Auteur

Pierre-Jean-Baptiste Chaussard (1766–1823)

Homme de lettres et professeur de littérature, cet ancien révolutionnaire rallié à l’Empire composa un vaste et érudit recueil sur Jeanne d’Arc durant son poste à Orléans.
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Chronologie

  • 1766

  • 29 jan.

    Naissance de Pierre-Jean-Baptiste Chaussard à Paris, premier enfant de Jean-Baptiste Chaussard (36 ans, architecte du roi) et de son épouse Anne-Michelle Chevotet (22 ans).

    Le père s’était formé auprès de deux architectes chevronnés de Louis XV, ses aînés de plus de trente ans : Pierre Contant d’Ivry, son maître, et Jean-Michel Chevotet. C’est en travaillant à leurs côtés qu’il approcha la famille Chevotet, dont il épousa la fille, Anne-Michelle, en février 1765.

    Le couple aura trois enfants : Pierre-Jean-Baptiste (1766), Louise-Françoise-Michelle (1770) et Marie-Jean-François (1774).

  • ~1775

    (8 ans)
  • Il fait ses études au collège de Lisieux, à Paris (Quartier latin, rue Jean-de-Beauvais), l’un des collèges de plein exercice (soit à cursus complet) de la Faculté des arts de l’Université de Paris.

  • ~1780

    (13 ans)
  • En classe de rhétorique, il a pour professeur Charles-François Dupuis (~40 ans), dont il se réclamera plus tard.

    Charles-François Dupuis (1742-1809), agrégé de belles-lettres en 1767, fut professeur de rhétorique au collège de Lisieux. Il abandonna la théologie pour le droit, fut reçu avocat au Parlement en 1770, puis quitta l’état clérical pour se marier en 1772. Astronome autant que lettré, il élabora une lecture matérialiste des religions, comprises comme autant d’allégories astronomiques : dans son Origine de tous les cultes, ou Religion universelle (1795), il les tenait toutes pour des mythes figurant l’alternance des jours et des saisons et le cours des astres, sans réalité historique sous-jacente. Appliquée au christianisme, cette clé faisait de Jésus une fable solaire — naissance au solstice d’hiver, résurrection après l’équinoxe de printemps — et non un personnage ayant réellement vécu. Député à la Convention (1792), puis au Conseil des Cinq-Cents, Dupuis traversa la Révolution en modéré. Son ouvrage fut condamné par l’Église et mis à l’Index le 27 juillet 1818. Son empreinte sur Chaussard fut double : une manière de penser — le rationalisme anticlérical, le goût de la mythologie comparée — et une trajectoire, glissant comme lui de l’Église vers un rationalisme militant.

  • ~1783

    (16 ans)
  • Reçu maître ès arts, il entreprend des études de droit à la Faculté de droit de Paris : environ trois années le mènent à la licence.

  • 1787

    (20 ans)
  • 23 jan.

    À Paris, il est parrain du fils du peintre Jean-François Garneray, élève de David.

    Il est bientôt reçu avocat au Parlement de Paris.

    Le Parlement de Paris était la plus haute cour de justice du royaume. Le jeune avocat y était habilité à plaider les causes à la barre, mais passait généralement ses premières années à se former, au cabinet, auprès d’un confrère expérimenté.

    Il publie une Ode sur le dévouement du duc de Brunswick.

    Ce général prussien était mort en 1785 en tentant de secourir des habitants lors d’une inondation ; son geste héroïque avait marqué l’Europe des Lumières.

  • 1788

    (21 ans)
  • Il compose un traité, la Théorie des lois criminelles, où il s’interroge sur l’efficacité de l’extrême sévérité des lois pour réduire le nombre et la gravité des crimes. L’ouvrage paraît l’année suivante.

    Chaussard s’y donne pour avocat au Parlement, membre de l’Académie de Rome et volontaire de la garde nationale parisienne.

  • 1789

    (22 ans)
  • Révolution.

    Il embrasse les idéaux révolutionnaires et prendra, ces années-là, le prénom de Publicola.

    Du nom de Publius Valerius Publicola, l’un des fondateurs de la République romaine (−509), qui participa au renversement du dernier roi de Rome, Tarquin le Superbe. Publicola signifie littéralement l’ami du peuple. Ce genre de rebaptême antique, emprunté aux héros de la vertu républicaine, était courant chez les révolutionnaires ardents.

  • 1791

    (25 ans)
  • 24 sep.

    Il compose une pièce de théâtre patriotique, La France régénérée, créée au Théâtre de Molière le samedi 24 septembre : une célébration allégorique des bienfaits de la Révolution.

    Le Théâtre de Molière était l’une des salles parisiennes ouvertes après la libéralisation des théâtres (décret de janvier 1791, qui mit fin au monopole des théâtres royaux). Dix jours avant la première, le 14 septembre 1791, Louis XVI avait accepté la Constitution.

