E. Préclin  : Edmond Richer, sa vie, son œuvre, le richérisme (1930)

Article

Edmond Richer
(1559-1631)
Sa vie. Son œuvre. Le richérisme.

par

Edmond Préclin

(1930)

Éditions Ars&litteræ © 2022

Présentation

Article du professeur Edmond Préclin (1888-1955), spécialiste de l’histoire religieuse, publié en deux parties dans la Revue d’histoire moderne, tome 5, numéros 28 (p. 241-269) et 29 (p. 321-336), en 1930.

I.
Bibliographie

1.
Ensemble

  • Le premier en date des travaux consacrés à Edmond Richer est celui de Louis Ellies du Pin, Histoire ecclésiastique du XVIIe siècle, Paris, 1714, 3 vol. in-8°, t. I, 377-425, d’inspiration gallicane, peu exacte dans le détail, parce qu’écrite trop hâtivement.
  • Dans sa République des Lettres, t. XXVII (p. 356-373), le père Jean-Pierre Nicéron, polygraphe du XVIIIe siècle, n’échappe pas aux mêmes critiques, mais donne une liste assez complète des œuvres d’Edmond Richer.
  • Au XIXe siècle, Mgr Pierre-Édouard Puyol écrit une œuvre essentielle : Edmond Richer, Paris, 1876, 2 vol. in-8°, bien informée, à peu près complète, de tendance catholique. L’auteur regrette les erreurs du doctrinaire, mais rend hommage aux qualités intellectuelles et morales du Docteur. À ce livre capital, la présente étude ajoutera quelques détails sur la vie d’Edmond Richer, de nombreux développements consacrés à son œuvre pédagogique, historique et doctrinale. Faute de documents, elle ne précisera guère les influences qui se sont exercées sur notre personnage.

2.
Vie

  • Sa vie est connue par le livre d’Adrien Baillet, Vie d’Edmond Richer, Sl., 1714, 380 p., 12°. Très favorable à son héros, Baillet est injuste à l’égard de ses adversaires ultramontains. L’ouvrage, remanié par l’éditeur, fourmille d’erreurs.
  • La source biographique la plus sûre est un opuscule posthume d Edmond Richer, l’Histoire du Syndicat d’Edmond Richer (Avignon, 1753, 419 p., 12°), reproduction à peu près littérale du manuscrit autographe intitulé : L’Histoire de ce qui s’est passé contre Edmond Richer (BNF, fr. 10,561).
  • Nous n’avons pu trouver l’œuvre d’un historien de mérite, l’abbé Gabriel-Louis Pérau, la Vie de Richer, Sl. 1748, 12°.

3.
Doctrine

  • La doctrine a été exposée de façon assez complète par Mgr Puyol, dans l’ouvrage plus haut cité, qui fut composé au lendemain du concile du Vatican.
  • Dans l’article Gallicanisme du Dictionnaire de Théologie Catholique, au tome VI (colonnes 1112, 1122-1123), le père Marc Dubruel a bien caractérisé les doctrines que professe Richer sur les rapports de l’Église et de l’État.
  • Dans un ouvrage intitulé : Les Jansénistes du XVIIIe siècle et la Constitution Civile du Clergé, Paris 1929, XXXI-578 p., gr. in-8°, Edmond Préclin a étudié l’influence richérienne sur le Bas-Clergé.

4.
Manuscrits

La nouveauté du présent travail réside dans l’utilisation qui a pu y être faite de nombreux manuscrits de la Bibliothèque Nationale ; en particulier de F. latin :

  • 12727, Defensio Libelli (546 feuillets, in-4°) ;
  • 9.943-9.948, Historia Academiæ Parisiensis ;
  • 16.060-16.061, De Potestate Ecclesiæ in rebus temporalibus.

II.
La vie

(30 septembre 1559 — 29 novembre 1631)

À la veille du troisième1 centenaire de la mort d’Edmond Richer, il nous a paru intéressant et utile d’évoquer l’histoire d’un homme dont la vie est faite d’une succession de péripéties dramatiques. Ancien domestique d’un collège, il sera le véritable chef de l’Université, le porte-parole d’un gallicanisme aux accents nouveaux, aux premières années du XVIIe siècle. L’œuvre de ce Gracchus des libertés gallicanes, en apparence tournée vers le passé, inspirera les champions du bas-clergé à la veille et au lendemain de la Révolution française.

Edmond Richer est le second fils2 d’un cultivateur champenois, chef d’une famille nombreuse et pauvre. Si nous en croyons les sources les plus dignes de foi, il naquit le 30 septembre 1559, à Chaource-sur-Armance entre Troyes et Tonnerre3. Tout jeune, il devient orphelin de père. Il est recueilli par un maréchal-ferrant du petit bourg, Hénault, qui envoie son pupille à une petite école (1568), tenue par deux jésuites, dont l’un, Edmond Morange, mourra missionnaire4. Quand Richer sait la lecture, l’écriture et les rudiments du latin, il part chercher fortune à Paris. Il a dix-huit ans. Il y vient à pied, riche de deux écus et d’un habit neuf en gros drap5. Il se plaça comme domestique au collège du Cardinal-Lemoine, où on lui permettait d’assister aux cours après qu’il avait récuré ses chaudrons. Son intelligence, son énergie, ses succès, le signalèrent à l’attention d’un docteur6 qui tenait une pension d’étudiant7. Il le prit chez lui8, lui fit suivre des cours plus réguliers, Richer est tonsuré le 20 décembre 15789 et, avant même la maîtrise ès-arts10, il suit à la Sorbonne des leçons de théologie, plus consacrées à l’étude des scolastiques des deux derniers siècles qu’à celle des Pères de l’Église (1579-1582)11… De la Saint-Rémy (1er octobre) de 1582 à celle de 1585, il régente les lettres à Angers12. Puis en novembre 1585, il prend la maîtrise ès-arts13. Et, pendant qu’il enseigne successivement la logique au collège du Cardinal-Lemoine, la philosophie au collège de Bourgogne14, il achève en Sorbonne ses études de théologie15. Il est alors ligueur zélé et comme tel, un admirateur de Jacques Clément, un ami des jésuites, ses premiers maîtres, croit que le Pape peut légitimement déposer les rois devenus tyrans16. Économe de la Maison de Sorbonne pendant le second siège de Paris, il fait dispenser une chère si frugale qu’il compromet sa santé et celle de ses condisciples17. Il reçoit le bonnet de Docteur le 5 mai 159218. Les Parisiens goûtent son talent de prédicateur, parce qu’à l’encontre de ses émules, il vise surtout à donner à ses auditeurs une claire intelligence du sens littéral de l’Écriture, le seul nécessaire, croit-il, à l’appréhension des vérités religieuses. Mais Richer abandonne la prédication en 1594, au moment même où, si nous croyons des traditions tenaces mais invérifiables, il se rallie à la cause de Henri IV, s’éloigne des jésuites et de la Ligue19.

1.
Edmond Richer au collège du Cardinal-Lemoine

Sa réputation s’étend dans les milieux universitaires. Jusque-là simple docteur particulier, il va devenir la plus haute autorité d’un des plus importants parmi les cinquante-huit collèges que compte l’Université de Paris, celui du Cardinal-Lemoine. Fondé en 1302 par le cardinal Jean Lemoine, négociateur malheureux entre Boniface VIII et Philippe-le-Bel, cet établissement20 était à la fois ouvert aux étudiants-ès-arts et aux théologiens, aux élèves payants comme aux boursiers. Depuis l’arrêt du Parlement du 15 janvier 154421 il comptait trois sortes d’élèves : dix-huit boursiers pour neuf ans, qui faisaient leur théologie, six boursiers artiens pour huit ans, un nombre variable d’étudiants payants22. Le fondateur avait institué deux dignitaires. L’un, le prieur, élu par les théologiens tous les deux ans, n’eut jamais qu’une importance secondaire23. Le second au contraire, le grand-maître, était une sorte de directeur du Collège. La charge de principal qui n’avait pas été prévue par le fondateur était devenue importante avec la multiplication des élèves payants. Il choisissait les régents, les payait, percevait les rétributions dues par les pensionnaires24. Bien que les boursiers eussent voulu le choisir, il était vraisemblablement à la nomination du grand-maître. Celui-ci, représentant du fondateur, était désigné par l’évêque, le doyen et le chancelier de l’Église de Paris25, et seulement responsable devant le Roi et les juges royaux. Il est alors le seul collateur ordinaire des bourses.

Il a le pouvoir d’augmenter ou de diminuer selon sa prudence le revenu des boursiers et de retrancher le tout s’ils viennent à manquer à leur devoir…, il leur distribue à chacun d’eux une chambre à sa discrétion, ils ne peuvent s’absenter du collège sans sa permission, il préside seul aux comptes qui se rendent dans sa salle et non dans celle du commun, nomme à la cure du collège26.

Pour le mettre en mesure de s’acquitter des devoirs de sa charge, le Parlement, par arrêt du 15 janvier 154427, astreint le grand-maître à résidence, lui réserve quatre chambres et le revenu de deux bourses. Les suivants conservèrent ces privilèges en dépit des boursiers28.

À la fin du XVIe siècle, le collège traversait des jours critiques. L’établissement qui avait formé le savant hébraïsant Vatable29, qui avait eu pour professeurs le philologue Denis Lambin, le poète Passerat, Bonchamp maître d’Amyot30, n’était plus qu’une ruine. Comme tous les collèges au lendemain de la Ligue, mais plus qu’eux à cause de sa proximité de la porte Saint-Bernard, dans un secteur exposé aux attaques31, la maison du cardinal présente alors l’image de la dévastation. Un bataillon espagnol de l’armée du duc de Parme, renforcé de plusieurs dizaines de chevaux viennent de quitter les classes et les dépendances. Les autorités collégiales ont dû vendre l’argenterie et le mobilier sacré, abandonner une aile dévastée à la pioche des démolisseurs32. La situation paraît désespérée33.

En 1597, meurt le grand-maître résident Guillaume Chesnard34. Selon les formes accoutumées, Edmond Richer reçoit sa succession (17 septembre 1597). Un peu postérieurement35, à une date et dans des conditions inconnues, il devient principal du collège. Peut-être le cumul des deux charges fut-il une nécessité de ces temps calamiteux. Les étudiants payants sont si peu nombreux que le grand-maître se charge tout naturellement — et à titre provisoire —, d’un principalat peu lucratif. Le Roi et le Parlement, qui sont favorables à une réforme dans l’enseignement36 acceptent cette concentration de l’autorité collégiale dans les mains d’un seul homme. Passant outre aux protestations des boursiers, l’Arrêt provisionnel du Parlement du 4 septembre 1602 déclare compatibles le principalat et la grande-maîtrise37. Celui du 10 septembre 1605 interdit aux Boursiers d’élire le principal38. Grâce aux pouvoirs que lui confèrent ces deux charges permanentes ; plus importantes que la charge rectorale39, toute temporaire, Edmond Richer va accomplir une œuvre remarquable au point de vue matériel, intellectuel et moral.

Administrateur avisé, il signe des baux avantageux, restaure les bâtiments du collège, en fait défricher la cour, nettoyer les entours. Il aurait fait drainer le Trou Punais40 et conduire vers la Seine les eaux de ce cloaque. Par ses soins, des chaussées auraient été établies jusqu’à l’actuel Quai Saint-Bernard41.

Mais, aux yeux de Richer, l’ordre temporel compte moins que l’ordre canonique. Aussi, veut-il contraindre au respect des règlements les boursiers indociles qui prolongent abusivement la durée de leur bourse42. En vain lui suscitent-ils maints procès, qu’il gagne généralement. Aussi, à partir de 1607, il vit paisiblement dans le corps de logis qui lui est assigné, en compagnie de sa mère et de sa sœur aînée43. Une fois la semaine, il assiste aux conférences de théologie44. Il réédite les statuts du collège45. Ce ne sera que sous le double poids de ses infirmités et de l’impopularité qui poursuit son hétérodoxie, qu’il abandonnera (1627) le principalat46 d’un collège dont les étudiants deviennent chaque année moins nombreux47.

