Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

Chronologie

Toute la procédure au jour le jour, depuis la délivrance du rescrit du pape à la famille de Jeanne (Rome, mercredi 11 juin 1455) jusqu’au prononcé de la sentence (Rouen, mercredi 7 juillet 1456).

1455

Juin

  • 11 juin
    Rome. Le pape Calixte III signe le rescrit qui délègue aux juges la cause de nullité et de justification de Jeanne dans le procès mené par le trio Cauchon, Estivet et Lemaître.

Novembre

  • 7 novembre
    Paris, Notre-Dame. — Isabelle et Pierre d’Arc se présentent devant les juges pour leur remettre le rescrit. Ceux-ci les appellent à mûrir leur décision pendant dix jours et les convoquent le 17.
  • 17 novembre

    Isabelle et Pierre se présentent à nouveau devant les juges qui reçoivent et lisent le rescrit. Pierre Maugier, l’avocat de la famille, l’explique en français. Les juges s’adjoignent l’inquisiteur de France Jean Bréhal et ordonnent les premières citations :

    • les actuels évêque, promoteur et vice-inquisiteur de Beauvais (le trio des successeurs) sont convoqués le 12 décembre à Rouen pour contester le rescrit ;
    • les simples témoins du premier procès, le 20 décembre.
  • 18 novembre
    Isabelle et Pierre désignent leurs procureurs pour la cause, à Rouen, Paris et Beauvais. Le 24, Jean d’Arc désigne les mêmes.
  • 29 novembre
    Beauvais. — Jean de Frocourt, notaire apostolique reçoit la citation et s’en va la porter personnellement aux intéressés.

Décembre

  • 12 décembre
    Rouen, Palais archiépiscopal, 1e audience. — Aucune des personnes citées ne comparait. Les juges prolongent jusqu’au 15.
  • 15 décembre
    Les juges désignent leur notaires et leur promoteur Simon Chapitault, et prolongent à nouveau l’assignation jusqu’au 20. Ils reçoivent de Guillaume Manchon, ses notes et les originaux du premier procès, ainsi que l’enquête du cardinal d’Estouteville de 1452.
  • 16 décembre
    Les juges précisent la citation des témoins par une nouvelle citation nominative. Le 18, le notaire archiépiscopal Richard de Sainte-Maréglise confirme que les personnes citées ont été convoquées les 19 et 20.
  • 18 décembre
    Guillaume Prévosteau, procureur des plaignants, remet aux juges leur demande écrite (qui contient la substance des prochains 101 articles de leur mémoire de plaidoirie).
  • 20 décembre
    Avant l’audience, le chanoine Jean de Gouys remet aux juges une cédule des héritiers de Cauchon déclarant renoncer à défendre le procès de leur défunt aïeul. Dès lors la partie adverse se limite au trio des successeurs.
  • 20 décembre

    Rouen, 2e audience. — Le procureur des plaignants remet au tribunal son mémoire de plaidoirie en 101 articles et demande son admission. Le promoteur déclare que l’information préalable sur Jeanne manque dans les actes du premier procès et demande une enquête à Domrémy sur cette information.

    Les juges se déclarent compétents, assignent au 16 février pour l’admission des 101 articles et ordonnent une enquête au lieu de naissance de Jeanne.

1456

Janvier

  • 10 janvier
    Le tribunal ordonnent une citation à Paris de témoins du prermier procès. Quatre témoins sont interrogés entre le 10 et le 15 (dont Thomas de Courcelles).
  • 26 janvier–13 février
    Enquête au lieu de naissance de Jeanne. — Toul le 26 janvier ; Jean d’Arc (prévôt de Vaucouleurs) est à Toul pour remettre leur lettres de commission aux deux chanoines désignés pour l’enquête. 21 témoins sont interrogés à Domrémy (28-30 janvier), 6 à Vaucouleurs (31 janvier, dont Jean de Metz), 7 à Toul (5-11 février, dont Bertrand de Poulengy). Le 13 février, les dépositions écrites sont certifiées par les notaires et envoyées aux juges.

Février

  • 12 février
    Beauvais. — Gérard Toussaint, notaire apostolique, remet aux trio des successeurs leur nouvelle citation pour le 16 et une copie des 101 articles, qu’ils refusent.
  • 16 février
    Rouen, 3e audience. — Comparaissent Regnault Bredouille, promoteur du diocèse de Beauvais (en son nom et en celui de son évêque) et Jacques Chaussetier (au nom du couvent dominicain de Beauvais). Les juges prolongent l’audience jusqu’au lendemain.
  • 17 février

    Les 101 articles sont lus en présence des parties. Bredouille nie leur contenu mais déclare renoncer à les contester judiciairement. Lui et Chaussetier déclarent s’en remettre à la sagesse des juges et demandent à ne plus être sollicités.

