D. Fraioli
: Joan of Arc: The Early Debate (2000)
Table des matière
Table
- Table of Contents (English)
- Table des matières détaillée (Français)
Des intertitres ont été ajoutés pour rendre visible la structure de chaque chapitre et faciliter la navigation — cette table des matières détaillée pouvant ainsi tenir lieu de résumé de l’ouvrage.
Joan of Arc The Early Debate
- Chinon and the Gelu Correspondence
- De quadam puella
- The Poitiers Conclusions
- Prophecy
- Lettre aux Anglais
- The Dissertatio of Jacques Gelu
- Christine de Pizan’s Ditié de Jehanne d’Arc
- De mirabili victoria
- Collectarium historiarum
- Reply of a Parisian Cleric
- Martin Le Franc’s Le champion des dames
- Conclusions
- Appendix
- De quadam puella (concerning a certain young girl)
- The Poitiers Conclusions
- Lettre aux Anglais
- De mirabili victoria
- Martin Le Franc’s Le champion des dames (Joan of Arc passage)
- Bibliography
- Index
Jeanne d’Arc Le débat initial
Sommaire de la table détaillée :
- Chinon et la Correspondance de Gélu
- De quadam puella (DQP)
- Les Conclusions de Poitiers
- Prophétie
- La Lettre aux Anglais
- La Dissertatio de Jacques Gélu
- Le Ditié de Jehanne d’Arc de Christine de Pizan
- De mirabili victoria (DMV)
- Le Collectarium historiarum de Jean Dupuy
- La Réponse d’un clerc parisien
- Le Champion des dames de Martin Le Franc
Table détaillée
- Préface
- Introduction
- La polarisation autour de Jeanne a surtout été lue comme politique (de son vivant jusqu’à aujourd’hui, souligne Charles Lightbody)
- En réalité, le débat fut avant tout théologique : comment valider sa mission divine ? : problème du discernement des esprits (discretio spirituum) ; clé de lecture des œuvres de Christine de Pizan et Martin Le Franc
- Reconstituer la chaîne des documents permet d’établir la cohérence théologique d’un corpus dont les liens n’avaient pas été reconnus (Chinon–Poitiers–propagande de 1429 et son héritage littéraire)
- Chinon et la Correspondance de Gélu
- L’arrivée de Jeanne à la Cour : prétention prophétique et déclenchement du discernement
- Une mission divine attestée par des
signes
(reconnaissance du roi et révélation du secret) - Du ridicule à l’enquête (étapes classiques du prophète) ; le secret comme signe décisif ouvrant l’examen théologique
- Une mission divine attestée par des
- Un premier examen à Chinon
- Examen véritablement théologique : mise en œuvre des principes du discernement (contre l’hypothèse d’une simple validation politique de Roger Little)
- Portrait des examinateurs : exilés politiques mais théologiens chevronnés et intègres, proches de Gerson (Gérard Machet, Pierre de Versailles, Morin)
- Une approbation prudente, préparant le recours à des avis extérieurs non partisans
- Des consultations extérieures
- Gélu et De quadam puella (DQP, traité au chapitre suivant)
- Les lettres de Jacques Gélu : premier jugement conservé sur Jeanne
- Portrait de Jacques Gélu : autorité ecclésiastique, rompu à la pratique du discernement
- Première lettre (Girard/l’Hermite à Gélu) : rapport enthousiaste sur l’arrivée de Jeanne et premiers éléments d’examen (piété, précédents bibliques : Déborah, Judith)
- Deuxième lettre (réponse de Gélu) : prudence et soupçon (risque d’illusion renforcé par l’âge, le sexe et la condition paysanne) ; appel à une enquête sur sa vie et ses mœurs
- Troisième lettre (Gélu au roi et à la reine) : mise en garde et exigence d’examen approfondi, mais ouverture doctrinale (Dieu peut sauver par une femme)
- Quatrième lettre (Gélu) : suspension du jugement et temporisation (le temps comme critère du discernement) ; appel à une enquête plus large (préfiguration de Poitiers)
- L’arrivée de Jeanne à la Cour : prétention prophétique et déclenchement du discernement
- De quadam puella (DQP)
- Un traité anonyme du discernement appliqué au cas de Jeanne
- Flou sur l’auteur, la date, le destinataire et le contexte (en III, arguments en faveur d’un traité pré-Poitiers, attribué à Gerson plutôt qu’à Henri de Gorkum)
- Hypothèse d’un traité destiné aux théologiens appelés à discerner le cas de Jeanne
- Structure et contenu
- Présentation du cas
- Cadre théologique : la France comme nouvel Israël et la possibilité d’un prophète
- Récit biographique : ce que l’on sait de Jeanne et de sa prétention d’être
envoyée de Dieu
(a Deo) - Parallèle avec le mythe de l’investiture qui prend de l’ampleur : Jeanne intermédiaire entre Dieu et le roi (Dupuy, Morosini, Windecke)
- Questions à examiner
- Trois possibilités (humain, diabolique, divin) : Jeanne est-elle humaine ? Ses actes dépassent-ils l’ordre naturel ? Si oui, procèdent-ils d’un esprit diabolique ou divin ?