2.
Edmond Richer et l’Université

Réformateur d’un grand collège, Edmond Richer avait, près de trente ans auparavant, été un des réformateurs de l’Université. Nous n’avons pas à évoquer la triste situation de cette grande institution au lendemain des guerres de la Ligue. Le latin barbare, la lourde scolastique, la discipline rigoureuse de ses collèges étaient défavorablement comparés aux classes de littérature latine, à la souple discipline des collèges de jésuites48. Aussi, en 1594, au moment où la Compagnie de Jésus vient de voir fermer ses écoles, Henri IV, désireux de donner une âme gallicane aux étudiants, songe-t-il à procurer une réforme à l’Université. Par une sorte de coup d’État, et sans tenir compte des droits acquis du Pape, il désigne six commissaires : un archevêque et cinq parlementaires. Ils visitent tous les collèges. Aucun texte ne permet d’ajouter créance aux affirmations de l’auteur des Mémoires du cardinal de Richelieu et de Charles Jourdain qui font d’Edmond Richer l’inspirateur ou le collaborateur officieux des commissaires49. Les statuts des 3 septembre 1598 et 18 septembre 1600 ne suppriment aucun collège comme l’eût voulu le président de Thou50 et n’apportent aux abus que de simples palliatifs. Les nouveaux statuts51 prescrivent l’étude des meilleurs auteurs latins et grecs, rétablissent la discipline, fixent la durée des études et les conditions de la collation des grades. L’application des nouveaux règlements s’avère difficile, car ils abrogent maints abus populaires dans le milieu des étudiants52. Ceux-ci suscitent mille difficultés aux censeurs officieux chargés de la mise en vigueur des statuts. Pour briser cette résistance, le Parlement de Paris rend les arrêts des 15 septembre et 17 décembre 1601, qui, pour deux ans, désignent quatre censeurs munis de pleins pouvoirs53. Ce sont : Claude Mignault dit Minos pour la Faculté de Décret, Nicolas Ellain pour la Médecine, Jean Galland pour la Faculté des Arts, Edmond Richer pour la Faculté de Théologie54. Pendant deux ans au moins55 notre docteur, assuré de l’amitié d’Ellain et des parlementaires56, sera l’âme de la commission et les étudiants le sauront si bien qu’ils ne lui épargneront ni les avances, ni les violences : il pensa être lapidé57. Par réaction contre une innovation des jésuites qui établissaient deux régents de rhétorique par classe, Richer fait supprimer le second régent. Aussi Georges Critton, professeur au Collège de France et comme tel exempt de la juridiction universitaire, se fait nommer second professeur de rhétorique au collège de Lisieux, foyer de l’opposition aux réformes. Avec l’opiniâtreté qui lui est habituelle, le censeur qu’on surnomme le Caton de l’Université répond aux libelles satiriques de Critton et compose deux répliques, l’une polémique58, l’autre plus complète, qui, sous le titre De optimo academiæ statu59, est une apologie des statuts de 1600 et de sa propre censure. Il y revendique les mesures qu’il a fait prendre : l’abolition des fêtes burlesques du lundi, de la coutume abusive du paiement en bloc des rétributions scolaires, suivi de banquets et de beuveries peu favorables au prestige des professeurs60.

On peut attribuer à Richer une bonne part des progrès de l’Université au lendemain de la réforme de 1600. Dans une paix relative, il passe les années 1603-1606, administrant son collège, révisant plusieurs ouvrages pédagogiques, poursuivant l’étude des Pères de l’Église et des canonistes du moyen âge.

3.
Portrait d’Edmond Richer

Il a plus de quarante-cinq ans. Sa taille est fort haute, mais libre, dégagée et bien remplie61. La tête est longue, le nez accusé, le front haut et large, le menton fort, la barbe fournie, les cheveux rares. Il parle si haut que ses amis lui donnent le sobriquet de Stentor. Les grands yeux au regard perçant, bordés de rides divergentes, expriment l’attention, la gravité, un peu de dureté62.

L’homme est intelligent, de mémoire fidèle, un remarquable érudit, un redoutable logicien à l’esprit délié et subtil. Il est extrêmement laborieux, et passe tout par l’étamine63. Théologien remarquable, pédagogue avisé, il se distingue plus par des qualités de fond que de forme. Richer n’est pas un latiniste de premier ordre et son français ne vaut pas celui de Malherbe. Mais le style de notre docteur ne manque pas d’une certaine vie, et parfois, la passion lui communique une sorte de mouvement que l’on est tenté de prendre pour de l’éloquence64. Ses écrits français se caractérisent par une certaine verdeur de langage65. Richer se distingue plus encore par la force de la volonté et du caractère. Elle a élevé le pauvre orphelin aux premiers rangs de l’Université ; elle fera du grand-maître et censeur le Gracchus des libertés gallicanes, le chef d’un parti dans l’Église. Orgueilleux et querelleur, il se décerne bien haut des compliments, se vantant de pouvoir aller la tête droite, de mener une vie exempte de tout reproche. Il est vrai qu’il ajoute : ce dont la louange en soit à Dieu auquel en est due la grâce66. Il s’applique trop aisément les paroles de l’Écriture : Beati qui persecutionem paliuntur propter justitiam : quoniam ipsorum est regnum cœlorum67. Ces dispositions fâcheuses laissent trop souvent dans l’ombre ses qualités très réelles, son désintéressement68, sa charité qui lui fait multiplier les aumônes69, sa chasteté, sa piété fervente de caractère liturgique et mystique qui lui fait vénérer l’Immaculée-Conception de la Vierge, la pureté de la Pucelle d’Orléans70. Trop souvent l’orgueil lui fera perdre le sens de la justice à l’égard de ses adversaires, de l’obéissance canonique due à ses supérieurs hiérarchiques. La postérité, oubliant ses insignes vertus, garde surtout le souvenir de son attachement à son sens propre qui fera de Richer un révolté, presque un hérésiarque71. Car il va mettre ce caractère entier au service d’une idée-force. Avec succès, il a restauré un collège, il a restauré les études et la discipline dans l’Université de Paris. Que lui importent ces victoires sans envergure, si elles ne marquent point une étape vers la seule œuvre qui compte : la restauration dans toute sa gloire de l’Université médiévale, jadis conseillère des Rois et des Papes. Disciple enthousiaste de Gerson, d’Almain, de Jean Major, il entend rénover la Faculté de Théologie, puis l’Université tout entière et, par elles, gagner l’Église de France à un gallicanisme qui concilierait les enseignements des conciles de Constance et de Bâle avec ceux des théoriciens du droit divin des rois.

4.
Edmond Richer, syndic de la Faculté de Théologie de Paris (1608-1612)

Depuis 1600, il rassemble les documents propres à illustrer l’histoire de l’Alma Mater72. Discrètement, dès 1603, il est intervenu contre les jésuites, rivaux de l’Université et ultramontains73. En 1605-1606, Richer avait conseillé à la Société des libraires de Paris de faire imprimer quand et quand les œuvres de Gerson, quelques traités du cardinal d’Ailly, de Jacques Almain et Jean Major docteur de Sorbonne74. Le nonce ayant obtenu l’interdiction de l’édition, Richer laisse prendre copie de son Apologie de Gerson qui est publiée à Venise par les soins de Fra Paolo Sarpi75, champion de Venise contre le Pape Paul V et les jésuites. Notre Docteur pourra désavouer l’édition italienne, émaillée de fautes76 : il n’en sera pas moins considéré comme le chef des adversaires des ultramontains.

Aussi, quand le syndic de la Faculté de Théologie, Roland Hébert, eût donné sa démission et proposé, pour successeur son ami77 Edmond Richer, la Faculté le choisit, d’ailleurs en son absence (2 janvier 1608)78. Cette charge, il ne va l’accepter que le 15 janvier, après avoir imposé des conditions. Tous les docteurs doivent aider Richer à recouvrer et rétablir l’ancienne discipline de la Faculté qui était tout à fait abâtardie, à quoi toute la Compagnie s’obligea par promesse et remercia Richer du soin qu’il en voulait prendre79. Comme l’écrit Mgr Puyol, le syndic ou Président de la Faculté en était le guide spirituel, le pouvoir exécutif. Il proposait les mesures dans les assemblées générales, il veillait à leur exécution, il faisait les réquisitoires et examinait les thèses, il dressait les actes et rédigeait les conclusions80. Grâce à ces pouvoirs considérables, Edmond Richer syndic (2 janvier 1608-1er septembre 1612) va s’efforcer à rétablir l’ordre disciplinaire, puis l’ordre doctrinal qu’il croit menacé par les Jésuites et les Ultramontains. Aux erreurs romaines il opposera l’élixir de la vérité gallicane.

§1.
L’Ordre disciplinaire

Poursuivant pour le compte de la compagnie des Docteurs l’œuvre qu’il a commencée pour lui-même, le nouveau syndic classe, analyse et range les titres et les registres de la Faculté, qui, pour la plupart, étaient ensevelis dans la poudre et mangés de mites81. Dorénavant, les Procès-verbaux des séances, les copies authentiques des délibérations seront enregistrés régulièrement. Surtout, Richer rétablit l’ancienne discipline, réduit le nombre des bacheliers agrégés aux ordres mendiants. Un mois avant la soutenance, les candidats aux grades supérieurs doivent remettre un exemplaire manuscrit de leur thèse au syndic (1er février 1608)82.Les thèses de tentative83 et de sorbonnique84 doivent traiter une question dogmatique. La thèse ordinaire85 doit développer un sujet de morale ou de théologie positive (1er avril 1608). Il biffe les manuscrits suspects d’ultramontanisme86 avec l’approbation de la Faculté — et même du Parlement quand il fait ajourner dix-neuf bacheliers (3 février 1609). Mais, fidèle au plan qu’il s’est tracé, il demanda que les articles qui résumaient la doctrine traditionnelle de la Faculté de Théologie fussent réimprimés et qu’un exemplaire fût distribué à tous les membres de la Compagnie87. En dépit de son habileté, il n’obtiendra jamais des Docteurs la permission de publier ce corps de doctrine officiel dans son intégrité. C’est que la Faculté, toute gallicane qu’elle est, ne peut ouvertement attaquer le Souverain Pontife, à qui elle doit ses privilèges propres88. Et, après deux vaines tentatives, Richer publiera le Libellus sous sa seule responsabilité. Ce ne sera qu’au XVIIIe siècle que la Faculté répondra au désir de son ancien syndic89.

Au cours d’une discussion qui s’est élevée entre des Bacheliers et le Prieur de Sorbonne (juillet 1608), Richer fait lire, puis imprimer une conclusion de la Compagnie en date du 1er juillet 1561, au grand émoi du Grand-Maître du Collège de Navarre qui demande à la Faculté de se déjuger. Quibus auditis Facultas, pro bono pacis et concordia, impressionem prædicta conclusionis improbavit conclusionem improbavit90, (1er mai 1609).

Animée par ce désir de paix et par l’action de son syndic, la Faculté de Théologie est en pleine prospérité à la fin du règne de Henri-le-Grand. Tous les jours six professeurs, deux du Roi, quatre libres enseignent à quatre cents écoliers91.

§2.
Les Jésuites

C’est à ce moment que les Jésuites, jadis autorisés par Charles IX à ouvrir le collège de Clermont (1563), puis chassés par le Parlement en 1594 et rétablis par l’édit de Rouen (1er septembre 1603), veulent rouvrir leurs classes dans la capitale92.

Le loyalisme français du père Coton, confesseur du roi Henri IV, porte ses premiers fruits. Les Pères du Collège de Clermont reçoivent l’autorisation de recevoir des pensionnaires que des Séculiers pourront instruire (1608)93. Puis les Lettres Patentes du 12 octobre 1609 donnent aux Pères le droit de faire des leçons de théologie au collège de Clermont. C’est un coup droit porté à la Faculté de Théologie qui se déclare appelante comme d’abus94. Les Jésuites attendent des jours meilleurs pour invoquer le bénéfice des Lettres Patentes. Ils vont venir.

§3.
La mort de Henri IV
Ses conséquences

Henri IV succombe sous les coups de Ravaillac, que les Gallicans considèrent comme un suppôt des Jésuites. Par contre, les ultramontains soupçonnent l’Université de pactiser avec les huguenots. Un Pater Noster des Catholiques accuse Richer et ses amis d’être conseillez par aucuns qui sentent le fagot95. Avec la Régente étrangère et faible, le nonce du pape Ubaldini et les Jésuites, sous les espèces du père Coton, arrivent au pouvoir. Contre eux, Richer va conduire une double offensive qui va frapper les pères Mariana et Bellarmin, puis les Dominicains.

Les 27 mai et 4 juin 1610, lui même, il invite la Faculté à agir contre les apologistes du régicide96. Le 8 juin, le Parlement de Paris condamne au feu le livre du père Mariana, le plus marquant d’entre eux97. Le 4 juin 1610 — et à la grande joie de Richer98 — la Faculté renouvelle le décret contre Jean Petit, apologiste en son temps de l’assassinat du duc Louis d’Orléans99. Mais le Syndic accusant le père Coton de professer des doctrines propres à expliquer le crime de Ravaillac, l’ancien confesseur de Henri IV riposte par une Réponse Apologétique, approuvée de cinq Docteurs et qu’il rend publique après l’échec d’une entrevue ménagée avec Richer100. Celui-ci, au Prima-Mensis de février 1611, dénonce la Réponse Apologétique comme contenant la défense du père Mariana101. Et, avec une subtilité maligne, il signale cette phrase du père Coton :

Il serait en certaine manière à désirer que Ravaillac eust lu Mariana, car directement et expressément celui-ci enseigne qu’un prince légitime ne peut estre tué par un particulier de son autorité privée.

Les Docteurs déclarent la proposition inconsidérée. Le Parlement de Paris avait, quelques mois auparavant, condamné le livre de Bellarmin intitulé De potestate Summi Pontificis in temporalibus adversus Barclaium (26 novembre 1610), ouvrage qui reconnaissait au Pape le droit de déposer les rois coupables de menacer le bien spirituel de la collectivité de leurs sujets102.

Après avoir fait censurer les ultramontains favorables au régicide et à la déposition par l’Église des Souverains, Richer va définir la doctrine gallicane à la suite de deux incidents contre les Dominicains et les Jésuites.

