Auteur

Madame Durand (~1653–1713)

Autrice de romans galants à la fin du XVIIe siècle, rattachée à la vogue des contes de fées, elle a donné des Mémoires secrets de la cour de Charles VII.
Catégorie

Chronologie

  • ~1653

  • Naissance de Catherine-Françoise Bédacier, fille de Victor Bédacier, secrétaire du roi, et de sa seconde épouse, Françoise de Loynes.

    Les données biographiques de Madame Durand reposent sur une identification nouvelle, exposée dans la section : Qui était Madame Durand ? Nouvelles pistes, nouvelle hypothèse.

    Victor Bédacier, ancien commissaire de la Marine, est alors conseiller et secrétaire du roi, charge anoblissante. Son frère, Pierre Bédacier (1608-1670), docteur de Sorbonne, prédicateur du roi et ancien professeur de Bossuet, a été nommé en 1645 évêque in partibus d’Augustopolis et suffragant de Metz. Par ce second mariage, célébré en 1646, les Bédacier se sont alliés aux Loynes, famille déjà installée dans la noblesse de robe : Françoise de Loynes était veuve de François Hataingois, lieutenant général de l’Amirauté au Havre. Les Loynes resteront proches de Catherine : on retrouvera Philippe de Loynes, seigneur d’Ivry, président à mortier au parlement de Metz, et Jules de Loynes, seigneur de Villefavreux, siégeant dans plusieurs conseils de famille.

  • 1672

    (19 ans)
  • jul.

    Catherine épouse Jean Durand, conseiller du roi, contrôleur ordinaire des guerres.

    Le contrat de mariage, passé le 27 juillet, stipule que ses parents lui promettent en dot leur maison de l’île de la Cité, acquise en 1655 et estimée 25 000 livres.

  • 1674

    (21 ans)
  • Naissance d’une fille, Marie-Françoise, et mort de Jean Durand.

    Veuve encore mineure, c’est-à-dire âgée de moins de vingt-cinq ans, elle doit s’en remettre à un conseil de famille pour la succession de son mari et la tutelle de sa fille.

  • 1680

    (27 ans)
  • Mort de son père, Victor Bédacier.

    Sa ruine, que laissaient supposer les actes, est confirmée par la saisie de la maison familiale en 1679 par le chapitre de Notre-Dame, pour défaut de paiement du cens ; elle sera adjugée en 1681.

  • 1684

    (31 ans)
  • aoû.

    Mort de sa fille Marie-Françoise, à l’âge de dix ans et demi.

  • 1699

    (46 ans)
  • Publication du Voyage de campagne, suivi des Comédies en proverbes : le Voyage paraît sous le nom de la comtesse de Murat, les Comédies sous celui de Madame D***.

    L’ouvrage est dédié à la princesse douairière de Conti, Marie-Anne de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et de Louise de La Vallière. Les Comédies sont dix courtes pièces en prose, dont chacune illustre un proverbe que le public doit deviner. À la fin du premier tome, la narratrice précise qu’elle n’a aucune part aux proverbes, écrits par une personne de beaucoup d’esprit, dont on verra paraître dans peu l’histoire de madame de Mortane.

    Voir : description et liste des Proverbes, résumé du Voyage.

    Publication de La Comtesse de Mortane, sous le nom de Madame ***.

    L’histoire de la comtesse est entrecoupée d’autres récits, dont l’histoire de la fée Lubantine.

    Voir : description et résumé de Lubantine.

  • 1700

    (47 ans)
  • Publication des Mémoires secrets de la cour de Charles VII, sous le nom de Madame D***.

    L’ouvrage est dédié au duc de Chartres, Philippe d’Orléans, neveu de Louis XIV et futur Régent.

    Voir : description

    En septembre, Madame d’Aulnoy, qui signe elle aussi Madame D***, dément dans le Mercure galant en être l’autrice.

    La baronne d’Aulnoy, âgée d’une cinquantaine d’années, était alors l’une des romancières les plus lues de son temps. Autrice des Mémoires de la cour d’Espagne (1690) et des Mémoires de la cour d’Angleterre (1695), elle est surtout connue pour avoir lancé, avec Charles Perrault, la vogue des contes de fées. Leurs recueils avaient paru tous deux en 1697, et le sien, Les Contes des fées, a donné son nom au genre.

  • 1701

    (48 ans)
  • 25 aoû.

    Madame Durand remporte le prix de poésie de l’Académie française avec une ode à la louange de Louis XIV.

    Le sujet imposé était : Le roi n’est pas moins distingué par les vertus qui font l’honnête homme, que par celles qui font les grands rois.

    L’ode est reproduite dans ses Œuvres mêlées posthumes, voir

    À la suite de ce prix, son éditeur Pierre Ribou insère dans les livres qu’il vend un avertissement qui la présente comme l’autrice de la Comtesse de Mortane et des Mémoires secrets, mais aussi du Voyage de campagne, auquel la comtesse de Murat n’aurait fait que prêter son nom.

    Lire : Avertissement

  • 1702

    (49 ans)
  • Publication des Petits Soupers de l’été de l’année 1699, ou Aventures galantes.

    L’ouvrage est dédié à la duchesse d’Orléans, Françoise-Marie de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan, épouse de Philippe d’Orléans. Les Aventures galantes sont suivies d’un court récit sur l’Origine des fées.

    Voir : description et résumé de l’Origine des fées

    Publication du Comte de Cardonne, ou la Constance victorieuse.

    Voir : description

  • 1704

    (51 ans)
  • Son manuscrit des Belles Grecques, consacré aux courtisanes de la Grèce antique, reçoit l’approbation de Fontenelle, censeur royal.

    Aucun nouvel ouvrage ne paraît pourtant avant 1712. On peut se demander si l’arrestation de la comtesse de Murat en avril 1702 (on lui reprochait son libertinage et ses liaisons avec des femmes), peu après que Ribou eut publiquement lié les deux femmes dans son avertissement, n’a pas incité Madame Durand à la discrétion.

    Le Journal pour Mademoiselle de Menou, que Murat tint en détention en 1708-1709, apprend qu’elle avait elle-même projeté un ouvrage sur les courtisanes grecques, et qu’elle en laissa le sujet à son amie Madame Durand.

  • 1712

    (59 ans)
  • Publication des Belles Grecques, ou l’Histoire des plus fameuses courtisanes de la Grèce, suivies des Dialogues nouveaux des galantes modernes.

    Voir : description

    Publication la même année de deux contes en vers, La Vengeance contre soi-même et Le Chat amoureux, qui seront ensuite joints au volume des Belles Grecques.

    Voir : description

  • 1713

    (60 ans)
  • Mort de Madame Durand.

  • 1714

  • Publication posthume d’Henry, duc des Vandales.

    Voir : description

    L’éditeur Pierre Prault y ajoute une Suite de la préface (voir), visiblement rédigée une fois l’ouvrage terminé et préfacé, qui évoque la mort de l’autrice.

  • 1732

  • 1732–1737

    Pierre Prault obtient un privilège groupé pour rééditer les ouvrages de Madame Durand, qui reparaissent entre 1733 et 1736.

    Voir : description

    En 1737, il les réunit en six volumes sous le titre d’Œuvres de Madame Durand. Le dernier volume contient des Œuvres mêlées, qui rassemblent des pièces déjà parues séparément, dont l’ode couronnée en 1701, et des inédits, dont l’ébauche d’un opéra, Adraste.

    Voir : description et contenu des volumes

Références

Qui était Madame Durand ? Nouvelles pistes, nouvelle hypothèse

Les notices consacrées à Madame Durand ignorent sa date de naissance (on lit parfois 1670), la font mourir tantôt dans les années 1712-1715, tantôt en 1736, la présentent comme née Bédacier (ou, à l’inverse, comme née Durand), sans jamais fournir de preuve. Faute d’éléments biographiques dans ses écrits, nous formulons ici deux propositions. La première, fondée sur la bibliographie matérielle de ses ouvrages, tranche le débat sur l’année de sa mort. La seconde, fondée sur l’examen de l’ensemble des actes d’archives dépouillés et numérisés accessibles en ligne, propose une candidate et, avec elle, une famille.

Une mort en 1713

La date de la mort de Madame Durand fait débat. La tradition, attestée pour la première fois chez Joseph de La Porte (1769) et reprise par la plupart des dictionnaires, jusqu’à la notice d’autorité de la BnF, la fixe à 1736. Mary Elizabeth Storer (1928), suivie par Raymonde Robert (1982), l’a située au contraire vers 1712-1715, sur la foi d’une préface de son éditeur. Perry Gethner (2002) est revenu à la date traditionnelle, en développant la déduction qui la fonde. Parvenu de notre côté à la conclusion de Storer, nous en reprenons l’argument pour le consolider et l’affiner, jusqu’à retenir l’année 1713.

En 1702, le libraire Pierre Ribou, qui avait déjà publié les Mémoires secrets de la cour de Charles VII (1700), fait paraître Le Comte de Cardonne (privilège du 2 octobre 1701, achevé d’imprimer du 7 janvier 1702). Suivent dix années de silence éditorial. En 1712, Les Belles Grecques paraissent chez Pierre Prault (privilège du 27 décembre 1711), qui sera son dernier éditeur. En 1714, Prault donne Henry, duc des Vandales (approbation du 21 août 1713, privilège du 2 décembre 1713), dont la Suite de la préface affirme sans ambiguïté : Tout le monde sait que l’histoire des Belles Grecques, qui est le dernier ouvrage qu’elle a fait imprimer avant que de mourir, a eu tout le succès qu’un auteur peut souhaiter.

Ce témoignage direct de l’éditeur place la mort de Madame Durand entre la publication des Belles Grecques, au début de 1712, et la parution d’Henry, duc des Vandales, en 1714. Nous retiendrons l’année 1713, au milieu de cette fourchette : c’est aussi la date du seul acte de décès relevé pour une Bédacier veuve Durand, comme on le verra dans la partie suivante.

La date de 1736 : origine et réfutation

Le 21 août 1732, Prault obtient un privilège groupé pour rééditer l’ensemble des ouvrages de Madame Durand, qui reparaissent entre 1733 et 1736. En 1737, il les réunit en six volumes d’Œuvres de Madame Durand, en dotant les livres imprimés depuis 1733 d’une nouvelle page de titre indiquant le numéro du tome. Le dernier tome réunit le seul ouvrage non réédité, Henry, duc des Vandales, dans son impression de 1714, et un nouvel ouvrage, les Œuvres mêlées, daté de 1737 (approbation du 15 janvier 1737), qui rassemble quelques pièces éparses déjà imprimées et des inédits, dont l’éditeur précise l’origine : Ce sont les manuscrits qui se sont trouvés après sa mort, et qu’un de ses amis, qui en était dépositaire, m’a remis.

C’est de ce seul indice que l’on a déduit une mort survenue entre la dernière réédition (1736) et la publication des inédits (1737). La Porte donne cette date dès 1769 : ce que j’apprends seulement, c’est qu’elle est morte en 1736, dans un âge avancé. Perry Gethner reprend la déduction en 2002 et l’étaye : le privilège de 1732 aurait permis à l’autrice de surveiller la réédition de ses œuvres, et l’on s’expliquerait mal que le dépositaire ait attendu une vingtaine d’années avant de livrer les manuscrits ; il en conclut que l’éditeur de 1714 avait été mal renseigné.

Cette déduction ne tient pas, et la date de 1736 tombe avec elle. L’éditeur prétendument mal renseigné de 1714 est en effet le même que celui de 1737, Pierre Prault, qui publiait Madame Durand depuis 1712 et était donc le mieux placé pour connaître sa mort. Les deux bornes sur lesquelles repose la date de 1736 ne résistent pas davantage à l’examen.

Rien ne montre d’abord que Madame Durand ait pris part aux rééditions de 1733-1736, et donc qu’elle ait vécu jusqu’à leur terme : elles ne portent aucun ajout de sa main, ni préface générale, ni notes, ce qui suggère au contraire une entreprise de libraire menée sans elle.

Quant aux Œuvres mêlées, elles prouvent seulement que l’autrice était morte en 1737, non qu’elle venait de mourir. Rien n’empêchait le dépositaire de garder pendant plus de vingt ans des manuscrits inachevés, pour l’essentiel des ébauches, et de saisir l’occasion de la réédition pour les faire paraître. Prault conserve d’ailleurs sans le moindre correctif l’avertissement de 1714 annonçant la mort de l’autrice, alors qu’il imprimait pour ce même volume un nouvel avertissement de l’imprimeur, où une rectification aurait trouvé sa place.

Enfin, le contenu même du volume posthume achève d’établir une mort survenue vers 1713. Les pièces semblent suivre l’ordre chronologique de leur composition (voir notre étude), et le recueil se termine sur les contes de 1712. Dans plusieurs d’entre elles, Madame Durand célèbre en poétesse de cour les grands événements de la famille royale et du royaume : l’avènement de Philippe V en Espagne dans l’ode de 1701, la grossesse de la duchesse de Bourgogne dans des étrennes de 1704, la mort de son fils et celle de l’empereur Léopold dans une ode de 1705. Or aucun événement postérieur à 1712 n’y est célébré. Si elle avait vécu jusqu’en 1736, on trouverait dans ses poèmes manuscrits la trace de la mort de Louis XIV (1715), de la Régence ou du sacre de Louis XV (1722).

Catherine-Françoise Bédacier, veuve de Jean Durand

La plus ancienne indication biographique vient du père Lelong qui, dans sa Bibliothèque historique de la France (1719), signale que l’autrice des Mémoires secrets de la cour de Charles VII est Catherine Bedacier, veuve de M. Durand. L’examen de l’ensemble des actes numérisés et dépouillés accessibles en ligne fait apparaître une seule femme correspondant en tout point à cette indication : Catherine-Françoise Bédacier, mariée en 1672 au contrôleur des guerres Jean Durand, et veuve dès 1674.

Nous proposons donc de l’identifier à Madame Durand.

Les archives du Châtelet de Paris conservent à son sujet une série d’actes de tutelle (1674-1680) qui règlent la succession de son mari et les droits de leur fille Marie-Françoise, née début 1674 (voir). L’un d’eux, en mai 1675, la qualifie encore de mineure de vingt-cinq ans : elle est donc née après mai 1650. Mariée par contrat du 27 juillet 1672 et enceinte au printemps 1673, elle avait vraisemblablement au moins quinze ans lors de ses noces et seize lors de sa grossesse (le mariage à l’âge légal de douze ans restait extrêmement rare dans le contexte parisien de la fin du XVIIe siècle), ce qui situe sa naissance avant 1657.

Nous retiendrons donc 1653, au milieu de cette fourchette, comme année probable de sa naissance.

Veuve vers l’âge de vingt ans, elle ne semble pas s’être remariée : aucun acte ne le signale, et elle figure encore sous le nom de Durand dans un inventaire après décès du 16 juin 1713 (voir). Note : cet inventaire après décès suppose une mort probable au premier semestre de 1713, soit l’année même que la bibliographie de Madame Durand permettait d’établir indépendamment.