  • 1792

    (26 ans)
  • 21 sep.

    Proclamation de la Convention nationale.

    La Convention (décret du 15 décembre) entend étendre les principes de la Révolution aux territoires occupés : abolition des institutions d’Ancien Régime, confiscation des biens du clergé et de la noblesse. Lebrun-Tondu, ministre des Affaires étrangères, y envoie des commissaires.

    Chaussard est nommé commissaire pour la Belgique (sorte de proconsul), chargé d’y préparer la réunion à la France.

    Mais les exactions commises dressent la Belgique catholique contre l’occupant français, militairement défait (bataille de Neerwinden, 18 mars 1793) et contraint de quitter le pays.

  • 1793

    (26 ans)
  • À son retour de Belgique, Chaussard sert les grands appareils de la Révolution comme haut fonctionnaire administratif : d’abord secrétaire de la mairie de Paris au sein de la Commune, puis chef des bureaux du Comité de salut public.

    La Commune de Paris fut un pouvoir de premier plan en 1792-1793, qui pesait par la rue sur la Convention. Le Comité de salut public, lui, formait à partir de 1793 le véritable gouvernement de la France : émanation de la Convention, il concentra durant la Terreur l’essentiel du pouvoir exécutif.

    Durant la Terreur, Chaussard est plusieurs fois porté sur les listes de suspects. Mais son rôle purement administratif lui évite le sort des responsables politiques, guillotinés ou proscrits. Après la chute de Robespierre (9 Thermidor, 27 juillet 1794), il est nommé directeur général des bureaux de l’Instruction publique, nouveau poste administratif de premier plan.

  • 1794

    (28 ans)
  • 24 jul.

    Il épouse à Paris Antoinette Bréant (~21 ans), fille d’un receveur général de la douane de Paris.

    Ils auront deux enfants : Félix (1797) et Félicie (1800).

  • 1795

    (29 ans)
  • 26 oct.

    Proclamation du Directoire.

    Le pouvoir — notamment La Révellière-Lépeaux — encourage la théophilanthropie, un éphémère culte déiste et civique destiné à remplacer le christianisme.

    Chaussard est un orateur théophilanthrope.

  • 1798

    (31 ans)
  • Il publie, sous le pseudonyme du docteur Diabolicus, de Louvain, le Nouveau Diable boiteux, tableau satirique des mœurs parisiennes — corruption, luxe, vie mondaine et galante, intrigues, dévoiement des idéaux révolutionnaires — qui appelle, en creux, à une refondation dans l’esprit républicain.

    Le titre place le livre dans la filiation du Diable boiteux de Lesage (1707), où un diable conduit le lecteur sur les toits de Madrid pour dévoiler, maison par maison, les vices et les vertus de la société — Lesage s’inspirant lui-même du Diablo cojuelo (diable boiteux) du folklore espagnol du siècle précédent.

  • 1799

    (33 ans)
  • 9 nov.

    Coup d’État du 18 Brumaire. Proclamation du Consulat.

  • 1801

    (34 ans)
  • Chaussard publie les Fêtes et courtisanes de la Grèce, qui, sous couvert d’érudition, brosse un panorama de la vie festive et surtout galante de la Grèce antique — un sujet qui vaudra à l’ouvrage une réputation de libertinage.

  • 1803

    (37 ans)
  • 12 jun.

    Décès de son épouse Antoinette à Paris, âgée d’environ 28 ans.

  • oct.

    Il est nommé professeur de belles-lettres au lycée de Rouen.

    Les lycées venaient d’être créés (loi du 1er mai 1802) en remplacement des écoles centrales de la Révolution.

  • 1804

    (38 ans)
  • 18 mai

    Proclamation de l’Empire.

  • oct.

    Il est transféré au lycée d’Orléans, inauguré le 8 octobre. Il prononce le discours d’inauguration.

  • 1805

    (39 ans)
  • 12 jul.

    Le Moniteur universel publie ses Réflexions générales sur les inscriptions, centrées sur celles qui viendront orner le monument à Jeanne d’Arc voulu par Bonaparte, alors consul.

    Il s’agit de la statue en pied d’Edme-Étienne-François Gois, présentée au Salon de 1803 et inaugurée place du Martroy le 8 mai 1804 ; on y voit la Pucelle fouler aux pieds les léopards d’Angleterre. (Elle se trouve depuis 1955 sur le quai du Fort des Tourelles.)

    Cet article, amplifié, figurera dans son recueil sur Jeanne d’Arc l’année suivante.