Sur le désir exprès jadis exprimé par Henri IV, le Chapitre Général de l’Ordre de Saint-Dominique se tient à Paris en mai 1611, pour voter des réformes. Quatre-cent-cinquante Pères venus de tous pays se réunissent au couvent des Jacobins. Le Chapitre est suivi de huit jours d’exercices publics de théologie, qui attirent une foule d’ecclésiastiques et de courtisans, fort amateurs de tels tournois d’éloquence. Soudain, Nicolas Coëffeteau, prieur du couvent, apprend que, le 27 mai 1611, l’allemand Rosembach doit soutenir des propositions favorables à l’infaillibilité du Pape et à sa supériorité sur le Concile103. Inquiet de thèses contraires aux positions gallicanes, et en prévision d’une protestation des théologiens parisiens, voire même d’une intervention du Parlement, Coëffeteau convient avec ses confrères de ne point argumenter sur les thèses de Rosembach, et, le 27 mai le déclare publiquement aux deux-mille assistants. Richer, présent, qui avait esquissé une protestation contre la doctrine du dominicain allemand, change de tactique aussitôt. Sur-le-champ, le bachelier Bertin engage la discussion et ose taxer d’hérésie les doctrines ultramontaines. Par la bouche d’un de ses disciples, Richer semblait imposer le gallicanisme à tous les théologiens — fussent-ils étrangers à la Faculté. Aussi les Dominicains, le Nonce et le cardinal du Perron agissent sur le Secrétaire d’État Villeroy qui ordonne au Syndic de se taire à la discussion du 31 mai. Il obéit. Du moins, le Premier Président du Parlement, M. de Verdun, lui demande un Procès-verbal de la séance des Jacobins, puis un exposé des sentiments de la Faculté. Le Syndic a tôt fait de fournir les deux pièces, surtout la seconde, préparée depuis longtemps104. Le Premier Président compte pouvoir s’en servir lors du Procès qui vient de reprendre entre l’Université et les Jésuites. Voici dans quelles circonstances. Le bruit court que le Gouvernement est sur le point d’accorder à la Compagnie de Jésus des lettres d’incorporation à l’Université. Celle-ci, à l’instigation d’Edmond Richer, demande au Parlement de statuer sur l’opposition formulée contre les Lettres Patentes de 1609, mais non jugée. Du 17 au 22 décembre 1611, l’avocat général la Martellière prononce un réquisitoire qui flétrit la doctrine des Jésuites, toute contraire à celle séculaire de la Sorbonne. Pour définir celle-ci, il résume dans ses grandes lignes le mémoire encore manuscrit de Richer105. Sans statuer sur le fond, la Cour ordonne aux Pères de la Compagnie de souscrire aux quatre doctrines maîtresses de la Faculté : la supériorité du Concile sur le Pape, l’indépendance absolue du pouvoir temporel des Rois, l’obligation pour les confesseurs de révéler au magistrat les attentats contre le Souverain dont ils ont connaissance, la soumission des ecclésiastiques au pouvoir séculier106. Les Pères se soumettent (22 février 1612).

Le fougueux syndic, depuis plusieurs mois, voit se succéder les circonstances favorables : l’appui du Président de Verdun ; l’arrêt du Parlement, enfin la demande par laquelle les curés de Paris veulent interdire la confession aux Jésuites107. Aussi fait-il imprimer à trois-cents exemplaires le manuscrit remis en juin 1611 au Premier Président. L’ouvrage qui est anonyme est intitulé : Libellus de Ecclesiastica et Politico Potestate.

Écrit en latin, il compte trente pages in-quarto et se divise en dix-huit chapitres, suite de deux théorèmes et de sept corollaires108, d’une logique sûre et lucide. Pas un mot de trop ; pas d’à peu près dans l’expression. On dirait des formules juridiques109. C’est une attaque des prétentions nouvelles des Réguliers et des Jésuites, des prérogatives des Évêques et du Souverain Pontife en matière de doctrine et de discipline. Au lendemain d’une réorganisation de l’Université, puis de la Faculté de Théologie, la publication du Libellus prend une importance politique en même temps que religieuse. Importance que marque l’approbation du livre par le roi Jacques I d’Angleterre qui y trouve une confirmation de l’autorité souveraine sur l’Église110 et par le servite vénitien Fra Paolo Sarpi. Dans plusieurs de ses lettres, il célèbre les mérites du Libellus, qu’il voudrait voir répandu en Europe111 et qui départagera les bons des méchants112.

C’est la dernière grande victoire remportée par Edmond Richer. Il a pu rétablir l’ordre dans un Collège à l’encontre des Boursiers, il a pu collaborer à la Réforme de l’Université, puis de la Faculté de Théologie avec l’aide du Roi, des Régents et des Docteurs. Cette fois il se heurte à la redoutable conjonction du Souverain Pontife et du Nonce113, des Jésuites, de la Reine et des Évêques. De cette opposition agissante, le cardinal du Perron se fait le porte-parole114. Il se fait écouter favorablement au Conseil du Roi quand il développe ses griefs majeurs contre le Libellus, propre à détruire la paix dans l’État115. En limitant les pouvoir du Pape, Richer jette la suspicion sur la validité du mariage de Marie de Médicis avec Henri IV, autorisé à la suite de l’annulation prononcée par Clément VIII de l’union jadis contractée par Henri de Navarre et Marguerite de Valois. L’auteur attaque indirectement la légitimité du roi Louis XIII et donne une base doctrinale aux préventions éventuelles de Henri II de Condé, premier prince du sang et futur chef des seigneurs factieux116.

Pour Du Perron, le Libellus présente un autre danger. Il taxe de nullité la mission des Évêques français. Car posé que les Élections fussent de droit divin et que l’on ne pût prescrire, il résultait de là nécessairement que tous les Évêques que le Roy présentait au Pape n’étaient légitimement promus117 Pour conclusion il dit que Richer était l’ennemi juré de tous les Rois et États monarchiques118. Avec l’autorisation du Conseil, obtenue malgré Condé, Du Perron et quinze prélats dont quatre fort savants se réunissent officieusement pendant une quinzaine pour examiner le Libellus (début de février 1612). Dans la commission, Richer aurait compté quelques sympathies.

Alors Du Perron s’échauffa en telle sorte qu’à diverses foi il fut contraint de boire trois grands verres de tisane ainsi que nous avons appris de ceux mêmes qui étaient présens119.

Il l’emporte grâce à deux accusations qui ne peuvent manquer de frapper des Prélats :

Si les élections étaient de droit divin ainsi que Richer prétendait il n’y avait aucun évêque légitime en toute la France… Richer égalait totalement les prestres aux évêques qui était l’hérésie d’Arius : ce qu’il imprima en l’esprit de plusieurs.

On reconnaît que le Libellus est digne de censure120. Cette décision préparatoire est communiquée au Nonce (16 février), puis au pape Paul V qui approuve121. Muni de ce viatique et avec l’autorisation du Gouvernement122, Du Perron, archevêque de Sens, métropolitain du diocèse de Paris, convoque ses huit suffragants en Assemblée Provinciale sous le prétexte d’élire le syndic du Clergé. La réunion, qui siège à l’Hôtel de Sens, signe vite la censure du Libellus (13 mars 1612) :

… de propositions, d’exposés et d’allégations fausses erronées, scandaleuses et schismatiques, qui sentent l’hérésie, sans toucher pourtant aux droits, aux immunités tant du Roi que de l’Église gallicane123.

Dès le 18 mars, l’évêque de Paris Pierre de Gondi fait publier la censure dans toutes les paroisses de Paris124. Et les sermons de Carême choisissent pour thème la condamnation du Syndic. Le pape Paul V, regrettant l’allusion faite aux libertés gallicanes125, le nonce détermine l’archevêque d’Aix, Hurault, à dresser une censure plus absolue. Avec ses trois suffragants, le Prélat renouvelle la condamnation et porte l’excommunication contre les propagateurs du livre126. Paul V sanctionne ces condamnations doctrinales par les brefs des 6 mai et 27 septembre 1612. L’Index inscrira le Libellus au catalogue des livres défendus (10 mai 1613)127. Richer, qui n’accepte point ces censures, a rédigé un appel comme d’abus de la sentence du concile de Sens. Parmi les neuf motifs qu’il invoque, le second taxe de nullité une assemblée réunie sans convocation du bas-clergé des diocèses, une condamnation prononcée sans aucune intervention du second ordre128. L’acte va se perdre dans les détours de la procédure. Le 7 août, Richer présente un nouvel appel — cette fois de la censure d’Aix — et qui n’aura pas plus de succès129. La Régente et le Conseil, hostiles à Richer, lui envoient le cardinal de Bonzi, et lui interdisent de prendre la défense du Libellus. De ce silence, l’avisé syndic saura d’ailleurs tirer parti130.

§4.
La perte du syndicat

Mais le Nonce veut le chasser du Syndicat. Déjà, Richer comptait à la Faculté des ennemis résolus, les disciples d’André Duval, de François de Harlay, abbé de Saint-Victor, les religieux des Ordres Mendiants. Mais, entre les ultramontains et les amis fidèles de l’auteur du Libellus, une vingtaine, la masse des indécis, gallicane de tendances, mais orthodoxe dans sa foi, est frappée de l’accord inaccoutumé du Pape et du Nonce avec les Évêques et le Gouvernement. À la tête de ces Docteurs, jaloux de l’autorité quasi-dictatoriale de Richer, deux Gallicans, champions du Bas-Clergé, Gamaches et Filesac, inclinent à nommer un nouveau syndic. Richer qui l’apprend, provoque une démarche du Parlement qui interdit à l’Assemblée de la Faculté de Théologie du 3 février 1612 de délibérer sur le Syndicat131. Ce qui indispose la Compagnie. Elle inflige un blâme indirect au syndic, en formant une plainte contre ceux qui publiaient les conclusions et secrets de l’École sans avoir eu permission de le faire132. Richer, refusant de donner spontanément sa démission133, on songe à le révoquer en mai134. Mais alors, la majorité n’est pas sûre. Au Prima Mensis de juin, quarante-trois des soixante-dix docteurs présents se rallient à la déposition. Mais le Doyen refuse de la mettre aux voix. Pour ne point accroître les divisions, deux lettres de cachet successives (juillet, août), un ordre du Parlement interdisent toute mesure contre Richer. Enfin, les Lettres Patentes du 1er septembre 1612 prescrivent d’élire un nouveau syndic135. L’Assemblée choisit le modéré Filesac. À l’avenir, le syndicat pourra être tenu deux ans au plus. Des mesures seront prises qui permettront aux docteurs de surveiller la rédaction des actes de la Faculté.

Hérétique, privé du Syndicat et d’un canonicat à Notre-Dame136, Richer paraît vaincu pour jamais.

5.
Edmond Richer, auxiliaire des Gallicans (Octobre 1612-1627)

Énergique comme il l’est, appuyé par une minorité de docteurs et quelques curés de Paris, ami du Pénitencier de Paris Roland Hébert et de l’évêque de Meaux, allié aux Parlementaires, et assuré de la protection du prince de Condé, Edmond Richer ne va pas se soumettre. Quinze année encore, il va demeurer l’auxiliaire des Gallicans, comme une sorte de chef de parti réduit au silence, mais fort actif. Tantôt l’allié de l’Université, tantôt du Tiers de Paris, tantôt du Bas-Clergé, tantôt du Gouvernement de Richelieu, il va agir en quatre circonstances principales : au cours de deux contre-offensives contre l’Oratoire (1613), au cours de deux offensives contre les Ultramontains (1614, 1625-1626).

§1.
La Sorbonne

Il semble que le docteur André Duval et le syndic Filesac aient songé, en 1613, à réorganiser la Sorbonne137. Ses hôtes et ses boursiers y vivaient libres et égaux sous la prééminence du Proviseur, simple primus inter pares. Mais ils devaient, pour être agrégés à la Société, faire un cours public de Philosophie138. Filesac et Duval envisagent une triple modification aux Statuts. Les 5 et 7 février 1613, ils proposent l’établissement d’une table uniforme et moins frugale qu’auparavant moyennant une somme annuelle de quarante écus. Nonobstant l’opposition de Richer139, l’Assemblée générale extraordinaire adopte la réforme qui ne présente que des avantages140. Puis, Filesac et Duval veulent abroger le statut qui oblige à faire un cours en philosophie pour obtenir le droit de la Société de Sorbonne, d’autant qu’il était cause que plusieurs des grandes et nobles familles ne pouvaient être de la maison. Ils veulent changer cette basse et obscure façon de vivre141. Car l’admission de nobles serait fort utile au Collège : ce serait un moyen d’avoir plusieurs personnes de la Société de Sorbonne en la cour du Roy qui recommandraient et défendraient142 cette maison. Ils n’y parviennent pas alors, en partie grâce à l’opposition de Richer. Mais l’exécution de cette réforme au XVIIIe siècle changera l’esprit de la Sorbonne143. Dans l’esprit du père de Bérulle et des amis du Nonce, le rétablissement de la vie commune dans le vieux collège de Robert de Sorbon établissait des points communs avec la nouvelle congrégation de l’Oratoire. Mais Richer qui veille s’oppose à toute fusion. Et, sous son influence qui demeure grande, la Sorbonne décide (14 août 1613) que la qualité de Sorbonniste sera incompatible avec celle de membre d’une congrégation même si on n’y exige point de vœux perpétuels144.

§2.
L’Oratoire et l’Université

Battus à la Sorbonne, Filesac et Duyal vont l’emporter à la Faculté de Théologie. La majorité qui a déposé Richer se retrouve compacte pour décider (17 mai 1613) que les gradués de la Faculté devenus Pères de l’Oratoire continueraient d’être réputés vrais docteurs et bacheliers145. Passant outre à l’opposition du Recteur et des trois autres Facultés déchaînée par l’ancien syndic146, l’Arrêt du Parlement du 1er juillet 1613 et une lettre de cachet maintiennent les mesures favorables aux disciples de M. de Bérulle. En vain d’ailleurs. Cette fois encore l’obstiné Richer était arrivé à ses fins147. Il avait anéanti les espérances de l’Oratoire et détourné un grand nombre de gradués de l’Université d’entrer dans la nouvelle Congrégation148.