Un acte de sépulture du 26 août 1684, à Saint-Honoré de Blois, signale le décès d’une Marie-Françoise Durand, âgée de dix ans et demi, fille de Jean Durand et de Catherine-Françoise Bédacier (voir) : son âge situe sa naissance au début de 1674, en accord avec les actes de tutelle parisiens, ouverts dès août 1674 pour une enfant alors non baptisée.

En somme, l’identification de Madame Durand à Catherine-Françoise Bédacier reste une hypothèse, mais elle a le mérite de concilier l’ensemble des pièces (publications, chronologie éditoriale, actes d’archives) et de reposer sur des sources directes. La rareté du nom la conforte : dans les milliers d’actes indexés sur Geneanet et Famillesparisiennes.org, aucune autre union entre une Bédacier et un Durand, ou entre une Durand et un Bédacier, n’apparaît pour la période où elle publie, de 1699 à 1713 (ces relevés ne sont pas exhaustifs, mais leur ampleur rend ce résultat significatif).

Catherine-Françoise Durand, née Bédacier (v. 1653-1713)

En retenant l’hypothèse, on peut enfin donner à Madame Durand des dates et une famille : née vers 1653, morte en 1713, alors qu’allait paraître son dernier ouvrage.

Les différents actes du Châtelet de Paris, en particulier les assemblées de parents réunies pour la tutelle de sa fille, permettent d’entrevoir le réseau familial de Catherine à travers ses principaux représentants :

  • Sa famille (Bédacier et de Loynes)
    • Victor Bédacier († 1680), son père : ancien commissaire de la Marine, conseiller et secrétaire du roi.

      Veuf de Gabrielle Roussel († 15 avril 1642), il se remarie en 1646 avec Françoise de Loynes, elle-même veuve de François Hataingois, lieutenant général de l’Amirauté au Havre. Son frère Pierre Bédacier († 1660), docteur de Sorbonne et prédicateur du roi, fut nommé évêque in partibus d’Augustopolis et suffragant de l’évêque de Metz en 1645.

    • Philippe de Loynes (1618-1690), parent de sa mère : chevalier, seigneur d’Ivry et de Paras, président à mortier au parlement de Metz.
    • Jules de Loynes (1635-1703), parent de sa mère : écuyer, seigneur de Villefavreux, fils de Julius de Loynes, secrétaire général de la Marine sous Richelieu.
  • La famille de son époux (Durand, Bosc, Mesnard et Colbert)
    • Jean Durand († 1674), son époux : conseiller du roi et contrôleur ordinaire des guerres.
    • Claude Bosc père († 1678), oncle par alliance de son époux : conseiller du roi et premier commis du Trésor royal, époux de Marguerite/Marie Brossier.
    • Claude Bosc fils († 1715), cousin de son époux : conseiller du roi en ses conseils et procureur général en la cour des Aides de Paris.
    • François Mesnard (1640-1733), lieutenant particulier au bailliage et siège présidial de Blois, époux de Marguerite Dubois.
    • Pierre Colbert († 1695), cousin par alliance de son époux : conseiller du roi et contrôleur général des postes de France, époux de Marie Mesnard.

Ces éléments dessinent un milieu d’officiers et de financiers solidement implanté, des deux côtés, dans l’administration royale, au croisement de la Marine, des armées, de la magistrature et des finances. Un tel milieu est compatible avec la carrière de Madame Durand : il suppose une éducation soignée et donnait accès à la société lettrée où elle a pu se lier avec la comtesse de Murat et dédier ses ouvrages au duc de Chartres et à la duchesse d’Orléans.

La situation de fortune concorde elle aussi. Victor Bédacier meurt ruiné en 1680, après la saisie en 1679 de la maison qu’il avait promise en dot à sa fille, et Madame Durand se dit sans rente ni finance dans ses Étrennes (composées vers 1705-1712 et insérées dans les Œuvres mêlées posthumes), lieu commun poétique peut-être, mais qui s’accorde avec cette ruine.

Ces concordances confortent l’hypothèse, qui fournit pour la première fois depuis trois siècles un fondement documentaire à la biographie de l’autrice. Elle pourra servir de piste à d’autres recherches, notamment dans les fonds notariés et judiciaires encore non indexés, qui pourraient livrer son inventaire après décès, le contrat de mariage de sa fille ou tout autre acte la mentionnant après 1680.

Bibliographie de Madame Durand

Ci-dessous sa bibliographie attribuée.

  1. 1699. Voyage de campagne, par Madame la comtesse de M*** [Murat, Henriette-Julie de Castelnau, comtesse de Murat, 1670-1716] [Tome premier/second], chez la veuve de Claude Barbin, au Palais, sur le second perron de la Sainte Chapelle. M. DC. XCIX. Avec privilege du Roy, — T. I (in-12, 380 p.) — T. II (in-12, 476 p.) Avec les Comédies en Proverbes de Madame D***.

    Épître dédicatoire : À son altesse sérénissime Madame la princesse douairière de Conty.

    — 13 mars 1699 : Privilège royal. — 5 mai 1699 : Achevé d’imprimé.

    Dernier paragraphe du tome I :

    Quand nous eûmes pris de ces liqueurs, et mangé des fruits qui étaient excellents, et d’une beauté surprenante, la conversation devint fort vive et fort agréable : le Proverbe joué chez la Richardin nous a fait prendre du goût pour cette sorte de divertissement. Nous en jouâmes un au bord de la Fontaine, et les jours suivants quelques autres à Selincourt. Je ne les mettrai point ici, parce que ce serait interrompre trop longtemps ma narration : et de plus, je suis obligée d’avertir, que je n’ai point du tout de part aux Proverbes qui seront à la fin de mon Voyage. Ils ont été faits par une personne de beaucoup d’esprit, dont on verra paraître dans peu l’histoire de madame de Mortane. Vous voyez, madame, par cet aveu, que je ne veux rien dérober à la gloire des autres.

    Mots des proverbes :

    I. Tel maître, tel valet. — II. À bon chat, bon rat. — III. On ne connaît pas vin au cercle. — IV. Qui court deux lièvres, n’en prend point. — V. Pour un plaisir, mille douleurs. — VI. Il n’est point de belles prisons, ni de laides amours. — VII. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. — VIII. À laver la tête d’un âne, on y perd sa lessive. — IX. Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. — X. Oisiveté est mère de tout vice.

    1700, La Haye, chez Louis et Henry van Dole : — T. I Google — T. II Google

    1734 : Réédition chez Prault

  2. 1699. La comtesse de Mortane, par Madame *** [Tome premier/second] À Paris, chez la veuve de Claude Barbin, au Palais, sur le second perron de la Sainte Chapelle. M. DC. XCIX. Avec privilege du Roy, — T. I : Google, Gallica, — T. II : Gallica

    — 23 janvier 1699 : Privilège royal au sieur de Reiz, pour 8 années. — 1er avril 1699 : Enregistrement. Et cession du privilège à la veuve de Claude Barbin.

    1700, La Haye, chez Meyndert Uytwerf : — T. I : Google, Google — T. II : Google, Google

    1736 : Réédition chez Prault

    Résumé de l’Histoire de la fée Lubantine (t. I, p. 135-174) : Fille d’une puissante fée d’Asie, Lubantine grandit dans un palais enchanté que sa mère lui a fait construire pour la protéger d’une prédiction funeste liée à la rencontre d’un étranger. Avide de liberté, elle brave l’avertissement de sa mère et part chasser dans les bois. Là, elle croise deux amants en fuite, le prince Ciridor et la princesse Mélisène, et les recueille. Éprise de Ciridor, elle fait enfermer Mélisène et la rend horriblement laide par magie (tout en la trompant grâce à des miroirs qui lui renvoient toujours son ancienne beauté). Ciridor, subjugué par Lubantine, lui érige un temple et lui voue un culte. Mélisène implore alors la déesse Vénus qui, offensée par ce sacrilège, lui rend sa beauté, libère Ciridor de l’enchantement et inflige à Lubantine la même laideur. Folle de rage, celle-ci se venge en martyrisant Mélisène jusqu’à la mort, puis en empoisonnant lentement Ciridor, avant d’être rongée de remords.

  3. 1700. Les Mémoires secrets de la cour de Charles VII, Roy de France. Par Madame D*** [Tome premier/second.] À Paris, chez Pierre Ribou, proche les Augustins, à la descente du Pont-neuf, à l’Image S. Loüis. M. DCC. Avec privilege du Roy, — T. I : Google, Gallica, — T. II : Google, Gallica

    Épître dédicatoire : À son altesse royale Monseigneur le duc de Chartres.

    — 23 mai 1700 : Privilège royal à Pierre Ribou, pendant six années, Versailles. — 28 mai 1700 : Enregistrement. — 20 août 1700 : Achevé d’imprimer.

    L’un des exemplaires numérisés de l’édition de 1700 contient, sur un feuillet non paginé, un avertissement postérieur au prix de 1701 : l’éditeur l’a donc ajouté après coup aux exemplaires encore en stock.

    Avertissement au lecteur. — Si madame Durand ne fit point mettre son nom à la Comtesse de Mortagne [sic] et aux Mémoires de Charles VII, c’est qu’on n’aime pas trop à se déclarer auteur d’un plein saut : madame la comtesse de Murat même, entrant dans cette modestie, s’offrit de présenter sous son nom le Voyage de campagne et le Rondeau qui lui sert d’épître, à la grande princesse pour qui il avait été fait [la princesse douairière de Conti], et dont madame Durand n’ayant pas l’honneur d’être connue, ne laissa pas de lui rendre un hommage secret ; elle crut que le nom de madame la comtesse de Murat y donnerait un prix, que le sien pourrait diminuer ; mais aujourd’hui qu’elle est connue par celui qu’elle a remporté à l’Académie Française, elle croit qu’il y aurait une fausse humilité à se cacher, et qu’il est même à propos pour la gloire de madame la comtesse de Murat, de faire voir le motif qu’elle eut, lorsqu’elle voulut bien prêter son nom au Voyage de campagne.

    Par une probable erreur d’imprimeur, cet avertissement se retrouvera inséré dans la tragédie Amasis du sieur Lagrange de Chancel, paru chez Ribou en 1702, Gallica.

    1734 : Réédition chez Prault

    1735, Amsterdam, chez J. Wetstein & G. Smith : — T. I : Google, Google, Google, Google, — T. II : Google, Google, Google

    1757, La Haye : — T. I-II : Google

  4. 1702. Les Petits soupers de l’Esté de l’année 1699, ou Avantures galantes, avec l’Origine des fées, par Madame Durand, à Paris chez Jean Musier, rue S. Jacques et Jacques Rolin, Place de Sorbonne [2 vol. in-12 de 264 et 266 p.]

    Épître dédicatoire : À Madame la duchesse d’Orléans.

    1733 : Réédition chez Prault

    Résumé de l’Origine des fées (éd. 1733, p. 295–329) : Inspirée en songe par Apollon, la narratrice raconte comment Jupiter, guidé par Cupidon, apprit la délicatesse des sentiments pour conquérir la vertueuse nymphe Ogilire. De leur union naît la toute première fée, faisant d’Ogilire la première des Sibylles et l’aïeule d’une lignée magique qui donnera naissance à Mélusine.

  5. 1702. Le Comte de Cardonne, ou la Constance victorieuse, histoire sicilienne. Par Madame D***. À Paris, chez Pierre Ribou, proche les grands Augustins, à la descente du Pont-neuf, à l’image S. Loüis. M. DCCII. Avec Privilege du Roy. Google

    — 2 octobre 1701 : Privilège royal accordé à Pierre Ribou pour 4 années, à Fontainebleau, signé Le Febvre. — 20 octobre 1701 : Enregistrement, signé Trabouillet, syndic. — 7 janvier 1702 : Achevé d’imprimer. — Approbation non datée de M. Pavillon, de l’Académie française.

    1734 : Réédition chez Prault

  6. 1712. Les Belles Grecques, ou l’Histoire des plus fameuses courtisanes de la Grece et Dialogues nouveaux des galantes modernes. Volume orné de Figures en taille-douce. À Paris, chez la veuve de Guillaume Saugrain, & Pierre Prault, Quay de Gesvres, en entrant du côté du Pont au Change, au Paradis. M. DCCXII. Avec Approbation & Privilege du Roy. Google

    — 12 février 1704 : Approbation du manuscrit des Belles Grecques, signée Fontenelle. — 27 décembre 1711 : Privilège royal à Pierre Prault, pour 4 années, à Versailles, signé De Saint Hilaire. — 19 janvier 1712 : Enregistrement. — 23 janvier 1712 : Approbation des Dialogues des galantes modernes, signé Fontenelle.

    1713, Paris, Prault : ... Augmenté de deux Pieces de Poësies du même Auteur. À Paris, chez Pierre Prault, Quay de Gesvres, entrant du côté du Pont au Change, au Paradis. M. DCCXIII. Avec Approbation & Privilege du Roy. Google

    1715, Amsterdam, La Compagnie Google, Google, Google

    1721, Amsterdam, La Compagnie Google, Google

    1734 : Réédition chez Prault

  7. 1712. La Vengeance contre soy-mesme, et le Chat amoureux, contes en vers, par M. D***. [Paris, chez Pierre Prault] M. DCC. XII. Gallica

    Note : Les deux pièces de poésies du même auteur ajoutées aux rééditions des Belles Grecques (ci-dessus).

    — 30 août 1712 : Approbation, signée Passart. — 4 sept. 1712 : Permis d’imprimer, signé M. R. de Voyer d’Argensson. — 24 sept. 1712 : Enregistrement, signé L. Josse, syndic.

    Les deux pièces figurent dans le volume posthume de ses Œuvres meslées, 1737 : Œuvres complètes

  8. 1714. Henry, duc des Vandales. Histoire véritable, avec un extrait des histoires tragiques de Bandel, traduites par Belleforest ; qui contient des circonstances curieuses sur l’origine de ces peuples, et sur cette histoire. Ornée de figures en taille-douce. Par M. D. Auteur des Belles Grecques. À Paris, chez Pierre Prault, à l’entrée du quai de Gêvres du côté du Pont au Change, au Paradis. M. DCCXIV. Avec Privilege du Roy. Google, Gallica

    — 21 août 1713 : Approbation, signée Fontenelle — 2 décembre 1713 : Privilège royal à Pierre Prault, pour la ville de Paris seulement pour 3 années, signé Fouquet — 5 décembre 1713 : Enregistrement, signé Robustel, syndic

    Dans la Suite de la préface :

    Après avoir rapporté fidèlement le fond de l’histoire de Henry, on se persuade que le lecteur sera curieux de savoir à qui nous devons tous les embellissements dont elle est ornée. On ose donc affirmer que cette histoire n’est pas moins recommandable par la manière dont elle est écrite, que par la diversité des événements qu’elle contient : aussi part-elle d’une [plume] dont il n’est rien sorti qui n’ait été applaudi du public. L’auteur, qui faisait l’honneur de son sexe, savait mettre, et mettait toujours en usage avec tant de précision et de politesse la pureté et les délicatesses de la langue, qu’il était difficile de la surpasser en cela. Un prix remporté à l’Académie Française, ses écrits et ses conversations en ont été des preuves incontestables. Tout le monde sait que l’histoire des Belles Greques qui est le dernier ouvrage qu’elle a fait imprimer avant que de mourir, a eu tout le succès qu’un auteur peut souhaiter. Sans doute celui-ci n’en aura pas un moins favorable.