  • 1806

    (39 ans)
  • À Orléans, il publie une Jeanne d’Arc en deux volumes. L’ouvrage réunit une notice biographique tirée des recherches de L’Averdy (parues en 1790 dans les Notices et extraits des manuscrits, qu’il loue tout en déplorant leur rareté), une notice des manuscrits (trente et un, pour l’essentiel les pièces des deux procès), une notice bibliographique des ouvrages consacrés à Jeanne d’Arc, une notice iconographique, et une notice sur les monuments de Rouen et d’Orléans.

    Dans son introduction sur le siècle de Charles VII, Chaussard place son sujet sous le signe de l’actualité impériale et de la lutte contre l’Anglais :

    La France était alors plongée dans un abyme de calamités et d’humiliation : aujourd’hui elle vient d’atteindre l’apogée de la gloire ; les Anglais dictaient alors des lois au sein même de Paris : aujourd’hui ils tremblent dans Londres [...] les Aigles des légions françaises sont prêtes à s’élancer au premier signal du héros qui vient de ceindre les deux couronnes de Charlemagne.

    En fin d’ouvrage, il reprend son article de 1805 sur les inscriptions, qu’il complète par de nouvelles propositions pour le monument d’Orléans (foulant les léopards d’Angleterre). Composées par ses élèves, la plupart font écho au programme anti-anglais de la statue :

    Voilà, fière Albion, le prix de ma victoire ! / Ce monument redit et ta honte et ma gloire.

  • sep.

    À l’occasion du Salon de 1806, il fait paraître en quinze livraisons, durant l’automne, Le Pausanias français, état des arts du dessin en France, à l’ouverture du XIXe siècle, précédé d’une introduction retraçant l’histoire des arts depuis les Grecs.

    Chaussard y donna l’une des premières notices biographiques sur le peintre David. Il rendit compte de plusieurs autres Salons dans la presse, et avait composé dès 1797 un Essai philosophique sur la dignité des arts.

  • 1807

    (40 ans)
  • Selon Thory (Acta Latomorum) — historien maçonnique contemporain, membre du Grand Orient et, comme lui, avocat au Parlement de Paris —, Chaussard était franc-maçon, membre de la loge du Grand Sphinx (orient de Paris).

    La loge du Grand Sphinx avait été fondée en 1804 dans le sillage de l’expédition d’Égypte.

    Son ode La Philanthropie, ou le dévouement de Dufay remporte le prix du concours maçonnique de 1807, décerné par la loge des Amis réunis, à l’orient de Calais.

    L’ode sera publiée l’année suivante en recueil (ci-dessous), et sera reproduite dans les Annales maçonniques de 1809, comme étant du F∴ Chaussard.

  • 16 mai

    Décès de sa mère à Paris, à l’âge de 63 ans. Elle est inhumée le jour même au cimetière de Pantin.

  • déc.

    Il fait paraître dans le Journal de Paris, premier quotidien français, un poème en l’honneur de Cambacérès, archichancelier de l’Empire et deuxième personnage de l’État après Napoléon.

    Cambacérès était grand maître du Grand Orient sous l’Empire ; les Annales maçonniques de 1809 lui sont dédiées.

  • 1808

    (41 ans)
  • Il publie à Orléans Les Triomphes et la Paix, recueil d’odes composées entre 1805 et 1807, dont son ode à Dufay.

    Ces odes portent sur des sujets d’actualité et flattent les grands de l’Empire — ainsi cette note de l’ode à Dufay, à propos de six sauveteurs calaisiens : L’Empereur, aux regards duquel, rien de ce qui est généreux, ne peut échapper, ordonna qu’on leur élèverait sur le port un monument en marbre. (Gallica)

  • 1809

    (43 ans)
  • 22 sep.

    Il est nommé correspondant étranger de l’Institut royal des Pays-Bas.

    L’Institut royal avait été fondé en 1808 par Louis Bonaparte, frère de Napoléon, alors roi de Hollande.

  • nov.

    Il est nommé professeur de littérature latine à la Faculté des lettres de l’académie de Nîmes.

  • 1811

    (45 ans)
  • 1er jun.

    Le Mercure de France publie sa traduction en vers de l’ode du poète italien Antonio Buttura pour la naissance du roi de Rome.

    Napoléon avait donné à son fils, né le 20 mars 1811, le titre de roi de Rome, à l’image des empereurs du Saint-Empire qui accordaient celui de roi des Romains à leur héritier. Rome avait été rattachée à l’Empire en 1810.

  • nov.

    Il est choisi comme professeur de littérature à l’Athénée de Paris ; il ouvre son cours par l’analyse de l’Art poétique de Boileau.

    L’Athénée était un lieu de culture mondaine et savante, très en vue, qui dispensait conférences et cours publics à un public cultivé, recruté dans la haute bourgeoisie et l’aristocratie parisiennes.

