Dossier : Chronologie
Chronologie
1844-1883 (Comment Marie Colombier en vint à écrire Sarah Barnum
)
Sarah Barnum)
1844. — Sarah Bernhardt et de Marie Colombier naissent à un mois d’intervalle, octobre et novembre.
1861. — Les deux jeunes filles se rencontrent au Conservatoire. L’enseignement y dure deux ans, Sarah y est entrée un an avant Marie, elles passent l’année scolaire 1861-1862 ensemble, entamant une longue amitié, faite de complicité et de rivalité. Sarah sort en 1862 avec un deuxième prix de comédie, Marie l’année suivante avec un premier prix de tragédie et un deuxième prix de comédie. Avantage Colombier.
- Concours 1861. — Sarah Bernhardt : 2e prix tragédie, 1er accessit de comédie.
- Concours 1862. — Sarah Bernhardt, 2e de prix comédie. — Marie Colombier, 2e accessit de tragédie.
- Concours 1863. — Marie Colombier, 1er prix de tragédie, 2e prix de comédie.
1863-1869. — Les débuts de Sarah sont difficiles ; engagée à la Comédie-Française elle démissionne avec esclandre peu après ; après un long passage à vide, elle est finalement recrutée par la nouvelle direction de l’Odéon. Marie, elle, a le vent en poupe ; grisée par l’ambiance de fête permanente de cette fin d’Empire, elle enchaîne les succès tant à la scène (Alexandre Dumas la dirige dans ses Mohicans de Paris à la Gaîté en 1865) que dans le monde. Reine des soirées, elle invite souvent son amie Sarah.
1870-1872. — La popularité de cette dernière n’a cessé de croître lorsque Marie la rejoint à l’Odéon. Elle débute à ses côtés, dans l’Autre de Georges Sand. La guerre éclate, puis le siège de Paris. L’Odéon comme nombreux théâtres, est converti par les comédiens en ambulance de campagne. Sarah et Marie s’activent à soigner les blessés et se disputent la place d’infirmière en chef. Première dissension ouverte, Marie part proposer ses services ailleurs.
1873-1880. — Reprise de la vie artistique. Sarah est désormais l’une des actrices les plus en vue. Elle est réengagée par la Comédie-Française et vole de succès en succès. Marie doit se contenter de rôles secondaires ou de tournées en province. Sarah la sollicite pour des représentations privées ou de gala, comme l’inauguration de l’opéra de Monte-Carlo en janvier 1879. Cette même année, Sarah est la vedette de la première saison londonienne de la Comédie-Française (juin-juillet). Avec le succès viennent les tensions ; Sarah démissionne avec fracas en avril 1880. Dans la foulée elle monte une troupe et organise sa propre saison à Londres ; nouveau triomphe, qui lui rapporte beaucoup d’argent. À son retour à Paris, sans engagement, endettée par son procès que lui fait la Comédie-Française, Sarah se laisse convaincre par son imprésario anglais de partir pour l’Amérique.
1880-1881. — Une nouvelle troupe est montée en vitesse ; Sarah a engagé Jeanne, sa sœur cadette, quand quelques jours avant l’embarquement celle-ci se retrouve clouée au lit. Il faut la remplacer en urgence ; Sarah s’adresse à Marie, qui accepte. La tournée durera huit mois : départ du Havre le 15 octobre 1880 pour New York, retour le 15 mai 1881. Sarah revint riche et couverte de gloire ; Marie reçut moins qu’elle ne l’escomptait et fut accueillie par des créanciers qui firent saisir ses malles ; la longue promiscuité fut fatale à la relation des deux meilleures amies
.
Débuts littéraire de Marie Colombier. — La veille du départ, Marie avait écrit en hâte à son ami Louis Besson, journaliste à l’Événement pour lui annoncer le voyage en Amérique. Il publia la lettre dans son journal ; elle plut ; il engagea Marie à poursuivre. C’est ainsi que régulièrement les lecteurs purent suivre, de l’intérieur et avec humour, la tournée américaine de Sarah Bernhardt. Le succès fut croissant et retentissant ; la correspondance était même traduite en anglais pour repasser l’Atlantique et y être avidement commentée.
À son retour, Louis Besson, qui vient de fonder le journal le Henri IV, lui suggère de reprendre ses lettres, de les compléter et d’en tirer un vrai livre qu’il publiera en feuilleton. Ainsi parut le premier chapitre du Voyage de Sarah Bernhardt en Amérique, publié en volume au mois d’octobre 1881. Sa nouvelle carrière est lancée.
Marie poursuit sa collaboration au Henri IV en écrivant des chroniques sur le Tout-Paris ; elles seront également réunies en un second ouvrage : Le Carnet d’une Parisienne, qui paraît en avril 1882.
Un an plus tard, Marie publie son premier roman : Le Pistolet de la petite baronne (mars 1883), le destin tragique d’une jeune aristocrate russe. Deux éléments importants sont à relever : la baronne est une personne réelle dont Marie a partagé l’intimité ; son histoire est racontée sous le couvert de la fiction avec des noms d’emprunts (roman à clef). Ce sont les deux ingrédients des Mémoires de Sarah Barnum.
Fin 1883, le Voyage en Amérique en était à sa 10e édition, le Carnet à sa 5e, la Petite baronne à sa 12e (une édition correspondant alors à un tirage de mille exemplaires). Performance tout à fait honorable pour un écrivain ; à titre de comparaison, le roman le plus vendu de l’époque, Nana de Zola (février 1880), fut tiré d’emblée à 50 éditions et atteignait sa centième un an plus tard.
1883-1884 (Le phénomène Sarah Barnum
)
Sarah Barnum)
1883
- 30 mars : Jules Claretie annonce dans le Temps la publication prochaine (octobre) des mémoires de Sarah Bernhardt : Ma vie de théâtre.
1884
- 12 janvier : sortie de L’Affaire Colombier-Bernhardt, pièces à conviction.
- 19 janvier : le Gaulois annonce la lettre nouvelle préface (lettre au directeur de Montluçon)
- 27 mai : condamnation.
1887
Dans le Voyage en Amérique, ouvrage du même auteur : Sarah Barnum, revue et expurgée, 170e édition.