- Des distinctions universellement admises (y compris par les juges de Rouen)
- Douze propositions pour guider les examinateurs
- Six en faveur de Jeanne : son humanité véritable, la possibilité théologique du prophétisme féminin (1 Co 1,27), ses qualités morales, son désintéressement et sa recherche de la paix
- Six contre : la possibilité de faux prophètes, pouvant contrefaire les signes ; une objection majeure : l’habit masculin, contraire à l’Écriture (Dt 22,5)
- Présentation du cas
- Justification de l’hypothèse d’un traité pré-Poitiers
- Un traité non partisan : outil méthodologique plutôt que prise de position, neutralité conforme à la phase pré-décisionnelle du discernement
- Attribution à Gerson plutôt qu’à Henri de Gorkum ? DQP, traité prudent et neutre, paraît à l’auteure plus conforme au style de Gerson que DMV (chapitre 8), plus engagé et qui lui est pourtant attribué
- Datation avant Poitiers ? DQP fait certes mention de succès militaires mais son silence sur Orléans et le ton neutre accrédite l’hypothèse d’une rédaction pré-Poitiers
- Un traité anonyme du discernement appliqué au cas de Jeanne
- Les Conclusions de Poitiers
- L’examen de Poitiers : moment décisif du discernement
- Après les consultations préliminaires, l’heure de trancher
- Un examen véritablement théologique : contre la thèse de la conspiration politique (Roger Little, Anatole France)
- Portrait des examinateurs : élite théologique du parti français
- Une décision ecclésiastique préalable à l’approbation militaire
- Analyse des Conclusions de Poitiers
- Les deux critères du discernement appliqués à Jeanne
- Examen de la vie : mœurs et intention ; la
nécessité
au sens théologique ; difficulté persistante de l’habit masculin (l’accusation ne naît pas à Rouen) - Exigence d’un signe : Jeanne annonce que le signe sera la libération d’Orléans : dilemme des examinateurs
- Examen de la vie : mœurs et intention ; la
- Une approbation prudente et conditionnelle (à l’issue à Orléans)
- Les deux critères du discernement appliqués à Jeanne
- Conclusion : une procédure de discernement théologiquement orthodoxe, conforme aux traités de Gerson (quoique exceptionnelle)
- L’examen de Poitiers : moment décisif du discernement
- Prophétie
- Après la légitimation par les clercs (Poitiers) : la légitimation par les prophéties
- Élaboration de deux textes militaires à portée théologique : Virgo puellares et la Lettre aux Anglais (chapitre suivant)
- Trois grandes traditions prophétiques associées à Jeanne par la rumeur populaire
- La vierge rédemptrice : la France perdue par une femme (Isabeau de Bavière), sauvée par une vierge (Jeanne)
- Le Second Charlemagne : légitimité dynastique (Charles fils de Charles) et destin glorieux de la France
- La prophétie de sainte Brigitte : désolation de la France due au péché et réforme morale (version expurgée de son parti pris anglais)
- Recherche active de prophéties anciennes prouvant que Jeanne avait été prophétisée : Bède, Merlin et la Sibylle
- Virgo puellares : fabrication d’une prophétie nouvelle au service de la cause française
- Genèse : les prophéties anciennes jugées trop vagues, composition d’un nouveau poème prophétique à partir de Merlin (Descendet virgo)
- Contenu et fonction : légitimer l’habit masculin et l’autorité militaire de Jeanne ; diffusion et postérité
- La réponse anglaise : rejet polémique du prophétisme johannique
- Après la légitimation par les clercs (Poitiers) : la légitimation par les prophéties
- La Lettre aux Anglais
- Fruit de l’approbation de Poitiers : un manifeste théologique autant que militaire
- Analyse interne de la Lettre
- Contenu doctrinal : quatorze points essentiels
- Différence avec une convocation militaire de l’époque : quatre points remarquables
- Dieu seul décide de l’issue de la bataille : promesse du succès (
aux horions
) - Une sommation fondée sur la Bible (Deutéronome 20) : offre de paix plutôt que simple convocation au combat
- Jeanne messagère de Dieu : une prophétie plus qu’un plan militaire
- Une portée universelle (au-delà d’Orléans) : légitimité dynastique, souveraineté nationale et appel à la croisade
- Dieu seul décide de l’issue de la bataille : promesse du succès (
- Unité du texte : réfutation de la théorie d’une Lettre reconstituée à partir de quatre lettres séparées
- Lectures de la Lettre : une réponse aux enjeux de la mission
- La Pucelle comme identité militaire : réponse préventive à l’accusation de prostituée
- Expression publique du secret révélé au roi (Charles
vray héritier
) - Réponse au traité de Troyes : contestation des titres anglais et affirmation de la souveraineté nationale