Les quatre interventions précédentes ne sont pas sans valoir quelques désagréments au docteur trop agissant. Le nonce et le duc d’Épernon demandent son envoi à Rome pour être jugé. Ce à quoi s’oppose le prince de Condé149. Nous rejetons comme de simples on-dit les deux affirmations de Richer qui prétend avoir été menacé d’un emprisonnement à Loches150, d’un assassinat par les gens de l’abbé de Saint-Victor151. Plus fantaisiste encore paraît le témoignage du bourguignon Morisot : il suppose que l’ancien syndic fut jeté dans les prisons de Saint-Victor en 1613152.

§3.
Les États Généraux de 1614

La vérité est que le faible gouvernement de la Régente, de toutes parts attaqué, ne pouvait guère punir sévèrement le chef des gallicans. La Régente doit convoquer les États Généraux. Un conseiller au Parlement de Paris, qu’on dit ami de Richer153 Claude le Prêtre, rédige alors cet article du Cahier du Tiers, bientôt adopté par les douze Provinces :

Que comme il154 est reconnu souverain en son État, ne tenant sa couronne que de Dieu seul, il n’y a puissance en terre, quelle qu’elle soit, spirituelle ou temporelle, qui ait aucun droit sur son Royaume pour en priver les personnes sacrées de nos Rois, ni dispenser ou absoudre leurs sujets de la fidélité et obéissance qu’ils lui doivent pour quelque cause ou prétexte que ce soit155.

L’Université, privée de toute représentation particulière, ne peut rien faire parce qu’elle est divisée. La Faculté des Arts adopte le texte de le Prêtre, pas la Faculté de Théologie. Bien que Richer ne soit ni l’inventeur, ni le rédacteur de l’article du Tiers, celui-ci s’inspire du Libellus. Après 1612, bien plus qu’avant 1608, et presque autant que pendant, la période de sa domination, Richer demeura chef de parti, chef écouté et redouté156. Obéissant aux injonctions du cardinal du Perron et de l’Ordre du Clergé, le gouvernement interdit l’insertion de l’article (13 janvier 1615)157. Dans le silence de sa retraite, Richer compose une justification directe du texte incriminé : ce sera le De Potestate Ecclesiæ in rebus temporalibus, que l’opposition de ses ennemis lui interdira de publier158.

§4.
Une éclipse du prestige d’Edmond Richer (1614-1622)

C’est que les années suivantes sont peu favorables. L’ancien syndic est affaibli par la révolte, puis par l’emprisonnement du prince de Condé159, la retraite du comte de Soissons : il n’assiste plus guère aux Assemblées de la Sorbonne et de la Faculté de Théologie, sauf aux thèses et aux séances officielles160. Ses disciples, privés de tout avancement temporel, diminuent en nombre. Tout au plus le voit-on en 1618, commenter la censure faite l’année précédente, par la Faculté de Théologie du livre de Dominis : De Republica Ecclesiastica161. À deux reprises, les amis de l’évêque de Paris veulent obtenir de lui une rétractation du Libellus (1620, 1622-1623). Frappé d’un refus provisoire162 d’absolution à l’Avent de 1619, il écrit une Déclaration d’orthodoxie, pas une rétractation. Duval et l’évêque exigeant une soumission complète, Richer remet une nouvelle déclaration rejetée par ses adversaires et écrit à Duval :

Je vous déclare par la présente que je ne veux à l’avenir traiter de cette affaire avec vous et que je ne puis vous reconnaître pour juge163.

On ne pousse point le Docteur à bout. Du Perron et l’évêque Pierre de Gondi viennent de mourir et De Luynes est trop préoccupé par l’attitude de Marie de Médicis pour intervenir contre l’ancien syndic.

§5.
Les nouvelles initiatives d’Edmond Richer (1622-1627)

Les troubles politiques s’accentuent. Aussi, Richer reprend-il courage. Il rédige la déclaration captieuse du 30 juin 1622, qui, sous couleur d’une apparente soumission, prétend que le Libellus est un simple résumé des doctrines de l’école de Paris164. Ce qu’il démontre tout au long dans un ouvrage publié la même année le Demonstratio Libelli165. Les curés parisiens, s’inspirant de ses doctrines, attaquent les Réguliers166. À l’instigation du cardinal de la Rochefoucauld, la Cour veut imposer deux articles aux amis de Richer (février 1623).

  1. Que le Pape comme Pape, peut faire des lois qui obligent en conscience tous et un chacun des Fidèles chrétiens.
  2. Qu’il peut donner des privilèges aux religieux pour entendre les confessions par tous les diocèses167.

Richelieu, proviseur de Sorbonne encore écarté du ministère, n’insiste pas trop pour obtenir l’adhésion de l’ancien syndic et de ses disciples. Au cardinal de la Rochefoucauld, Richer n’accorde rien. Louis XIII conseille la modération, parce que le gouvernement des Barbons est dépourvu de tout prestige. Le 7 juillet 1623, l’évêque de Meaux accorde un canonicat à Edmond Richer168. Lorsque Pierre Guarande, chanoine théologal d’Angers, est excommunié par son évêque Claude Miron, c’est encore notre Docteur qui publie un écrit anonyme, l’Examen du Cahier de l’Évêque d’Angers pour le Grand Archidiacre d’Angers concernant les appellations comme d’abus169. À l’appui de ses conclusions, il compose le Traité des appellations comme d’abus, qui ne sera publié qu’en 1763170.

Quelques mois plus tard, l’Assemblée du Clergé de France faisait un règlement pour les Réguliers qui n’était en plusieurs points que le code disciplinaire rêvé par Richer171. Richelieu, devenu premier ministre, résiste alors au Pape en Valteline. Il est attaqué par plusieurs libelles papalins. Aussi le Cardinal obtient de la Faculté de Théologie (1er décembre 1625) une censure générale des malencontreux ouvrages172. Un nouvel écrit du jésuite Santarel173 est examiné et condamné par la Faculté, sur l’initiative du doyen Filesac. La censure est préparée par quatre Docteurs, dont deux richéristes : Jean Daultruy et Étienne Dupuis. Richer lui-même, sortant de l’ombre, écrit deux comptes-rendus et trois apologies des censures174. Mais ce n’est qu’un apparent retour de fortune. Car, aux yeux du Ministre, le Gracchus des libertés gallicanes est un épouvantail qu’on sort en temps utile pour l’abandonner aussitôt.

6.
Le Déclin (1627-1629)

Richelieu comprend vite qu’il est imprudent d’attaquer à la fois, le Pape, les Protestants, l’Espagne et l’Autriche. Il se rapproche du pape Urbain VIII175, sacrifie Richer.

Celui-ci vit alors dans la retraite, plus que jamais résolu à ne point se rétracter176, bien qu’il soit privé de sacrements177. Il compose à loisir son Histoire de Jeanne d’Arc, complète son Historia Academiæ Parisiensis, remanie chaque année son Testament spirituel. Voilà que, le 10 juin 1629, après sa messe, il tombe malade d’une crise de gravelle. Il est confessé par son ami Parent, demande les derniers sacrements. Le curé du collège lui demandant une rétractation du Libellus, Richer renouvelle sa déclaration du 30 juin 1622. À ce prix, il peut communier178. Il subit l’opération de la taille et se rétablit. Mais sa santé demeure délicate.

Pour plaire au pape Urbain VIII, et par un souci sincère d’orthodoxie, Richelieu et le père Joseph arrachent à la lassitude du vieillard une rétractation complète. Cette fois il se soumet au jugement de l’Église catholique et romaine et du Saint-Siège apostolique, la Mère et la Maîtresse de toutes les Églises et le juge infaillible de la vérité. Il désapprouve les propositions du Libellus en tant qu’elles sont contraires au jugement de l’Église catholique, apostolique et romaine179. Cette déclaration, Richer doit la confirmer le même jour devant deux notaires (7 décembre 1629) et, plus tard devant son confesseur. Sans croire avec Baillet que cette rétractation lui fut arrachée par une violence positive180, le désaveu de Richer n’est pas sincère. Affaibli par l’âge et par la maladie, il a dû capituler. Car, cette fois, il n’a plus seulement devant lui les représentants de l’archevêque de Paris, mais le proviseur de Sorbonne, premier ministre du Roi, muni de pleins pouvoirs spirituels et temporels : c’est-à-dire, selon son système même, une autorité incontestable et irrésistible. Vicaire de l’évêque extérieur, Richelieu a qualité pour astreindre à une soumission extérieure un théologien régnicole.

Revenu chez lui, Richer compose son Testament spirituel du 24 décembre 1629, longue apologie du Libellus. Il évoque les persécutions qui lui ont été infligées. Mais il s’en console ainsi :

Les Juifs ont bien traité de séducteur Notre Seigneur chef de l’Église, et les athées le tiennent bien aujourd’hui pour sycophante et imposteur : que ne doivent donc pas savoir souffrir ses membres pour défendre la vérité de l’Église181.

Nous croyons supposé un texte retrouvé après sa mort qui semble confirmer la sincérité de la Déclaration du 7 décembre 1629182. Richer s’affaiblit : il souffre de néphrite. Il va jusqu’à se réconcilier avec son intime ennemi André Duval. Malade en 1631, il reçoit les derniers sacrements en présence des boursiers du collège. Il se fait lire des prières qu’il a tirées lui-même de l’Écriture183. Il meurt à l’âge de 72 ans et 2 mois, le 29 novembre 1631. Le Caton de l’Université, le Gracchus des libertés gallicanes est enterré du côté droit dans la chapelle de la Nouvelle Sorbonne184.

III.
L’œuvre de Richer

Au jugement de la postérité, Edmond Richer se recommande par une œuvre considérable de pédagogue, d’historien, de doctrinaire.

1.
Le Pédagogue

C’est de 1597 à 1603, alors qu’il réformait son Collège et sa chère Université, qu’il était redevenu professeur de Grammaire, d’Éloquence et de Rhétorique, éditeur de textes : éducateur au sens large du mot.

Sous le titre trompeur : De Analogia Causis Eloquentiæ et Linguæ Patriæ locupletandæ methodo185, Richer a surtout donné une Grammaire latine, une étude des déclinaisons, des conjugaisons, des transpositions de diphtongues et des substitutions de consonnes186. Ici et là, le développement fort technique est vivifié par une remarque intéressante : Richer fait l’éloge de Ronsard et d’Amyot

… qui ont embelli, grâce à l’analogie (sic) la langue de la Patrie jusque là balbutiante et vagissante187.

Villehardouin, Froissart et Monstrelet reçoivent aussi leur tribut de compliments188. La Grammatica obstetricia189, publiée aussitôt après, comprend une première partie analogue au livre précédent, et qui, comme lui, sacrifie à l’idée fausse d’apprendre la grammaire d’une langue étrangère en cette propre langue par le moyen de règles et d’exemples fort abstraits. C’est une application plus que contestable de la méthode directe. Dans le détail pourtant, que de bonnes remarques ! En dépit de distinctions purement formelles, empruntées à Despautère, la Grammatica réalise un effort de clarté et de brièveté190. Richer va jusqu’à se servir de trois sortes de caractères d’imprimerie : les gros pour les règles, les moyens pour les exceptions, les petits pour des conseils pédagogiques rédigés en français. En voici quelques-uns :

L’adjectif est le surnom du substantif, et tout ce qui surnomme est adjectif191.

L’adverbe est comme la mesure et circonstance du verbe192.

La conjonction est le lien de l’oraison193.

Le pronom est le viquaire et le lieutenant du nom substantif194.

Le participe est demy-nom et demy-verbe195.

Grammairien asservi à la tradition mais favorable à la raison et au respect de l’usage196, Richer croit trop à la vertu pratique de l’enseignement du nom des figures de Grammaire et de Rhétorique197. Il ne fait grâce d’aucune à ses infortunés lecteurs. À la définition courte, mais sèche, succèdent des Observationes pédantesques, des Exempla variés. Dix-sept catégories de Métaplasmes, dix-sept classes de Barbarismes, s’alignent en bon arroi198. C’est pis encore pour les figures de Rhétorique, et Richer n’a garde d’omettre la Philophrosyne, le Parasceve, l’Épitrochasmus199. Les enfants doivent même apprendre le nom des inventeurs de ces figures : les Diomède, les Aquila Romanus, les Julius Rufianus ! Dans l’ensemble les ouvrages qui viennent d’être analysés ne se distinguent par aucune des qualités aujourd’hui requises des ouvrages pédagogiques. En dépit d’efforts méritoires vers la clarté, la simplicité et l’emploi des méthodes rationnelles. Richer reste un grammairien scolastique, enclin à préférer l’érudition indigeste à la formation de l’esprit. Il vaut mieux dans sa traduction du livre De Pallio de Tertullien200. Richer y donne un sommaire fort clair, une version française d’un style naïf, aux phrases lourdes, à la syntaxe peu sûre201. L’ensemble est pourtant vivant. Les notes — il est curieux de le noter — sont celles, latines, de Marsile Ficin202.