    Les juges admettent les 101 articles et ordonnent des enquêtes à Orléans, Paris et Rouen pour que soient interrogés des témoins sur ces articles ; les enquêtes doivent être remises avant le 7 avril.

    Jean Bréhal qui ne pourra assister à tous les interrogatoires désigne le dominicain Thomas Vérel son subdélégué.

  • 22 février–16 mars
    Enquête à Orléans. — L’archevêque de Reims se rend à Orléans pour l’interrogatoire de 6 témoins notables (du 22 février au 8 mars, dont Dunois, Gaucourt). 32 bourgeois sont interrogés par les notaires (le 16 mars).

Mars

  • 31 mars
    Le tribunal accorde aux plaignants un délai d’une semaine (du 7 au 14 avril) pour remettre leurs enquêtes.

Avril

  • 2–5 avril
    Enquête à Paris. — L’archevêque de Reims, l’évêque de Paris et l’inquisiteur Jean Bréhal se rendent à Paris pour l’interrogatoire de 8 témoins.
  • 18 avril
    Le tribunal allonge à nouveau le délai d’un mois (du 14 avril au 12 mai) pour remettre leurs enquêtes.
  • 20 avril
    L’archevêque de Reims écrit de Paris à Jean d’Aulon (son beau-frère) pour l’enjoindre de déposer devant notaire ce qu’il sait sur Jeanne.
  • 20 avril–11 mai

    Enquête à Paris (fin). — Les 12 derniers témoins parisiens sont interrogés devant l’archevêque de Reims, l’évêque de Paris et Thomas Vérel (20 avril-11 mai).

    L’évêque de Paris n’est plus présent à partir du 7 mai, probablement en route pour Rouen où les interrogatoires vont commencer.

Mai

  • 10–14 mai
    Enquête à Rouen. — 19 témoins sont interrogés devant l’archevêque de Rouen (le cardinal d’Estouteville), l’évêque de Paris et Jean Bréhal.
  • 12–13 mai

    Rouen, 4e audience. Les plaignants remettent les enquêtes au tribunal (l’évêque de Paris et Jean Bréhal) et demandent leur admission, ainsi que d’autres dépositions en cours ou prévue. Les juges admettent les enquêtes et citent le trio des successeurs le 1er juin pour les contester.

  • 28 mai
    Lyon, couvent des dominicains. Jean d’Aulon se présente et dépose devant le vice-inquisiteur de France Jean des Prés.
  • 30 mai

    Depuis Paris, les juges désignent Jean Lefèvre et Hector Coquerel comme commissaires délégués pour les remplacer auprès de Jean Bréhal.

    (Pendant que la procédure se poursuivra sans eux à Rouen, les juges vont passer une partie du mois de juin à Paris pour inspecter l’ensemble des pièces du procès avec l’aide de nombreux juristes et théologiens. Ils les inspecteront de nouveau à Rouen.)

Juin

  • 1–2 juin
    Rouen, 5e audience. — Les commissaires admettent les enquêtes et citent les parties le 4 juin pour la dernière production de pièces.
  • 4–5 juin
    Rouen, 6e audience. — Les plaignants produisent leurs dernières pièces (dont une note de Manchon sur les corrections des douze articles et la lettre de garantie du roi d’Angleterre). Les commissaires citent le trio des successeurs le 9 juin pour les contester.
  • 9–10 juin
    Rouen, 7e audience. — Les commissaires admettent les nouvelles pièces et laissent aux juges l’assignation d’un jour pour conclure.
  • 18 juin
    Paris, Notre-Dame, dans une salle de l’évêché. — Jean d’Arc et le promoteur comparaissent devant les juges au grand complet (l’évêque de Coutances présent pour la première fois) et Jean Bréhal. Les parties sont citées à comparaître le 1er juillet pour conclure.

Juillet

  • 1–2 juillet
    Rouen, 8e audience. — Les plaignants (dont Jean d’Arc en personne) et le promoteur déposent leur motifs de droits. Les juges les admettent, concluent la cause, et citent les parties à comparaître le 7 juillet pour le prononcé de la sentence.
  • 7 juillet
    Rouen, dernier jour du procès. — Devant Jean d’Arc et les procureurs des plaignants, les juges prononcent la sentence qui annule les douze articles ; déclare nul de fait et annule au besoin le procès et ses suites ; déclare l’innocence de Jeanne, sa réhabilitation et celle de sa famille ; ordonnent des processions à Rouen et l’annonce de la sentence dans tout le royaume.
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