- Distinction d’avec les autres prophétesses (sainte Brigitte, Marie d’Avignon) : Jeanne ne se contente pas d’annoncer la volonté divine, elle l’exécute
- Réponses anglaises à la Lettre
- Réactions des soldats (d’après les chroniqueurs) : crainte et dérision
- La lettre de Bedford à Charles VII (7 août 1429) : peut-être en réponse à la Lettre de Jeanne
- Au procès de condamnation : exploitation partielle et déformation des arguments théologiques
- La lettre d’Henri VI au duc de Bourgogne (1431) : contre-récit final — Jeanne non pas envoyée de Dieu mais hérétique
- La Dissertatio de Jacques Gélu
- Une conversion spectaculaire : de la méfiance à l’adhésion
- Contexte de rédaction : après Orléans, avant Reims ; à l’intention du roi
- Réaffirmation et dépassement des Conclusions de Poitiers : de la permission à l’obligation de suivre Jeanne
- La lettre dédicatoire : confirmation du destinataire, témoignage d’un culte populaire naissant
- Analyse de la Dissertatio
- Introduction : justification théologique de la conversion de Gélu
- Le merveilleux comme preuve : Gélu, d’abord méfiant, reconnaît la main de la Providence
- La Providence justifiée par la notion théologique de nécessité
- Tableau dramatique de la désolation du royaume
- Cinq raisons d’intervention divine (légitimité dynastique de Charles, fidélité religieuse de la France ; cruauté des Anglais, leur absence de titre, les troubles qu’ils infligent à toute la chrétienté)
- Réfutation de cinq objections théologiques (quaestiunculas)
- Dieu intervient-il dans l’histoire d’un peuple ? : justification par la Bible (Tobit) et les mystères divins
- Pourquoi une jeune fille plutôt qu’un ange ? : le choix d’une paysanne pour humilier l’orgueil anglais
- L’habit masculin (Dt 22,5) : justification par l’esprit de la loi plutôt que la lettre (Thomas d’Aquin, Gerson)
- Jeanne est-elle inspirée de Dieu ? : Dieu seul sait, mais on peut le présumer (discernement) — le temps écoulé comme confirmation
- Providence vs prudence humaine : certes Dieu agit, mais l’homme doit travailler avec lui, sans tenter sa providence
- Conclusion : exhortation à Charles VII — obéir à la Pucelle
- Lorsque Dieu se manifeste, ne pas lui résister
- Reprise et confirmation des Conclusions de Poitiers par le temps écoulé et le succès d’Orléans
- Mise en garde : danger de se fier à ses propres forces plutôt qu’à Dieu ; Gélu proclame Jeanne ange du Dieu des armées
- Exhortation finale : obéir à Jeanne comme si elle venait de Dieu (tanquam a Deo) sous peine d’être abandonné de Dieu
- Introduction : justification théologique de la conversion de Gélu
- Une conversion spectaculaire : de la méfiance à l’adhésion
- Le Ditié de Jehanne d’Arc de Christine de Pizan
- Introduction : une nouvelle pièce dans un débat johannique en cours — mise en poésie de la mission divine de Jeanne et propagande sacrée qui en découle
- Écrit à un stade avancé du débat (31 juillet 1429), en territoire ennemi (anglo-bourguignon)
- Double objet au-delà de la célébration de Jeanne
- Propagande politique : rallier le territoire ennemi à Charles à un moment décisif mais encore indécis
- Polémique théologique : réfuter les objections des détracteurs de la mission divine de Jeanne
- Des arguments théologiques puisés dans le débat johannique (Dissertatio de Gélu, Conclusions de Poitiers, Lettre aux Anglais et prophéties) ; Christine bien informée malgré son isolement à Poissy
- Structure rhétorique des soixante et une stances
- Christine, témoin de l’intervention divine (stances 1-12) :
Je
(Christine parle en son nom) - Charles face à son élection divine (stances 13-20) :
Et toi
(Christine l’apostrophe) - Jeanne, preuve de l’intervention divine et de l’élection de Charles (stances 21-36) :
Et toi
- Propagande et exhortation (stances 37-61) :
Et vous
- Christine, témoin de l’intervention divine (stances 1-12) :
- Analyse du Ditié
- Stances 1-12 : Christine témoin de l’intervention divine
- Je, Christine : voix du peuple qui constate le retournement miraculeux après la désolation (parallèle avec la notion théologique de nécessité chez Gélu et dans les Conclusions de Poitiers)
- La répétition de
par
(par Dieu, par miracle, par la Pucelle) : marteler la nature divine de l’intervention — et assumer la dimension polémique (quoi qu’il en déplaise, stance 7) - La France comme peuple élu : fidélité religieuse et mérite de l’intervention divine ; parallèle avec DQP et Gélu)
- Stances 13-20 : Charles face à son élection divine
- Derrière l’éloge, une mise en garde (ton du conseiller expérimenté : Christine, comme Gélu, a l’âge d’être grand-parent de Charles) : Charles élu à condition qu’il fasse son devoir