    D’après ses biographes, Chaussard aurait été autorisé par Louis de Fontanes, grand-maître de l’Université impériale (l’équivalent d’un ministre de l’Éducation nationale), à demeurer à Paris comme chargé de travaux classiques, tout en conservant le traitement et le titre attachés à sa chaire.

  • 1815

    (49 ans)
  • 22 jun.

    Seconde abdication de Napoléon. Le 9 juillet, Louis XVIII fait son entrée dans Paris et revient au pouvoir.

    Chaussard est écarté du corps enseignant, sans pension.

    Passé cette date, les sources ne lui connaissent plus qu’une seule publication, la Poétique secondaire (1817) — suite de son cours sur Boileau.

  • 1818

    (52 ans)
  • 16 jun.

    Décès de son père à Paris, à l’âge de 88 ans.

  • 1821

    (54 ans)
  • Il travaille à une traduction de poésies lyriques de Schiller.

  • 1823

    (57 ans)
  • 30 sep.

    Il meurt à Paris. Il lègue 300 francs aux pauvres de la paroisse Saint-Sulpice et 300 francs aux pauvres du 11e arrondissement.

Références

Cursus reconstitué

Éléments connus :

  • Naissance le 29 janvier 1766.
  • Études au collège de Lisieux, élève de Charles-François Dupuis en classe de rhétorique (d’après l’introduction des Fêtes et courtisanes de la Grèce, 1801).
  • Donné licencié ès droit lors du baptême du fils du peintre Jean-François Garneray, le 23 janvier 1787.
  • Signe avocat au Parlement son Ode sur le duc de Brunswick, annoncée dans les livres nouveaux de la Gazette du 28 septembre 1787.

Reconstitution d’un cursus probable :

  • Premières lettres — vers 1771-1775 (5 à 9 ans).
  • Collège de Lisieux — cursus des arts (humanités et philosophie) :
    • Sixième — 1775-1776 (9-10 ans) : grammaire latine, Phèdre, Epitome historiae sacrae.
    • Cinquième — 1776-1777 (10-11 ans) : grammaire, Cornelius Nepos, Ovide.
    • Quatrième — 1777-1778 (11-12 ans) : syntaxe latine, César, Ovide ; débuts du grec.
    • Troisième — 1778-1779 (12-13 ans) : syntaxe achevée, grammaire grecque, Cicéron (lettres), Bucoliques.
    • Seconde, ou Humanités — 1779-1780 (13-14 ans) : belles-lettres, Cicéron, Virgile, Horace, auteurs grecs, vers latins.
    • Rhétorique — 1780-1781 (14-15 ans) : art oratoire, Quintilien, discours de Cicéron, déclamations.
    • Philosophie, 1re année — 1781-1782 (15-16 ans) : logique et métaphysique, souvent en latin.
    • Philosophie, 2e année — 1782-1783 (16-17 ans) : morale et physique.
    • Maîtrise ès arts — été 1783 (17 ans), degré ouvrant les facultés supérieures.
  • Faculté de droit de Paris :
    • 1783-1784 (17-18 ans) : droit romain (Institutes de Justinien), menant au baccalauréat en droit.
    • 1784-1786 (18-20 ans) : droit français et romain, jusqu’à la licence.
    • Licence en droit — 1786, au plus tard janvier 1787 (20 ans).
    • Réception comme avocat au Parlement de Paris — entre janvier et septembre 1787 (21 ans).

Sources

  • Paris (France) — Fonds Laborde, Geneanet

    Garneray (François Jean), peintre 1787.

    Le 23 janvier 1787 a été baptisé Hippolyte Jean Baptiste, né d’hier, rue Saint-André, fils de François Jean Garneray, peintre, et de Marguerite Courgy. Le parrain : Pierre Jean Baptiste Chaussard, licencié es droit, rue Grenelle ; la marraine : Marie Madeleine Rouillon, épouse de François Nicolas Hamell, bourgeoise de Paris, pont Saint-Michel.

  • La Gazette, 28 sept. 1787, p. 6/6, Retronews

    Livres nouveaux. Ode envoyée à l’Académie françoise, sur le dévouement du Duc de Brunswick, mort en 1785, par M. Chaussart, in-8.°, Royez, quai des Augustins.

  • L’Esprit des journaux français et étrangers, déc. 1790, t. XII, 19e année, Google

    Théorie des loix criminelles, ou discours sur cette question, si l’extrême sévérité des loix diminue le nombre et l’énormité des crimes, suivi d’un tableau analytique des loix criminelles des différens peuples, composés en 1788, et publiés en 1789 ; par P. J. B. Chaussard, avocat au parlement, de l’académie de Rome, et volontaire de la garde nationale parisienne.

  • La France régénérée, 1791, Gallica

    La France régénérée, pièce épisodique en vers et à spectacle, précédée d’un prologue, par M. P. J. B. Chaussard. Représentée pour la première fois, sur le Théâtre de Molière le 14 septembre 1791 (la dédicace à messieurs les journalistes dit le samedi 24 septembre).