L’œuvre pédagogique la plus remarquable de notre Docteur est l’Obstetrix Animorum203, fort bien écrite et bien pensée204. Ici et là, il évoque Turnèbe et Budé, deux lumières des Gaules, il célèbre la nation française qui l’emporte sur les autres par l’application et la curiosité205. Surtout Richer demande que la discipline soit autre chose qu’un simple dressage206, que l’éducation suive la nature de l’écolier et découle d’une règle intelligente207.

Il faut accoutumer les enfants à ne jamais prendre la cheure (sic), à n’être quinteux, ombrageux, ny poinctilleux208.

Dans l’ensemble, Richer n’est point un théoricien de la pédagogie, mais un simple praticien qui connaît tout au plus les doctrines libérales chères à Montaigne. Son exemple montre qu’un homme indépendant de son temps échappe malaisément aux errements de l’Université médiévale.

2.
L’Historien

La cause de l’Université lui est si chère qu’il ambitionne la gloire de devenir son historien. En fait, son Historia Academiæ Parisiensis209 n’est qu’un recueil de documents en 30 livres : 22 avant 1600210, 8 de 1600 à 1626211. Encore les pièces rassemblées et le texte latin évoquent-ils plus la lutte des Séculiers contre les Réguliers, le statut médiéval des curés qu’ils n’exposent l’histoire des études et des méthodes d’enseignement ou les progrès matériels et intellectuels des Facultés212. L’intérêt de ce recueil de pièces, resté manuscrit, est triple. Il fournit des renseignements biographiques sur maints théologiens du XIVe au XVIIe siècle213. Il recèle l’arsenal des armes juridiques et canoniques maniées par Richer pour plaider la cause des curés et de l’Université214. Pour le début du XVIIe siècle, il est un témoin précis, bien informé mais tendancieux, des différends survenus entre l’Épiscopat et les Réguliers, entre l’Université et les Ordres religieux nouveaux : Jésuites ou Oratoriens215.

Historien et admirateur de l’Université au XVe siècle, Richer se sépare d’elle sur un point. Avec Gerson, à l’encontre de la Faculté de Théologie216 il plaide la cause de la Pucelle, oubliée par la foule, malignement attaquée par l’historien du Haillan. Au cours des dernières années de sa vie, de 1625 à 1630, Richer presque septuagénaire a lentement élevé un monument à la Vierge lorraine. Pour son Histoire de la Pucelle d’Orléans, il s’emploie même à obtenir la permission devenue nécessaire des censeurs217. Mais il meurt trop tôt, et son œuvre, restée manuscrite218, ne sera publiée qu’en 1911 — avec d’excellentes notes — par le chanoine P. H. Dunand. L’œuvre vaut à la fois par des qualités de forme et de fond :

C’est une véritable histoire digne de ce nom malgré les quelques défauts qui s’y accusent, œuvre d’art et de méthode, œuvre de critique également, marquée au coin de l’unité et de la simplicité219. Edmond Richer dit lui-même l’avoir écrite afin que ceux qui n’entendent pas le latin et mesme les femmes et les filles y puissent profiter et reconnaître les merveilles de Dieu envers le royaume de France, duquel il a toujours eu un soin particulier220.

Le style, naïf et vivant, est déparé par des fautes d’orthographe et de ponctuation221. L’œuvre n’est point d’ailleurs un panégyrique mal informé et peu critique. Le premier, Richer a indiqué les sources authentiques essentielles d’une histoire de Jeanne : des brochures contemporaines, le Journal du siège d’Orléans, les textes des deux Procès qu’il voudrait faire imprimer à cent ou à six-vingts exemplaires

… afin de les conserver et transmettre fidèlement à la postérité222.

Ces textes, il les a examinés avec probité, car

… nous tenons, écrit-il, pour très véritable maxime que c’est un très grand sacrilège que de mentir en matière d’histoire, puisque l’écrire n’est autre chose que de sacrifier à la vérité223.

Historien, théologien et canoniste, il a pu analyser avec compétence le procès de Jeanne qui avait revêtu une grande importance politique, théologique et juridique. Historien avisé, Richer connaît les règles d’authenticité des documents224. Mais il se soucie parfois assez peu des dates et des circonstances des événements225. Faute vénielle pourtant, car il analyse en sept-cents pages la valeur critique des témoignages226. C’est avec finesse qu’il caractérise les historiens de Jeanne ses prédécesseurs227. Théologien et canoniste, il a fait des remarques qui ont échappé à des auteurs plus savants, mais laïques. C’est ainsi qu’il montre que la Pucelle, capturée sur le territoire du diocèse de Soissons, ne pouvait être justiciable de Pierre Cauchon, évêque de Beauvais228. Mieux que le laborieux Quicherat, il prouve l’iniquité de la prétendue abjuration de Jeanne d’Arc au cimetière Saint-Ouen229, il accuse les vices de procédure du premier procès230. Ce contemporain des possédées de Loudun et d’Urbain Grandier sait faire preuve d’objectivité dans la discussion des faits de sorcellerie et de la réalité des visions de la Pucelle.

La sorcellerie est un maléfice de personnes mal vivantes, avancées sur l’âge et non d’une vierge, âgée de treize ans, vivant saintement comme le faisait la Pucelle. Ce maléfice horrible ne peut être le premier péché, non plus que l’hérésie231, c’est cloaque et sentine de toutes sortes de péchez et de méchancetez232.

Dieu, quand il le juge bon confie à des âmes de son choix des missions spéciales ; il leur dispense et départ des privilèges, et, bien que faibles par nature, il les rend puissantes et relevées en grâce, les opérant extraordinairement pour opérer des merveilles aux yeux du monde et confondre les puissances de la terre233.

Même après la publication de l’édition de Quicherat, celle de Richer mérite de figurer dans la liste des ouvrages essentiels consacrés à Jeanne d’Arc, la sainte de la Patrie. Œuvre de raison et de foi, de piété et de mystique, l’Histoire de la Pucelle d’Orléans, ne traduit aucun gallicanisme militant, mais se révèle catholique de doctrine et française d’inspiration234.

3.
Le Doctrinaire
Histoire de la publication de ses œuvres

Plus qu’un pédagogue de valeur moyenne, plus qu’un historien aujourd’hui condamné à un injuste oubli, Richer a été un doctrinaire dont la pensée a exercé une grosse influence aux XVIIe et XVIIIe siècles. À la vérité, l’interprétation des vues théologiques et disciplinaires de notre Docteur semble soulever de grandes difficultés. De son vivant, il n’a publié que trois ouvrages canoniques. L’édition vénitienne de l’Apologia pro Joanne Gersonio (1606) est désavouée par son auteur. Le court Libellus de 1611, logique et net, exprime l’essence de la doctrine. Il laisse de côté les développements historiques et ne cite guère que les écrits de saint Bernard, saint Augustin, saint Cyprien. Il a quatre autres éditions du vivant de l’auteur235. En 1622, le Demonstratio Libelli, trois fois plus long que le Libellus en est un simple développement enrichi de références et de textes des Pères236. Les Explications successives de 1620, 1622, 1623, 1625 (31 août) n’infirment en rien les livres précédents. La rétractation du 7 décembre 1629 mise à part, les ouvrages anthumes ne présentent guère de divergences. Tout au plus le Demonstratio Libelli précise-t-il le parochisme resté vague encore dans le Libellus237.

1ère période 1676-1703

Richer réduit au silence avait beaucoup écrit au cours de ses années de retraite. Mieux que les hommes du XVIIe siècle, les historiens du XXe peuvent se faire une idée d’ensemble de la pensée richérienne, divulguée lentement au cours de deux périodes favorables de 1676 à 1703, de 1753 à 1763.

Sous Louis XIV, et pour des causes qui nous sont en partie, inconnues238, paraissent successivement : l’Apologia pro Joanne Gersonio239 les Vindiciæ Doctrinæ Majoram Scholæ Parisiensis (Coloniæ 1683, 2 vol. in-4°), l’un et l’autre recueils de textes de théologiens du XVe siècle, textes propres à définir en la limitant, l’originalité richérienne. La même année, l’Historia Conciliorum Generalium prétend justifier le gallicanisme par la pratique conciliaire de douze siècles d’histoire240. Les manuscrits de Richer sont confiés par ses héritiers au chanoine janséniste Breyer241. Alors on242 fait imprimer le Defensio Libelli243, composé vers 1622 et divisé en cinq livres. C’est l’exposé complet, nuancé, définitif du système de Richer. Tandis que le Libellus est une dissertation logique et scolastique, le Defensio se distingue par un caractère pragmatique et historique. Les sources en sont l’Évangile, les Pères comme saint Jérôme et saint Grégoire244, Gratien245, le Maître des Sentences, Jean Major246 et Almain247. Mais le Defensio Libelli semble n’avoir guère été répandu248. D’autres ouvrages de l’ancien syndic sont prêtés par Breyer au Bénédictin janséniste dom Thierry de Viaixnes, moine de Hautvillers249. Celui-ci étant fort suspect, reçoit la visite des exempts qui font une perquisition dans sa cellule, enlèvent les papiers compromettants et par surcroît les manuscrits à lui confiés (8-9 août 1703). Le tout est transporté au noviciat des Jésuites250 et oublié.

2e période 1753-1763

Les idées de Richer cheminent pourtant. En 1753, en pleine querelle des billets de confession alors que l’attention du grand public est attirée sur la nature des rapports de l’Église et de l’État, on251 publie l’Histoire du Syndicat d’Edmond Richer252, autobiographie intéressante et sûre pour les faits, encore que tendancieuse dans ses conclusions. En 1763, est imprimé le Traité des appellations comme d’abus253, affirmation de l’indépendance temporelle des souverains et des effets tout spirituels de l’excommunication. Seul, le De Potestate Ecclesiæ in rebus temporalibus254, ne paraît jamais avoir été donné au public.

Plus de cent-quarante ans après sa mort, Richer n’est pas oublié. L’éditeur du Traité des appellations comme d’abus, l’appelle le confesseur et le martyr des Libertés de l’Église gallicane255. Le polygraphe Grosley assure que sa mémoire est encore chère à bien des âmes élevées et républicaines256.

Ce ne sont pas de simples compliments sans portée. Car la pensée richérienne, censurée depuis 1612, est plus vivante que jamais257.

4.
Les Rapports de l’Église et de l’État

Dans tous ses ouvrages, Richer professe un système parfaitement lié sur les rapports de l’Église et de l’État258, qui se résume en quatre propositions :

  1. Les Rois sont souverains de droit divin259. Notre Docteur rejetant les principes de la Ligue, s’exprime comme le Bret et Richelieu.
  2. Les Souverains, celui de la France surtout260, sont indépendants de toute autorité, même spirituelle, en vertu même de l’Écriture et des Pères261.
  3. L’autorité de l’Église est purement spirituelle262. Elle n’implique aucun pouvoir de contrainte extérieure263. L’excommunication, de sa nature et par le droit divin, ne peut avoir aucun effet temporel264. Prononcée par les seuls Évêques, elle requiert l’approbation du corps de l’État pour être pleinement efficace265.
  4. Le Prince, évêque extérieur, a quelque pouvoir dans l’Église, ainsi que l’enseigne le Pontifical Romain266. Dans le passé, les Rois ont créé des Évêchés et des Métropoles267. Dans le présent, ils demeurent les protecteurs de la loi naturelle, divine et canonique268, les juges légitimes des appellations comme d’abus, source des Libertés de l’Église gallicane269.

Le système défini par ces quatre postulats s’éloigne à la fois du pontificalisme de Grégoire VII, d’Innocent III et de la formule : L’Église libre dans l’État libre. Il incline plutôt vers l’érastianisme, comme il convient à une époque — surtout celle de Richelieu — où l’État évolue vers la monarchie absolue.

Les quatre principes de Richer, assez voisins de ceux de Pierre Pithou, présentent pourtant quelque originalité. Le jurisconsulte se borne à signaler le fait sans parler du droit. Il constate les libertés du royaume de France : il n’aborde pas la question des principes270. Au contraire, l’ancien syndic établit les bases doctrinales du gallicanisme. Son régalisme s’oppose aux idées démocratiques de Gerson, d’Almain, de Jean Major271. Les quatre principes richériens sont à la base du gallicanisme politique. Les deux premiers se retrouvent dans le premier des quatre articles de 1682272. Les deux derniers inspireront les initiatives du Parlement lors des querelles de la Bulle Unigenitus (1730, 1753-1756) et plus tard les doctrinaires du fébronianisme, du joséphisme, jusqu’aux rédacteurs des articles gallicans de la Constitution civile273.

5.
L’Église

Plus originales encore paraissent les cinq doctrines que Richer professe sur l’Église :

  1. La première reconnaît que la communauté chrétienne n’est qu’en apparence une monarchie274. Son gouvernement est aristocratique275. Les théologiens catholiques taxent d’artifice cette distinction276 qui, légitime pour les institutions civiles, ne l’est pas pour la Société parfaite fondée par le Christ. Pour justifier son point de vue, notre Docteur prétend que c’est l’Église toute entière, composée de prêtres et de fidèles qui a reçu du Christ et à jamais la propriété du pouvoir des clefs277, c’est-à-dire l’autorité éminente.
  2. Mais l’exercice de ce pouvoir, de cette autorité appartient exclusivement à l’Église sacerdotale composée du corps des Pasteurs, réunie en Concile général278. Celui-ci est supérieur au Pape279.
  3. Le Souverain Pontife, Président électif dont les attributions peuvent être modifiées par l’Église280, peut interpréter le droit, donner des dispenses valables de fait281. Sa primauté d’honneur et de juridiction est de droit divin282.
  4. Comme le pape, les évêques, premiers incunables de l’Église283 ont été institués par le Christ et succèdent aux apôtres284. Ils doivent être élus par le clergé285, confirmés par le peuple286 ou par le roi287.