- Les prophéties du Second Charlemagne et du Cerf Volant : Charles promis à la grandeur par grâce divine, non par ses propres mérites
- Prière d’action de grâces à Dieu pour l’aide apportée à Charles (stance 20)
- Stances 21-36 : Jeanne comme preuve de l’intervention divine (Christine attend la stance 21 pour parler de Jeanne — le silence comme évidence et mécanisme de louange inversé)
- Jeanne Pucelle envoyée de Dieu : affirmation explicite de la mission divine (stance 21)
- Jeanne élevée au niveau divin (éloge indicible, stances 23-28)
- Jeanne dans la lignée des prophètes de l’Ancien Testament (Moïse, Josué, Gédéon — Esther, Judith et Déborah, négligées au profit de prophètes masculins) et les surpassant tous (rhétorique du dépassement) (stances 27-28)
- Les doubles sens féministes : en affirmant la nature surnaturelle de Jeanne, Christine retourne les insultes misogynes de la
querelle du Roman de la Rose
en preuves de sa grandeur (stances 24-26) - Validation des deux critères du discernement : Poitiers avait établi le premier (vie et mœurs de Jeanne) ; Christine témoigne du second (le signe : le miracle d’Orléans accompli) (stances 29-33)
- Les prophéties de Merlin, Bède et la Sibylle citées comme preuves accomplies (Christine y croit-elle sincèrement ou les utilise-t-elle comme outil de propagande ?) (stance 30)
- La rhétorique guerrière de la Lettre aux Anglais reprise et élargie aux Français rebelles : prouver la mission divine, menacer les récalcitrants, inviter à l’obéissance (stances 33-36)
- Propagande et exhortation (stances 37-61)
- Aux Français fidèles (stances 37-38) : félicitations, incitation à poursuivre — la guerre juste et la promesse du paradis
- Aux Anglais (stances 39-45)
- Leur défaite désormais inéluctable (retournement de la prophétie de sainte Brigitte)
- La mission de Jeanne va au-delà : elle a reçu de Dieu plus que tout autre prophète (image de la couronne : sainteté anticipée ?) et sa mission n’est pas achevée — paix dans la chrétienté et croisade en Terre Sainte
- Aux Français infidèles : Bourguignons (stances 46-52), Parisiens (stances 53-56) et villes rebelles (stance 57) : l’issue est inévitable et Charles, guidé par la Pucelle, offre son pardon
- Appel général à se soumettre au
chef suprême
(stance 60) — triple sens dechef
: Dieu, Charles, Jeanne — dans un contexte encore incertain (Paris non prise, Bourgogne hésitante) ; datation du poème (stance 61)
- Stances 1-12 : Christine témoin de l’intervention divine
- Diffusion et succès du Ditié : les trois manuscrits conservés, aux vocations très différentes, témoignent de son rayonnement — et confirment que les documents johanniques circulaient groupés en dossier
- Ms. Carpentras 390 (recueil de poésie courtoise) : le Ditié comme œuvre littéraire, au-delà de son contexte johannique
- Ms. Berne 205 (recueil pro-français, contexte de la soumission de Sens) : le Ditié comme outil de ralliement à Charles VII
- Registre delphinal de Mathieu Thomassin (chronique du Dauphiné, 1456) : le Ditié comme prétexte pour confirmer la mission divine de Jeanne
- Introduction : une nouvelle pièce dans un débat johannique en cours — mise en poésie de la mission divine de Jeanne et propagande sacrée qui en découle
- De mirabili victoria (DMV)
- Introduction : DMV, point de départ de la seconde phase du débat johannique
- Le traité johannique le plus diffusé au XVe siècle, et le plus influent
- Mais aussi le plus problématique : nature, authenticité, paternité incertaines ; surtout, sans lien avec les textes précédents (dossier officiel), il inaugure une nouvelle phase du débat johannique (commentaire et réaction au dossier)
- Structure et analyse
Deux parties distinctes :
- Défense de la croyance en Jeanne
- Section 1 : discussion scolastique sur ce qui est de foi (adhésion obligatoire) et de croyance pieuse (adhésion libre) : aucune mention de Jeanne
- Section 2
- Application à Jeanne : la croyance en Jeanne relève de la croyance pieuse ; réfutation de quatre accusations probablement entendues contre Jeanne (sortilèges, superstition, fraude, intérêt personnel)
- Quatre arguments en faveur de la croyance en Jeanne (adhésion du conseil du roi et des hommes d’armes, enthousiasme du peuple, peur chez les ennemis — via l’utilisation inédite du cantique à Marie, prudence de Jeanne) ; ordre naturel confirmé par des précédents chrétiens (Déborah, sainte Catherine, Judith, Judas Maccabée) ; avertissement : si les miracles venaient à cesser, il ne faudrait pas conclure à leur origine diabolique