    Acteurs du prologue. Deux personnages allégoriques. La Gloire : Mme Boursault. Le Temps : M. Jeannin. — Acteurs dans la pièce. Un curé : M. Boursault. Un prélat : M. Compain. Un juif : M. Gonthier. Un protestant : M. Gosse. Un vieux paysan : M. Duverger ou M. Volange. Un fédéré : M. Villeneuve. Un procureur fiscal : M. Monet. Un chartreux : M. Doligny. Un procureur : M. Valmon. Un maire : M. Saint-Amand. Groupe de paysans et paysannes. Groupe de soldats et de citoyens.

  • Fêtes et courtisanes de la Grèce, 1801, t. I, introduction, p. 32, Google

    Il me reste à parler de la disposition et du plan de cet ouvrage : j’ai ordonné les différentes parties du système religieux, d’après celui du célèbre Dupuis.

    Ce savant daigna m’initier, il y a quinze ans, dans le secret de sa théorie ; j’étudiais alors sous lui l’éloquence : je dus à ses leçons, sinon des talens, du moins une raison ferme, indépendante et affranchie de préjugés. Ce professeur illustre a présidé en quelque sorte à deux écoles : de sa classe d’éloquence sont sortis des talens brillans et aimables, Colin d’Harleville, Demoustier, Richard, Cauchy, Legouvé. On a vu se réunir à l’école philosophique, dont il est le fondateur, les chefs même de la philosophie, Volney, Rabaut-Saint-Etienne, Delaunay, l’auteur du Polythéisme analysé, etc. Ils ont adopté le système de l’auteur de l’Origine des Cultes, et leurs écrits ont répandu les principes qu’il eut la double gloire de signaler et de développer.

  • Gazette nationale ou le Moniteur universel, 3 oct. 1803, p. 2/4, Retronews

    Nomination des professeurs. Sur la présentation de la troisième commission des inspecteurs-généraux des études, sont nommés professeurs au lycée de Rouen les citoyens dont les noms suivent : — Classe de belles-lettres latines et françaises.

  • Gazette nationale ou le Moniteur universel, 19 nov. 1804, p. 2/4, Retronews

    L’inauguration du Lycée d’Orléans a été remarquable par l’empressement des magistrats et des citoyens à assister à cette intéressante cérémonie, et par la solennité qui lui avait été donnée dans toutes ses parties. M. Chaussard, professeur de belles-lettres au Lycée, a prononcé un discours d’inauguration qui a produit l’impression la plus satisfaisante sur tous les esprits, et qui a complètement rempli le but que se proposait son auteur.

  • Gazette nationale ou le Moniteur universel, 12 juil. 1805, p. 2/4, Retronews

    Publication de ses Réflexions générales sur le caractère moral et politique de ce genre : sur le génie des anciens et sur le bel esprit moderne, par M. Chaussard, professeur de belles-lettres au Lycée d’Orléans, qui seront intégrées à son recueil sur Jeanne d’Arc.

    On note quelques variantes (ex. : Et pour comble d’outrage elle a été déshonorée par le plus brillant de nos poètes devient elle a été parodiée) et quelques amplifications (ex. : les extraits du recueil Duly — Faverellus, Coffin, Rigault, La Saussaye — ou les inscriptions latines de son élève Lepage), ainsi qu’un paragraphe de conclusion :

    Puisse ainsi, dans chaque département, s’élever la statue des personnages qui les ont illustrés ! Puissions-nous lire sur le socle quelques-unes de leurs pensées habituelles ; ce serait, pour ainsi dire, entrer dans le secret de leur gloire ; et c’est alors que véritablement on pourrait nous appliquer l’observation de Platon à l’égard d’Athènes, et que j’ai citée ; c’est alors qu’on ferait un cours de vertu et d’héroïsme en parcourant les monuments de la France.

    Par M. Chaussard, professeur de belles-lettres au lycée d’Orléans.

  • Le Pausanias français ; état des arts du dessin en France, à l’ouverture du XIXe siècle : Salon de 1806, 1806, Gallica

    [Avant-propos] Après avoir indiqué le but de l’ouvrage il reste à faire connaître nos moyens et nos principes. De longues études, et des relations vastes et multipliées semblent assurer que nos promesses ne seront pas illusoires. La première livraison sera publiée, au plus tard le 30 de ce mois (septembre), et sera précédée d’une rapide Introduction dans laquelle on suivra la marche des arts depuis les Grecs jusqu’à nos jours, en signalant les principes de leur prospérité et de leur décadence. [...]