Les quatre premières propositions du système de Richer sont admirablement résumées en ces termes : L’Église est constituée comme le royaume de Pologne avec un pape et des évêques que choisit l’Église sacerdotale prise collectivement et à qui elle transmet l’autorité288.

  1. L’Église sacerdotale comprend aussi les prêtres. À certains prêtres, aux docteurs en Théologie, aux chanoines, sur tout aux curés pourvus d’un territoire appartiennent des privilèges. Ceux des curés sont au nombre de quatre.

Successeurs des soixante-douze disciples, prélats mineurs, ils ont été institués par Jésus-Christ même289.

Le jour même de leur ordination, le Christ leur confère son Sacerdoce intégral290, qui ne diffère de l’Épiscopat que sur deux points291. C’est le même ordre et le même caractère chez les évêques et les prêtres, ils ne diffèrent que par l’extension, comme un homme diffère lui-même de l’enfant292. Pour Richer le prêtre, dès qu’il est ordonné, reçoit le double pouvoir d’ordre et de juridiction293.

À l’exemple des disciples au concile de Jérusalem les prêtres ont quelque part au gouvernement du diocèse. Les docteurs donnent des avis doctrinaux294. Les chanoines sont les conseillers de l’évêque295. Les curés sont membres des Synodes. Les curés et les chanoines sont juges de la foi. Ils assistent aux conciles296.

Ordinaire dans sa paroisse, le curé exerce dans toute son étendue la juridiction pénitentielle. Il a seul qualité pour donner commission d’absoudre à un régulier297. Il peut légitimement porter des censures298.

6.
Originalité du système

La doctrine d’Edmond Richer qui s’oppose à l’ultramontanisme, au simple épiscopalisme, au simple laïcisme299 se distingue aussi du gallicanisme, de celui de Gerson, de Thomassin, de Tournély. Encore que Richer lui-même s’en défende300, sa doctrine est originale301.

Alors qu’au XVe siècle, Gerson affirme la supériorité du concile comme une mesure d’ordre pratique, propre à terminer le Grand Schisme, le syndic de Paris en fait une vérité essentielle. Tandis que le premier croit simplement louable la pratique qui reconnaît au bas-clergé la voix délibérative dans les conciles, l’ancien syndic laisse entendre que des canons conciliaires désapprouvés par les curés seraient sans autorité. Par contre Gerson, attribue la voix consultative aux laïques, la voix décisive aux délégués des Universités. Ce sont ces vues démocratiques que Richer n’adopte point302.

Avec le gallicanisme d’un Thomassin, les idées richériennes présentent aussi de graves divergences. Le savant oratorien répudie toute intervention même indirecte des laïques, tolère assez dédaigneusement l’affirmation courante qui fait des prêtres les successeurs des soixante-douze disciples. Faisant de l’Église une aristocratie d’évêques présidée par un monarque infaillible en fait, il conteste aux prêtres la qualité de juges de la foi. Pour lui enfin, l’évêque qui délègue volontairement à ses subordonnés une part de son autorité peut limiter à son gré les pouvoirs du prêtre303.

Au XVIIIe siècle, le gallican Tournély, auteur du traité De Ecclesia Christi304, s’éloigne plus encore de Richer. Il insiste sur la quasi-infaillibilité du Pape, sur la valeur des jugements rendus par les évêques dispersés, rejette le second ordre dans l’Église enseignée305.

IV.
Le richérisme

L’ensemble des doctrines que professe Richer sur la nature de l’Église et sur ses rapports avec l’État, constitue le richérisme, système double qui, pour la première fois, réunit par un lien logique, le régalisme et le sacerdotalisme306. La signification du mot et sa fortune ont assez curieusement évolué au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. En 1612 les Richéristes sont les défenseurs du Libellus ; en 1613, ce sont les Sorbonnistes qui refusent de donner quarante écus par an à l’économe, en 1622, ce sont les curés hostiles aux réguliers. Vers 1625, ce sont les plus déterminés des adversaires des libelles papalins307. À partir de 1630, les deux mots richérisme et richéristes paraissent oubliés. Mais la doctrine de Richer qui couve sous la cendre jusqu’en 1676308, s’enseigne à Saint-Magloire à partir de cette date. Des livres en exposent les thèses maîtresses. C’est le renouveau. La Bulle Unigenitus fulminée, les catholiques se prennent à qualifier de richéristes les jansénistes favorables au Parlement et au Bas-Clergé309. Les appelants se gardent de se réclamer du nom compromettant d’un docteur condamné. Il leur suffît de lui emprunter ses arguments, jusqu’à ses références.

Dans la pensée de son fondateur le richérisme était propre à satisfaire aux besoins de l’Église gallicane. Le régalisme devait gagner le roi et les Parlements, l’épiscopalisme permettait d’obtenir le concours des prélats, le parochisme devait servir à s’appuyer sur les Facultés de Théologie et les curés. Mais sous la pression d’autres besoins, les trois éléments du système se dissocient. Les évêques ralliés au duvallisme, et chaque jour plus soumis à Rome, abandonnent l’épiscopalisme richérien qui traîne une mourante vie après 1730310. Le régalisme et le parochisme, liés dans l’esprit de certains parlementaires comme Pucelle, le Paige, Robert de Saint-Vincent et de très nombreux prêtres, évoluent à peine. Plus haut, (p. 330) et à la suite de l’abbé Martin, nous avons indiqué l’influence du régalisme issu de Richer. Après 1791, il semble avoir inspiré les adversaires du pouvoir temporel des Papes311, les doctrinaires du vieux-catholicisme312.

Les postulats du parochisme sont adoptés par les ecclésiastiques jansénistes et pour trois raisons. Ils se mettent à l’abri des censures encourues par leur opposition à la Bulle Unigenitus. Les curés et les prêtres se défendent des progrès de la juridiction des évêques. Ils croient faire revivre les institutions de l’Église primitive.

L’effort des disciples de Richer présente un double intérêt. Au point de vue doctrinal, il est piquant de noter que les livres de G. N. Maultrot, les canons du concile de 1797, sont comme un corollaire du Defensio Libelli resté obscur et plus ou moins inconnu. Par la force d’une logique sûre et sous la pression des besoins, les richéristes ont spontanément reconstitué le système esquissé dans le Libellus. À plusieurs reprises, ces doctrines se sont révélées efficaces. Loin de rester stériles, à l’état d’incubation313, elles ont exercé leur influence sur les faits. Nous ne savons encore rien de leur action au XVIIe siècle314. Mais, au XVIIIe, la révolte des curés inquiète le Régent en 1718315. Le richérisme donne à la crise des billets de confession une de ses caractéristiques essentielles, à l’insurrection des curés (1776-1789), aux Cahiers des curés en 1789 une partie de leur force. Il a joué à Utrecht un rôle qui n’est pas négligeable316. Les décrets du Concile national de 1797 sont le point d’aboutissement du parochisme cher à Richer. C’est ce parochisme qui est frappé à mort en 1801. Le Pape ne l’a-t-il pas condamné317 ? Les évêques constitutionnels eux-mêmes ne s’inquiètent-ils pas de voir monter les prétentions des curés318 ?

La grande figure d’Edmond Richer, est celle d’un homme de tradition médiévale, mais qui vit à l’époque de Richelieu. Il se tourne vers le passé pour exalter les curés et l’Université. Mais les armes qu’il a tirées de l’arsenal du passé, il les utilise en homme du XVIIe siècle. Son système logique et raisonnable, a été conçu par un patriote français adepte de la monarchie absolue. Disciple original de Gerson, il a conçu, sur l’Église et sur l’État, une doctrine devenue hétérodoxe et périmée, mais qui, de la mort de Henri IV au Concordat de 1801, a exercé une influence considérable sur l’évolution religieuse de la France.

Fin

Notes

  1. [1]

    Le texte original porte second centenaire. [NdÉ]

  2. [2]

    Le frère aîné de Richer sera curé de Bougival (Puyol, I, 53). Un autre Jean, deviendra avocat à Paris (Puyol, II, 397). Une autre sœur et la mère d’Edmond Richer vivront avec lui au collège du Cardinal-Lemoine.

  3. [3]

    BNF, supplément au F. fr. 2109, indique que Richer naquit à Chesley-sur-Landion, au sud de Chaource. Mais, dans son testament du 24 décembre 1629, Richer écrit lui-même natus Cadusiæ.

  4. [4]

    Historia, Ac. Paris, F. lat. 9944, 508. Cf. R. P. Fouqueray, Histoire de la Compagnie de Jésus en France, t. III, 122 n.

  5. [5]

    V. Martin, Le Gallicanisme politique et le Clergé de France, Paris, 1929, II-337 p. in-8°, p. 119.

  6. [6]

    Pour Mgr Puyol, op. cit., II, 397, il se nomme Rose.

  7. [7]

    V. Martin, op. cit., p. 119.

  8. [8]

    Ibid.

  9. [9]

    Responses aux objections proposées contre les capacités de Emon Richer par M. M. S. Bouthillier, S. Gouault, et P. de Bailly, Sl, s. d., 19 p. 4°, p. 14. Nous ignorons la date et le lieu de son ordination.

  10. [10]

    C’était possible avant la Réforme universitaire de 1600 (Responses ; op. cit., p. 6). BNF, lat. 9946, fol. 270.

  11. [11]

    Syndicat, op. cit., p. 33.

  12. [12]

    Responses, op. cit., p. 4.

  13. [13]

    Responses, op. cit., p. 4.

  14. [14]

    Puyol, op. cit., II, p. 57.

  15. [15]

    Responses, op. cit., p. 5.

  16. [16]

    E. Richer, BNF, lat. 9947 F. 10, Histoire du Syndicat, op. cit., p. 33.

  17. [17]

    Puyol, I, 57.

  18. [18]

    Responses, op. cit., p. 7. BNF, lat. 9946, fol. 270. Fausses sont les dates du 12 mai 1592 et de 1589 (Baillet).

  19. [19]

    Le Mss. F fr. 10561, fol. 235, rectifie sur ce point une erreur de Baillet, p. 8-10.

  20. [20]

    Sur le collège du cardinal Lemoine le texte essentiel est l’article de Ch. Jourdain, Mémoires de la Société d’Histoire de Paris et de l’Île de France, t. III, 1876, p. 42-81. Le collège du Cardinal-Lemoine, cf. Mémoire et consultation signifiés pour la Maison et Société du cardinal Lemoine ; Sl., 24 juillet 1763, 144 p. in-4° ; Raisons du procédé et de la conduite du G. Maistre administrateur du Cardinal-Lemoine, Sl., n. d., 12 p. in-4°.

  21. [21]

    Jourdain, op. cit., p. 48.

  22. [22]

    Jourdain, op. cit., p. 48.

  23. [23]

    Jourdain, op. cit., p. 46. Au XVIIe siècle, les boursiers entendent lui confier le principalat.

  24. [24]

    Jourdain, op. cit., p. 61.

  25. [25]

    Jourdain, op. cit., p. 47.

  26. [26]

    Raisons, op. cit., p. 1. Ce texte semble avoir échappé à Ch. Jourdain.

  27. [27]

    Raisons, p. 2.

  28. [28]

    Jourdain, p. 59. Le Factum pour les Prieurs, Séculiers, Receveurs et Boursiers théologiens du collège du Cardinal-Lemoine, Sl s. d., 10 p. in-8°, p. 3 parle de 2 chambres. Une bourse aurait valu 100 livres.

  29. [29]

    Jourdain, p. 54.

  30. [30]

    Jourdain, p. 55-56.

  31. [31]

    Pierre de Vaissière, Henri IV, Paris, s. d., 706 p. in-12, p. 367-373.

  32. [32]

    Puyol, I, 81, 82 et n.

  33. [33]

    Voir F. lat 9.946 (passim.) le petit nombre de gradués élèves du collège.

  34. [34]

    Factum, op. cit., p. 2.

  35. [35]

    Sans doute avant 1600.

  36. [36]

    A. J. Range, La Réforme de l’Université de Paris sous Henri IV, Aix. 1825, 57 p., in -8°, passim.

  37. [37]

    Remarques, p. 4. Factum, p. 5.

  38. [38]

    Remarques, p. 4.

  39. [39]

    En fait, les pouvoirs d’Edmond Richer sont comparables à ceux d’un président de collège américain.

  40. [40]

    Près de Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

  41. [41]

    Baillet, op. cit., 17-18. Ces détails ne sont pas sûrs.

  42. [42]

    Jourdain, op. cit., p. 60. Raisons, op. cit., p. 5, 4.

  43. [43]

    Puyol, II, 396.

  44. [44]

    Mémoire, op. cit., p. 12.

  45. [45]

    Jourdain, op. cit., p. 47 n. 1.

  46. [46]

    Remarques, p. 5 ; Syndicat, p. 321. Baillet, p. 230 donne la date de Pâques 1616 qui est fausse.

  47. [47]

    Factum pour le Grand Maître du Collège du Cardinal-Lemoine, p. 2, Sur ce point les documents manquent.

  48. [48]

    Lavisse, Histoire de France, Mariéjol, t. VI, 2, p. 97.