  9. 1733-1736. Rééditions des ouvrages chez Prault.

    — 21 août 1732 : Privilège royal à Pierre Prault pour deux ouvrages du P. Pomey et les Œuvres de Madame Durand, signé Sainson. — 30 août 1732 : Enregistrement, signé G. Martin, syndic.

    • 1733. Les petits soupers de l’Esté, ou Avantures galantes avec l’origine des fées, par Madame Durand [Première/seconde partie.] À Paris, chez Prault, Pere, Quai de Gesvres, au Paradis. M. DCC. XXXIII. Avec Privilege du Roy. Google (parties 1 et 2), Google (parties 1 et 2)
    • 1734. Les Mémoires secrets de la cour de Charles VII, Roi de France. Par Madame D*** [Tome premier/second.] À Paris, chez Prault, Pere, Quay de Gêvres, au Paradis. M. DCC. XXXIV. Avec Approbation & Privilege du Roy — T. I : Gallica — T. II : Gallica — 13 mars 1734 : Approbation, signée Jolly.
    • 1734. Le comte de Cardonne, ou la constance victorieuse. Histoire sicilienne, par Madame D***. À Paris, chez Prault Pere, Quai de Gêvres, au Paradis. M. DCC. XXXIV. Avec Approbation & Privilege du Roy Google — 21 août 1732 : Privilège royal — 22 août 1732 : Enregistrement — 8 novembre 1734 : Approbation.
    • 1734. Voyage de campagne, par Madame la comtesse de M*** [Murat], avec les Comédies en Proverbes de Madame D*** [Tome premier/second] À Paris, chez Prault Pere, quai de Gêvres, au Paradis. M. DCC. XXXIV. Avec Approbation et Privilege du Roi., — T. I Gallica — 13 mars 1734 : Approbation, signée Jolly.
    • 1736. La comtesse de Mortane, par Madame D.** [Tome premier/second] À Paris, chez Prault pere, Quay de Gêvres, au Paradis. M. DCC. XXXVI. Avec Privilege du Roy. — T. I-II : Google — 10 mai 1736 : Approbation, signée Jolly.
    • 1736. Les Belles Grecques, ou l’Histoire des courtisanes les plus fameuses de la Grèce, par Madame Durand. Nouvelle édition, ornée de figures en taille-douce. À Paris, chez Prault pere, Quay de Gêves, au Paradis. M. DCC. XXXVI. Avec Approbation & Privilege du Roy., Gallica — 25 octobre 1736 : Approbation, signée Jolly.
  10. 1737. Œuvres de Madame Durand À Paris, chez Prault pere, quai de Gêvres, au Paradis. M. DCC. XXXVII. Avec Approbation & Privilege du Roi.

    — 21 août 1732 : Privilège royal à Pierre Prault pour deux ouvrages du P. Pomey et les Œuvres de Madame Durand. — 22 août 1733 : Enregistrement.

    1. La comtesse de Mortane, part. 1 et 2 : Google, Gallica
    2. Les voyages de campagne / Comédies en proverbes, t. 1 et 2 (1734) : Google
    3. Mémoires de la cour de Charles VII (1734) : Google, Gallica
    4. Petits soupers de l’Esté, part. 1 et 2 (1733) : Google, — P. I : Gallica, — P. II : Gallica
    5. Le comte de Cardonne (1734) / Les Belles Grecques (1736) : Google, Gallica (Belles Grecques)
    6. Henry, duc des Vandales (1714) / Œuvres meslées (1737) : Google, Gallica (Henry), Gallica (Œuvres meslées), Gallica (id.)

    — 15 janvier 1737 : Approbation des Œuvres meslées, signée Jolly.

    En préface des Œuvres meslées :

    Avertissement de l’imprimeur. — Ce nouveau volume que je donne aujourd’hui sous le titre d’Œuvres mêlées de Madame Durand, et que j’ajoute à la nouvelle édition de tous ses ouvrages, est composé de deux parties. La premiere, contient quelques piéces déja imprimées séparément, dont la principale est son Ode qui remporta le prix de poésie, par le jugement de l’Académie française, en 1701, et les autres sont, ses Dialogues, la Vengeance contre soi-même, et le Chat amoureux, contes. À l’égard de la seconde partie, ce sont les manuscrits qui se sont trouvés après sa mort, et qu’un de ses amis, qui en était dépositaire, m’a remis. Il ne m’a pas été possible de me refuser à l’extrême envie qu’il avait de contribuer à donner un corps complet des ouvrages d’une personne qui s’est distinguée par ses écrits, et dont l’auteur de la Bibliothéque des Romans parle avec éloge. Il est constant néanmoins que Madame Durand n’avait pas mis la dernière main à ses manuscrits, et que le plus défectueux est son opéra d’Adraste, qui n’est, à proprement parler, qu’une ébauche qu’elle aurait pu perfectionner un jour, et qui demande plus d’indulgence que tout le reste.

    Les six tomes numérisés : Biblioteca Nacional de España (mauvaise qualité)

    Sommaire des Œuvres meslées :

    1. Épître

      Épître à son cher G***, un vieil ami (elle le tutoie et l’appelle vieux ami), poète (Apollon l’a guidé cent fois) qui a vu naître Versailles (ton œil vit éclore Versailles), écrite lors d’un séjour à Fontainebleau pendant que la cour s’y trouvait, entre 1684 et 1715 (elle cite les Bains d’Apollon, aménagés après 1684, et célèbre Louis XIV vivant).

    2. Ode qui a remporté le prix de poésie de l’Académie française en 1701

      Ode à la louange de Louis XIV, primée le 25 août 1701, écrite entre la fin de 1700 et l’été 1701 (elle évoque l’avènement de Philippe V en Espagne et la guerre qui s’annonce), suivie d’une courte prière pour le roi.

    3. Étrennes à Madame la duchesse de Bourgogne, ode

      Étrennes composées pour la jeune épouse du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, qui évoquent un enfant à naître dans six mois, donc vers juin. Des trois fils de la duchesse, le premier duc de Bretagne (25 juin 1704), le second (8 janvier 1707) et le futur Louis XV (15 février 1710), seul le premier correspond : le poème a donc été composé en janvier 1704.

    4. Ode sur la paix

      Ode composée au printemps ou à l’été 1705 : elle pleure la mort du premier duc de Bretagne (13 avril 1705, celui-là même dont les Étrennes annonçaient la naissance), et celle de l’empereur Léopold Ier (5 mai 1705), et célèbre les premiers succès de la campagne de 1705, avant le désastre de Ramillies (mai 1706).

    5. Étrennes

      Étrennes dans le style marotique (imité du vieux langage de Clément Marot), adressées à un grand personnage (Beau sire, Seigneur) qui a encore sa mère, une femme et des enfants. La plainte sur la pauvreté (n’ai rente ni finance) relève du lieu commun du genre. Non datable.

    6. Plainte sur l’indifférence recouvrée, élégie

      Séparé de Doris, que son père a mariée sans son consentement, un amant retrouve l’indifférence qu’il avait connue avant de l’aimer, mais la trouve plus cruelle que l’amour. Non datable.

    7. Daphné, cantate

      Cantate française en trois récitatifs et trois airs, sur la fable d’Apollon et Daphné (Ovide, Métamorphoses, I). Le genre était alors à la mode : sa forme ne s’est fixée qu’au début du XVIIIe siècle, et les premiers recueils de cantates françaises paraissent à partir de 1706.

    8. À M*** sur la sobriété, épître

      Réponse à un ami qui lui prêche la sobriété, peut-être pour l’inviter à la campagne (Me voulez-vous encore ?). Autoportrait : elle aime la lecture, la promenade, la bonne chère et la conversation, réprouve les orgies et bannit l’amour de la société, et oppose ses menus talents aux biens que la nature ne lui a pas donnés. Non datable.

    9. Dialogues des galantes modernes

      Dix dialogues, publiés à la suite des Belles Grecques en 1712, avec une approbation distincte de Fontenelle (23 janvier 1712) ; Prault les a retirés de sa réédition des Belles Grecques (1736) pour les placer dans les Œuvres mêlées.

    10. Adraste, opéra

      Livret d’opéra inachevé en cinq actes, sans prologue (du moins dans l’ébauche publiée), sur le modèle de la tragédie en musique, tiré d’Hérodote (Histoires, I, 34-45). Adraste, purifié par Crésus d’un meurtre involontaire, tue accidentellement à la chasse le fils du roi

    11. La vengeance contre soi-même, conte

      Conte en vers, imprimé séparément en 1712 avec Le Chat amoureux ci-dessous (approbation du 30 août, permission du 4 septembre 1712), puis joint aux Belles Grecques.

    12. Le chat amoureux, conte

      Cf. ci-dessus.

    Les pièces datables se suivent dans l’ordre chronologique et le volume se ferme sur des pièces parues en 1712 ; tout laisse donc penser que le recueil suit l’ordre de composition. L’épître à G*** serait ainsi antérieure à 1701, les secondes Étrennes, la Plainte, Daphné et l’épître Sur la sobriété se placeraient entre 1705 et 1712, et Adraste, inséré entre les Dialogues et les deux contes, daterait des environs de 1712.

Bibliographie attribuée à Madame Durand

Ouvrages attribués à Madame Durand par la BnF, mais qui ne figurent pas dans ses Œuvres complètes, et présentent des anomalies. Par exemple l’Histoire des amours du pape Grégoire VII, de Richelieu, etc. est signée Mademoiselle D*** (et non Madame D***), et publiée uniquement à Cologne.

  • 1700. Histoire des amours de Gregoire VII, du Cardinal de Richelieu, de la Princesse de Condé, et de la Marquise d’Urfé, par Mademoiselle D***. Cologne, chez Pierre le Jeune, M. DCC. Google, Google, Google

    1702. Anedoctes galans [sic] ou Histoire des amours de Gregoire VII, du Cardinal de Richelieu, de la Princesse de Condé, et de la Marquise d’Urfé, par Mademoiselle D***. Cologne, chez Pierre le Jeune, M. DCCII. Gallica, UniFreiburg

  • 1715. Amarante, ou le Triomphe de l’amitié, par Madame ***. À Paris, quay des Augustins, chez Claude Jombert, vis-à-vis la descente du Pont-neuf, à l’Image Notre-Dame. M. DCCXV. Avec Approbation & Privilege du Roy. Google

    Suivi de Poësies diverses et autres pieces galantes.

    — 2 avril 1714 : Approbation, signée Fontenelle — 8 mai 1714 : Privilège royal accordé à Claude Jombert pour 4 années, à Versailles, signé Fouquet — 2 juin 1714 : Enregistrement, signé Robustel, sindic [sic].

Sources générales

  • Mercure galant, septembre 1700, p. 284, Retronews

    On a imprimé, un Livre qui regarde l’histoire de Charles VII. par Me D**. Comme Madame Daunoi [d’Aulnoy] ne marque son nom dans ses ouvrages que par cette même lettre, plusieurs personnes ont cru que celui-ci estoit d’elle ; mais elle déclare qu’elle n’y a point de part, ne voulant dérober la gloire à personne & surtout à celles de son sexe. […] À Paris ce 30 septembre 1700.

  • Mercure galant, août 1701, p. 322, Retronews

    Le jeudi 25 de ce mois, messieurs de l’Académie française célèbrerent à leur ordinaire la fête de saint Louis, dans la chapelle du Louvre. M. de Chpelas [sic], ancien Curé de Saint-Germain-de-l’Auxerrois, dit la messe pendant laquelle on chanta le psaume Lauda Jerusalem Dominum, de la composition de M. de Bousset. Le chœur de musique était très rempli. Après la messe, M. l’abbé Mongin prononça le panégyrique de saint Louis et fit connaître avec beaucoup d’éloquence qu’il ne s’était pas montré moins grand dans les actions chrétiennes que dans celles de héros qu’il avait toujours accompagnées d’une égale piété. L’après-dînée, cette même Académie tint une séance publique pour distribuer les prix. Celui de prose fut remporté par le même M. Mongin, qui avait fait le matin l’éloge du saint. La lecture que l’on fit de cette pièce lui attira d’autant plus d’applaudissements qu’on sut que c’est pour la troisième fois tout de suite qu’il a remporté le prix d’éloquence. Madame Durand a eu cette année celui de poète. C’est une ode d’une mesure fort agréable à l’oreille, et qui fut écoutée avec plaisir d’une nombreuse assemblée.

  • Mercure galant, novembre 1701, p. 50, Retronews

    Les dames remportant souvent des prix en France, et Madame Durand ayant remporté le dernier prix de poésie donné par messieurs de l’Académie française, M. de la Granche, secrétaire du roi et de l’Académie royale de Nîmes, a fait à cette occasion le sonnet suivant à la gloire des dames.

    Sonnet. — Beau sexe, à qui nos cœurs rendent un pur hommage, | Vous triomphez encor des plus rares esprits ; | Les beaux Arts sont vivants dans vos doctes écrits ; | Et chaque Muse en vous retrace son image.

  • Mercure galant, décembre 1701, p. 154, Retronews

    À l’aimable et spirituelle Sylvie. — […] [Au sujet des prix de l’Académie française] Mademoiselle Deshoulières, digne fille d’une digne mère, eut celui de la poésie ensuite. Mademoiselle Bernard, de Rouen, l’a remporté trois fois non seulement dans la même Académie, mais encore dans celles des Jeux Floraux de Toulouse. C’est dans la première que la charmante Madame Durand, que vous avez connue dans l’Isle, vient d’être couronnée, pour avoir fortement et agréablement fait voir dans ses vers, que le roi n’est pas moins distingué par les vertus qui font l’honnête homme, que par celles qui font les grands rois. […]

    Ode à la gloire des femmes illustres du siècle de Louis le Grand, qui ont remporté des prix de prose ou de vers, adressée à messieurs de l’Académie des Ricovrati de Padoue. […] La Seine vient de voir la docte Académie couronner de lauriers la charmante Durand ; […]

    Cet Académicien (M. de Vertron, de l’Académie royale d’Arles) envoya à l’illustre Madame Durand, avec cette ode, une lettre en prose, à laquelle cette aimable victorieuse, a fait une réponse galante et pleine d’esprit, pour le remercier d’avoir contribué à sa gloire.