    Cet ouvrage paraîtra par cahiers, deux fois par semaine, à commencer, au plus tard, du 10 octobre 1806, et il sera totalement terminé le 20 novembre suivant. Chaque cahier sera composé de 32 pages (plus ou moins) in-8° de texte, grande justification, imprimé sur beaux caractères neufs de cicéro Didot, avec des Notes de petit romain et sur papier grand-raisin fin d’Auvergne. Chaque cahier sera aussi orné de plusieurs gravures, de manière que le nombre en sera de trente au moins pour l’ouvrage complet. Les dessins, exécutés et gravés par les plus habiles artistes, représenteront les principaux ouvrages exposés au Salon en 1806, avec quelques portraits gravés au trait, de grands artistes vivants. Le prix de la souscription pour les quinze cahiers, rendus francs de port par la poste dans tout l’Empire français, est de quinze francs. En papier vélin, trente francs. Passé le 10 novembre, le prix sera de 18 francs, et de 33 francs pour les personnes qui n’auront pas souscrit avant cette époque.

  • Journal de Paris, 13 déc. 1807, p. 5/8, Retronews

    Serenissimo principi, supremum archicancellarii munus sustinenti, viro, titulis, ingenio, virtute amplissimo.

    Musarum, regumque pio flagravit amore | Aurelia, et paribus nunc favet hæc studiis ; | Olli Cambacérès, tot lumina clara virorum | Reddidit, antiquam suscitat ille fidem : | Hic vir, hic est, uno jove qui minor, occupat urbem ; | Arbitrum et eloquii quem Themis ipsa colit.

    Offerebat P. J. B. Chaussard, regius in Lycæo Aurelianensi humaniorum litterarum professor.

    Au sérénissime prince, revêtu de la charge suprême d’archichancelier, homme très comblé de titres, de génie et de vertu.

    Orléans brûla d’un pieux amour des Muses et des rois, | et voici qu’aujourd’hui elle favorise ces mêmes études ; | à celui-là, Cambacérès, elle a rendu tant d’illustres lumières d’hommes [de talent], | lui qui ranime l’antique foi : | c’est cet homme, c’est lui qui, moindre que Jupiter seul, gouverne la cité, | et que Thémis elle-même honore comme l’arbitre de l’éloquence.

    L’offrait P. J. B. Chaussard, professeur royal de belles-lettres au lycée d’Orléans.

  • Gazette nationale ou le Moniteur universel, 4 déc. 1807, p. 2/4, Retronews

    Poésie. Les Triomphes et la Paix, odes, par M. Chaussard, de plusieurs Sociétés savantes, nationales et étrangères, professeur de belles-lettres au Lycée d’Orléans ; Ier livre.

  • Gazette de France, 11 août 1808, p. 2/4, Retronews

    Nous avons distingué un rapport sur le trait généreux de M. Louis Dufay, qui, pour sauver deux Anglais naufragés, courut lui-même les plus grands périls. Le profane Dufay, dit le rapporteur, n’a été reçu maçon qu’à la suite de sa belle action. L’ode qui a remporté le prix au concours maçonnique, où cette action fut célébrée, est du frère Chaussard. On y reconnaît le faire de l’écrivain : de l’élan, de belles strophes, des inégalités, et un enthousiasme qui, quelquefois, dégénère en véritable pathos.

  • Journal de l’Empire, 26 sept. 1809, p. 2/4, Retronews

    Hollande, Amsterdam, 22 septembre. — La troisième classe de l’Institut Royal a nommé des associés et correspondans étrangers, parmi lesquels on remarque le prince-primat, les professeurs Heyne et Heeren, de Gœttingue ; MM. Sylvestre de Sacy, Jaubert, Quatremère, Millin, Chaussard, etc. etc.

  • Gazette nationale ou le Moniteur universel, 23 nov. 1809, p. 3/4, Retronews

    Université impériale. Les nominations suivantes ont été faites par S. Exc. le grand-maître de l’Université impériale. [...]

    Académie de Nismes. Professeur de littérature française et doyen de la Faculté : M. Borelly. Professeur de littérature latine : M. Chaussard, actuellement professeur de belles-lettres au Lycée d’Orléans. Professeur de philosophie : M. Tedenat, actuellement proviseur du Lycée de Nismes. Professeur d’histoire et secrétaire de la Faculté : M. Gerbaud.

    Académie d’Orléans. Professeur de philosophie et doyen de la Faculté : M. de Champeaux, actuellement proviseur du Lycée de Bordeaux. Professeur d’histoire : M. Roger, professeur d’humanité au Lycée d’Orléans. Professeur de littérature latine : M. Guillaume, actuellement professeur de belles-lettres au Lycée de Nismes. Professeur de littérature grecque et secrétaire de la Faculté : M. Rochas.

  • Annales maçonniques dédiées à son A. S. le Prince Cambacérès, 1809, Google

    (p. 230) Concours de 5807. Prix de poésie. — Sur la philantropie, ou dévouement du F∴ Dufay, par le F∴ Chaussard, t. 4, p. 130. Poème sur le même object, accessit au F∴ Grenier, p. 139.