- Quatre enseignements (concernant le roi et les princes, les soldats, les clercs, Jeanne), seul le dernier est détaillé : il faut l’accueillir avec bienveillance ; appel à la contribution de tous (écho avec Virgo puellares ?) ; conclusion : Ceci est l’œuvre de Dieu
- Défense de l’habit masculin (trois vérités)
- Trois arguments en faveur de l’habit masculin (juridiquement : cette loi de l’Ancien Testament n’est plus obligatoire ; moralement : le port de l’habit respecte l’esprit de la loi ; dans le cas précis : l’habit masculin se justifie par l’activité masculine)
- Affirmation définitive de la mission divine de Jeanne : des signes indubitables prouvent qu’elle a été choisie par Dieu comme son porte-étendard ; argument de sa virginité (comme sainte Cécile) ; conclusion : se taire devant l’œuvre de Dieu ; précédents profanes de Camille et des Amazones ; avertissement : l’ingratitude pourrait faire perdre le soutien de Dieu
- Défense de la croyance en Jeanne
- Les problèmes du traité
- Problèmes révélés par l’analyse interne
- Titre trompeur : La victoire merveilleuse ne correspond pas au contenu ; le vrai titre est probablement perdu (ligne grattée dans le ms. B.N. 14904)
- Date problématique : le 14 mai 1429 est impossible (délai irréaliste entre la victoire d’Orléans (8 mai) et la composition du traité) ; la défense de l’habit masculin et l’incertitude suggèrent une composition à l’automne 1429 — ce qui exclut Gerson, mort le 12 juillet
- DMV ignore les textes du débat johannique : l’auteur ne les a probablement pas reçus — incompatible avec la stature de Gerson
- Structure incohérente : passages disparates, transitions abruptes, sections contradictoires (Vallet de Viriville parle d’affaiblissement intellectuel)
- Problèmes révélés par la comparaison avec les autres textes du débat johannique : ressemblances de surface, différences profondes
- Absence des grands thèmes des documents de la première phase
- Légitimité dynastique de Charles VII, notion de patrie et noble passé chrétien de la France absents
- Absence de miracle attribué à la Pucelle : le cantique à Marie explique la peur ennemie ; Jeanne n’est présentée qu’en guerrière
- Absence d’intérêt politique ; détracteurs non identifiés (Bourguignons, ennemis ou futurs alliés ?)
- Traitement atypique de Jeanne : surtout guerrière, sans son côté féminin et doux ; virginité comme simple lien avec les anges plutôt qu’autorisation de son rôle guerrier ; non pas inspirée directement de Dieu mais par l’intermédiaire d’anges (auxiliantibus angelis — point qui deviendra crucial à Rouen) ; comparée à des précédents profanes inédits (Camille, Amazones) plutôt qu’aux prophètes de l’Ancien Testament
- Apparente méconnaissance de la procédure de discernement (la charge la plus grave)
- Langage non spirituel et fil argumentaire incohérent
- Absence du concept de
nécessité
, qui présuppose l’intervention divine - Premier critère du discernement (vie et mœurs du prophète) réduit à la seule virginité
- Deuxième critère du discernement mal compris (signe miraculeux) : les actes de Jeanne présentés comme relevant de l’ordre naturel
- Absence de justification de l’envoi d’un prophète (légitimité dynastique de Charles VII, France très chrétienne) ; ni mention de Jeanne comme prophète envoyée de Dieu (missa a Deo, absent de DMV contre six fois dans DQP)
- Défaut de références bibliques pertinentes ; but du traité jamais clairement annoncé
- Absence des grands thèmes des documents de la première phase
- Problèmes révélés par la comparaison avec De probatione de Gerson
- Enthousiasme incontrôlé vs prudence caractéristique de Gerson : signes indiscutables vs recherche d’un juste milieu entre fausses et vraies révélations
- Ignorance de la constance du prophète comme exigence de discernement : DMV semble admettre que les miracles peuvent être intermittents et conditionnels
- Statut ecclésiastique inférieur : l’auteur s’en remet à des supérieurs
- Problèmes révélés par l’analyse interne
- Diffusion paradoxale de DMV : hors des circuits royaux, mais partout ailleurs
- Absence des circuits royaux habituels (Tournai et La Rochelle servent de cas témoins) mais traces partout ailleurs : France, Belgique, Italie, Espagne, Bâle
- Quatre témoignages contemporains
- Justiniani, marchand italien à Bruges, novembre 1429 (chronique Morosini) : première attestation, réception enthousiaste
- Jean Dupuy, théologien à Rome, 1429 (Collectarium) : en cite des extraits, favorable (ch. 9)
- Réponse d’un clerc parisien, après le 8 septembre 1429 (manuscrit conservé à Bâle) : premier témoignage hostile, réfute en retournant les arguments (ch. 10)
