angélique Sainneville, femme de Me Sebastien Sallicon...
Actes d’état-civil des enfants.
Françoise Joséphine Amélie, 21 août 1798 (Grenoble, 183/412)
Françoise Joséphine Amélie Berriat Stprix. 492 | Du cinq fructidor an six (22 août 1798) de la République française ... Jacques Berriat Stprix, professeur de législation aux Écoles centrales du département, domicilié rue marchande, lequel assisté de deux témoins cy-après nommés, nous a déclaré que Marie Joséphine Genève sa femme est accouchée hier à midi dans son domicile, d’une fille qui nous a été présentée en la dite maison commune où elle a reçue les prénoms de Françoise Joséphine Amélie. Les témoins sont Sébastien Berriat, commissaire du directoire exécutif près l’administration municipale du canton de Vif, oncle paternel de l’enfant et Abram Missinille, marchand...
Décès de Françoise Joséphine Amélie, 16 octobre 1798 (Vif, 674/792)
Françoise Joséphine Amélie. 1re année, 26 vendémiaire. | L’an sept de la République française et le vingt-six Vendémiaire (17 octobre 1798), sur les sept heures du matin, par devant moi Barthelemie Septépées adjoint municipal de la commune de Vif, sont comparus les citoyens Sébastien Berriat fabriqant ? âgé de trente ans, résidant à Vif, et Paul Berriat son frère, âgé de vingt-deux ans résidant à Grenoble, lesquels m’ont déclarée que Françoise Joséphine Amélie Berriat leur nièce âgé de deux mois, née du légitime mariage du Sr. Jacques Berriat St. Prix professeur de législation à l’École centrale du département de l’Isère avec Josephine Marie Genève, résidans à Grenoble, est décédée dans le domicile du s. Berriat père à Vif, le jour d’hier, sur les huit heures du matin...
Sébastien Gabriel, 13 août 1799 (Grenoble, 349/406)
Sébastien Gabriel Berriat Stprix. 881 | Du même jour (27 Thermidor an VII, 14 août 1799), après-midi par devant nous officier public susdit a comparu en la maison commune Jacques Berriat Saint Prix, professeur de législation à l’École centrale de ce département, et domicilié en cette commune, lequel assisté de deux témoins ci-après nommés nous a déclaré que Joséphine Genève son épouse en légitime mariage est accouchée hier à neuf heures du matin dans son domicile d’un enfant mâle qui nous a été présenté en ladite maison commune où il a reçu les prénoms de Sébastien Gabriel...
Décès Sébastien Gabriel, 2 juin 1801
Charles, 30 nov. 1801 (Grenoble, 52/268)
N° 188. 30 9bre 1801. Du neufvieme jour du mois de frimaire l’an dix République française (30 novembre 1801). Acte de naissance de Charles Saintprix, né le neuf du présent à deux heures du matin, fils à Jacques Berriat Saintprix, professeur de Legislation à l’École centrale de l’Izère, et de Joséphine Genève, mariés. Ledit enfant a été reconnu être du sexe masculin, en présence des deux témoins majeurs ci-après nommés : [...] Jean-Baptiste Disdier, étudiant en droit, domicilié rue neuve [...] Louis Rampin, homme de loi, domicilié rue Ste Claire.
Marie Joséphine Amélie, 4 nov. 1802 (Grenoble, 31/285)
N° 108. 4 9bre 1802. Mairie de Grenoble, arrondissement communal de Grenoble. Du treizième jour du mois de Brumaire l’an onze de la République française. Acte de naissance de Marie Joséphine Amélie Berriat St. Prix, née le treize du présent à trois heures du matin, fille de Jacques Berriat St. Prix professeur de législation à l’École centrale de l’Isère et de dame Marie Joséphine Genève, mariés. Le sexe de l’enfant a été reconnu être féminin. Premier témoin Hugues Berriat, caporal ? au 4e régiment d’artillerie, oncle de l’enfant. Second témoin Antoine ? secrétaire de l’État civil de cette mairie...
Décès de Marie Joséphine Amélie, 27 juil. 1804 (Vif, 758/792)
65. Amélie Berriat. Mairie de Vif. Arrondissement communal de Grenoble. Dud. jour ? thermidor an douze (4 août 1804) ? acte de décès d’Amélie Berriat, décédée le neuf du courant (27 juillet 1804) à huit heures du soir âgée de dix-huit mois, née à Grenoble, demeurant à Vif, fille de Jacques Bariat St. Prix avocat à Grenoble et de dame Joséphine Genève, mariés, habitants à Grenoble...
Josephine Zoé Louise, 14 jan. 1806 (Grenoble, 87/236)
n° 310. Le même jour (quinze janvier mil huit cent six) par devant le maire susdit acte de naissance de Joséphine Zoé Louise Berriat Saint Prix, née hier à onze heures du soir, fille de M. Jacques Berriat Saint Prix, professeur à l’École spéciale de droit à Grenoble et de dame Marie-Joséphine Genève, mariés. Le sexe de l’enfant qui nous a été présenté a été reconnu féminin...