  • Mercure galant, mars 1712, p. 242, Retronews

    Il paraît un nouveau livre qui a pour titre les Belles Grecques, ou l’Histoire des plus fameux courtisans [sic] de la Grece, etc. — Extrait simplement historique de ce nouveau auteur. [Bref abrégé des vies de Rhodope, Aspasie, Laïs, Lamia.]

  • Mercure galant, septembre 1713, p. 8, Retronews

    Catalogue des livres nouveaux, imprimés chez Pierre Ribou, quai des Augustins, à la descente du Pont-Neuf, à l’image Saint-Louis. […] De différents auteurs. […] Le Comte de Cardonne, in-12 1 liv. 16 s. Les Avantures galantes du Chevalier de Thenicourt, par Madame D... in-12. 1 liv. 16. s.

  • Bibliothèque historique de la France, 1719, p. 374, Google

    7386. Memoires secrets de la Cour de Charles VII. Roy de France : par Madame D. deux volumes in douze, Paris, Ribou, 1700. — Catherine Bedacier, veuve de M. Durand, a composé ces Memoires. C’est un inconvénient, qui augmente tous les jours, par la liberté qu’on prend de publier les Amours secrètes, l’Histoire secrète, etc. de tels et tels seigneurs, fameux dans les Histoires. Les libraires et les auteurs font tout ce qu’ils peuvent pour faire accroire que ces histoires ont été puisées dans des manuscrits anecdotes ; ils sçavent bien que les intrigues d’amour et telles autres avantures plaisent davantage, quand on croit qu’elles sont réelles, que quand on se persuade que ce sont des inventions. De là vient que l’on s’éloigne autant que l’on peut de l’air romanesque dans les nouveaux romans ; mais par là l’on répand mille tenebres dans l’histoire véritable. C’est ainsi que s’exprime Bayle, en parlant de ces sortes de livres dans son Dictionnaire historique et critique, Note D. sous le nom de Nithard.

  • Lenglet Du Fresnoy (alias M. le C. Gordon de Percel), Bibliothèque des romans, t. II, Amsterdam, veuve de Poilras, 1734, Google

    [p. 58] Le Voyage de Campagne, par Madame la Comtesse de M. in-12. Paris 1699. 2 vol. et à la Haye 1700. 2 vol. Ce Roman, qui est de l’ingenieuse Madame de Murat (Julie de Castelnau) est écrit avec beaucoup d’esprit et de goût. Il y a dans le second volume des Scènes ou sortes de Comedies de Proverbes, qui sont d’une autre Dame ; elles sont assez agréables et contiennent des caracteres assez marqués.

    [p. 59] Petits Soupers de l’année 1699. in-12. Paris 1702. 2 volumes , par Madame DURAND.

    [p. 70] Les belles Grecques, ou l’Histoire des plus fameuses Courtisannes de la Grece ; et Dialogues nouveaux des Galantes modernes, in-12. Paris 1712. avec figures. — in-12. Amsterdam 1715. par Madame DURAND.

    [p. 77] Memoires de la Cour de Charles VII. par Madame DURAND, in-12. Paris 1700. 2 volumes. Livre assez bien écrit, où il y a de l’Histoire et du Roman.

    [p. 113] Comte de Cardonne, ou la Constance victorieuse, Histoire Sicilienne, par Me DURAND (Cather. Bedacier) in-12. Paris 1702.

    [p. 349] La Vengeance contre soi-même, et le Chat amoureux, contes, par Madame DURAND, in-12. Paris 1712. Cette Dame, féconde pourles productions agréables, en a donné d’autres plus recherchées que celle-ci.

  • Mercure de France, janvier 1734, p. 111, Retronews

    Nouvelles littéraires, des beaux-arts, etc. […] Les petits soupers de l’été, ou Avantures galantes, avec l’origine des Fées. Par Madame Durand, 1733, chez le même (À Paris, chez Saugrain père, quai des Augustins et Jean-Baptiste Coignard fils, rue Saint-Jacques) [libraire erroné!], in-12.

  • Mercure de France, juin 1736, p. 1386, Retronews

    Nouvelles littéraires, des beaux-arts, etc. […] La Comtesse de Mortane, par Madame Durand. À Paris, chez Prault, Père, Quay de Gêvres, au Paradis, 1736. 2 vol. in-12.

  • Catalogue de livres [...] qui se vendent chez Prault, 1755, p. 25, Gallica

    Œuvres de Madame Durand, in-12, 6 vol. [Description des 6 volumes.]

  • Catalogue des livres et estampes de la bibliothèque de feu Monsieur Pajot, comte d’Onsenbray, 1756, p. 265, Gallica

    4368. Mémoires de la Cour de Charles VII, par Madame Durand. Par. 1700. 2 v. in-12.

  • Catalogue des livres de la bibliothèque de feue madame la duchesse de Brancas, 1763, p. 49, Gallica

    448. Les Mémoires secrets de la Cour de Charles VII. par Madame Durand. Paris, 1700, 2 vol. in-12.

  • Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. J. B. Denis Guyon, chevalier-seigneur de Sardière, 1765, p. 98, Gallica

    Les Belles Grecques [...] (par Catherine Bedacier Durand) Paris, P. Prault, 1713, in-12.

  • Catalogue des livres de la bibliotheque de feue madame la marquise de Pompadour, dame du palais de la Reine, 1765, p. XX, Gallica

    Durand (Bedacier), Catherine : — Comtesse de Mortane, 1581. — Belles Grecques, 1698. — Cour de Charles VII, 1721. — Comte de Cardonne, 1824. — Petits Soupers de l’Été, 2107. — Œuvres, 2178.

  • Joseph de La Porte, Histoire littéraire des femmes françoises, vol. 3, 1769, p. 185, Google, Archive

    Lettre XII. J’ignore, Madame, l’année de la naissance de Madame Catherine Bédacier, qui fut depuis, Mad. Durand ; mais je juge par la date de ses ouvrages, qu’elle doit suivre immédiatement Mlle l’Héritier [Marie-Jeanne L’Héritier de Villandon, 1664-1734]. Je ne suis pas plus instruit des événements de sa vie ; les auteurs contemporains n’en font aucune mention ; et je ne trouve rien dans les Préfaces de ses Œuvres, qui puisse m’en donner connaissance : ce que j’apprends seulement, c’est qu’elle est morte en 1736, dans un âge avancé. Je me bornerai donc à vous parler de ses productions littéraires, qui n’ont pas toutes un égal mérite. En général, son style me paraît assez soutenu, et quelquefois assez élégant ; mais je le voudrais un peu plus naturel, et qu’il y eut moins d’expressions précieuses et inusitées, telles que se dépiquer, pour dire se venger ; une eau que la Lune argente ; un juge qui innocente ou qui condamne, défaire ses torts ; gracieuser ; déception, etc. Quant au fond de l’ouvrage, la manière dont certaines aventures sont amenées, et les aventures elles-mêmes ne sont pas toujours assez intéressantes, et paraissent quelquefois manquer d’invention et d’intérêt. Vous verrez dans son premier roman, que mademoiselle de *** épousa le comte de Mortane sans inclination et par pure déférence pour ses parens ; que cet époux, […] [Suivent les analyses de Lubantine, des Mémoires de la cour de Charles VII, des Petits soupers de l’été.]

    Lettre XIII. [Analyse du Comte de Cardonne, des Belles Grecques.]

    Lettre XIV. [Analyse de Henri, duc des Vandales.] Outre les romans dont je viens, Madame, de vous rendre compte, il y a encore dans le recueil des Œuvres de Madame Durand, quelques pièces de poésies fugitives, et des comédies en proverbes, ou des proverbes mis en comédies. Les vers ne sont pas assez bons pour vous être offerts. À l’égard des comédies, il suffira, Madame, de placer ici les dix proverbes qui en font le sujet. I. Tel maître, tel valet. II. À bon chat, bon rat. III. On ne connait pas le vin au cercle. IV. Qui court deux lièvres, n’en prend point. V. Pour un plaisir, mille douleurs. VI. Il n’est point de belles prisons, ni de laides amours. VII. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. VIII. À laver la tête d’un Maure, on y perd sa lessive. IX. Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. X. Oisiveté est mère de tout vice. Ce sont là, Madame, les sujets de dix comédies qui se jouent souvent dans les Sociétés, sans autre préparation que de les avoir lues ou entendu lire. Elles ne sont susceptibles ni d’extraits, ni d’analyses ; mais elles peuvent donner l’idée d’en jouer de semblables en impromptu, soit à la campagne, pour amuser la compagnie, lorsque le temps n’est point propre à la promenade, soit à la ville même, pour varier les plaisirs.

    Index des autrices citées : Mme Dunoyer (1663-1719), Mlle de La Roche-Guilhem (1644-1707), Mlle Senaictaire, Mlle Deshoulières (1656-1718), Mlle L’Héritier (se termine par la mention de : Mlle de Louvencourt, 1680-1712, Mlle Mouffart, Mlle d’Ouvrier, Mlle Pascal, Mme Perrier, sœur de l’illustre Pascal), Mme Durand, Mme de Tencin (1682-1749), Mlle de Lussan (1682-1758), Mme de Gomez (1684-1770), Mme de Rouchehouard.

  • Catalogue des livres de la bibliotheque de feu M. de Bourlamaque, 1770, p. 61 Gallica

    1030. Les Belles Grecques [...] Paris, 1712.

  • Catalogue des livres de la bibliothéque de feu M. le président Henault, 1771, p. 61 Gallica

    750. Les Mémoires secrets de la Cour de Charles VII [...] Paris, 1700, 2 vol. in-12.

  • Catalogue des livres de feu M. Crosat baron de Thiers, 1771, Gallica

    [p. 124] 1854. Les Belles Grecques [...] Paris, 1712.

    [p. 125] 1870. Mémoires Secrets de la Cour de Charles VII [...] Paris, 1734.

    [p. 13] 197. Œuvres de Mad. Durand, ou Recueil de Romans. Paris, 1737, 6 vol. in-12.

  • Catalogue des livres de la bibliothèque de feue S. A. S. madame la princesse de Conty, seconde douairiere, 1775, Gallica

    [p. 47] 590. Les petits Soupers de l’Été [...] Paris, 1733.

    [p. 54] 645. Les Mémoires secrets de la Cour de Charles VII, par Madame D***. (Daulnoy) Paris, 1734.

    [p. 56] 754. Henry, duc des Vandales [...] Paris, 1714.

  • Anecdotes dramatiques, t. III, 1775, p. XX, Gallica

    DURAND, (Mde. Catherine Bedacier) morte en 1736, dans un âge avancé, est connue par beaucoup de Romans, et onze Comédies en un Acte, qui ont toutes pour sujet un Proverbe ; en voici les titres. [...]

  • Catalogue des livres de la bibliotheque de feu M. le Duc d’Aumont,1782, Gallica

    [p. 163] 1278. Les Belles Grecques [...] Paris, 1712.

    [p. 168] 1319 Les Mémoires secrets de la Cour de Charles VII [...] Paris, 1734.

  • Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. le marquis de Ménars,1782, Gallica

    [p. 71] 1141. Les Belles Grecques [...] Paris, 1736.

  • Le cabinet des fées, t. XXXVII, 1786, p. 92, Gallica. Notice des auteurs qui ont écrit dans le genre des contes de fées :

    DURAND (Catherine BEDACIER, depuis madame Durand) vivait au commencement de ce siècle, et tient une place distinguée parmi les femmes qui ont cultivé les lettres. Peut-être l’adulation a-t-elle outré les éloges ; car nous n’avons trouvé dans ses ouvrages qu’une médiocrité soutenue, et nous ne savons point pourquoi ses courtisanes furent si bien accueillies. C’est à madame Durand qu’on doit l’invention des Proverbes dramatiques. On trouve dans le recueil de ses Œuvres, les premières pièces de ce genre qui sont au nombre de huit, parmi lesquelles il y en a deux ou trois qu’on lit avec plaisir. Il faut donc la compter à son tour parmi ce petit nombre d’auteurs qui ont créé des genres. Quelque mince que soit celui qu’elle a imaginé, plusieurs écrivains n’ont pas dédaigné de suivre cette carrière, de rappetisser Thalie, et de réduire au plain pied le théâtre de la nation. On peut appliquer à la manie des Proverbes, ce que Piron disait de la comédie dont on rafolait dans les sociétés. Elle a Réformé le quadrille en plus d’une maison. Ouvrages de madame Durand : [Liste] Elle mourut, en 1736, dans un âge très-avancé.

  • Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. le duc de La Vallière, 2e part., t. III, 1788, Gallica

    [p. 99] 8195. Les belles Grecques [...] Paris, 1712.

    [p. 110] 8336. Mémoires secrets de la Cour de Charles VII [...] 1700, 2 vol. in-12. v. m.

    [p. 126] 8559. Henry, duc des Vendales [...] 1714.

    [p. 241] 10112. Voyage de Campagne [...] Paris, 1699, 2 vol.

  • Dictionnaire portatif des femmes célèbres, t. I, 1788, p. 572, Gallica

    DURAND, (Catherine Bédacier, depuis madame) vivait au commencement de ce siècle, et tient un rang distingué parmi les femmes auteurs. Elle a fait imprimer plusieurs Romans, qui sont : [...], des Comédies en proverbes, et quelques poésies qui n’ont aucun mérite.

  • Nicolas-Toussaint Des Essarts, Les siècles littéraires de la France, t. II, Paris, 1800, p. 439-440, Google

    DURAND (Catherine) conserva son nom de fille comme auteur, quoiqu’elle fût mariée à M. Bédacier, parce qu’elle avait commencé à écrire sous le nom de Mlle Durand. Elle s’est fait un nom au commencement du 18e siècle, par des Romans, qui réunis ont formé 6 vol. in-12 ; savoir : la Comtesse de Mortane, 1699 ; les Mémoires de la cour de Charles VII, 1770, 2 parties ; les Petits soupers de l’Été, 1733, 2 parties ; le Comte de Cardone, 1702 ; les belles Grecques, 1712 ; Henri, duc de Vandales ; les Amours de Grégoire VIII, du cardinal de Richelieu, de la princesse de Condé, et de la marquise d’Urfé, 1700, in-12. 8 Com. en proverbes ; des Poésies fort médiocres. Ses Romans, qui ont été plusieurs fois réimprimés, sont ce qu’elle a fait de mieux.

