Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Charles VII

5 témoins :

Jean de Metz

Ainsi voyagèrent-ils le plus secrètement possible. Une fois arrivé à Chinon, ils la présentèrent aux gens du roi et à ses conseillers ; alors elle fut beaucoup interrogée.

Durand Laxart(l’oncle de Jeanne)

Elle partit escortée par Jean de Metz, Bertrand de Poulengy, Colet de Vienne, Richard l’Archier, et deux serviteurs desdits Jean et Bertrand. Et, au dire du témoin, il a raconté tout cela au roi.

Jean Pasquerel(aumônier de Jeanne)

Elle fut ramenée à Chinon mais dut encore attendre une délibération du conseil pour pouvoir parler au roi.

Ce jour là, en entrant chez le roi elle croisa un homme à cheval qui dit : N’est-ce pas là la Pucelle ? en jurant Dieu que s’il la tenait une nuit, elle ne repartirait pas pucelle. Jeanne rétorqua : Ah ! en nom Dieu, tu le renies, et tu es si près de ta mort ! [en français] Dans l’heure l’homme tomba à l’eau et se noya. Cela, il l’a entendu de la bouche de Jeanne et de plusieurs témoins.

Le comte de Vendôme introduisit Jeanne dans la chambre du roi, qui lui demanda son nom : Gentil dauphin, j’ai nom Jeanne la Pucelle, et le Roi des cieux vous mande par moi que vous serez sacré et couronné à Reims [en français] ; et serez son lieutenant lui qui est roi de la France. Après plusieurs questions elle dit à nouveau : Je te dis, de la part de Messire, que tu es vrai héritier de France et fils du roi [en français]. Il m’envoie pour te conduire à Reims où tu recevras la couronne et le sacre, si tu veux. Le roi déclara ensuite que Jeanne lui avait dit certains secrets que personne ne pouvait savoir si ce n’est Dieu, et qu’il avait grande confiance en elle. Le témoin n’était pas présent et tient tout cela de Jeanne elle-même.

Il la vit plusieurs fois la nuit s’agenouiller à terre, priant Dieu pour la prospérité du roi, et l’accomplissement de la mission que Dieu lui avait confiée.

Le roi et le duc d’Alençon savent tout des faits et gestes de Jeanne, et même certaines choses secrètes, qu’ils peuvent révéler, s’ils le veulent.

Jeanne souhaitait que si elle mourait, le roi fît bâtir des chapelles, afin de prier Dieu pour le salut de l’âme de tous ceux morts dans la guerre, pour la défense du royaume.

Simon Charles

L’année où Jeanne vint vers le roi, le témoin avait été envoyé par le roi en ambassade à Venise. Il en revint vers le mois de mars et apprit de Jean de Metz qu’elle était auprès du roi.

Lorsqu’on annonça Jeanne au château de Chinon, le roi hésitait encore à la recevoir. On lui apprit que Robert de Baudricourt avait écrit, que c’est lui qui envoyait Jeanne, laquelle avait traversé des territoires ennemis et passé des rivières presque miraculeusement ; alors il accorda l’audience.

Avant qu’elle n’arrive, le roi s’écarta des autres, mais Jeanne le reconnut bien et lui fit sa révérence. Leur entretient dura longtemps et le roi en sortit joyeux.

Le roi en disait beaucoup de bien de Jeanne ; à Saint-Benoît-sur-Loire, il eut pitié d’elle, de la peine qu’elle prenait, et lui ordonna de se reposer. Mais Jeanne en pleurs, lui répondit de ne plus tergiverser, qu’il recouvrerait tout son royaume et serait rapidement couronné.

Martin Lavenu

Fut présent lors de la première sentence et de la prédication de Guillaume Érard à Saint-Ouen. Croit que tout a été fait par haine du roi de France très chrétien, et pour le diffamer, car Érard dit entre autres : Ô maison de France ! tu avais toujours été exempte de monstres, mais en t’attachant à cette femme ensorceleuse, hérétique, superstitieuse, tu es déshonorée ! À quoi Jeanne répondit : Ne parle point de mon roi, il est bon chrétien [en français].

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