Décès Joséphine Zoë Louise, 31 déc. 1809 (Grenoble, 4/107)
Joséphine Zoë Louise Berriat Stprix. N°3. Le même jour (premier janvier mil huit cent dix), par devant le maire susdit, acte de décès de Joséphine Zoë Louise Berriat St. Prix, décédée hier à dix heures du soir, dans le domicile de son père, rue Neuve, âgée d’environ quatre ans, native de Grenoble, fille de M. Jacques Berriat St. Prix, professeur à la faculté de Droit et de De. Marie Joséphine Genève, mariés, après nous être assuré du décès et dressé le présent acte...
Aimé Félix Julien, 26 sept. 1810 (Grenoble, 94/137)
Le même jour (vingt six septembre mil huit cent dix), par devant nous maire susdit, acte de naissance d’Aimé Félix Julien Berriat Saint Prix, né ce matin à deux heures, fils de M. Jacques Berriat Saint Prix, docteur et professeur à la faculté de Droit, domicilié rue neuve, et de De Marie Josephine Genève mariés. Le sexe de l’enfant qui nous a été présenté a été reconnu masculin. lecture du présent acte ayant été faite...
Décès Aimé Félix Julien, 8 avril 1883 (Paris 6)
Lettre de Berriat à un correspondant à Paris, photo.
Grenoble le 16 9bre 1815
Monsieur,
Je fais imprimer un ouvrage sur Jeanne d’Arc et en l’honneur de cette héroïne, qui m’a coûté des recherches immenses. Dans l’histoire de Charles VI par Godefroy on a imprimé plusieurs chroniques où il est question d’elle, mais l’impression est très fautive. Un ami pendant un voyage fait cet automne m’a collationné plusieurs passages sur une de ces chroniques qui est le mss. de la bibl. du Roi N° 10297. Il en a omis un assez essentiel ; y aurait-il de l’indiscrétion à vous prier de l’examiner ? Il doit être vers environ le 135e feuillet, et vers la 55e ligne d’alinéa qui commence par ces mots :
La même année 1426 et le vendredi 6e jour du mois de may les Français, passèrent outre la Loire etc. : Le voiciL’an 1429 il y avait une jeune fille etc. : Le voici.Et lors lesdits compagnons conclurent qu’ils la mèneraient vers le Roy, lequel était lors à Chinon. Si partirent-ils et passèrent par (n’y a-t-il point près ?) Auxerre, et plusieurs autres villes et villa[ges] et passages des pays des ennemis, et aussi par les pays obéissant au Roy etc.
Je travaille aussi à une édition nouvelle et séparée d’une histoire du droit que j’avais donnée il y a 12 ans dans un cours de législation imprimé ici pour mes élèves, travail utile et qui ne me coûte pas moins de recherches que le précédent. Ayant en vain cherché par ici les 3 ouvrages suivans, le même ami a demandé à les emprunter pour moi à la même bibliothèque. M. Millin à qui je l’avais adressé a répondu qu’il fallait préalablement présenter une pétition au Ministre. Mais avant de faire cette démarche il serait essentiel de savoir si l’on possède ou non ces deux ouvrages à la Bibliothèque, et je vous serais très obligé de vous en informer. Voici leurs titres :
- Henrici Brencmanni, historia Pandectarum Seu fatum exemplaris Florentini. Accedit gemina dissertatio de Amalphi.
- Corpus juris civilis codicibus veteribus manuscriptis etc. recensuit G.C. Gebauer, et post ejus obitum etc. Ge. Aug. Spangenberg. Gæting (1777, ou 1776) in 4°, tome 1er.
- (G.C. Gebauer) Narratio de Hein. Brencmano, de manuscriptis Brenkmanianis, de suis in Corpore juris civilis conatibus etc. Gæting, 1764, in 4°.
Pardon de tout cet embarras. Je crois pouvoir profiter des offres obligeantes que vous me fîtes il y a 3 ans et vous réitère l’assurance de l’estime et de la considération parfaites avec laquelle je suis, Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur Berriat St Prix, professr à la faculté de Droit.
P.S. Vos amis se portent bien. Ils ne sont pas non plus que votre serviteur sans inquiétude, si comme l’a dit un confrère arrivé récemment, il est [en effet] question de réformes dans les facultés et même dans le personnel des professeurs. Si vous en aviez appris quelque chose, je vous serais obligé d’en ajouter un mot à votre réponse.
Alphonse Taillandier, Notice sur la vie et les travaux de M. Berriat Saint-Prix, 1846, Google.
Extrait des Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France, t. XVIII, 1846, p. XXXIX, Google.
Henri Laurain, Notice sur la vie et les oeuvres de Jacques Berriat Saint-Prix, 1889, Google.
Indexation de Jeanne d’Arc dans la Bibliographie de la France du 19 juillet 1817 (n° 29), n° 2231, année 1817 p. 401, Google.