  49. [49]

    Ch. Jourdain, Histoire de l’Universilé de Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, 1862-1866, fol. p. 5.

  50. [50]

    A. S. Rance, La Réforme de l’Université, op. cit., p. 26 et suiv.

  51. [51]

    Voir Réformation de l’Université de Paris, Paris, 1601, 159 p. + 40 p. -j-8 p. in-12.

  52. [52]

    Jourdain, Histoire, p. 24-25.

  53. [53]

    Arrêt de la Cour pour l’exécution de la Réforme de l’Université de Paris, Paris, 1601, 8 p. in-12, p. 8.

  54. [54]

    Arrêt de la Cour, p. 5.

  55. [55]

    Aucun texte ne permet d’affirmer que les censeurs furent réélus.

  56. [56]

    Ellain a composé plusieurs pièces de vers latins écrites à la louange de Richer.

  57. [57]

    Jourdain, Histoire, p. 29.

  58. [58]

    Les documents manquent. Sur ce point voir Puyol. I, 91-94, II. 421.

  59. [59]

    Puyol, II, 421. Nous n’avons pas vu ce texte.

  60. [60]

    Puyol, I, 91.

  61. [61]

    Baillet, op. cit., p. 149.

  62. [62]

    D’après son portrait gravé, reproduit à la page de garde de l’édition de l’Histoire de la Pucelle d’Orléans par P. H. Dunand.

  63. [63]

    BNF, fr. 2.109, cité par Puyol, t. II, 393-404.

  64. [64]

    Puyol, II, 398.

  65. [65]

    Histoire de la Pucelle d’Orléans, t. I, 82, 84, 86 et passim.

  66. [66]

    Responses, op. cit., p. 19.

  67. [67]

    Matthieu, V, 10.

  68. [68]

    Puyol, II, 396-397 (d’après F. fr. supp. 2.109).

  69. [69]

    Ibid.

  70. [70]

    Puyol, II, 402. F. lat. 12727, p. 1.

  71. [71]

    Elle lui fera comprendre la nature du caractère de Jeanne d’Arc.

  72. [72]

    Syndicat, p. 40. Ces documents formeront l’Historia Academiæ Parisiensis F. lat. 9943, 9948.

  73. [73]

    Fouqueray, op. cit., t. II, 617.

  74. [74]

    Syndicat, p. 2.

  75. [75]

    Voir Baillet, p. 54, 59, abbé Goujet, Histoire du pontificat de Paul V, Amsterdam 1765, 2 vol. in-12°, II, 152. Aucun texte ne montre que Richer fût l’ami de Sarpi.

  76. [76]

    Nous n’avons pas trouvé cette édition.

  77. [77]

    Roland Hébert a été un des approbateurs de l’Obstetrix Animorum. Pénitencier de Paris, il sera le défenseur fidèle de Richer.

  78. [78]

    Syndicat, p. 5. Cf. Duplessis d’Argentré, Collectio judiciorum de novis Erroribus, Parisiis, 1738, fol. F. 1. (2e partie).

  79. [79]

    Syndicat, p. 5.

  80. [80]

    Puyol, I, 116.

  81. [81]

    Syndicat, p. 6.

  82. [82]

    Duplessis d’Argentré, Collectio, p. 2.

  83. [83]

    Puyol, I, 101-112 donne une excellente note sur le doctorat en théologie. La thèse de tentative confère le Baccalauréat de théologie.

  84. [84]

    C’est la dernière thèse de licence.

  85. [85]

    Ou majeure : 2e thèse de licence.

  86. [86]

    Université de Paris Mss., 234, fol. 3, 4, Puyol, I, 130, 133.

  87. [87]

    Jourdain, Histoire, p. 48.

  88. [88]

    Voir un aveu : Duplessis d’Argentré, Collectio, t. II, 19.

  89. [89]

    Voir Martin, op. cit., p. 67 (1717) et Coffin, Exposition des motifs de l’Appel (3 déc. 1718), Nancy, Mss. 190.

  90. [90]

    Defensio Libelli, p. 14, F. lat,. 12.727.

  91. [91]

    Puyol, I, 154. Cf. Collectio, t. II, 5.

  92. [92]

    Sur ce point, deux thèses s’opposent : la thèse gallicane : Félibien, Histoire de Paris, p. 1235-1237 et la thèse plus exacte du P. Fouqueray, op. cit., t. II, 397.

  93. [93]

    Fouqueray, op. cit., III, 121.

  94. [94]

    Duplessis d’Argentré, Collectio, t. II, 2 et s., 13.

  95. [95]

    BNF, lat. 9947, fol. 199. Collectio, t. II, 9.

  96. [96]

    Collectio, t. II, 9.

  97. [97]

    Le livre du père Mariana est De Rege et Regis institutione, Tolède, 1599, 4°. Voir le texte de la censure dans le Recueil de plusieurs actes et Mémoires pour l’Histoire de ce temps, Sl. 1612, in-8°, 35 pièces. Pièces 3 et 4.

  98. [98]

    Richer publie ainsi une Déclaration officielle des sentiments de la Faculté.

  99. [99]

    Recueil, pièce 2.

  100. [100]

    F. lat 9947, Fol. 211.

  101. [101]

    Fouqueray, t. III, 264, Recueil, pièce 11.

  102. [102]

    Voir V. Martin, p. 31. Pour la censure, Recueil, pièce 5.

  103. [103]

    Puyol, I, 174.

  104. [104]

    Puyol, I, 218, Syndicat, p. 41.

  105. [105]

    Recueil, op. cit., Pièces 28-36.

  106. [106]

    Puyol, I, 288, note 1.

  107. [107]

    Puyol, I, 287, note 2.

  108. [108]

    Puyol, I, 226. Les chapitres I et II sont l’exposé des théorèmes, les chapitres III-XVII dégagent les corollaires.

  109. [109]

    Ibid.

  110. [110]

    Syndicat, p. 135-136.

  111. [111]

    Storia arcana della vita di Fra Paolo Sarpi, par G. Fontanini, Venezia, 1803, XVI-488 p., in-8°, p. 452. Cf. 410, 411, 413, 425 ; 429.

  112. [112]

    Storia arcana, op. cit., p. 403.

  113. [113]

    Histoire du Syndicat, p. 38. Dès janvier 1612, de Bellièvre aurait informé Richer de l’action qui se préparait contre lui.

  114. [114]

    E. Richer, Historia Acad. Par., F. lat. 9947, fol. 11. accuse le cardinal du Perron d’avoir abandonné le gallicanisme par intérêt. Voir le résumé du discours de Du Perron (Puyol, I, 344).

  115. [115]

    Syndicat, p. 54-55. Le 28 déc. 1611, une entrevue avait été ménagée entre du Perron et Richer. Aux accusations du cardinal le docteur répond : Sur les questions de fait le concile n’est pas plus infaillible que le-pape. D’ailleurs ores que la Sorbonne aye toujours tenu pour l’autorité du Concile sur le pape, néanmoins elle enseignait que le Saint Père à raison de Primat, peut et doit interpréter le droit divin naturel et canonique, et pour le bien et l’édification de l’Église universelle donner des dispenses, qu’il n’y avait personne en France qui ne reconnût et ne confessât que le mariage du feu Roi était de ce genre.

  116. [116]

    Ibid.

  117. [117]

    Syndicat, p. 86.

  118. [118]

    Syndicat, p. 89.

  119. [119]

    Syndicat, p. 89. Il s’agit sans doute des évêques de Beauvais et d’Orléans.

  120. [120]

    Syndicat, p. 91. Le témoignage de Richer est ici pris en considération pour plusieurs raisons. Le Syndic n’altère jamais les faits. Ici, aucun texte n’infirme sa déclaration. Au contraire voir Recueil, pièce 23, copie d’une lettre écrite de Paris par Jean Suffren, jésuite à Antoine Suffren recteur des Jésuites à Lyon (23 févr. 1612). Elle fait allusion au Libellus en ces termes : l’auctorité du Pape et des Évêques entièrement abattue en ce Livre, les ayant, faict égaux aux Curés des villages. (Cf. Defensio Libelli, p. 20.) Richer attribua surtout sa condamnation à ses idées sur les élections et sur l’importance du bas-clergé.

  121. [121]

    Goujet, Histoire du pontificat de Paul V, p. 54 ; Syndicat, p. 95-98.

  122. [122]

    Puyol, I, 353-355.

  123. [123]

    Le texte de la censure est dans Puyol, I, 367-368. La restriction finale, voulue par le gouvernement de la Régente vient à l’appui de l’opinion plus haut citée de Richer (note 4, page précédente).

  124. [124]

    Syndicat, p. 106.

  125. [125]

    Goujet, op. cit., p. 63.

  126. [126]

    Voir le texte dans Puyol, I, 368. Nous n’avons pas trouvé les Mandements des Évêques de province mentionnés par Baillet, p. 150.

  127. [127]

    Puyol, I, 369. Signalons sur ce point une erreur de Baillet (p. 379).

  128. [128]

    Puyol, I, 379.

  129. [129]

    Puyol, I, 387.

  130. [130]

    Syndicat, p. 329. On ne pourra avant 1629 lui imposer de rétractation.

  131. [131]

    On doit porter au greffe du Parlement tous les exemplaires du Libellus.

  132. [132]

    Richer avait publié les Decreta sacræ Facultalis Theologiæ Parisiensis à l’appui du Libellus, mais sans la permission de la Faculté (Puyol, I, 341).

  133. [133]

    Syndicat, p. 111.

  134. [134]

    Syndicat, p. 129.

  135. [135]

    Syndicat, p. 149-154, Collectio, t. II, p. 59-60.

  136. [136]

    Voir Responses aux objections proposées contre les capacités, de Edmon Richer, op. cit., Sl, s. d. 19 p. 4°.

  137. [137]

    Nous ignorons leurs mobiles.

  138. [138]

    Syndicat, p. 200.

  139. [139]

    Puyol, op. cit., II, 23-26.

  140. [140]

    Puyol, II, 26.

  141. [141]

    Syndicat, p. 200. Nous n’avons pas trouvé de textes confirmant cette accusation de Richer.

  142. [142]

    Le Mss F. fr 10561 ajoute : avec zèle et courage.

  143. [143]

    Syndicat, p. 203.

  144. [144]

    Ici Richer a commis une erreur de tactique dont les gallicans seront les victimes dès la fin du XVIIe siècle et surtout au XVIIIe.

  145. [145]

    Puyol, II, 33.

  146. [146]

    Puyol, II, 32-38 (passim).

  147. [147]

    Car l’Oratoire ne réclamera jamais le bénéfice de ce décret.

  148. [148]

    Puyol, II, 40.

  149. [149]

    Syndicat, p. 252-253.

  150. [150]

    Syndicat, p. 254.

  151. [151]

    Baillet, p. 245.

  152. [152]

    Baillet, p. 244. Voir la critique du témoignage dans Puyol, t. II, passim.

  153. [153]

    Nous n’avons aucun texte pour le prouver.

  154. [154]

    Il s’agit ici du Roi.

  155. [155]

    V. Martin, Le Gallicanisme politique, op. cit., F. 136, n° 1.

  156. [156]

    V. Martin, op. cit., p. 126.

  157. [157]

    V. Martin, p. 9-10. F. lat. 16.061. passim.

  158. [158]

    BNF, lat. 16.060-16.061.

  159. [159]

    Richelieu, Mémoires, I, 274 dit que dans son manifeste le prince de Condé fait état des divisions de la Sorbonne.

  160. [160]

    Syndicat, p. 270.

  161. [161]

    Nous n’avons pas trouvé la Censura sacræ Facultatis Theologiæ Parisiensis in quatuor priores libros de Republica ecclesiastica avec les notes de Richer, Parisiis 1618, 62 p., in-4°. La censure elle-même est dans Collectio, t. II, 103.

  162. [162]

    Car Roland Hébert, ami de Richer, est pénitencier de Paris.

  163. [163]

    Syndicat, p. 316.

  164. [164]

    En voir le texte dans Puyol, II, 173-174.

  165. [165]

    Parisiis, 1622, 143 p. 4°.

  166. [166]

    Puyol, II, 197. Nous nous proposons d’étudier le parti que le bas clergé de cette époque a tiré des doctrines d’Edmond Richer.

  167. [167]

    Puyol, II, 207.

  168. [168]

    Puyol, II, 216.

  169. [169]

    Nous ne l’avons pas trouvé.

  170. [170]

    Paris, 1763, 2 vol. 12°.

  171. [171]

    Cette opinion de Puyol paraît discutable. Voir le texte dans Collectio., t. II 176 et s.

  172. [172]

    Puyol, II, 259.

  173. [173]

    V. Martin, p. 163 et s.

  174. [174]

    Voir Puyol, II, 430, la liste de ces cinq ouvrages.

  175. [175]

    G. Fagniez, Le P. Joseph et Richelieu, Paris, 1894, 2 vol. in-8°, passim.

  176. [176]

    Voir son Testament du 31 août 1625. Collectio, t. II, 302.

  177. [177]

    Syndicat, p. 369. Le nouveau pénitencier est hostile à Richer.

  178. [178]

    Syndicat, p. 409.

  179. [179]

    Voir le texte latin dans Collectio, t. II, 303-309 et le texte français dans V. Martin, p. 253 n.

  180. [180]

    Baillet, p. 360-361. Par contre V. Martin, 255.

