Abbé Stéphen Coubé (1857–1938)
- L’âme de Jeanne d’Arc (1910)
- Jeanne d’Arc et la France (1910)
Chronologie
1857
- 28 oct.Naissance à Lyon, sixième de huit enfants. Il est baptisé en l’église Saint-Nizier.
1868
(10 ans)-
Entrée au collège des Jésuites d’Avignon.
1869
(11 ans)- 1869–1880Poursuite des études chez les Jésuites de Poitiers, où ont déménagé ses parents. Brillant dans toutes les matières, il obtient successivement ses baccalauréats de science (Anger) et de lettres (Rennes) ; puis avec honneur sa licence de lettres à la Sorbonne.
1879
(21 ans)- jun.Il est ordonné sous-diacre.
1880
(22 ans)- 1880–1885Il enseigne au collège jésuite de Vaugirard (1880-1881), à la faculté catholique d’Angers (1882-1883) puis au collège jésuite de Cantorbéry (1883-1885).
1886
(28 ans)- jan. 1886–jan. 1888Il passe deux années en mission aux Indes.
1888
(30 ans)- 1888–1890Peu après son retour, il va terminer ses études théologiques sur l’île de Jersey, où les Jésuites s’étaient installés après leur expulsion en 1880.
1890
(32 ans)- sep.Il est ordonné prêtre à Quimper (plutôt qu’à Jersey, pour permettre à son père malade d’assister à l’ordination).
1892
(34 ans)-
Il emménage à Paris, dans la maison des pères jésuites au 35, rue de Sèvres.
1894
(36 ans)-
Le père Ayroles s’installe également rue de Sèvres.
Le pape Léon XIII vient de distinguer sa Vraie Jeanne d’Arc d’un bref (25 juillet 1894), l’invitant à se consacrer à ses recherches.
Il est fort probable que l’abbé Coubé ait développé son intérêt pour l’héroïne à son contact.
- mai
Premier panégyrique de Jeanne d’Arc à l’Institut Catholique de Paris, devant Mgr d’Hulst qui l’en félicite.
Mgr Maurice d’Hulst (1841-1896) fondateur (1875) et premier recteur de l’Institut catholique de Paris.
1899
(41 ans)- 14 mai
Panégyrique de Jeanne d’Arc à Notre-Dame, à l’invitation du cardinal-archevêque de Paris Mgr Richard.
1901
(43 ans)- 25 avr.
Prononciation du célèbre et polémique discours
Le Glaive Électoral
à Lourdes.Dans un contexte de persécutions religieuses (vote de la loi sur les congrégations), Coubé y appellait les catholiques à utiliser leur vote comme un
glaive
pour se défendre contre la secte qui les opprimait (la franc-maçonnerie). Effrayé par l’enthousiasme tumultueux de la foule immense (entre 100 000 et 140 000 personnes), et craignant des représailles gouvernementales (comme la fermeture de Lourdes) l’évêque de Tarbes, Mgr Schœpfer, tenta de faire taire l’orateur en plein sermon et interdit ensuite sa publication. La presse nationale s’empara de l’affaire : la gauche (dont Clemenceau) y vit un appel à la guerre civile, tandis que le gouvernement Waldeck-Rousseau tenta d’obtenir de Rome l’interdiction de prédication pour Coubé. 1904
(46 ans)- 29 fév.
Portrait de l’abbé Coubé en une de Gil Blas, par Jean Ernest-Charles.
- 8 mai
Le président Combes, farouche anticlérical, intervient personnellement pour faire interdire son panégyrique de Jeanne d’Arc à Périgueux.
Dimanche 8 mai, le père Coubé, jésuite sécularisé, devait prononcer à la cathédrale de Périgueux un sermon en l’honneur de Jeanne d’Arc. [...] Mais la sécularisation de M. Coubé n’est pas très sérieuse. Et le gouvernement a des raisons d’en suspecter la sincérité. [...] Les républicains annonçaient d’ailleurs qu’ils feraient respecter la loi. [...] M. Combes, par l’intermédiaire du préfet, a interdit la prédication de M. Coubé. Au cas où le Père jésuite parlerait quand même, le ministre des Cultes menaçait, le traitement de M. Delavaivre étant supprimé depuis longtemps, de supprimer le traitement de tous les chanoines et de tous les curés et vicaires de l’Église cathédrale. L’argument a été efficace. M. Coubé allait prendre le train pour Périgueux quand un avis de M. Delavaivre lui est parvenu. M. Coubé est resté à Paris le dimanche 8 mai.
- 8 déc.
Entretien dans le Gaulois avec le journaliste Julien de Narfon, au sujet de l’affaire Thalamas.
1906
(48 ans)- 3 sep.
Il quitte la Compagnie de Jésus.
Ce départ était motivé par un besoin de liberté (il avait dû renoncer à sa Ligue Nationale de Jeanne d’Arc) et la crainte de compromettre la Compagnie par la hardiesse de ses idées ou la nouveauté de ses méthodes d’action.
1908
(50 ans)- 8 mai
Panégyrique de Jeanne d’Arc à la cathédrale d’Orléans.
Quelques semaines plus tôt, l’abbé Coubé y avait prêché le Carême. Le prédicateur prévu pour le 8 mai ayant fait faux bond, l’évêque d’Orléans Mgr Touchet l’avait invité à le remplacer.
Mgr Touchet le nomme chanoine honoraire de sa cathédrale.
1909
(51 ans)-
Il parcourt la France à l’occasion de la béatification de Jeanne d’Arc et prononce quelques 70 panégyriques.
Ses discours sont publiés l’année suivante dans l’Âme de Jeanne d’Arc et Jeanne d’Arc et la France.
-
Publication de son roman Âmes juives, dans lequel il décrit le milieu juif à l’époque du Christ.
Grand succès (20 éditions), l’ouvrage sera néanmoins mis à l’Index en juin 1913 : en s’appuyant sur une tradition contestée (mais partagée par saint Augustin ou saint Thomas d’Aquin), il identifiait les noces de Cana comme étant celles de saint Jean.
1914
(56 ans)- 4 jun.Quatrième et dernière prédication à Notre-Dame de Paris, à l’occasion du service célébré pour la Société du Souvenir Français.
- 28 jul. 1914–11 nov. 1918Grande Guerre. — Intense activité de conférences patriotiques pour soutenir le moral national.
1921
(63 ans)-
Carême. Prédication à New York et importante tournée de conférences au Canada.
1925
(67 ans)-
Carême. Prédication à Montréal suivie de 120 conférences au Canada.
1926
(68 ans)-
Carême. Prédication à Woonsocket et participation au Congrès Eucharistique de Chicago (20-24 juin).
1937
(79 ans)-
Dernière année d’activité exceptionnelle (82 sermons de Carême, pèlerinages à Paray-le-Monial et Lourdes).
- nov.Dernier grand discours solennel au Sacré-Cœur de Montmartre.
1938
(80 ans)- 10 jan.Il meurt dans son appartement parisien où il vivait seul : on le retrouve dans son fauteuil, le visage serein, un chapelet à la main.