  • Dictionnaire historique, littéraire et bibliographique des Françaises et des étrangères naturalisées en France, 1804, p. 48, Gallica

    BEDACIER, (Catherine Durand, Dame) fit paraître ses ouvrages sous le nom de Madame Durand. Ses romans lui ont acquis de la célébrité. Elle mourut en 1736 dans un âge avancé. On lui doit : — La Comtesse de Mortane, Paris, Barbin, 1699. Les évènements en sont naturels, et les caractères bien marqués et soutenus. — Mémoires de la cour de Charles VII, Paris, 1700, 2 tom. en un vol. in-12 ; 1770. Ces Mémoires furent publiés sous les auspices du duc de Chartres. L’auteur a cru devoir embellir, par la fiction, les faits qu’il raconte. — Œuvres mêlées, Paris, 1701, in-12. — Le comte de Cardonne ou la Constance victorieuse, histoire sicilienne, Paris, 1702, in-12 ; Paris, Prault, 1734, in-12, dédié au duc d’Orléans, par une épître en vers. — Les Belles Grecques, ou l’Histoire des plus fameuses courtisannes de la Grèce, Paris, Saugrain, 1712, un vol. in-12. Cette production eut beaucoup de succès. Madame Bedacier a su y réunir, dans des tableaux différens, une infinité de traits épars dans les ouvrages des anciens, et leur donner les ornements dont ils étaient susceptibles. — Henri, duc des Vandales, Paris, 1714, in-12. — Les Petits Soupers d’été, Paris, Prault, 1733, 2 tom. en un volume in - 12. Ils parurent sous les auspices de la duchesse d’Orléans. Ses ouvrages ont été réunis sous ce titre : Œuvres de Madame Durand, Paris, Prault, 1737, 6 vol. in-12. On lit dans cette collection des comédies en proverbes, et quelques pièces qui avaient été trouvées après sa mort, et dont la plupart ne sont point achevées. Son opéra d’Adraste est de ce nombre. Parmi ses poésies, on remarque : La Vengeance contre soi-même, conte tiré des Cent Nouvelles nouvelles ; et une ode, qui remporta le prix à l’Académie française en 1701. [Extrait].

  • Catalogue des livres de la bibliothèque de S. E. M. le comte de Boutourlin, 1805, p. 334, Gallica

    2260. Histoire des amours de Grégoire VII, du cardinal de Richelieu, de la princesse de Condé et de la marquise d’Urfé, par Mlle D.*** Cologne, le Jeune, 1700. in-12. v. m

  • Catalogue des livres très bien conditionnés de la bibliothèque de M. *** [Artaud], 1818, p. 19, Gallica

    Les Belles Grecques, ou Histoire des plus fameuses Courtisanes de la Grèce, (par madame Durand.) Amst. 1755, in-12. m. vert.

  • Pierre Bayle, Dictionnaire historique et critique, nouvelle éd., t. VII, 1820, p. 254, Gallica

    À l’article Grégoire VII, critique des ouvrages du genre les Amours de Grégoire VII, Richelieu, etc.

    Amours de Grégoire VII, du cardinal de Richelieu, de la princesse de Condé, et de la marquise d’Urfé, par mademoiselle D**, à Cologne, chez Pierre le Jeune, MDCC. Quoique l’auteur fasse mention de roman aux premières lignes de la préface, il ne laisse pas d’assurer qu’il n’y a rien de fabuleux dans ces historiettes, et qu’elles auraient pu être beaucoup plus étendues, s’il avait voulu se servir du secours de l’invention. C’est la le comble de la hardiesse ; et l’on s’en peut apercevoir aujourd’hui facilement, par la lecture du livre ; mais qui peut répondre que ce ne sera point une chose malaisée dans les siècles à venir ? Posons le cas que quelqu’un eût composé un semblable livre au temps de Grégoire VII, n’est-il pas vraisemblable qu’Aventin, ou Flacius Illyricus, le trouvant dans quelque coin de la bibliothèque, s’en fussent servis comme d’une histoire véritable ? Savons-nous ce qui arrivera entre le XVIIIe siècle et le XXVIIIe ? Un retour peut-être de l’ignorance et de la barbarie, et puis une nouvelle résurrection des belles-lettres. Mille et mille bons ouvrages périront peut-être, pendant que celui-ci se conservera. Il sera déterré peut-être par un curieux, et passera pour des annecdotes inestimables, monument certain de la véritable histoire des amours du cardinal de Richelieu, etc. On a été la dupe plus d’une fois de pareils ouvrages : on le sera apparemment dans les siècles à venir. Patience.

  • Abbé Feller, Dictionnaire historique, 7e éd., t. VI, 1827, p. 199, Gallica

    DURAND Bedacier (Catherine, femme de M.), vivait au commencement du XVIIIe siècle, et mourut en 1736. Elle avait de l’esprit et le génie romanesque. Nous avons d’elle plusieurs ouvrages dans ce dernier genre, qui n’est pas le meilleur de la littérature. Les principaux sont : 1° La Comtesse de Mortagne. Les événements en sont singuliers, quoique naturels, les caractères sont bien soutenus et bien marqués, mais le style est lâche et diffus. 2° Les Mémoires de la cour de Charles VII ; 3° Le Comte de Cardonne, ou La Constance victorieuse ; 4° Les belles Grecques, ou Histoire des plus fameuses courtisanes de la Grèce. Toutes ces productions sont faibles, et aucune n’est placée au premier rang, ni même au second. Nous avons encore, de cette dame bel esprit, des Comédies en prose, qui ne valent pas mieux que ses romans ; et des vers français inférieurs aux uns et aux autres. (En 1701, l’Académie ayant proposé pour un Ode, le sujet suivant : Le roi n’est pas moins distingué par les vertus qui font l’honnête homme, que par celles qui font les grands rois, madame Durand remporta le prix, quoique son ode fut bien médiocre. Madame Durand osa, outre les ouvrages déjà cités, publier une Histoire (galante) sur Grégoire VII, le cardinal de Richelieu, la princesse de Condé et la marquise d’Urfé, qui a été réfutée par Bayle lui-même, dans son Dictionnaire historique, à l’article de Grégoire VII.

  • Chefs d’œuvre poétiques des dames françaises depuis le XIIIe siècle jusqu’au XIXe, 1841, p. 207, Gallica

    Madame Durand (Catherine), femme Bedacier, morte en 1736. Cette dame a toujours conservé le nom de Durand, parce qu’elle avait commencé à écrire sous ce nom. Elle a publié quelques romans, de petites comédies en prose et des vers français dont le mérite est encore au-dessous de l’ode suivante. Ode à la louange de Louis XIV. (Cette ode a remporté le prix de poésie à l’Académie française en 1701.) [Citation]

  • Bibliothèque de la reine Marie-Antoinette au Petit Trianon, 1863, p. 37, Gallica

    260. Les Mémoires secrets de la cour de Charles sept, roi de France, par Mme de ***. Paris, P. Ribou, 1700, 2 vol. in-12. Ce livre est dédié à S. A. R. Monseigneur le duc de Chartres, qui fut depuis régent du royaume. L’auteur s’appelait Catherine Bedacier, veuve d’un nommé Durand : elle a composé plusieurs autres romans et est morte en 1736, fort vieille. Cette histoire romanesque est assez bien écrite, et les événements vrais ou imaginaires y sont racontés d’une manière intéressante et agréable. Charles VII, amoureux d’une madame de Joyeuse, fille du président Louvet, a pour rival la Tremoille, à qui ce prince l’abandonne lorsqu’il devient amoureux d’Agnès Sorel. D. P.

    [P. 51] 319. La Comtesse de Mortane, par madame ***. Paris, veuve Cl. Barbin, 1699, 2 vol. pet. in-12. C’est la première édition de ce roman, qui est, dit-on, très intéressant. L’auteur est madame Durand. L’abbé Lenglet dit que le deuxième volume est plus intéressant que le premier : d’ailleurs, l’intrigue est bien conduite. Il se retrouve dans les Œuvres de madame Durand. Il y a dans ce roman quelques contes de fées, entre autres, Lubantine, qui est très joli. D. P.

  • Edmond Biré, Les poètes lauréats de l’Académie française, t. I (1671-1830), 1864, p. XXVII, Gallica

    Le succès de Mlle Deshoulières avait fait des jalouses [lauréate en 1687], et nous voyons presque aussitôt deux autres femmes, Mlle Bernard et Mme Durand, gravir la double cime après elle. Mlle Catherine Bernard, de Rouen, triompha trois fois, presque coup sur coup [1691, 1693, 1699], et la malignité publique prétendit que Fontenelle, son compatriote et son oncle, n’était pas sans l’y avoir aidée. Il nous serait difficile de trancher la question. En 1691, elle donna une tragédie de Brutus, qui eut un certain succès. Quant à Mme Catherine Bédacier, née Durand [1701], elle a enrichi sa pièce d’une prière pour le roi que nous serions coupables de ne pas reproduire, comme le nec plus ultra de l’hyperbole et du fétichisme : [Dieu, prolonge les jours de Louis XIV] Laisse-nous en jouir quelques siècles encore !

    Liste des lauréats du concours depuis 1671, années impaires, sur sujet imposé : Gallica

  • Mary Elizabeth Storer, La mode des contes de fées (1685-1700), thèse de doctorat, Paris, Champion, 1928, p. 182-189, Archive

    CHAPITRE XI : MADAME DURAND

    Mme Durand est un de ces écrivains très médiocres qui se laissaient séduire à écrire des contes de fées, parce que c’était un genre à la mode dans le monde « galant ». Elle n’a rien du grand siècle ; tout y est de la mauvaise préciosité.

    Elle n’eut guère de succès, même de son vivant. Elle ne figure pas dans le Mercure ; les critiques du commencement du XVIIIe siècle ignorent jusqu’à la date de sa mort ; les quelques auteurs qui la mentionnent s’égarent sur son nom ou ignorent quelques-uns de ses ouvrages.

    Elle s’appelait en vérité Mme Bédacier, Catherine Durand ayant été son nom de jeune fille. Elle préféra écrire sous le nom de Mme Durand, soit qu’elle ait commencé à publier avant son mariage, soit pour une raison que nous ignorons. Elle publia son premier ouvrage, La Comtesse de Mortane, sous l’anonymat ; la plupart des autres sous le nom de Madame D***, ce qui rendit inévitable une certaine confusion avec les ouvrages de Mme d’Aulnoy, qui signa aussi souvent de la même façon.

    Elle naquit probablement vers le milieu du siècle, et mourut entre 1712 et 1715. Son premier ouvrage date de 1699. Son dernier, le roman Henry Duc des Vandales, publié en 1715, est un ouvrage posthume, ainsi que le prouve la préface, où l’éditeur parle de l’Histoire des Belles Grecques, publiée en 1712, comme étant le dernier Ouvrage qu’elle a fait imprimer avant que de mourir. Il corrige ainsi l’erreur de quelques biographes qui ont parlé de Mme Durand, et qui prétendent qu’elle ne mourut qu’en 1733, à un âge très avancé (1).

    Il paraît qu’elle était, comme le reste de nos auteurs de féeries, assez mal partagée quant aux biens de ce monde, n’ayant qu’une pension de femme de lettres fort mal payée. Voici ce qu’elle en dit dans un poème où elle ne trouve autre chose à offrir à un ami pour ses étrennes que des souhaits pour une longue vie : Moi qui n’ai pas à tondre sur un œuf, | Moi que fortune a prise à déplaisance ; | Si que mesûi n’ai rente ni finance, | Fors au Parnasse un bien, un revenu, | Tant mal payé, tant mal entretenu, | Que c’est pitié de ce peu de chevance (2).

    Ailleurs, elle parle des : …menus talents dont nature me berce | A la place des biens qu’elle eût pû me donner (3).

    Elle aime pourtant la bonne chère, les joyeux propos, et une abondante propreté.

    Elle remporta en 1701 le prix de poésie de l’Académie française, qui a dû être bien indulgente en ce temps-là. Les vers de Mme Durand sont fort médiocres.

    Ses ouvrages représentent ce qu’il y a de plus romanesque à la fin du XVIIe siècle.

    Dans son premier roman, La Comtesse de Mortane, l’héroïne témoigne d’une vertu rigoureuse envers son amant, Rucille, lui parlant deux fois en deux ans. Deux ans après, son mari étant mort, elle repousse encore son amant, lui disant : On ne peut arriver à mon cœur, que par une noblesse de sentiment qui aille jusqu’à la chimère (p. 118-119). Bien entendu, l’amant reste fidèle pendant toutes ces années de dures épreuves. Si l’auteur a voulu s’inspirer de la Princesse de Clèves, c’est un bien faible effort. On reviendra sur cette histoire pour les deux contes qui s’y trouvent ; on parlera à la même occasion des Petits Soupers de l’Été de l’Année 1699.

    Son second ouvrage, Les Mémoires Secrets de la Cour de Charles VII, Roy de France, c’est une suite de récits plus ou moins reliés d’amours volages, où le romanesque envahit même l’histoire de Jeanne d’Arc, qui aurait dû imposer plus de respect à ces profanateurs de l’histoire qu’étaient les auteurs de romans historiques. La Fayette qui, parmi d’autres, raconte ses amours, avertit son auditoire de s’arrêter à entendre bien des bagatelles (p. 43). Cet avertissement s’appliquerait aussi bien à tout le roman (4).

    L’Histoire des Amours de Grégoire VII, du Cardinal de Richelieu, de la Princesse de Condé, et de la Marquise d’Urfé, publiée à Cologne sous le nom de Mlle D***, lui est généralement attribuée (5). Elle pourrait très bien être de sa main, étant de sa meilleure manière. Les deux premières histoires sont de nouveau des récits d’amours déréglées, dont Bayle se fâcha bien, puisqu’il s’agit de personnages d’importance, sur lesquels la postérité pourrait se méprendre gravement, si par hasard ces documents seuls survivaient pour l’instruire de cette partie du passé (6). La dernière nouvelle semble bien de notre admiratrice d’Urfé, car on y prétend dévoiler des mystères à propos de la vie amoureuse de l’auteur de l’Astrée.

    Le Comte de Cardonne, ou La Constance Victorieuse, et Les Belles Grecques, ou l’Histoire des plus Fameuses Courtisanes de la Grèce, ce sont autant de récits romanesques (7). Pour le dernier, l’auteur tâche de s’excuser de la frivolité du genre, mais au fait, elle se montre beaucoup plus indulgente que Mme de Murat, qui lui avait fourni la première idée de son livre ; ses courtisanes finissent assez bien. De tous ses ouvrages, c’est celui qui a eu le plus de succès.

    Son dernier roman ne dément pas les autres. Il suffit de comparer Henry Duc des Vandales avec l’extrait de l’histoire par Belleforest, tel que l’éditeur le donne, pour voir la part du romanesque chez Mme Durand. À peu près tout son récit se compose de l’histoire des aventures amoureuses du jeune fils d’Henry avec une princesse égyptienne, histoire qui n’est même pas mentionnée par l’historien.

    Il ne faut pas oublier de donner à Mme Durand l’honneur d’avoir composé dix comédies en proverbes, qui se trouvent reliées avec le Voyage de Campagne de Mme de Murat, et qui le complètent. Ce sont de courtes esquisses qui donnent quelque petite gloire à leur auteur pour avoir créé un genre. Elle l’a fait d’une façon bien humble, en attendant qu’Alfred de Musset le rende célèbre, et que Gérard d’Houville le renouvelle de nos jours (8).

