Philippe-Alexandre Le Brun de Charmettes

Histoire de Jeanne d’Arc (1817)

La première biographie complète et continue consacrée à l’héroïne.
Couverture du tome I.
Date de publication
1817
Catégorie

Présentation

L’Histoire de Jeanne d’Arc de Le Brun de Charmettes, en quatre volumes, constitue la première biographie complète et continue consacrée à l’héroïne.

Enrôlé à 15 ans comme canonnier dans la garde nationale (1800), il part combattre les Anglais à l’île Maurice, où il est fait prisonnier à trois reprises. C’est dans ces circonstances qu’il conçoit l’idée d’une grande épopée nationale célébrant la libération d’Orléans par Jeanne d’Arc. En 1810, un extrait de son poème, l’Orléanide, paraît dans le Moniteur universel, accompagné de notes affirmant l’ancrage historique de son récit. Cette démarche préfigure son travail d’historien : son Histoire de Jeanne d’Arc devient ainsi une vaste annotation historique à son poème à venir.

Pendant cinq ans, il explore toutes les sources disponibles, en particulier les manuscrits recensés par L’Averdy dans ses Notices et extraits des manuscrits du Roi (1790). En 1815, son Histoire est achevée : quatre volumes comprenant un tiers de citations de sources contemporaines, ordonnées chronologiquement, et quelques 3 800 notes de bas de page. Les Cent-Jours et la seconde abdication de Napoléon retardent la publication ; entre-temps, il devient sous-préfet de Saint-Calais (1815) et se marie (1816). L’ouvrage sort enfin début août 1817.

La critique l’accueille avec enthousiasme, de Charles Nodier (littérateur), Conrad Malte-Brun (géographe), Pierre-François Tissot et Pierre Daunou (historiens). Bien que légitimiste et catholique fervent, Le Brun évite toute perspective idéologique, ce qui lui vaut un consensus rare, salué par des journaux ultra-royalistes (Gazette de France, La Quotidienne), royalistes modérés (Moniteur universel, Journal des débats), neutres (Journal de Paris, Journal général) et libéraux (Journal des savants).

Cette œuvre marque un tournant dans l’historiographie johannique, inaugurant l’érudition moderne sur Jeanne d’Arc. Elle inspire des abrégés, des traductions, et surtout les historiens suivants, comme Guido Görres et Jules Michelet. L’érudit Gustave Rudler, professeur de littérature française à Oxford, souligne que l’Histoire de Le Brun fut pour Michelet sa source essentielle, son livre de chevet, servant de guide, de structure chronologique, d’appareil critique et de réservoir d’idées, de jugements, de rapprochements, d’appréciations, d’impressions diverses, et va jusqu’à qualifier ses pages d’abrégé : Fort, lumineux, aimable, touchant, porté par une décision d’esprit, une vigueur de talent, une maîtrise du style et un art souverain du raccourci. Mais un abrégé.

Cité, résumé, parfois pillé ou plagié, Le Brun de Charmettes disparaît de la mémoire collective après 1850, occulté par la publication des Procès de Quicherat et la célébrité de la Jeanne de Michelet, mais aussi, plus mystérieusement, par son effacement des débats sur Jeanne d’Arc et plus généralement par son retrait de la vie publique. À sa mort en 1880, l’examen de sa bibliothèque révèle qu’il ne cessa pourtant pas de s’intéresser au sujet, acquérant les ouvrages publiés et les annotant. Mais son silence reste total. Si Jeanne d’Arc reste une énigme pour Michelet, Le Brun de Charmettes demeure un mystère pour nous.

Images (8)

[1817]

Portrait de Jeanne d’Arc, d’après le tableau de l’hôtel-de-ville d’Orléans.

Par : Couché fils, d’après un dessin de Vauzelles

[1817]

Vue de la maison où naquit la Pucelle.

Par : Couché fils, d’après un dessin de Vauzelles

[1817]

Vue de l’intérieur de la chambre où naquit la Pucelle.

Par : Couché fils, d’après un dessin de Vauzelles

[1817]

Entrée de Charles VII et de la Pucelle dans la ville de Reims.

Par : Couché fils, d’après un dessin de Vauzelles

[1817]

Ruines du château de Mehun-sur-Yèvre.

Par : Couché fils, d’après un dessin de Vauzelles

[1817]

Vue de la grosse tour où la Pucelle fut enfermée.

Par : Couché fils, d’après un dessin de Vauzelles

[1817]

La Pucelle en habit de religieuse, écoutant sa sentence de mort.

Par : Couché fils, d’après un dessin de Vauzelles

[1817]

Vue du monument élevé à Rouen, à l’endroit où périt la Pucelle.

Par : Couché fils, d’après un dessin de Vauzelles

Édition

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