- Martin Le Franc, poète présent au concile de Bâle (Champion des dames, 1440-1442) : DMV utilisé comme source littéraire (ch. 11)
- Rôle dans le procès de réhabilitation : cité et utilisé par Guillaume Bouillé (1452), inséré au procès (1456) — seul traité non composé spécifiquement pour ce procès
- Postérité : le débat devient littéraire, attribution contestée, influence durable
- Débat sur l’attribution de DQP et DMV à Gerson
- Le premier éditeur des œuvres de Gerson (Koelhoff, 1484) n’inclut que DQP
- Le second éditeur (1501-1514) ajoute DMV et attribue DQP à Gorkum : devient la norme éditoriale ; pour les historiens DMV devient le traité de Gerson sur Jeanne
- Dorothy Wayman (1957) remet en cause l’attribution de DMV à Gerson
- Malgré ses défauts, DMV a triomphé car il défend le point décisif du procès de Rouen : l’habit masculin de Jeanne (Monnoyeur, Pernoud)
- Débat sur l’attribution de DQP et DMV à Gerson
- Introduction : DMV, point de départ de la seconde phase du débat johannique
- Le Collectarium historiarum (Jean Dupuy)
- Introduction : le texte et l’auteur
- Un addendum sur Jeanne à une chronique universelle (Dupuy, dominicain, inquisiteur de Toulouse, résidant à Rome)
- Contexte
- Trois manuscrits
- Vatican lat. 3757, logiquement l’original (retrouvé en 1885) : deux blancs non remplis
- Deux manuscrits espagnols (découverts par le dominicain Dondaine en 1968) : les blancs remplis par DMV (quasi intégral)
- Sources de Dupuy
- DMV comme source probable mais incertaine : similitudes (sortilèges, Amazone) et différences (Penthésilée vs Camilla)
- Sources principales étrangères à DMV (hypothèses multiples, toutes invérifiables)
- Hypothèses sur la provenance : actes de Poitiers pour les informations antérieures à Orléans (Dondaine) ; communication officielle reçue à Rome pour les informations postérieures (Dondaine) ; autre dominicain comme intermédiaire (Fraioli)
- La lettre de Jean Girard (ou document similaire) : ressemblances (désolation de la France, vertus de Jeanne, fréquence des sacrements) et divergences (précédents bibliques/historiques plus développés, âge de Jeanne, absence de Vaucouleurs, Chinon, prophéties) — conclusion : le ton plus retenu du Collectarium par rapport à DMV prouve davantage l’originalité de DMV que la dépendance de Dupuy envers Girard
- But du traité : témoigner pour la postérité et prouver que Jeanne est de Dieu ; réfuter les objections (comme DMV) — probablement moins spontané qu’il ne le prétend
- Trois manuscrits
- Structure et contenu
- Contexte historique : désolation de la France puis arrivée de Jeanne, événement nouveau et inouï dont les œuvres semblent plus divines qu’humaines (potius divina quam humana)
- Extraits de DMV
- Précédents : Déborah, Judith, Esther, Penthésilée — groupées sous le signe des exploits guerriers des femmes (mulierum actus bellicosi) ; rhétorique du dépassement — les exempla prouvent le miracle (Dupuy), non l’ordre naturel (DMV)
- Victoire d’Orléans comme miracle : changement de source ; Dupuy efface presque Jeanne au profit de Dieu seul (Ps 88 plutôt que 1 Co 1,27)
- Procédure de discernement menée par Dupuy lui-même (théologiquement supérieur à DMV)
- Examen de Jeanne (la personne) : vertus de Jeanne — liste mêlant vertus féminines et prouesse physique ; son statut de bergère ignorante réfute l’hypothèse d’une ruse
- Examen du miracle (le signe) : trois étapes pour écarter l’origine diabolique (la nature, l’utilité, la finalité) — esprit inquisitorial de Dupuy, habitué à traiter hérésie et sorcellerie
- Évocation du mythe de l’investiture
- Conclusion théologique : profession de foi — formulation inhabituelle dans les textes français : partir du négatif (elle n’est pas du diable) pour arriver au positif (a Deo)
- Introduction : le texte et l’auteur
- La Réponse d’un clerc parisien
- Introduction : le texte et son importance
- Seul traité théologique anglo-bourguignon avant le procès de Rouen (rédigé par un canoniste parisien, entre septembre 1429 et début 1430)
- Réponse directe à DMV et réfutation de la mission divine de Jeanne (rejet de la valeur de l’enquête française)
- Préfigure le procès de Rouen dont il contient déjà les principales accusations (Noël Valois)
- Contexte
- Une seule version connue du traité dans le ms. Vienne lat. 4701 : copié au concile de Bâle en 1435 (le copiste n’est pas l’auteur de la Réponse) ; contient l’un à la suite de l’autre DMV et la Réponse (lien dialectique établi)
- Comment les deux documents sont arrivés à Bâle : hypothèses multiples (un universitaire parisien, un juge de Rouen, Jean Dupuy, un copiste qui a réuni les textes) — Martin Le Franc, aussi présent à Bâle, n’a manifestement pas lu la Réponse : deux copies de DMV circulaient peut-être séparément
