Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Faux notaires

Guillaume Manchon

Durant une longue période du procès, deux autres écrivains se tenaient cachés près d’une fenêtre ; après le déjeuner les notaires et les docteurs se réunissaient pour mettre au propre les notes du matin, et Manchon était incité à corriger son rapport d’après celui desdits écrivains : mais il n’a rien changé, mais a écrit fidèlement.

Warwick, Cauchon et Loyseleur convoquèrent les deux notaires ; pour élucider la question des apparitions de Jeanne, ils avaient décidé que Loyseleur se ferait passer pour un laïc lorrain et partisan du roi de France, serait laissé seul avec Jeanne, et qu’on les écouterait en cachette depuis la pièce d’à côté. Loyseleur s’introduisit, fit semblant de donner des nouvelles du royaume puis l’interrogea sur ses révélations ; les notaires refusèrent cependant d’enregistrer ses réponses, obtenues de manière malhonnête, et qu’il faudrait la réinterroger dans les formes de justice. — Jeanne eut toujours grande confiance en ce Loyseleur ; il l’entendit plusieurs fois en confession ; et allait généralement s’entretenir avec elle avant ses interrogatoires.

Au début du procès, d’autres notaires se tenaient cachés dans une fenêtre par des tentures, sous l’œil de Nicolas Loyseleur, écrivant ce qu’ils voulaient et omettant les justifications de Jeanne. Lui-même, Boisguillaume et le clerc de Beaupère se tenaient aux pieds des juges. Leurs écritures différaient, entraînant des querelles ; d’où les Nota qu’il ajoutait à côté de certains points pour signaler qu’il faudrait réinterroger Jeanne (art. 2-4).

Pierre Miget

Avait entendu Manchon parler de gens cachés derrière les courtines et s’était plaint du procédé aux juges. Mais croit qu’au final le procès signé des notaires est fidèle.

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