#Jeanne stratège
Jean Dunois
- Enquête à Orléans (22 février 1456)
Après les victoires sur la Loire, les princes du sang royal et les capitaines voulaient que le roi allât en Normandie et non à Reims, mais Jeanne insistait qu’il fallait aller faire sacrer le roi ; disant qu’une fois le roi couronné et sacré, la puissance de ses ennemis irait toujours en diminuant, et qu’ils ne pourraient plus nuire ni au roi, ni au royaume. Tous se rallièrent à son avis.
L’armée royale arriva devant Troyes. On réunit le conseil pour savoir s’il fallait assiéger la ville ou la contourner et poursuivre vers Reims ; les avis étaient partagés ; Jeanne entra et dit : Noble dauphin, ordonnez l’assaut de la ville et je vous y ferai entrer avant trois jours, par amour ou par puissance et force, et la Bourgogne, pleine de fausseté, sera très stupéfaite.
Alors la Pucelle s’avança avec l’armée et s’installa le long des fossés avec plus de prudence que deux ou trois chefs de guerre plus exercés et plus fameux. Elle travailla tant pendant la nuit que le lendemain, l’évêque et les citoyens, effrayés et tremblants, se soumirent au roi. On sut plus tard que les citoyens avaient perdu courage juste après l’intervention de Jeanne au conseil.
Robert de Sarciaux
- Enquête à Orléans (16 mars 1456)
Ajoute aussi que sur le fait de la guerre elle était très instruite, bien qu’étant une fille jeune et simple. Comme les capitaines n’étaient pas d’accords entre eux, elle allait souvent les voir, leur donnait des conseils salutaires, et les encourageait en leur disant d’espérer en Dieu, de ne pas douter, car tout viendrait à bonne fin.
Simon Beaucroix
- Enquête à Paris et à Rouen (20 avril 1456)
Jeanne voulait que l’on passe par la bastille de Saint-Jean-le-Blanc, mais les hommes d’armes allèrent en un lieu entre Orléans et Jargeau où les attendaient des bateaux envoyés par les habitants d’Orléans. On y chargea le ravitaillement qui fut conduit en ville. Quant aux hommes, certains proposèrent de traverser la Loire à Blois, car il n’y avait pas de pont plus proche dans l’obéissance du roi. L’idée irrita Jeanne qui les soupçonnait de vouloir se retirer, en abandonnant une tâche inachevée. Elle ne voulut pas les suivre et avec deux cents lances environ, elle franchit l’eau en bateau et entra dans Orléans.
Le maréchal de Boussac partit de nuit chercher l’armée du roi près de Blois. Jeanne confia à d’Aulon qu’elle savait que rien de mal n’arriverait au maréchal.
Jean d’Alençon
- Enquête à Paris et à Rouen (3 mai 1456)
Mais les capitaines n’étaient pas d’accords entre eux ; certains était pour l’assaut, d’autres opposés, à cause de la puissance et du nombre des Anglais. Jeanne intervint et leur dit de ne pas craindre les Anglais, car Dieu conduisait leur entreprise. Elle ajouta que si elle n’avait pas été sûre que Dieu menât l’affaire, elle aurait préféré garder ses moutons et ne pas s’exposer à tant de périls.