J. Gratteloup  : Recueil de textes divers sur Jeanne d’Arc (2023)

Ma première Histoire de France (J. Maufras, 2023)

Ma première
Histoire de France
dès le CP
(2023)

Couverture de Ma première Histoire de France (2023), de Jérôme Maufras, préface d'Emmanuel Le Roy Ladurie.

Texte

Pages sur la Guerre de Cent ans extraites de Ma première Histoire de France (2023), de Jérôme Maufras, préface d’Emmanuel Le Roy Ladurie.

Les défaites françaises

Les débuts de la guerre de Cent Ans. — Après la mort de Philippe le Bel, la France n’avait plus de roi. Deux princes pouvaient lui succéder : son cousin Philippe VI de Valois ou son neveu Édouard III, le roi d’Angleterre. Les grands seigneurs choisirent Philippe VI car il était Français. Quand ce dernier essaya de reprendre la Guyenne aux Anglais, Édouard III réclama la couronne et une guerre se déclencha. Elle allait opposer Français et Anglais pendant près d’un siècle. On l’a appelée la guerre de Cent Ans.

La bataille de Crécy et la prise de Calais. — Les Français perdirent une première grande bataille en 1346 à Crécy. Les chevaliers français étaient pourtant nombreux et courageux, mais ils étaient moins bien organisés que les archers anglais.

Les archers gallois ont permis aux Anglais de remporter la bataille de Crécy en tirant 6 à 12 flèches par minute avec leur arc long.

Un an après, en 1347, les Anglais assiégèrent à Calais, au nord de la France. Affamés, les habitants de la ville durent se rendre. Six bourgeois se livrèrent en otages à Édouard III et lui remirent les clefs de la ville. Calais appartint à l’Angleterre jusqu’en 1558.

Philippe, quatrième fils du roi Jean II le Bon, protège son père de l’assaut anglais : Père, gardez-vous à droite ! Père, gardez-vous à gauche ! Malgré l’aide de son plus jeune fils, Jean doit se rendre.

Poitiers, une troisième défaite. — Philippe VI de Valois mourut en 1350. Son fils Jean II le Bon lui succéda. C’était un brave chevalier mais un très mauvais général, vantard et imprudent. Il se mit en tête d’attaquer les Anglais en 1356 à Poitiers. Un fils d’Édouard III, le Prince Noir, commandait l’armée anglaise. Il installa ses archers en haut d’une colline et décima l’armée française. Jean fut fait prisonnier et dut donner treize tonnes d’or en rançon.

Charles le Sage et Charles le Fol

Charles V le Sage, un roi bien entouré. — En 1364, à la mort de Jean II le Bon, les Anglais possédaient tout le sud-ouest de la France. Charles V n’était pas comme son père : très sage, il n’aimait pas la guerre et préférait lire et étudier. Il sut aussi choisir un très grand chef d’armée dont il fit son connétable : Bertrand Du Guesclin. Du Guesclin avait compris qu’il fallait réfléchir avant de se battre contre les Anglais. Il choisit d’endormir leur méfiance et de les attaquer par surprise. Il remporta tant de victoires qu’à sa mort les Anglais ne possédaient plus que cinq villes en France.

Charles VI le Fol. — Malheureusement, les efforts de Du Guesclin furent réduits à néant par le fils de Charles V, Charles VI le Fol. Ce dernier devint fou à 24 ans (on disait fol au Moyen Âge). Il croyait que son corps était en verre et risquait de se briser au moindre choc. Une fois, il crut voir un fantôme, tira son épée et tua ses propres amis dans un accès de folie. Sa femme Isabeau de Bavière le remplaça à la tête du royaume et dut gouverner à sa place.

Armagnacs et Bourguignons. — Profitant de la situation, le frère du roi, le duc d’Orléans et son cousin, Jean sans Peur, voulurent prendre le pouvoir. Chacun devint le rival de l’autre. Jean fit assassiner le duc d’Orléans, ce qui provoqua une guerre entre les Bourguignons, les partisans de Jean, et les Armagnacs, les partisans du duc d’Orléans. Les Anglais en profitèrent : leur roi Henri V battit l’armée française à Azincourt en 1415. Pour faire la paix avec lui, Isabeau prit une terrible décision : par le traité de Troyes, en 1420, elle donna le royaume de France au roi d’Angleterre !

Le roi Charles VI (1380-1422).

Jeanne d’Arc au secours de Charles VII

Charles VII, le roi de Bourges. — Charles VII, fils de Charles le Fol se réfugia à Bourges, au sud de la Loire. Pour se moquer de lui, les Anglais l’appelaient le roi de Bourges car il n’avait en fait aucun pouvoir sur la France. De caractère indolent, il ne cherchait pas à reprendre son royaume. Bientôt, les Anglais assiégèrent Orléans : s’ils prenaient cette ville, toute la France leur appartiendrait. C’était compter sans Jeanne d’Arc.

Jeanne d’Arc fêtée par les habitants d’Orléans.

Jeanne d’Arc, la paysanne de Domrémy. — Jeanne était une toute jeune paysanne de Domrémy en Lorraine. Un jour qu’elle gardait les moutons, elle eut une vision : elle vit des saints Jeanne d’Arc au bûcher à Rouen descendre du ciel qui lui donnèrent pour mission de sauver Orléans. Elle n’hésita pas et se rendit à Chinon pour rencontrer Charles VII. Charles VII crut que cette jeune fille était folle mais il finit par se laisser convaincre et lui confia son armée.

Charles VII, roi de France. — Jeanne d’Arc entra par surprise dans Orléans avec ses soldats. Son arrivée redonna du courage aux habitants assiégés et, en 1429, les Anglais finirent par quitter la ville. Sa mission n’était pas terminée pour autant : pour devenir vraiment roi de France, Charles VII devait se faire sacrer à Reims. Elle parvint à ouvrir la voie jusqu’à cette ville et Charles fut sacré. Alors qu’elle combattait à Paris et à Compiègne, les Anglais firent Jeanne prisonnière. Pour se venger d’elle, ils la firent passer pour une sorcière et la brûlèrent vive à Rouen en 1431 alors qu’elle n’avait que 19 ans.

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