  181. [181]

    V. Martin, op. cit., p. 255.

  182. [182]

    Ejuratio altera errorum Emundi Richerii in musælo eius reperta post obitum suum, Sl, s. d., 7 p. 8°. Il reconnaît les pouvoirs discrétionnaires du Pape (p. 2), rejette la distinction qui lui a toujours été chère entre le régime et le statut de l’Église (p. 3).

  183. [183]

    Puyol, II, 389, d’après le Testamentum de Richer (Edition 1683), p. 27.

  184. [184]

    Puyol, II, 390.

  185. [185]

    Lutetiæ 1597 (puis 1601), 110 p. in-12°.

  186. [186]

    De Analogia, p. 25-30, 30 et s., 102-105.

  187. [187]

    De Analogia, p. 72.

  188. [188]

    De Analogia, p. 75.

  189. [189]

    Parisiis, 1598 (puis 1607), XIV-163 p. in-12°.

  190. [190]

    Grammatica, p. VI.

  191. [191]

    Grammatica, p. 8.

  192. [192]

    Grammatica, p. 22.

  193. [193]

    Grammatica, p. 23.

  194. [194]

    Grammatica, p. 8.

  195. [195]

    Grammatica, p. 18.

  196. [196]

    De Analogia, p. 50.

  197. [197]

    De arte figurarum et causis Eloquentiæ, Parisiis, 1605, XIV-383 p. 12°. (Voir une erreur de Mgr Puyol, II, 420). De arte et causis Rhetoricæ, Parisiis 1599 (puis 1629), 476 p. in-12.

  198. [198]

    De arte figurarum, 14, 41.

  199. [199]

    De arte et causis Rhetoricæ, 134, 154.

  200. [200]

    Quinti septimi Florentis Tertulliani Liber de Pallio, Parisiis, 1600, IV-92 p. in-12.

  201. [201]

    Petits sayes (p. 11), ses autres parties, que ne changent-ils ?

  202. [202]

    Ce sont des notes de caractère littéraire. Richer laisse passer sans commentaire l’affirmation de Tertullien que les hyènes changent de sexe avec la saison (p. 27).

  203. [203]

    Parisiis s. d. 167 p. in-12 (Ambert, 1608 ; Francfort ; 1618 ; Leipzig, 1683, 4e).

  204. [204]

    Puyol, II, 420.

  205. [205]

    Obstetrix, p. 9.

  206. [206]

    Obstetrix, p. 21.

  207. [207]

    Obstetrix, p. 50, 60.

  208. [208]

    Obstetrix, p. 47.

  209. [209]

    F. lat., 9943-9948.

  210. [210]

    F. lat., 9943-9946.

  211. [211]

    F. lat., 9947-9948 et pour la date de 1626 ; F. lat. 9948. fol. 475-481.

  212. [212]

    Livres XIII-XVII (9945), XVIII-XXII (9946).

  213. [213]

    Richer donne, chaque année ou tous les deux ans, les noms des gradués en théologie. Il indique parfois leur origine et leur curriculum.

  214. [214]

    F. lat., 9944, fol. 179-190.

  215. [215]

    F. lat., 9948, 189-248, 254-257, 363-404.

  216. [216]

    Voir Ph. H. Dunand, Le Premier historien en date de Jeanne d’Arc, E. Richer, Paris, 1904, 30 p., in-12. La Faculté de théologie a rédigé 12 articles contre Jeanne d’Arc.

  217. [217]

    P. H. Dunand, Histoire de la Pucelle d’Orléans, Paris, 1911, 2 vol., in-8°. L’ouvrage donne le texte de Richer, des notes et de bonnes dissertations. Voir t. II, 487. Sur l’institution des censeurs, voir l’édit d’août 1624. Colleclio, t. II, 147.

  218. [218]

    BNF, fr., 10.448, 1028 p. in-folio.

  219. [219]

    P. H. Dunand, Le premier historien, op. cit., p. 16.

  220. [220]

    P. H. Dunand, Histoire de la Pucelle, op. cit., t. I, 42.

  221. [221]

    P. H. Dunand. Histoire, t. I, 34 (Abus des y et des trémas).

  222. [222]

    Histoire, t. I, 42-43.

  223. [223]

    Histoire, t. I, 43.

  224. [224]

    Histoire, t. I, 202. Les divergences entre les éditions Quicherat et Richer sont insignifiantes.

  225. [225]

    Histoire, Erreurs de fait (t. I, 52,96-97,) de dates (t. I, 138, 236, t. II, 4).

  226. [226]

    Livres II et III.

  227. [227]

    Histoire, t. II, p. 300 et s.

  228. [228]

    Histoire, t .1. 162.

  229. [229]

    Histoire, t. I, 204.

  230. [230]

    Histoire, t. I, 189-198, 204-206.

  231. [231]

    Plus que discutable.

  232. [232]

    Histoire, t. I, 262 ; 271-272.

  233. [233]

    Histoire, t. I, 171.

  234. [234]

    Histoire, t. I, 188, 207, 227. Jamais il n’y attaque le pape et la Cour de Rome.

  235. [235]

    Caen, 1612, Troyes, 1612, Francfort, 1613-1621, Cologne, 1629.

  236. [236]

    Emundi Richerii, Demonstratio Libelli de ecclesiastica et politica potestate, Parisiis, 1622, 143 p. in-4°, p, 19-35.

  237. [237]

    Richer sait qu’il peut compter sur le Bas-clergé.

  238. [238]

    E. Préclin, Les Jansénistes, op. cit., p. 18.

  239. [239]

    Leyde, 1676.

  240. [240]

    Coloniæ, 1683, 437 p., in-8.

  241. [241]

    BNF, fr. 10.561, fol. 1.

  242. [242]

    Certains textes attribuent l’impression à Dom Thierry, d’autres à Breyer.

  243. [243]

    Colonia, 1701, 2 vol. in-4°. Le manuscrit BNF, lat 12-727 serait plus complet que l’imprimé (Puyol II, 427).

  244. [244]

    Defensio Libelli, fol. 269.

  245. [245]

    Defensio Libelli, fol. 288.

  246. [246]

    Defensio Libelli, fol. 305.

  247. [247]

    Defensio Libelli, fol. 309.

  248. [248]

    Nous n’avons trouvé aucun exemplaire imprimé du Defensio Libelli.

  249. [249]

    E. Préclin, Les Jansénistes, op. cit., p. 205-207.

  250. [250]

    F, fr. 10.561. Fol. 2 et dernier feuillet. Les manuscrits de Richer semblent avoir eu trois destinations : ceux de Saint-Germain-des-Prés, F. latin, 12.727, 13.284 ; ceux du noviciat des Jésuites, F. lat. 9943-9948, des Œuvres perdues ; ceux de Breyer, F. fr. 10.561. F. lat., 16060-16.061.

  251. [251]

    Il conviendrait d’étudier le rôle du janséniste Bonamy, éditeur du Journal de Verdun, 1770, t. II, 360.

  252. [252]

    Avignon, 1753, 419 p. in-12.

  253. [253]

    Paris, 1763, 2 vol. in-12° (par les soins de Bonamy, Journal de Verdun, 1764, t. I, 354.

  254. [254]

    Journal de Verdun, 1764, t. I, 357. Par contre Puyol II, 427.

  255. [255]

    Traité, op. cit., t. I, I.

  256. [256]

    Grosley, Nouveau dictionnaire historique (1766), t. V, 84.

  257. [257]

    E. Préclin, Les Jansénistes, op. cit., p. 278 et sq.

  258. [258]

    Vacant-Mangenot, Dictionnaire de théologie catholique, t. VI, col. 1122, article du R. P. Dubruel. Les trois ouvrages essentiels sont le Libellus, le Traité des appellations comme d’abus, le De potestate Ecclesiæ in rebus temporalibus.

  259. [259]

    De Potestate, F. lat. 1.6060, p. 15.

  260. [260]

    F. lat. 16.060, p. 13. Demonstratio Libelli, p. 90.

  261. [261]

    F. latin 16.060, p. 13 et passim.

  262. [262]

    Libellus, p. 24, 52.

  263. [263]

    Libellus, p. 65, Traité, I, 35.

  264. [264]

    Traité, I, 87.

  265. [265]

    Demonstratio Libelli, 91. Libellus, p. 39. De Pet., p. 18.

  266. [266]

    Demonstratio Libelli, p. 95.

  267. [267]

    Traité, I, 197. La Constituante fera de même (C. civile du clergé).

  268. [268]

    Libellus, p. 12. Traité, I, 99.

  269. [269]

    Libellus, p. 13.

  270. [270]

    Puyol, II, 409.

  271. [271]

    Puyol, II, 97.

  272. [272]

    V. Martin, op. cit., p. 323-327.

  273. [273]

    Souhaitons que M, V. Martin puisse bientôt étudier cette question.

  274. [274]

    Libellus, p. 22.

  275. [275]

    Libellus, p. 22. Defensio Libelli, 226.

  276. [276]

    Puyol, I, 234-235 ; Tournély, De Ecclesia Christi, I, 25.

  277. [277]

    Libellus, 21, 28, Defensio Libelli, 37.

  278. [278]

    Demonstratio Libelli, p. 2 ; Puyol, 11,251-271 montre que le système de Richer est différent du laïcisme.

  279. [279]

    Toute l’Œuvre de Richer en est un témoignage.

  280. [280]

    Cette phrase de Puyol (I, 237) paraît un excellent résumé de plusieurs textes du Defensio sur ce point.

  281. [281]

    Defensio Libelli, p. 268.

  282. [282]

    Defensio Libelli, 34.

  283. [283]

    Defensio Libelli, 266.

  284. [284]

    Defensio Libelli, 107.

  285. [285]

    Libellus, 31, Defensio Libelli, 120-121 ; Historia concil., 343.

  286. [286]

    De Poteslate Ecclesiæ, 19, Defensio Libelli, 147.

  287. [287]

    Ibid.

  288. [288]

    Vacant Mangenot, t. VI, 1112, d’après Defensio Libelli, t. II, 21.

  289. [289]

    Demonstraio Libelli, 119, Defensio Libelli, 269.

  290. [290]

    Demonstraio Libelli, 15, 17 ; Defensio Libelli, 197.

  291. [291]

    Le prêtre n’en peut ordonner d’autres. Il semble qu’il ne puisse être élu, Dem Libelli, 18 ; Defensio Libelli, 132. Voir au contraire Hist. Concil., 395.

  292. [292]

    Demonstraio Libelli, p. 15 ; Apologia, 178.

  293. [293]

    Cette idée est rejetée par les catholiques.

  294. [294]

    Toute l’activité de Richer le suppose. Il ne le dit jamais nettement.

  295. [295]

    Traité des appellations, I, 57, 59. Defensio Libelli, 208.

  296. [296]

    Defensio Libelli, 269, 310 et s. ; Demonstraio Libelli, 58.

  297. [297]

    Defensio Libelli, 346.

  298. [298]

    Demonstraio Libelli, p. 39.

  299. [299]

    E. Préclin, Les Jansénistes, op. cit., p. 4-8.

  300. [300]

    Defensio Libelli, p. 8.

  301. [301]

    Douarche (L’Université de Paris et les Jésuites, p. 225) dénie l’originalité du système. Sont d’un avis contraire : Forgemont, Lettre envoyée à M. Edmond Richer, Paris, 1614 ; 100 p., in-12°, p. 86 ; A. Duval, Defensio Libelli, p. 7 ; Perrens, L’Église et l’État en France sous le règne de Henri IV, t. II, 111 ; Mgr Puyol II, 408.

  302. [302]

    Voir Puyol, I, 210, l’article plus haut cité du Dictionnaire de théologie catholique, l’Apologia pro Joanne Gersonio.

  303. [303]

    E. Préclin, op. cit., p. 9-11.

  304. [304]

    Prælectiones theologicæ (De Ecclesia christi), Parisiis, 1749, 2 vol. in-8°.

  305. [305]

    De Ecclesia christi, t. I, 321, 342.

  306. [306]

    Puyol, II, 411. À l’encontre de cet auteur, nous disons sacerdotalisme et non pas épiscopalisme.

  307. [307]

    E. Richer, Defensio Libelli, 109, 342, 343, 377 ; Syndicat, 194.

  308. [308]

    Voir Puyol, II, 439 et s. Il insiste sur le rôle de Launoi, de Fresne du Mincé.

  309. [309]

    R. P. Patouillet, Bibliothèque janséniste, t. I, 114, 498, t. II, 84, 268. BNF, fr. 10.594, fol, 337. Texte de 1721. Sens Collection Languet, t. XXIV (Instruction pastorale de l’Évêque de Marseille, p. 96, texte de 1733), Observations historiques, p. 199 (texte de 1724). Lettre du Cardinal de Fleury à Clément XII (23 octobre 1730).

  310. [310]

    E. Préclin, op. cit., 126, 208-210.

  311. [311]

    Rodoligo, Gli amici e i tempi di Scipione de Ricci, Firenze, 1920, 238 p. in-8°, p. 232.

  312. [312]

    Puyol, II, 415.

  313. [313]

    Revue critique, 1929, p. 412-413, article de M. L. André.

  314. [314]

    Nous comptons l’étudier.

  315. [315]

    E. Préclin, Les Jansénistes, p. 93-94.

  316. [316]

    E. Préclin, Les Jansénistes, 193-208.

  317. [317]

    Par la Bulle Auctorem fidei.

  318. [318]

    Jovy, Les conciles nationaux de l’Église constitutionnelle en 1797 et en 1801.

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