- Pourquoi ils y circulent encore en 1435 : peut-être un outil dialectique contre les hérésies (hussites et vaudoises)
- Relation avec DMV
- Rédigée peu après, la Réponse réfute directement DMV (tout en s’appuyant aussi sur d’autres sources)
- Paternité de DMV : le clerc ne nomme jamais Gerson (réfutation de Valois)
- Ton moqueur ; technique de retournement des citations (nuance de l’accusation de Valois qui reproche au clerc de déformer les citations)
- Origine de la réaction virulente provoquée par DMV : manichéisme et ton agressif ; colère particulière du clerc contre Jeanne après l’attaque de Paris (8 septembre 1429)
- Les sept objections
- Absence de preuve de mission divine : jugement français trop hâtif ; le clerc évoque les critères du discernement sans les nommer (canoniste, non théologien) ; pour lui l’alternative à envoyée de Dieu est suspecte d’hérésie (voir conclusion)
- Habit masculin, port d’armes et usurpation d’un rôle masculin : oppose le droit canon aux arguments de DMV
- Intervention divine dans la guerre : Dieu peut-il intervenir entre deux peuples chrétiens ? ; du point de vue du clerc, Charles VII ne restaure pas son royaume (juste cause) mais en conquiert un (agression)
- Non-observation des jours saints : attaque de Paris le 8 septembre 1429, fête de la Nativité de la Vierge (seul point jamais abordé dans les traités favorables)
- Prédictions mensongères : miracles promis non accomplis, preuve qu’elle est du diable et non de Dieu (Fraioli note que DMV n’a pas su faire d’Orléans un miracle probant)
- Idolâtrie : dénonciation d’un culte populaire déjà établi (statues, portraits, enfants offrant des cierges)
- Sorcellerie : Jeanne aurait déposé trois gouttes de cire sur la tête d’enfants
- Conclusion : Jeanne est suspecte d’hérésie — appel à l’Inquisition
- Réfutation de la thèse centrale de DMV : Jeanne se dit envoyée de Dieu (nulle mention des Voix — s’affirmer ainsi revient à se dire prophète) ; or le clerc réfute, par le droit canon, qu’il puisse être de pieuse croyance de considérer Jeanne prophète
- Jeanne n’ayant pas prouvé sa mission (condamnation implicite de la décision de Poitiers), s’affirmer faussement prophète la rend suspecte d’hérésie : appel à l’intervention immédiate de l’Inquisition ; mécanisme enclenché même si elle renonçait
- Introduction : le texte et son importance
- Le Champion des dames de Martin Le Franc
- Introduction : le texte et sa place dans le débat johannique
- Jeanne d’Arc dans le Champion des dames : un débat théologique niché dans une querelle littéraire
- Une réponse littéraire féministe au Roman de la Rose de Jean de Meun (querelle des dames)
- Le passage sur Jeanne est un débat dans le débat et essentiellement autonome (le Champion contre l’Adversaire) ; démontre la survivance tardive mais affaiblie du débat théologique sur Jeanne
- Martin Le Franc : un clerc aux loyautés multiples
- Une position ambiguë (Normand de naissance, Bourguignon de situation, Français de cœur)
- Source principale : DMV (Martin écrit sous occupation anglaise, probablement depuis Bâle, ce qui atteste de la diffusion du traité hors de France), aucun accès au dossier officiel ; sources bourguignonnes (Monstrelet ou source commune)
- Biographie sommaire
- Origines et formation : naissance en Normandie (1395/1410) ; fuite lors de l’occupation anglaise ; études à Paris (sous influence anglaise) : élève de Thomas de Courcelles (acteur important de la condamnation à Rouen puis du concile de Bâle), formation inachevée (maîtrise ès arts, sans doctorat — d’où les limites théologiques de l’œuvre)
- Carrière diplomatique : secrétaire du duc Amédée de Savoie (futur antipape Félix V à Bâle, 1439) ; collègue d’Æneas Silvius ; présent au traité d’Arras (1435)
- Fin de vie : prévôt de Lausanne (1443) ; mort à Rome (1461)
- Édition incomplète de Quicherat et découverte tardive de la fin du texte
- Quicherat et le malentendu de l’Adversaire victorieux (1849) : édition d’après un manuscrit incomplet, d’où la conclusion erronée que l’Adversaire l’emporte
- Découverte du ms. Bruxelles 9466 et de ses six strophes supplémentaires finales (1893) : le Champion gagne, Jeanne réhabilitée ; DMV cité et attribué à Gerson ; défense de l’habit masculin
- Jeanne d’Arc dans le Champion des dames : un débat théologique niché dans une querelle littéraire
- Structure et analyse du débat sur Jeanne
- Introduction : le Champion contre l’Adversaire
