La mort de Jeanne d’Arc (1805)
Présentation
La Mort de Jeanne d’Arc est une tragédie classique en alexandrins, représentée pour la première fois aux fêtes d’Orléans le 8 mai 1805. Son auteur, Dumolard, était un jeune avocat au barreau de Paris qui comptait déjà quelques succès dramatiques, dont une comédie jouée au Théâtre-Français.
Directement influencée par la Jungfrau de Schiller, créée à Leipzig en 1801 et récemment traduite en français, la pièce se veut plus fidèle à la réalité historique : Dumolard a étudié les historiens et les actes du procès de Rouen. Des libertés de son prédécesseur allemand, il ne s’en est accordé qu’une : une histoire d’amour entre Jeanne (et Dunois ici) — mais purement anecdotique.
Le drame s’organise autour de deux oppositions. D’un côté, Talbot, général anglais, et Philippe le Bon, supposément alliés mais antagonistes — car le second se rappelle qu’il est Français ; pourtant les deux hommes se rejoignent dans leur admiration pour Jeanne, qu’ils veulent tous deux sauver, et dans leur égal dégoût pour ces Français reniés qui l’ont trahie, à Compiègne comme à Rouen. De l’autre, Marie d’Anjou, épouse de Charles VII, toute de vertu et de dévouement pour son mari et sa patrie, face à Isabeau de Bavière, sa belle-mère, dévorée d’une haine contre son fils qu’elle reporte sur Jeanne et qui la pousse à toutes les trahisons.
Imprégnée de l’esprit des Lumières et des idées de la Révolution, cette Jeanne annonce celle de Michelet : point de visions ni de voix célestes, mais un amour de la patrie né des récits de malheurs entendus dans l’enfance. Ces larmes, ces discours, dans mon cœur attendri | Gravaient en traits de feu l’amour de la patrie.
Quant aux prophéties qu’on lui prête, elle les désavoue : ce sont des bruits colportés par ses ennemis pour lui nuire. C’est ainsi qu’un esprit séduit par l’espérance | Sans être transporté d’un prophétique accès, | De ses désirs brûlants voit déjà le succès. | J’en atteste l’honneur ; voilà l’unique source.
Éditions
1807 : Orléans, Darnault-Maurant (in-8 de III-68 p.)
La mort de Jeanne d’Arc, tragédie en trois actes, par H. F. Dumolard. Dédiée aux citoyens d’Orléans, et représentée, pour la première fois, sur le Théâtre de cette Ville, le 18 Floréal an 13 (8 mai 1805), jour anniversaire de sa délivrance par Jeanne d’Arc. — Se vend à Orléans, Chez Darnault-Maurant, imprimeur-lib. — 1807.
1834 : Paris, Vente (Théâtre complet, p. 129-182) (in-8 de 520 p.)
Théâtre de M. H.F.E.E. Dumolard (Orcel), contenant plusieurs pièces inédites outre celles déjà connues. — À Paris, chez Vente, libraire, rue du Marché Saint-Honoré, n° 5 ; au Théâtre-Français ; et chez l’Auteur, boulevart Pigale n° 10 (extra muros). — 1834.