    (p. 235) La philantropie, ou le dévouement du frère Dufay, ode qui a remporté le prix de poésie décerné par la loge des Amis Réunis, O∴ de Calais, en 5807, t. 4, p. 130.

  • Mercure de France, 1er juin 1811, p. 1/48, Retronews

    Ode italienne sur la naissance du premier fils de Napoléon le Grand, par M. Ant. Buttura, traduite en vers français par M. P. Chaussard.

    Une version bilingue paraîtra sous le titre Nascendo il primo figlio a Napoleone il Grande, ode di Antonio Buttura, recata in una ode francese da Gian-Battista Chaussard.

  • Journal de l’Empire, 11 nov. 1811, p. 3/4, Retronews

    L’Athénée de Paris commencera sa 27e année le 15 novembre prochain. La littérature y sera professée par M. Chaussard ; il commencera son cours par l’analyse de l’Art poétique de Boileau.

  • Gazette de France, 6 févr. 1812, p. 1/4, Retronews

    Athénée de Paris. Cours de Littérature par M. Chaussard. — Troisième séance.

    Gazette de France, 13 févr. 1812, p. 1/4, Retronews

    Athénée de Paris. Cours de Littérature de M. Chaussard. — Quatrième séance.

    Journal de Paris, 30 mars 1812, p. 4/4, Retronews

    Car on ne cessera jamais de dire le bon Lafontaine ; on ne le dira que pour lui seul, et quoique le bon M. Chaussard ait, dans sa dernière leçon, appelé Rousseau le bon Jean-Jacques, cette épithète honorable restera toujours attachée exclusivement au nom du Fablier.

    Journal de Paris, 3 juin 1812, p. 2/4, Retronews

    Athénée de Paris. Départ de M. Chaussard. — Séance littéraire. — Concert. C’est une chose horrible que la belle saison. Elle nous menace de nous enlever successivement tous nos professeurs. M. Chaussard vient de partir pour la campagne. Il nous quitte au moment où, une plus vaste carrière s’ouvrant devant lui, l’importance des sujets qu’il devait traiter allait donner plus d’intérêt à ses leçons, au moment où, prêt à tracer les règles de l’élégie et de l’ode, il n’aurait pas manqué de nous faire admirer les plus beaux modèles qu’offrent ces deux genres de poésie, ce qui lui aurait fourni l’occasion de payer au poète qui fut son maître et son ami le tribut éclatant de sa reconnaissance. Une considération si puissante n’a pu le retenir. Il est parti ; mais voulant ménager notre sensibilité, il a supprimé la scène des adieux. Ce n’est pas de vive voix, et dans cette salle où il a reçu plusieurs fois les témoignages de notre estime, qu’il a cru devoir nous annoncer cette triste nouvelle : c’est par les journaux qu’elle nous est parvenue. Ainsi nous perdons, pour quelques mois, un professeur instruit, qui a peut-être sacrifié trop souvent l’agréable à l’utile, mais n’a jamais cherché à se singulariser par des opinions extravagantes, qu’on appelle aujourd’hui des idées neuves en littérature. Si ses leçons n’ont point ajouté un nouvel éclat à cette chaire de l’Athénée, qu’illustrent tant de souvenirs glorieux, et qu’il est devenu si difficile d’occuper, au moins peut-il se flatter d’y avoir conservé la pureté des principes, la saine doctrine du plus célèbre de ses prédécesseurs. Je me plais à lui rendre cette justice ; puisse-t-elle effacer de son esprit les impressions désagréables qu’auraient pu y faire naître quelques critiques peu sérieuses que son cours m’a suggérées ; il convient que le maître et le disciple vivent toujours bien ensemble. Maintenant, bien assuré que M. Chaussard n’aura plus de rancune contre moi, je vais dire deux mots de la dernière séance littéraire de l’Athénée. [...] [Signé :] C.

  • Jean-François Fournel, Histoire des avocats au Parlement et du barreau de Paris, 1813, p. XXX, Google

    Tableau des avocats au Parlement de 1789. [...] Jean-Baptiste Chauchard.

  • Mercure de France, avril 1814, p. 167/192, Retronews

    Sociétés savantes et littéraires. — La société philotechnique, l’une des plus anciennes et des plus fidèles à leurs institutions, a tenu sa séance publique le 15 mai, sous la présidence de M. Raboteau, à l’hôtel de la préfecture du département de la Seine. [...] M. Chaussard a lu deux fragments de son poème didactique sur les genres dont Boileau n’a point parlé dans son Art poétique : ces fragments sont recommandables par de très-beaux vers et d’excellents préceptes.