    Comme Perrault, Mme Durand essaya le conte en vers, disant avoir tiré La Vengeance contre Soy-mesme des Cent Nouvelles Nouvelles. Pour Le Chat Amoureux, elle y met des amours volages au compte de la gent féline, ayant épuisé ceux des hommes. Les vers sont alertes, d’une tournure ancienne, mais ces contes sont loin d’égaler Griselidis.

    Que Mme Durand saura mettre du féerique par-dessus le romanesque, cela se voit par un incident tiré du Comte de Cardonne, où, à une certaine fête galante, toutes les invitées sont habillées en néréides, l’amant de Félicie ayant trouvé le moyen de fournir à celle-ci une robe plus féerique que les autres, resplendissante de pierreries et de broderie. Il se mêle aux Tritons qui sortent de l’eau chargés de présents pour les jeunes filles, et offre à Félicie un arbre en corail qui contient un gros diamant, et une déclaration d’amour dans les vers les plus passionnés de Mme Durand. Quel moyen de résister à ce prince charmant, qui emploie des manières si féeriques pour faire sa cour ?

    [...]

    Elle écrit sans conviction, usant d’une féerie qui n’a rien de féerique, donnant à ses fées toutes les petitesses sordides des mondaines frivoles de son entourage. Elle emploie dans ses contes les mêmes idées et le même langage que dans ses Belles Grecques ou dans Le Comte de Cardonne. C’est une parfaite précieuse de la mauvaise préciosité, et si elle a écrit des contes de fées, cela ne sert qu’à indiquer de nouveau l’immense vogue que ce genre avait acquis parmi les mondains en France à la fin du siècle.

    (1) [p. 182] Voir L’Histoire Littéraire des Femmes Françoises, t. III, p. 185 ; Prud’homme, Biographie Universelle et Historique des Femmes Célèbres, Paris, 1830, 4 t. in-8, t. II, p. 216.

    (2) [p. 183] Œuvres Meslées de Mme Durand, Paris, 1737, Étrennes, p. 20.

    (3) Op. cit., à M*** sur la Sobriété, p. 27-28.

    (4) Mme Durand avait projeté une suite ; heureusement pour le public, elle n’exécuta pas son dessein.

    (5) [p. 184] Prault, pourtant, ne la met pas dans sa réédition des Œuvres Complètes de Mme Durand de 1737.

    (6) Bayle, Dictionnaire historique et critique, Amsterdam, 1734, in-fol., t. III, p. 122, article Grégoire VII.

    (7) Pour le premier, Mme Durand traite le même thème que Mme d’Aulnoy dans L’Histoire de Jean de Bourbon, Prince de Carency (t. II, p. 81-99, etc.). Elles supposent qu’une jeune fille fait courir le bruit de sa mort, s’enferme dans un couvent, ou se réfugie chez une parente à la campagne.

    (8) Il serait intéressant de croire Mme Durand vraiment l’auteur d’une certaine comédie en proverbe beaucoup plus considérable que celles du Voyage de Campagne, et qu’on lui attribue. Il s’agit d’une comédie manuscrite qui se trouve à la Bibliothèque Mazarine (Recueil de huit pièces de théâtre, n° 4004, p. 201-311) et qui s’intitule : Qui court deux lièvres à la fois n’en prend point, en trois actes et en prose. On y cause des fées et des contes des Mille et une Nuits (Prologue, sc. 3, p. 216). Mais certains traits de la pièce prouvent qu’elle n’est pas de la main de Mme Durand, car on parle du temps du feu roi, et d’un événement arrivé en 1722 (voir acte II, sc. 3, etc.), alors que Mme Durand ne vivait plus.

  • Marshall Lundlie, Deux Précurseurs de Carmontelle: La Comtesse de Murat et Madame Durand, dans Revue d’Histoire littéraire de la France, nov.-déc. 1969, p. 1017-1020, Archive

    Nous savons que Carmontelle, successeur de Collé comme amuseur attitré chez le duc d’Orléans, lança aux environs de 1770 la mode du proverbe dramatique, genre qui eut une vogue immense dans les théâtres de société pendant les trente dernières années de l’Ancien Régime.

    Ce que nous ignorons, c’est comment Carmontelle eut l’idée de faire jouer des proverbes. Maître incontesté du genre au XVIIIe siècle, il passe généralement pour l’avoir inventé. Il eut, cependant, des devanciers. En effet, Collé en 1764 fitjouer un proverbe-comédie, Ce que Dieu garde est bien gardé, et déjà, en 1699, avait paru en librairie le Voyage de Campagne de Madame la comtesse de M[urat] suivi de dix Comédies en proverbes par Madame Durand. Incorporé dans l’action du roman de Mme de Murat figure un autre proverbe dramatique. Ce sont, pour autant que nous le sachions, les premiers exemples du genre dans la littérature française.

    Le Voyage de Campagne raconte, à la première personne, le séjour que firent dans les terres du comte de Selincourt la narratrice, ses amies la marquise d’Arcire et Mmed’Orselis, le chevalier de Chanteüil, le marquis de Brésy, et le vieux duc de ***, oncle de Selincourt. Logiquement, au cours du séjour, trois couples devraient goûter les délices du sentiment : Mme d’Orselis et le chevalier, Brésy et la narratrice, le comte de Selincourt et Mme d’Arcire (le vieux duc ne fait le galant que pour être de bonne compagnie). Mais les cartes sont brouillées par Brésy qui, arrivant le deuxième jour, s’empresse de faire la cour à Mme d’Arcire, ignorant qu’elle est déjà engagée avec Selincourt. Celui-ci, jaloux et dépité de voir sa bien-aimée prêter complaisamment l’oreille aux avances de Brésy, se tourne vers la narratrice. C’est ce petit conflit, résolu avant la fin du roman, qui forme un semblant d’intrigue. Sinon, l’œuvre est presque entièrement constituée par les histoires que se racontent les invités pour passer agréablement le temps — histoires de revenants, ou histoires de leur vie et de leurs amours passés.

    Le proverbe dramatique de Mme de Murat est lié à un épisode important du roman. Un jour, pour amuser ses hôtes, le comte de Selincourt leur propose un plaisir insolite — une visite chez une femme ridicule, Mme de Richardin. Celle-ci, laide, vulgaire, femme de nouveau riche, entichée de noblesse, habite depuis trois ans un château qu’elle veut faire passer pour la demeure de ses ancêtres. Son amour-propre est tel que le flatteur le moins habile lui persuade qu’elle l’emporte en beauté sur Hélène et Vénus. Les louanges que le marquis de Brésy lui prodigue se retournent contre lui : Mme de Richardin s’enflamme et l’entraîne dans son cabinet...

  • Raymonde Robert, Le conte de fées littéraire en France de la fin du XVIIe à la fin du XVIIIe siècle, 1982, Archive

    (p. 225) D’une manière générale, c’est à la noblesse, quelquefois à de très illustres familles, qu’appartiennent les conteurs de la dernière décennie du XVIIe siècle ; pour une Madame Durand, épouse Bédacier, combien de grandes dames comme Charlotte-Rose Caumon de la Force ou comme Mme de Murat, née Henriette de Castelnau ; combien de descendants des nobles familles comme Marie-Jeanne Lhéritier de Villandon ou Maire-Catherine le Jumel de Barneville.

    (p. 310-311) Or la rupture avec cette mode d’un autre temps que sont probablement devenus les contes de fées à partir de 1715 s’opère d’autant plus facilement que la plupart des conteurs, majeurs ou mineurs, qui ont inauguré la mode sous sa première forme, disparaissent dans les premières années du XVIIIe siècle : Perrault et Mme d’Aulnoy meurent, respectivement en 1703 et 1705, Mme d’Auneuil en 1700, Mme Durand vers 1712, Mme de Murat en 1712. [...]

  • Françoise Weil, L’interdiction du roman et la librairie, 1728-1750, 1986, p. 86

    Les Œuvres de Mme Durand se présentent en 1737 un peu comme les Avantures choisies : un rhabillage de romans restés en stock, puisque l’on trouve à la fois l’ancienne page de titre de chaque œuvre et de nouvelles pages de titre avec la date de 1737 (Voir Corpus n° 508 bis). On y trouve des romans comme les Mémoires secrets de la Cour de Charles VII (Corpus n° 464), déjà publiés en 1700 et approuvés le 13 mars 1734, ou comme la Comtesse de Mortane (Corpus n° 150), déjà publié en 1699 et approuvé le 10 mai 1736 ; ainsi ces deux approbations sont postérieures au privilège. En outre, Prault fait passer sur le privilège des Œuvres de Mme Durand le Voyage de campagne (Corpus n° 654), qui est en réalité de la comtesse de Murat, et avait paru pour la première fois en 1699. Jolly l’approuve le 13 mars 1734 et il n’est retiré de la Chambre syndicale que le 21 août 1736 alors que les Mémoires de la Cour de Charles VII sont retirés dans des délais normaux le 25 mai 1734. Pourquoi ces délais importants dans deux cas ? Négligence dans les retraits ? Négligence dans l’impression des dates ? Cette dernière hypothèse n’est pas invraisemblable, car les ouvriers imprimeurs de Prault sont coutumiers du fait. Enfin, le 16 mars 1736, Prault reçoit un privilège de 6 ans pour la Bibliothèque de campagne, Nouvelles histoires, le Livre des enfants et le Glaneur français. Ce privilège donne lieu aux approbations suivantes, toutes postérieures au privilège : 15 octobre 1736 : approbation de Tecserion ; pas de trace sur le registre des retraits ; le feuillet sur lequel est imprimée l’approbation semble avoir été ajouté. [...]

  • Perry Gethner, Femmes dramaturges en France (1650-1750), vol. 2, 2002, p. 237 et suiv., Google. Notice sur les Comédies en Proverbes

    L’auteur

    On ignore presque tout de la vie de Catherine Durand. Sa date de naissance et celle de son mariage sont inconnues. Elle n’utilisa jamais le nom de Bédacier dans ses publications, préférant son nom de jeune fille parce qu’elle avait commencé à écrire avant son mariage(1). Pour la date de sa mort les historiens ont proposé soit 1712-14, soit 1736. Dans la préface de son dernier roman, Henry Duc des Vandales (1714 ; approbation du 21 avril 1713, privilège du 5 décembre 1713), l’éditeur déclare : Tout le monde sait que l’histoire des belles Grecques qui est le dernier Ouvrage qu’elle a fait imprimer avant que de mourir, a eu tout le succès qu’un Auteur peut souhaiter(2). Étant donné que Les Belles Grecques parurent en 1712, Durand serait morte entre la publication de ces deux ouvrages. Cependant, la préface du volume contenant ses ouvrages posthumes, paru en 1737 (approbation du 15 janvier), donne l’impression que la mort de l’auteur aurait été assez récente : À l’égard de la seconde partie [du volume], ce sont les manuscrits qui se sont trouvés après sa mort, et qu’un de ses amis, qui en était dépositaire, m’a remis. Il ne m’a pas été possible de me refuser à l’extrême envie qu’il avait de contribuer à donner un corps complet des Ouvrages d’une personne qui s’est distinguée par ses écrits… Il est constant néanmoins que Madame Durand n’avait pas mis la dernière main à ses manuscrits(3). En tout cas, le projet de publier les œuvres complètes avait dû commencer bien avant, car toute la série porte le privilège collectif obtenu en 1732, et le volume contenant les œuvres posthumes fut effectivement le dernier à paraître. Si Durand était encore vivante en 1732 et mourut avant 1737, elle aurait ainsi pu surveiller l’impression de presque tous les volumes de ses œuvres complètes. D’ailleurs, Joseph de Laporte, le premier historien à lui consacrer une analyse, affirme qu’elle mourut en 1736 à un âge avancé(4). Si, par contre, elle était décédée vers 1712, on pourrait se demander pourquoi le dépositaire des manuscrits aurait attendu une vingtaine d’années avant de montrer cette extrême envie de les faire publier. Le plus logique serait donc de conclure que l’éditeur de 1714 avait été mal renseigné.

    Il n’y a qu’une seule date d’irréfutable : Catherine Durand gagna le prix annuel de l’Académie Française en 1701 pour une ode devant louer le roi Louis XIV autant pour ses qualités d’honnête homme que pour ses talents royaux. Cette ode, ainsi que ses petits ouvrages en vers, ne témoigne pas d’une grande inspiration. Durand ne tenta jamais ses chances sur la scène ; son œuvre dramatique se limite à une série de proverbes dramatiques, destinés soit à la lecture, soit à une représentation privée, et à un livret d’opéra maladroit et apparemment inachevé, Adraste, publié après sa mort. C’est surtout comme romancière qu’elle se fit connaître, cultivant une variété de genres, de la nouvelle courte au grand roman en deux volumes. Elle pratiqua la fiction historico-galante ainsi que les simples histoires d’amour. Toujours attentive au goût du public, elle participa à la nouvelle mode des contes de fées en en insérant quelques-uns dans ses romans.

    La pièce

    1. Identité de l’auteur. — Ces petites comédies parurent pour la première fois comme appendice à un roman intitulé Voyage de campagne publié sous le nom de la Comtesse de M****. Il s’agit d’Henriette-Julie de Castelnau, comtesse de Murat (1670-1716), auteur important de romans et surtout de contes de fées. Cependant, le proverbe unique du premier volume est le seul à être intégré dans l’intrigue ; les dix autres ne se trouvent qu’après la fin du roman, dans le deuxième volume. De plus, la narratrice déclare à deux reprises que les proverbes mis à la fin sont d’un autre auteur, qui n’est nommé que par périphrase (une personne de beaucoup d’esprit, dont on verra paraître dans peu l’Histoire de Madame de Martane). L’identité du deuxième auteur ne fait aucun mystère, car l’autre roman mentionné, dont le titre devrait s’écrire La Comtesse de Mortane, paru en 1699 (la même année que Voyage de campagne), est le premier ouvrage de fiction de Catherine Durand.

    Nous ignorons pourquoi les deux auteurs acceptèrent un arrangement si insolite, où Mme de Murat prêtait à peu près le quart des pages de son roman à l’œuvre d’un autre auteur, et où Catherine Durand laissait paraître ses petites comédies à l’intérieur d’un ouvrage d’un genre différent et signé par un autre auteur. On sait par contre que les deux femmes étaient amies, et que Murat travaillait parfois en collaboration. (Ajoutons que dans le journal manuscrit de Murat il est question d’un projet sur les courtisanes de l’antiquité qu’elle décida d’abandonner mais qu’elle confia à son amie Durand, qui allait le mener à bien sous le titre des Belles Grecques.)(5) On peut donc supposer que Murat avait accepté d’incorporer les pièces de son amie pour aider à faire connaître un auteur débutant. De plus, il est possible que Murat, ayant décidé de donner son roman en deux volumes pour allécher la curiosité du public, se soit rendu compte au cours de la rédaction du premier volume qu’elle n’avait pas assez de matériau pour en remplir un second ; elle aurait donc fait appel à Durand dont elle savait l’intérêt pour les proverbes dramatiques.

