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Henri-François Dumolard (1771–1845)

Avocat parisien et auteur dramatique sous l’Empire, Dumolard fit représenter en 1805 une tragédie consacrée à Jeanne d’Arc.
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Chronologie

  • 1771

  • 2 oct.

    Naissance de Henri-François Dumolard à Paris, fils du magistrat Claude-Étienne Orcel Dumolard et de son épouse, Anne-Marguerite Delaborde.

  • 1787

    (15 ans)
  • 3 avr.

    Décès de son père.

    Henri-François s’engage comme copiste pour subvenir aux besoins de la famille. Dans ses loisirs, il étudie les lois et l’histoire, cultive les lettres, et fréquente le Théâtre-Français.

  • 1789

    (17 ans)
  • Il est l’un des secrétaires de l’administration générale de la police, en 1789 et 1790. Il exerce ensuite comme défenseur officieux des accusés sous le gouvernement révolutionnaire.

  • 1796

    (24 ans)
  • Il est reçu avocat au barreau de Paris. Il devient ensuite vérificateur au trésor public, poste qu’il occupera jusqu’en 1813.

  • 1802

    (30 ans)
  • Sa première pièce Le Philinte de Destouches, ou la Suite du Glorieux est créée au Théâtre-Français (1er ventôse an X) avec le comédien Honoré-Antoine Richaud-Martelly dans le rôle titre.

  • 1803

    (31 ans)
  • La municipalité d’Orléans demande le rétablissement des fêtes de Jeanne d’Arc, supprimées à la Révolution, et la restauration de son monument. En pleine préparation de la guerre contre l’Angleterre, Bonaparte y voit aussitôt un levier pour exalter le patriotisme anti-anglais.

  • 1804

    (32 ans)
  • Intense activité littéraire de Dumolard, avec pas moins de trois créations parisiennes :

    • Une heure d’Alcibiade (opéra comique, musique de Taix) : Paris, Théâtre des Jeunes Élèves, 6 mars 1804 (15 ventôse an XII) ; éd. Paris, Cavanach
    • Vincent de Paul (drame en trois actes) : Paris, Théâtre de Louvois, 5 mai 1804 (15 floréal an XII) ; éd. Paris, Cavanach
    • Le Mari instituteur, ou les Nouveaux époux (comédie) : Paris, Théâtre de la Porte Saint-Martin, 14 déc. 1804 (23 frimaire an XIII) ; éd. Paris, Masson
  • 1805

    (33 ans)
  • Le comédien Saint-Prix (nom de scène de Jean-Amable Foucault), sociétaire du Théâtre-Français, lui soumet une traduction de la Jeanne d’Arc de Schiller — représentée pour la première fois à Leipzig en 1801 — en l’engageant à traiter le sujet. Dumolard s’en saisit avec enthousiasme et se plonge dans les ouvrages historiques.

    Je lus attentivement tout ce qu’en ont dit les historiens, je lus aussi tout ce que les arrêtistes nous ont transmis de son procès, et fus convaincu, par le discours qu’elle prononça pour sa défense, que Jeanne d’Arc unissait la raison et le patriotisme à l’esprit religieux de son siècle ; qu’enfin, la source des inspirations prophétiques que lui reprochaient ses juges, était le noble désespoir où l’avait fait tomber, dès son enfance, le spectacle des malheurs de la France, et la monomanie de l’ardent désir de les faire cesser. (Notice de 1834)

    Sa pièce terminée, Saint-Prix lui conseille de la tester en province avant de la présenter à Paris.

    Dumolard s’entremet avec le préfet du Loiret pour la faire représenter à Orléans, à l’occasion des fêtes johanniques. Sa tragédie La mort de Jeanne d’Arc, dédiée aux citoyens d’Orléans, est créée sur le théâtre de la ville le 8 mai 1805 (18 floréal an XIII). Elle y remporte un vif succès, est jouée plusieurs fois, et le préfet d’Indre-et-Loire la fait ensuite représenter à Tours dix fois de suite.

    Mais à Paris, le Théâtre-Français refuse la pièce. La raison officielle est qu’elle a déjà été créée en province ; l’officieuse est qu’un autre auteur, Raynouard, dont les Templiers viennent de triompher, s’est engagé à donner une Jeanne d’Arc. Raynouard n’écrira pas sa pièce*, celle de Dumolard ne sera jamais jouée à Paris, et le Théâtre-Français ne portera une Jeanne d’Arc à la scène qu’en 1819, celle d’Avrigny.

    * Selon Lanéry d’Arc (Livre d’Or, n° 1787, p. 812), Raynouard aurait toutefois écrit une Jeanne d’Arc à Orléans, qui fut lue à l’Académie. L’éloge de Raynouard par Pierre Moinot (1989) la mentionne également, Académie : ... Jeanne d’Arc à Orléans qui n’a pas été jouée faute d’actrice.

    Le texte de La mort de Jeanne d’Arc sera publié à Orléans en 1807, chez Darnault-Maurant.

  • 1811

    (39 ans)
  • Dumolard perd son fils unique, âgé de 18 ans.

  • 1812

    (40 ans)
  • Fin 1811 il lit sa tragédie La mort de Bayard au Théâtre-Français, qui la refuse (4 voix favorables sur 9). Il la soumet alors sous la forme d’un drame héroïque au théâtre de l’Impératrice (nom que portait l’Odéon sous l’Empire), où elle est reçue le 26 novembre 1812, puis transmise à la censure du ministère de la Police générale, dirigé à cette époque par le duc de Rovigo (Savary).

    Un mois plus tard, Dumolard est arrêté et incarcéré pendant un mois au château de Vincennes, qui servait alors de prison d’État pour les prisonniers politiques. Le ministre lui reproche d’avoir prêté un beau rôle au connétable de Bourbon. C’est l’intervention du comte Réal, conseiller d’État chargé de la haute police, qui obtient sa libération — contre la promesse de ne plus soumettre de pièces susceptibles de heurter les autorités. La mort de Bayard ne sera jamais représentée, et paraîtra sans nom d’auteur ni d’éditeur, Google.

  • 1814

    (42 ans)
  • Il est reçu avocat à la cour royale de Paris, et renonce définitivement à toute activité dramatique.

  • 1834

    (62 ans)
  • Il publie sont Théâtre, recueil de ses pièces, chacune précédée d’une notice de présentation, auquel sont jointes trois œuvres inédites, Gallica.

  • 1845

    (73 ans)
  • Il fait paraître les Entretiens de l’autre monde, série de dialogues imaginaires entre personnages illustres disparus, Gallica. Le premier met en scène Louis XVI et Malesherbes, l’un des défenseurs du roi lors de son procès, guillotiné peu après lui.

  • 21 déc.

    Il décède au 20 boulevard Pigalle, alors commune de Montmartre. Les obsèques sont célébrées le 24 au matin, à la paroisse de Montmartre.

Références

  • Henri-François Dumolard (1771-1845), Data BnF

  • Dictionnaire de la conversation et de la lecture, vol. 8, 2e édition, p. 153, Google

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