  • Claude-Antoine Thory, Acta Latomorum, ou Chronologie de l’histoire de la franche-maçonnerie française et étrangère, 1815, t. II, p. 301, Archive

    Chaussard, professeur de belles lettres au lycée d’Orléans, membre de la Loge du Grand-Sphinx à Paris, auteur d’une ode intitulée la Philantropie ou le dévouement du f. Dufay insérée dans les Annales maçonniques, t. 4, p. 130. — xvi.

  • Journal de Paris, 30 mars 1817, p. 3/4, Retronews

    Poésie. Poétique secondaire, poème en quatre chants, par M. Chaussard (édition nouvelle. Un vol. in-12, à Paris, chez Delalain, imprimeur-libraire, rue des Mathurins-Saint-Jacques, n° 5.)

  • Journal des débats politiques et littéraires, 26 avr. 1817, p. 1/4, Retronews (long compte rendu)

    Poétique secondaire, ou Essai didactique sur les genres dont il n’est pas fait mention dans la Poétique de Boileau ; par L. J. P. Chaussard, ancien professeur de la Faculté des lettres à l’Université de France, ex-directeur-général des bureaux de l’instruction publique, membre des académies de Rome, de Nîmes, d’Amsterdam, etc. Édition nouvelle.

    Mercure de France, 27 sept. 1817, p. 15/50 (long compte rendu par Jouy) — [lien à corriger : l’URL pointe actuellement vers le Journal des débats]

    Poétique secondaire, ou Essai didactique sur les genres dont il n’est pas fait mention dans la Poétique de Boileau ; par P. J. B. Chaussard (à Paris, chez Egron…)

  • Décès de son père : Journal de Paris, 26 juin 1818, p. 1/4, Retronews

    L’un des plus anciens et des plus laborieux architectes de Paris, M. Chaussard, vient de terminer, à l’âge de près de 90 ans, son honorable carrière, au milieu des regrets de sa famille et de ses amis.

  • Gazette nationale ou le Moniteur universel, 17 juil. 1820, p. 5/14, Retronews

    Statuts de la Société d’Assurance Mutuelle sur la Vie des hommes. — Pardevant Me Augustin-Louis Gilbert et son collègue, notaires à Paris, soussignés, furent présens, MM. [...] Félix Chaussard, propriétaire, demeurant à Paris, rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 55.

  • Journal du commerce, 15 déc. 1821, p. 2/4, Retronews

    M. Chaussard va publier un Choix des poésies lyriques de Schiller. Il paraît que le nouveau traducteur entrera en concurrence avec l’éditeur des Œuvres complètes de Schiller. Le public ne peut que profiter à cette noble lutte qui nous fera mieux connaître l’esprit de la littérature d’outre-Rhin, dont certains pédants n’ont pas la moindre idée et qu’ils jugent avec toute la suffisance et toute la légèreté de l’ignorance.

  • Journal de Paris, 3 oct. 1823, p. 1/4, Retronews

    Pierre-Jean-Baptiste Chaussard, homme de lettres, vient de mourir à Paris à l’âge de 57 ans. Après avoir rempli avec distinction plusieurs emplois publics, il se fit connaître dans la littérature par des ouvrages qui obtinrent le suffrage des hommes de goût, quoique tous n’aient pas été imprimés sous son nom. Depuis longtemps attaché à l’enseignement public, il publia successivement une Traduction des Campagnes d’Alexandre ; un Art poétique secondaire, ou Suite de l’Art poétique de Boileau. Depuis 1815, il avait cessé d’appartenir au corps enseignant, dans lequel il avait occupé avec beaucoup de distinction une chaire de littérature. M. Chaussard avait été honoré de l’amitié de Fontanes et des principaux littérateurs de son siècle. Ses derniers moments ont été adoucis par les tendres soins d’un fils. Une vaste et bonne érudition, un esprit élevé distinguaient M. Chaussard, et le feront regretter longtemps de ceux qui ont pu le connaître et l’apprécier.

  • Legs de P.-J.-B. Chaussard, 1826.

    N° 3694. Ordonnance du Roi qui autorise l’administration des hospices et secours de la ville de Paris (Seine) à accepter les legs faits par le sieur Pierre-Jean-Baptiste Chaussard : 1° d’une somme de 300 francs, qui sera distribuée aux pauvres de la paroisse Saint-Sulpice ; 2° d’une pareille somme de 300 francs, qui sera distribuée aux pauvres du 11e arrondissement. (Saint-Cloud, 28 juin 1826.)

  • Acte de décès de Félix Chaussard, 5 juin 1832 à Larçay (Indre-et-Loire) : docteur en médecine âgé de trente-cinq ans, domicilié à Larçay, époux de Caroline Charier (fille d’un ingénieur-géographe, épousée à Paris un an plus tôt, le 16 mars 1831).

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