    Malgré l’avis de Lancaster, je crois, tout comme Mary Elizabeth Storer et Clarence Brenner, que ce fut Murat et non Durand qui composa le seul proverbe inclus dans le premier volume du roman(6). J’ai décidé d’exclure ce proverbe, qui perd beaucoup de son piquant s’il est séparé de son cadre romanesque, pour me limiter aux dix proverbes du second volume, qui sont indéniablement de Durand.

    2. Histoire des proverbes dramatiques [...]

    (1) Ce renseignement vient de Nicolas L. M. Desessarts, Les Siècles littéraires de la France, ou Nouveau dictionnaire historique, critique, et bibliographique (Paris, 1800-01). Pourtant, ce critique, qui ne mentionne qu’en passant les proverbes, dit qu’il n’y en a que huit.

    (2) Durand, Henry Duc des Vandales (Paris : P. Prault, 1714) xxxii. La préface contient le seul témoignage contemporain du succès de l’auteur : On ose donc assurer que cette histoire n’est pas moins recommandable par la manière dont elle est écrite, que par la diversité des événements qu’elle contient : aussi part-elle d’une [main] dont il n’est rien sorti qui n’ait été applaudi du Public. L’Auteur qui faisait l’honneur de son sexe, savait mettre, et mettait toujours en usage avec tant de précision et de politesse la pureté et les délicatesses de la Langue, qu’il était difficile de la surpasser en cela (xxxi-xxxii).

    (3) Œuvres Meslées de Madame Durand (Paris, 1737), pages liminaires non numérotées.

    (4) Joseph de Laporte, Histoire des femmes qui se sont rendues célèbres [sic] dans la Littérature Françoise (Paris: J. P. Costard, 1771) III, 85. Fortunée Briquet accepte également cette date (Dictionnaire historique, littéraire et bibliographique des Françaises et des étrangères [Indigo et Côté-femmes, 1997; réimpression de Paris, 1804], 48).

    (5) Malgré cette attitude, il ne faut pas en conclure que le roman lui-même fut écrit en collaboration. Même si Voyage de Campagne fut réimprimé intégralement une trentaine d’années plus tard pour faire le deuxième tome des œuvres complètes de Durand, le roman fut réimprimé plusieurs fois au dix-huitième siècle sans l’appendice, et personne ne semble avoir contesté la parenté de Murat. Pour une discussion de l’œuvre romanesque de ces deux auteurs, voir Mary Elizabeth Storer, Un Episode littéraire de la fin du XVIIe siècle : La Mode des contes de fées (1685-1700) (Genève : Slatkine, 1972 ; réimpression de Paris, 1928). Storer ne parle qu’en passant des proverbes : Ce sont de courtes esquisses qui donnent quelque petite gloire à leur auteur pour avoir créé un genre (184).

    (6) Lancaster, History IV, 928-31 ; Storer 184 ; Brenner 3.

  • Valentina Ponzetto, Femmes de spectacle, 2024, p. 98-99, Archive

    Les Comédies en proverbe (1699) et le théâtre du salon. — Catherine Durand a exercé une influence majeure dans l’établissement des proverbes en tant qu’activité sociale populaire. Son recueil, imprimé à la fin d’un roman intitulé Voyage de campagne (1699) de la comtesse de Murat, fait partie des premiers proverbes dramatiques à avoir été conservés. Stéphanie Félicité, comtesse de Genlis, qui a publié des pièces pédagogiques pour enfants au XVIIIe siècle, reconnaît le rôle de Durand comme pionnière du genre dans son introduction au recueil de proverbes de Carmontelle (Genlis, dans Carmontelle, 1825, p. III).

    On ignore pourquoi la Comtesse de Murat a décidé de publier les pièces de son amie à la suite de son roman, mais il est clair qu’elle l’admirait beaucoup. Selon Perry Gethner, il est possible que Murat, qui appréciait les collaborations, ait tout simplement fait ce choix pour l’aider. Elle a aussi pu avoir manqué de matériau pour remplir un second volume. Quoi qu’il en soit, elle reste discrète sur son identité, indiquant simplement que ces proverbes sont d’un autre auteur : une autre personne de beaucoup d’esprit, dont on verra paraître dans peu l’Histoire de Madame de Mortane (dans Gethner, 2002, p. 239). S’agit-il d’un stratagème pour éveiller la curiosité de son lectorat ? Dans l’édition ultérieure de 1734, Murat préserve la discrétion : les pièces sont réimprimées sous couvert de la seule initiale Mme D*** (bien qu’une grande partie de son lectorat ait sans doute découvert l’identité de l’autrice à cette date tardive).

    Les proverbes de Durand sont courts – de 10 à 15 minutes – et abordent principalement les thèmes de l’amour et du mariage. [...]

  • Monika Kulesza, Au carrefour des formes, au carrefour des sens : Comédies en proverbes de Catherine Durand, dans Orbis Linguarum, vol. 50, 2018, Archive

    Catherine Durand, épouse Bédacier, fait partie de ces auteures oubliées et méconnues (même les dates de sa naissance et de sa mort demeurent incertaines. On admet généralement 1670–1736) dont les œuvres, bien que mineures, reflètent les goûts littéraires de l’époque et, au-delà, préfigurent les formes qui connaîtront le succès à l’avenir. Poétesse (elle remporte le prix de poésie de l’Académie Française en 1701), romancière (on lui attribue une huitaine de romans), Durand est aussi propagatrice de formes nouvelles. Elle est l’une des premières à souscrire à la mode des contes des fées, qu’elle insère dans son premier roman intitulé La Comtesse de Mortane en 1699, et à composer des proverbes dont la mode commence au XVIIe siècle. [...]

Sur Madame d’Aulnoy, qui signait également Madame D***.

  • Mercure galant, mars 1690, p. 66, Retronews

    Il m’est tombé entre les mains des Mémoires de la cour d’Espagne, que l’on peut dire nouveaux puisqu’ils n’ont point été imprimés et qu’ils ne commencent qu’à paraître en manuscrit. […] [Quant à l’auteur] je n’ai pu savoir son nom, mais il doit avoir connu à fond la cour d’Espagne.

  • Mercure galant, mars 1692, p. 133, Retronews

    Lettre de Milord Maitland à Milord chancelier d’Angleterre

    Milord, J’ai lu avec le plus grand plaisir du monde les Mémoires de la cour d’Espagne que vous m’avez fait l’honneur de me prêter. J’en étais si charmé que j’en ai acbevé la lecture en vingt-quatre heures. Vous avez le goût fort bon, et vous les avez loués avec beaucoup d’esprit et de jugement. J’avoue qui j’y trouve des beautés qui sont fort difficiles à exprimer. Il y a dans ce livre un je ne sais quoi, qui donne un extrême plaisir, et que l’on ne saurait dépeindre, à moins que d’avoir autant d’esprit que Madame D*** ; mais comme je suis assuré que vous serez bien aise de savoir mes sentiments sur cet ouvrage, je prends la hardiesse de vous les dire librement. Étant étranger, je ne prétends pas juger du style qui me paraît pur, concis et naturel. Toutes les paroles en sont choisies à merveilles. […] Quelques-uns trouvent à redire que le récit du mariage de la princesse de Conty soit un morceau hors d’œuvre. À mon gré, c’est le trait le plus délicat du livre, à l’égard de la reine d’Espagne qui avait ordonné à Mad. D*** de lui montrer des nouvelles de France. Que pouvait-elle faire voir à Sa Majesté de plus agréable que la relation du mariage d’un prince et d’une princesse de son sang ? […] Et à l’égard de la princesse de Conty, comme Mad. D*** a dédié son livre à cette princesse, elle ne pouvait lui faire un compliment plus spirituel qu’en lui faisant voir comme dans un miroir l’éclat surprenant de sa beauté et les deux plus beaux jours de sa vie, la veille et le jour de ses noces. […]

  • Mercure galant, février 1698, p. 237, Retronews

    Il paraît depuis peu un autre livre, qui est extrêmement de saison, il est intitulé : Sentiments d’une âme pénitente, sur le psaume Miserere mei, Deus et le retour d’une âme à Dieu, sur le psaume Benedic anima mea ; accompagnés de réflexions chrétiennes. La lecture de ce livre doit être un charme pour les âmes dévotes. Il est si bien écrit, plein d’action, et ne peut être trop lu par les chrétiens. Il se vend chez la veuve de Théodore Girard, dans la grande salle du Palais, à l’Envie, où se debite aussi un livre nouveau divisé en deux tomes et intitulé Contes nouveaux, ou les Fées à la mode, par Madame D***. Les contes de Persinet, de l’Oiseau bleu, et plusieurs autres qui sont du nombre de ceux qui furent si favorablement reçus du public l’année dernière, sont de la même dame qui vient de donner les Contes nouveaux. Tous ses ouvrages ont eu un si grand succès qu’on est persuadé qu’elle ne peut rien faire dont la lecture ne donne un extrême plaisir. Ces sortes d’ouvrages sont devenus fort à la mode. Ainsi, une demoiselle de qualité vient aussi de mettre au jour deux volumes intitulés Les Contes des Contes. […]

  • Mercure galant, juillet 1698, p. 234, Retronews

    Les contes continuent d’être en vogue, et les Contes nouveaux, ou Fées à la mode, par Madame D*** sont du nombre de ceux qui ont le plus réussi. On n’en peut douter, puisque le public en a demandé une suite. Ainsi on vient de lui en donner deux volumes nouveaux, qui se vendent dans la salle du Palais, à l’Envie, chez Nicolas Gosselin, en la boutique de défunt Théodore Girard. On voit dans ces deux volumes les contes : Du pigeon et de la colombe, De la princesse Belle-Étoile et du prince chéri, Du prince Marcassin, Du Dauphin, et celui Du gentilhomme bourgeois qui, se trouvant mêlé parmi tous ces contes, fait une agréable diversité.

  • Mercure galant, janvier 1705, p. 244, Retronews

    Les trois morts qui suivent regardent trois personnes distinguées dans les Belles-Lettres. — Dame Marie Catherine le Jumel de Barneville, veuve de M. François de la Motte, comte d’Aulnoy. Elle était fille de feu M. N. le Jumel de Barneville, qui avait été longtemps dans le service, et qui était allié aux meilleures maisons de Normandie, savoir à celles d’Estouteville, de Breteville et à plusieurs autres aussi considérables. La mère de Mme d’Aulnoy s’était remariée en seconde noces à feu M. le marquis de Gudaigne, et elle est morte à Madrid depuis 2 ou 3 ans ; elle y était honorée d’une pension considérable que le feu roi d’Espagne lui avait donnée pour un grand service qu’elle avait rendu à l’État pendant qu’elle était à Rome, et le roi Philippe V la lui avait conservée. Mme d’Aulnoy laisse 4 filles : l’aînée est mariée à M. Derre, gentilhomme de mérite ; la seconde a épousé M. de Preaux d’Antigni, gentilhomme de la province de Berry, c’est une très belle personne. Les deux autres filles ne sont pas mariées, il y en a une qui est restée en Espagne après la mort de sa grande-mère, auprès de laquelle elle avait été élevée ; l’autre, qui est ici, a aussi demeuré longtemps en Espagne ; elle ont toutes deux une pension de S. M. C. Mme d’Aulnoy dont je vous apprends la mort, s’était acquis une grande réputation par ses ouvrages. Elle en avait fait plusieurs qui ont eu un grand succés. Le premier qui a paru est le Voyage d’Espagne. Elle écrivait sur de bons mémoires, puisqu’elle avait fait là voyage avec la feue reine d’Espagne, fille de feu Monsieur. Ses autres ouvrages sont les Mémoires de la cour d’Espagne. Ce livre a été imprimé 3 fois en France et une fois en Hollande ; on y trouve une infinité de faits anecdotes qui intéressent agréablement le Lecteur, et il paraît qu’elle étoat bien entrée dans le secret du gouvernement, pendant le séjour qu’elle avait fait en Espagne. Les Mémoires de la cour d’Angleterre. Ils sont écrits avec la même pureté. Cette dame a aussi donné plusieurs contes de Fées dont le succés a été grand. Elle a donné une paraphrase sur la Miserere. Mais celui de ses livres qui lui a fait le plus d’honneur, est Hyppolite, comte de Douglas. C’est un vrai chef-d’œuvre en ce genre, et plusieurs personnes, en le lisant, n’ont pu s’empêcher de répandre des larmes. Le Prince de Bourbon-Carency sort aussi de sa plume. Le dernier ouvrage que cette spirituelle dame a donné, est le Comte de Warvick, histoire anglaise qui a eu un grand cours.

Généalogie Durand-Bédacier

Liste : FamillesParisiennes

  • 1646 — Mariage de Victor Bédacier et Françoise de Loyne

    Source : Minutes et répertoires du notaire Jean de MONHENAULT, 16 mai 1619 - 1er avril 1655 (étude XXVI), Geneanet

    LOYNES (famille de) § Mariage de Victor BEDACIER, commissaire de la Marine demeurant au Cloître Notre Dame, et de Françoise de LOYNES, veuve de François HATAINGOIS, conseiller du Roi et lieutenant général de l’Amirauté au Hâvre de Grâce, demeurant chez Julius de LOYNES, secrétaire général de la Marine et Marguerite REGNIER, sa femme, rue Traversine paroisse Saint-Roch.