- Arguments du Champion (fondés sur DMV) : longue lamentation de la France dévastée (commence bien avant le passage) ; soudaine irruption de Jeanne qui la sauve ; affirme sa mission divine ; rhétorique du faible qui confond le fort ; panthéon des femmes illustres (après Déborah, Jaël et Judith), mais comme guerrière
- Arguments de l’Adversaire (sources bourguignonnes) : danger des faux prophètes (Thomas Couette) ; théories du complot (Jeanne fausse bergère recrutée et entraînée militairement : première attestation anglo-bourguignonne du complot) ; rien de divin
- Réponse du Champion : limitée par les faiblesses de DMV (vitesse du retournement comme preuve du divin, anges intermédiaires plutôt que contact direct avec Dieu — argument dangereux exploité par les juges à Rouen, rhétorique du faible)
- Défense de l’habit masculin (
trois vérités
de DMV) : six strophes pour vulgariser la défense ; détails certes compromettants (pourpoint, robes courtes) mais justifiés par des arguments successifs (nécessité militaire, dignité, camouflage tactique) - Défense de l’innocence de Jeanne : pour l’Adversaire la condamnation et la mort à Rouen prouvent la culpabilité ; pour le Champion, contre-exemples des saints martyrs et du Christ lui-même
- Conclusion : le Champion gagne ; Jeanne modèle pour la chevalerie française — la voie de fait contre la tradition de la femme médiatrice
- Limites et bilan
- Conflit avec Philippe le Bon : l’Adversaire (Court Entendement) représente ses vues — or c’est le sot du débat ; la Complainte du livre révèle la réception hostile à la cour de Bourgogne
- Faiblesses intellectuelles de l’œuvre : faute d’accès au dossier officiel, Martin n’a pas cerné les enjeux dynastiques et providentiels de la mission de Jeanne (qu’il voit surtout séculière et chevaleresque)
- Conclusion : signale la fin du débat théologique johannique — occasion manquée de se documenter à Bâle (où 24 juges de Rouen étaient présents) ; ouvre la voie aux relectures que rendront possibles le procès en nullité
- Introduction : le texte et sa place dans le débat johannique
- Conclusions
- Le débat johannique est avant tout théologique : clé de lecture de Jeanne d’Arc
- Origine du débat : Jeanne affirme venir de Dieu et demande à être crue
- Cadre intellectuel : la procédure de discernement (discretio spirituum)
- Une procédure ecclésiastique (ni militaire, ni laïque, et surtout pas improvisée) qui culmine à Poitiers
- Une procédure affinée tout au long du Moyen Âge face à la montée des hérésies et des faux prophètes : conciles de Constance et de Bâle, traité de Gerson (De probatione) ; Jean Huss et Jérôme de Prague brûlés à Constance, sainte Brigitte défendue par Jean de Torquemada à Bâle
- Les théologiens français ont examiné Jeanne sérieusement : construction progressive du dossier
- Prudence initiale : lente recherche du consensus (correspondance de Gélu, DQP, critiques des examinateurs à Poitiers)
- Construction d’un récit théologique cohérent en attendant le signe : effacement des objections initiales, rhétorique du faible confondant le fort, précédents bibliques et théologie de la nécessité (Conclusions de Poitiers, Dissertatio de Gélu, DQP)
- Élaboration d’une propagande religieuse : justification de la guerre juste, de la mission de Jeanne chef de guerre et de Jeanne vierge rédemptrice (Lettre aux Anglais, prophéties)
- Le cas épineux du DMV : les raisons de l’exclure de cette phase (datation plus tardive, attribution à Gerson douteuse, mais large diffusion sous son nom)
- Les juges de Rouen face au dossier français : forces et faiblesses des arguments à l’épreuve du procès de condamnation
- L’habit masculin : un argument français relativement solide, que les juges déplacent vers d’autres griefs (communion reçue en cet habit, son adoption sur ordre de Dieu, sa reprise en prison)
- Les prophéties non accomplies : une faiblesse déjà anticipée dans le débat français (Gélu, le Ditié, le DMV) ; le grief figure à l’article 57 du réquisitoire, mais disparaît des douze articles définitifs
- La question des voix : dans les textes français, Jeanne est simplement envoyée de Dieu, sans intermédiaires (sauf le DMV) ; à Rouen, les juges font des apparitions corporelles l’axe de l’accusation, exploitant l’ignorance théologique de Jeanne
- L’affirmation
envoyée de Dieu
au cœur du phénomène johannique : une crise intellectuelle durable- Survivance du débat après Jeanne (Côme de Crémone, Étienne Pasquier, Guillaume Postel au XVIe s.)
- La puissance d’une formule (quand Jeanne s’y tient elle résiste, quand elle parle de ses saints elle se perd), qui résume toute sa pensée
- Le débat johannique est avant tout théologique : clé de lecture de Jeanne d’Arc
- Appendices (traductions en anglais)
- Bibliographie
- Index