Jean-Nicolas Quatremère de Roissy (1754–1834)
- Jeanne d'Arc (1827)
Chronologie
1754
- 3 jul.
Naissance à Paris, deuxième des quatre enfants de Nicolas-Étienne Quatremère (29 ans), riche et célèbre marchand de draps et d’Anne-Charlotte Bourjot (22 ans), fille d’un marchand de draps.
Note : Nicolas-Étienne Quatremère, dit
Quatremère l’Aîné
, avait un frère cadet, François-Bernard, ditQuatremère de l’Épine
, lequel eut deux fils : le physicien Denis-Bernard ditQuatremère d’Isjonval
(né en août 1754, un mois après Jean-Nicolas) et l’archéologue et homme politique Antoine-Chrysostome, ditQuatremère de Quincy
(né en octobre 1755). 1780
(25 ans)- mai
Son père (et en même temps que lui son oncle
l’Épine
) est anobli par Louis XVI, qui le fait écuyer, puis chevalier de l’Ordre du Roi, décoré du cordon de Saint-Michel avec cette clause qu’un de ses fils (son aîné, Étienne) pourrait, sans déroger, continuer le commerce. 1782
(27 ans)-
Il est reçu conseiller au Châtelet.
1784
(29 ans)- 10 fév.Mariage à Paris avec Marie-Jeanne Messager (16 ans), fille d’un menuisier parisien.
- 14 nov.Naissance de son fils Nicolas.
1789
(35 ans)- 13 nov.Naissance de sa fille Sophie-Marie.
- déc. 1789–mar. 1790
En tant que conseiller, il est rapporteur dans les deux fameux procès de lèse-nation intentés au Châtelet contre le baron de Besenval et le marquis de Favras. Besenval fut acquitté mais Favras pendu à Paris le 19 février 1790.
Il céda un peu aux clameurs populaires qui voulaient du sang et des victimes. Ce sacrifice aux passions révolutionnaires fut pour lui un sujet de remords durant toute sa vie. — (Biographie universelle, 1844.)
1790
(36 ans)- 15 oct.
Décès de sa mère Anne-Charlotte.
Anne-Charlotte s’était fait remarquer par ses vertus et par sa charité pour les pauvres. L’incendie de l’Hôtel-Dieu en 1772, l’hiver rigoureux et la disette de 1789 firent surtout éclater son zèle et sa bienfaisance. — (Didot frères, Nouvelle biographie universelle, t. XIII, 1855.)
Note : Une biographie lui est consacrée : Une bienfaitrice de Paris sous la Révolution : madame Quatremère (Louis Laroche, 1901, Gallica).
1793
(38 ans)- 1793–1794Terreur. — Il est expulsé de Paris comme noble et n’y rentrera qu’après le 9 thermidor (27 juillet 1794) et la chute de Robespierre.
1794
(39 ans)- 21 jan.
Son frère aîné Étienne n’aura pas cette chance ; emprisonné fin 1793 il est condamné à mort et guillotiné par le tribunal révolutionnaire de Paris.
En 1789, ce dernier fut nommé l’un des premiers officiers municipaux de la capitale. Après avoir rempli honorablement ces fonctions pendant deux ans, dans les circonstances les plus difficiles, il donna sa démission (le 14 février 1791) ; mais plus tard il fut dénoncé pour les actes qui lui faisaient le plus d’honneur, c’est-à-dire pour des aumônes si abondantes qu’on le soupçonna d’être plus riche qu’il ne l’était réellement. Incarcéré vers la fin de 1793, il fut traduit au tribunal révolutionnaire et condamné à mort, comme convaincu de complicité avec des fournisseurs infidèles et pour avoir cherché à
humilier le peuple par ses bienfaits
. Il fut exécuté le 21 janvier 1794. Tous ses biens furent confisqués, et ce ne fut qu’après la chute de Robespierre et à la suite d’une démarche honorable faite à la convention par la section des Marchés tout entière que sa famille obtint la restitution d’une faible partie. Étienne Quatremère joignait à toutes les vertus chrétiennes une instruction aussi solide que variée. Il avait beaucoup écrit, principalement sur les matières religieuses. Mais tous ces papiers furent brûlés à l’hôtel de ville par les jacobins. — (Didot frères, Nouvelle biographie universelle, t. XIII, 1855.)Son cousin Quatremère de Quincy, élu député royaliste (du département de Paris) à l’Assemblée législative, fut également emprisonné, mais relâché après le 9 thermidor.
1795
(41 ans)- 17 sep.Décès de son père Nicolas-Étienne (70 ans), quelques mois après celui de son oncle François-Bernard (à 68 ans le 2 avril).
- 5 oct.