  • 27 juillet 1672 — Contrat de mariage

    Source : Minutier central, étude LXXXIV (notaire Jean II François), répertoire RE/LXXXIV/2, Geneanet

    Cote : RE/LXXXIV/2 ; Notaire : FRANCOIS Jean II ; Date : 1672-07-27 ; Mariage ; DURAND Jean / BEDACIER Catherine Françoise

  • 31 août 1674 — Règlement de succession après décès de Jean Durand

    Source : Châtelet de Paris [AN Y3974A], Registres de tutelles 1674 Geneanet

    L’an mil six cens soixante et quatorze le trente un et dernier jour d’Aoust Par devant Nous, Anthoine Ribeyre, con[seill]er du roy en ses conseils Mr des requestes ordinaire de son hostel lieutenant civil Sont comparus les parens et amis de dame Catherine Françoise Bedacier vefve de Noble homme Jean Durand vivant con[seill]er du roy controlleur ord[inai]re des guerres à la suitte des Compagnies des regiments des gardes de sa maj[esté] françoises et suisses [puis mention de la tutelle de la fille non baptisée du couple]

  • 15 mars 1675 — Avis de parents pour l’emploi de la succession de Jean Durand

    Source : Châtelet de Paris [AN Y3975A] - Registres de tutelles 1675, Geneanet

    L’an mil six cens soixante et quinze le quinziéme jour de mars pardevant nous Jean le Camus &c. Est comparu Mre Sebastien Queru advocat en parlement tuteur ordinaire de damoiselle ____ Durand fille mineure non encore baptisée de deffunct noble homme Jean Durand vivant conseiller du roy controlleur ordinaire des guerres à la suite des compaignies des régimens des gardes de Sa majesté Françoises et Suisses et de dame Catherine Françoise Bédacier a present vefve, Lequel [?] nous a dict et exposé qu’au subgect de l’employ qu’il convient faire pour ladite mineure d’une somme de quarante-cinq mil cinq cens seize livres appartenant à la succession dudit feu sieur Durand qui [...] [...] il a convoqué et faict assembler pardevant nous [les] parens et amis d’icelle damoiselle mineure pour donner leur advis sur ledit employ, Lesquels [...] sont comparus, sçavoir : Mre Claude Bosc con[seill]er du roy en ses conseils et premier commis du tresor royal oncle paternel a cause de dame ___ Brossier son espouze, Mre Claude Bosc con[seill]er du roy en ses conseils et son procureur general en sa Cour des aydes, cousin paternel [...] [...] Mre Pierre Colbert con[seill]er du roy et controlleur ge[ner]al des postes de France aussi cousin paternel à cause de dame Marie Mesnard son espouse, [?] Mesnard con[seill]er du roy lieutenant particulier de Blois [?] cousin paternel [?], [Victor] Bédacier cy devant con[seill]er et secr[etai]re du roy ayeul maternel, et Mre Philippe de Loynes con[seill]er du roy en ses conseils et p[resi]dent à mortier au parlement de Metz...

  • 23 mars 1675 — Acte de tutelle

    Source : Châtelet de Paris [AN Y3975A] - Registres de tutelles 1675, Geneanet

    […] est comparu M. Sebastien [Queru?] tuteur subrogé de damoiselle ___ Durand non baptisée, fille mineure du deffunt Jean Durand vivant Conseiller […] et de dame Catherine Françoise Bedacier a present sa vefve […]

  • 1er avril 1675 — Acte de tutelle de Me Sébastien Queru

    Source : Châtelet de Paris [AN Y3975B] - Registres de tutelles 1675, Geneanet

    L’an mil six cens soixante et quinze le premier jour d’avril par devant Nous Jean Le Camus &c. Est comparu Mre Sebastien [Queru?] tuteur o[rdinai]re de damoiselle ___ Durand non baptisée fille mineure de deffunct Jean Durand vivant Con[seill]er du roy Controlleur ordinaire des guerres a la suitte des compagnies des regimens des gardes de Sa Majesté françoise et suisses et de dame Catherine Françoise Bedacier a present sa vefve, lequel [?] a dit et exposé qu’il a convocqué et faict assembler pardevant Nous les parens et amis de ladite damoiselle Durand mineure pour [?] donner leur advis et scavoir lequel seroit au subgiet des comptes que doibt rendre […] Sçavoir — Mre Claude Bosc premier commis du Trésor royal oncle paternel a cause de dame ___ Brossier son espouze — Mre Claude Bosc cons[eill]er du roy en ses conseils et procureur gen[ér]al en la Cour des aydes, cousin paternel — Mre Pierre Colbert cons[eill]er du roy controlleur general des postes de France cousin paternel à cause de dame Marie Mesnard son espouse — Mre Victor Bedacier cy devant secretaire du roy ayeul maternel — Mre Phil[ippe]s de Loynes cons[eill]er du roy en ses conseils et president à mortier au Parlement de Metz seigneur de Ivry cousin maternel — Mre Charles [?] cons[eill]er du roy auditeur en sa Chambre des Comptes [aussi?] cousin maternel — Mre Jacques [?] bourgeois

  • 20 mai 1675 — Acte de tutelle / curatelle

    Source : Châtelet de Paris [AN Y3975B], Registres de tutelles 1675 Geneanet

    L’an mil six cent soixante et quinze, le vingtiesme jour de mai, Pardevant Nous Jean Le Camus &c. Est comparue Dame Catherine Françoise Bedacier mineure de vingt-cinq ans vefve de feu Jean Durand vivant con[seill]er du roy controlleur a la suitte des compagnies des regimens des gardes de Sa Majesté françoise et suisses et directeur des vivres du roy au departement de [R?] et [...] soubz l’authorité de Mre Guillaume [Henriau?] procureur en Parlement son curateur aux causes. Laquelle nous a dict et exposé qu’elle a convoqué et faict assembler pardevant Nous ses parens et amis pour scavoir quelle qualité elle prendra ou si elle acceptera la comm[unau]té de biens qui estoit avec deffunct Jean Durand son mary ou si elle y renoncera Lesquels sont comparus — [en marge : Mre Victor Bedacier] — Mre Phil[lip]es de Loynes chevalier seigneur de Ivry conseiller du roy en ses conseils et president à mortier au Parlement de Metz cousin issu de germain maternel — Mre [H?] [Tonnelier?] cons[eill]er du roi et auditeur en la chambre des comptes — Mre Charles de [Bl?] sieur de la [?] con[seill]er du roy tresorier provincial des guerres en [B?], — M[essir]e François Durand conseiller secretaire du roy et tresorier general de la maison de la Reine cousin paternel — [barré : Mre Victor Bedacier ayeul] Mre Louis de [?] conseiller du roy receveur general des finances en la ge[ner]alité de Bourges, Julles de Loynes escuyer sieur de Villefavreux cousin maternel — Mre Guillaume [Henriau?] procureur en parlement, amy et curateur aux causes [...] de lad[ite] Dame Bedacier mineure, — et Mre Jacques [Ma?] conseiller du roy et president [...] [...] par Mre [?] procureur en cette cour fondé de leur procuration passée pardevant [?] et Baylay? notaires en cette cour en datte de ce jour d’huy, De laquelle il nous a faict apparoir

  • 15 mars 1680 — Conseil de famille / avis de parents sur la reddition des comptes de la succession de Jean Durand au profit de sa fille Françoise, et sur les poursuites contre Victor Bédacier.

    Source : Châtelet de Paris [AN Y3985B], Registres de tutelles 1680, Geneanet

    L’an mil six cent quatre vingt le quinziesme jour de mars pardevant nous Pierre Girardin etc. sont comparus les parens et tuteurs de damoiselle Françoise Durand, fille mineure de deffunct Jean Durand vivant con[seill]er du roy et controlleur du regiment des gardes et de dame Catherine Françoise Bedacier sa veusve [?] heritiere dud. deffunct son pere, Pour donner leur advis [...] par le sieur Bosc lors de l’examen qui en fut faict et [...] le present par Mre Sebastien [Queru?] subrogé tuteur de lad[ite] mineure [...]

    Le conseil de famille mandate des procureurs pour solder les comptes militaires de Flandre (près de 58 000 livres) et contraindre judiciairement l’aïeul Victor Bédacier à restituer les registres qu’il retient. Cette liquidation homologuée vise à isoler la succession paternelle des dettes familiales afin de placer 50 000 livres nettes en rentes sécurisées au nom de l’enfant.

  • 27 août 1680 — Conseil de famille / après la mort de Victor Bédacier, avis de parents pour l’élection d’un tuteur chargé de faire renoncer sa petite-fille mineure à sa succession obérée et de procéder à la levée des scellés.

    Source : Châtelet de Paris [AN Y3987A], Registres de tutelles 1680, Geneanet

    L’an mil six cens quatre vingt le vingt septiesme jour d’aoust pardevant Nous Pierre Girardin &c. sont comparus les parens et amis de damoiselle ___ Durand fille mineure de feu ___ Durand con[seill]er secretaire du roy et dame ___ Bedacier ses pere et mere, Pour donner leur advis sur ce qu’il convient […] pour [?] bien et [?] Scavoir : — Mre Phil[ippe]s de Loynes, chevalier seigneur ___ président à mortier au parlement de Metz [...], escuier sieur d’Ivry, con[seill]er du roy tresorier des gardes du corps de Sa Majesté, [?] de Loynes, escuier sieur de Parassy, grand oncle maternel — Mre Jullien de Loynes escuier seigneur de Villefavreux — Mre Claude de Boscq con[seill]er du roy en ses conseils et son procureur general en sa cour des aydes de Paris — Mre Jacques de Dieux en Baulle, chevalier seigneur du [?], cy-devant lieutenant du roy à [B?], — et Mre Jacques de la [Motte? B?], con[seill]er aumosnier du Roy, [?] ord[inai]re du roy, tous parens et amis de lad[ite] damoiselle mineure, par Mre [?], procureur en cette cour fondé de leur procuration passée pardevant Sauvelette et [...] nottaires en cette [?] en datte du [?] juillet [?] à la [?] Auquel Loyson [?] avons faict faire le serment de nous donner bon et fidele advis sur ce qu’il [...] [...] pour le bien de ladite mineure [?] Me Louis de Bou[?] le procureur en cette cour [...] [...] ladite mineure [...] exige et qui luy doibt estre donné par le testament faict à Paris par ledit Victor Bedacier vivant secretaire du Roy son ayeul maternel, de par [...] dudit deffunt Bedacier comme estant lad[ite] succession plus onereuse et en rien plus proffitable à laquelle il declare lad[ite] Durand a renoncé. Sur quoy avons aud[it] Loyson aud[it] [?] donné effet de sa comparution, serment et advis, et pour ces consequences ordonnons que ledit Me Louis de de Bou[?] estant procureur en cette cour estre et demeurera tuteur à lad[ite] damoiselle mineure de laquelle [?] en lad[dite] qualité pour y ester [...]

    Le conseil de famille élit le procureur Louis de B? comme tuteur pour faire renoncer la mineure Durand à la succession lourdement déficitaire de son aïeul maternel, Victor Bédacier.

  • 26 août 1684 — Décès à Blois d’une Marie-Françoise Durand de 10 ans et demi, fille de Jean Durand et Catherine-Françoise Bédacier.

    Source : Relevés d’archives, Geneanet

    Date acte : 26/08/1684 ; Lieu : St Honore de Blois ; Code lieu : 41018A ; Nom : DURAND ; Prénom : Marie Françoise ; Nom père : DURAND ; Prénom père : Jean ; Nom mère : BEDASSIER (de) ; Prénom mère : Catherine Françoise ; Note : 10 a 1/2

  • 16 juin 1713 — Inventaire après décès de Durand / Bédacier.

    Source : Archives notariales, Paris, Geneanet

    Cote / Source : RE/LXXXVIII/7 ; Notaire : BOSCHERON Claude ; Date : 1713-06-16 ; Type d’acte : Inventaire ; Nom : DURAND ; Prénoms : ? ; Nom conjoint : BEDASSIER ; Prénoms conjoint : Catherine Françoise

  • Maurice Dumolin, Études de topographie parisienne, vol. 3, 1931, p. 214, Google

    ... le 27 janvier 1655, devant Goguyer, moyennant 22.000 livres de principal et 500 livres de chaîne, à Victor Bédacier, sieur de la Morinière, secrétaire du roi, déjà locataire de l’immeuble, qu’il déclara le 13 févier 1658. Le 27 juillet 1672, devant François, Victor Bédacier et sa femme Françoise de Loynes, en présence de tous les Colbert, amis de la famille, signèrent le contrat de mariage de leur fille, Catherine-Françoise, avec Jean Durand, commissaire des guerres, lui promettant la maison, estimée 25 000 livres[1]. Le 17 novembre 1679, elle fut saisie par le Chapitre de Notre-Dame sur les Bédacier pour non - paiement du cens et fut adjugée sur eux au Châtelet, le 4 janvier 1681, à Étienne Charles, seigneur d’Esbly, maître d’hôtel du roi. Par testament déposé chez Monnerat le 7 juin 1700, celui - ci la laissa à son neveu, Étienne - Pierre Charles, seigneur de Tourvoie, dont le tuteur la vendit, le 2 mai 1702, devant Angot, à Jacques Pichon de Madières, maître des Comptes, qui déclara la maison le 11 février 1705, qui figure au Terrier (n° 10) et qui acquit, en 1752, la maison précédente . Pichon légua les deux immeubles à sa fille, Marie, et à son mari, Gabriel de Glatigny, conseiller au ...

Autre Catherine Bédacier (décédée avant 1699).

  • 9 avril 1699 —

    Source : [AN MC-ET-IV-298] - Paris, Archives notariales Jean Antoine CARON (15/03/1699 - 30/04/1699), Geneanet

    Aujourd’huy sont comparus par devant les notaires du Roy a Paris soussignez, Mre Gilbert Flamand, abbé de la Reole et aumosnier ordinaire du Roy, demeurant ordinairement a Versailles, estant de present a Paris, et Mre Jean Baptiste Le Royer, advocat en Parlement demeurant ruë et paroisse Ste Marine, lesquels ont certiffié a tous qu’il appartiendra que dam[oise]lle Marie Françoise Durand, fille de deffunts Claude Durand et damoiselle Catherine Bedassier sa femme, ses pere et mere, est decedée en minorité il y a environ douze ans et n’a laissé pour ses heritieres que dam[oise]lle Marie Durand, veuve de noble homme Remy Mahy sieur du Rouilly, heritiere pour moitié, et dam[oise]lle Marguerite Durand, veuve de noble homme Claude Vié, advocat en Parlement, heritiere pour l’autre moitié, en laquelle qualité il appartenoit entr’autres choses a lad[ite] damoiselle Vié sept cens livres de rente pour sa moitié de quatorze cens livres de rentes constituées au proffit de lad[ite] deffunte dam[oise]lle Marie Françoise Durand sa niece par contract passé devant Lange et Soullon not[air]es le quinze janvier [mil six cens] quatre vingt trois sur les aydes et gabelles, delaquelle rente de sept cens livres ladite dam[oise]lle Vié en a vendu trois cens livres de rente au sieur Claude Dousseaume par contract passé devant Nicolas Boureau no[tair]e royal a Blois presens les tesmoins le vingt huit fevrier [mil six cens] quatre vingt dix sept. Comme aussi certiffient que lad[ite] dam[oise]lle Marie Durand veuve de Rouilly est a present decedée et n’a laissé pour ses heritiers que damoiselle Marie Mahy femme de Guillaume Flamand cy devant commissaire provincial et a present lieutenant de l’artillerie de France, damoiselle Françoise Mahy epouse de noble homme maistre François [Pitié] conseiller du Roy assesseur en l’Election de Blois, et Claude Mahy emancipe d’aage procedant sous l’autorité de Mre François Mahy theologal de Blois son oncle et curateur, dont ils ont requis acte a eux octroyé. Ce fut fait et passé a Paris és estudes ledit neuf avril mil six cens quatre vingt dix neuf et ont signé : Le Royer G. Flamant abbe de lareole Cadot Caron

    Certifie le décès en minorité, vers 1687, de Marie-Françoise Durand, fille des défunts Claude Durand et Catherine Bédacier, et en règle la succession au profit exclusif de ses tantes paternelles et cousins de la famille Mahy.

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