13 vendémiaire. — Lors de l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV, il est secrétaire de la section de la Fontaine-de-Grenelle, qui prit une part active aux préparatifs du coup de force, laquelle section était présidée par son cousin Quatremère de Quincy. Ce dernier fut d’ailleurs condamné à mort (par contumace) par la commission militaire, et gracié six mois plus tard lors de son retour à Paris.
Dès lors (et contrairement à son cousin Quatremère de Quincy) il ne s’occupera plus de politique et s’adonnera entièrement à la littérature.
1797
(42 ans)- 2 jul.Naissance de sa fille Émilie-Sophie, troisième dernier enfant du couple.
1798
(43 ans)-
Publication de son premier ouvrage : Recherches sur la vie et les écrits d’Homère (traduction de An Enquiry into the Life and Writings of Homer, de Thomas Blackwell, 1735).
1806
(52 ans)- 25 sep.Décès de sa femme Marie-Jeanne (39 ans) (Paris 10e).
1809
(54 ans)-
Il collabore à la seconde édition du Nouveau dictionnaire portatif de bibliographie (23.000 articles) par l’imprimeur-libraire François-Ignace Fournier.
1810
(56 ans)- 24 sep.Mariage de Nicolas (25 ans) avec Marie Valentine Adélaïde de Jouy (24 ans) (Paris 10e).
- 10 déc.Mariage de Sophie-Marie (21 ans) avec Pierre Brundsaux (32 ans) (Paris 10e).
1811
(56 ans)- 1811–1816
Il contribue à la Biographie universelle ancienne et moderne de Louis-Gabriel Michaud (une cinquantaine de volumes publiés entre 1811 et 1828 pour la première édition), à laquelle il fournit plusieurs articles (notamment sur les hommes illustres de Rome) qu’il signe
Q-R-y
.Exemples de notices biographiques : Brutus (t. VI, 1812), Calliste (affranchi de Calligula, t. VI, 1812), Caracalla (empereur romain, t. VII, 1813), Claude (fils de Drusus, t. VIII, 1813), Cornélie (femme de Tibérius, t. IX, 1813), Drusus (fils de Germanicus et Agrippine, t. XII, 1814), Galère (empereur romain, t. XVI, 1816).
1817
(63 ans)- aoû.Publication de la magistrale Histoire de Jeanne d’Arc, par Le Brun de Charmettes, dont il se servira dix ans plus tard pour sa biographie de l’héroïne.
1818
(63 ans)- 31 mar.Mariage d’Émilie-Sophie (20 ans) avec Nicolas Prunier (29 ans), chef de bureau au Ministère de la guerre (Paris 2e).
1819
(64 ans)- maiPublication de Londres pittoresque (mai 1819), Paris, Antoine-Augustin Renouard, 119 p., 5 fr.
1820
(65 ans)- 1820–1829
Entre 1820 et 1827 il publiera chez Le Normant (ami et éditeur de Chateaubriand) une douzaine d’ouvrages, essentiellement des contes moraux puis des vies de personnages historiques.
- Adélaïde, fiction morale (novembre 1820), Paris, Le Normant, 142 p., 1,50 fr.
- L’Ermitte écossais, conte moral (mars 1821), Paris, Le Normant, 124 p., 1,50 fr.
- Les Deux solitaires, conte moral (octobre 1821), Paris, Le Normant, 180 p. 1,50 fr.
- Henriette et Julie, conte avec des notes (octobre 1822), Paris, Le Normant, 12-132 p.
- Édouard de Belval et Sophie, conte moral (mars 1823), Paris, Le Normant, 8-167 p., 1,50 fr.
- Histoire de madame de La Vallière, duchesse et carmélite (septembre 1823), Paris, Le Normant, 1,50 fr.
- Les Malheurs d’Henriette, conte moral (avril 1824), Paris, Le Normant, 161 p. 1,50 fr.
- Histoire de Ninon de Lenclos, suivie d’une notice sur madame de Cornuel, avec ses bons mots (octobre 1824), Paris, Le Normant.
- Histoires d’Agnès Sorel et de madame de Châteauroux (mars 1825), Paris, Le Normant, 1,50 fr.
- Marie-Thérèse d’Autriche, impératrice-reine, Marie-Thérèse de France, dauphine (octobre 1825), Paris, Le Normant, 2,50 fr. (Note : L’auteur a été admis à l’honneur de présenter son ouvrage à S. A. R. Mme la Dauphine, Journal des Débats, 12 octobre 1825, .)
- Règne de Louis XIV (novembre 1826), Paris, Le Normant, 3 fr.
- Jeanne d’Arc (novembre 1827), Paris, Le Normant, 177 p., 3,50 fr.
En novembre 1829 paraît son dernier ouvrage, un court recueil de vers latins traduits en français : Tablettes poétiques (1829), Paris, Le Normant, 28 p., réédité en février 1831. (Long compte-rendu dans le Figaro du 23 juin 1830, .)
1834
(79 ans)- 17 mar.Décès à Paris.