Adélaïde-Gillette Dufrénoy

Jeanne d'Arc (1816-1820)

Notice extraite de la Biographie des jeunes demoiselles, un recueil de vies de femmes célèbres destiné à l’éducation des jeunes filles.
Page de garde (éd. 1816).
  • Source gallica.bnf.fr / BnF
Auteur
Date de publication
1816–1820
Catégorie

Présentation

Au lendemain de la chute de l’Empire, Madame Dufrénoy, veuve pimpante et poète pensionnée par Napoléon, se consacre à la composition d’ouvrages d’éducation destinés à la jeunesse, et singulièrement aux jeunes filles. Son éditeur, Alexis Eymery, qui vient de connaître le succès avec la Biographie des jeunes gens (1813) du chevalier Alphonse de Beauchamp, lui en commande le pendant féminin. Ce sera la Biographie des jeunes demoiselles (1816). Parmi la centaine de portraits d’héroïnes de l’Antiquité, de saintes et de reines qui la composent figure cette première notice consacrée à Jeanne d’Arc.

La rédaction en avait été confiée à un jeune étudiant en droit dont elle s’était entichée, Jean-Jacques Coulmann, qui s’était alors contenté de vulgariser les grands historiographes du royaume, qu’il aligne en note — Mézeray (1610-1683), le père Daniel (1649-1728), l’abbé Velly (1709-1759) —, le tout saupoudré de l’esprit des Lumières. Sa Jeanne n’est qu’une servante d’auberge dont le jeune courage s’enflamme aux récits multipliés des défaites de l’armée française, au point que sa noble exaltation lui fit croire qu’elle était appelée à sauver la France. Point de voix, point de vision : rien que du patriotisme.

Le succès appela une seconde édition (1820), portée de deux à quatre volumes, revue et grossie d’une cinquantaine de portraits. Plusieurs notices furent entièrement refondues, au premier chef celle de Jeanne d’Arc, réécrite et trois fois plus longue. Madame Dufrénoy avait cette fois enquêté (la mère de Jeanne ne se nomme plus Isabelle Gautier, comme en 1816, mais Romée) ; elle s’est documentée sur le procès, dont elle démêle avec justesse les étapes, cite plusieurs répliques de l’accusée et n’oublie ni le prêche d’Érard ni celui de Nicolas Midy. Les voix reparaissent, et la religion avec elles : on y lit la réforme morale de l’armée et son cortège de prêtres, puis la communion de Jeanne et la réaffirmation de ses voix, au matin du supplice. Seule bizarrerie, la notice la mieux informée porte la date la plus fantaisiste : là où la première édition faisait naître Jeanne en 1411 (dans la fourchette alors admise), la seconde recule jusqu’en 1409, s’éloignant de la vérité au moment même où elle s’en rapprochait pour tout le reste. Elle n’a sans doute pas consulté l’Histoire de Jeanne d’Arc en quatre volumes de Le Brun de Charmettes, parue en 1817 (entre ses deux éditions) et qui allait rester la référence une trentaine d’années, jusqu’aux travaux de Quicherat et de Michelet.

Images (2)

[1820]

Inés de Castro, Marguerite de Valdemar, Blanche de Bourbon, Jacqueline de Bavière, Jeanne d’Arc (éd. 1820).

(Éd. 1816 : t. I, p. 294. Éd. 1820 : t. II, p. 173.)

[1816]

Portrait de Jeanne d’Arc.

Éditions

  • 1816  : Paris, Eymery (2 vol. in-12. Prix : 7 fr.)

    Biographie des jeunes demoiselles, ou Vies des femmes célèbres, depuis les Hébreux jusqu’à nos jours ; ouvrage destiné à l’instruction de la jeunesse et orné de 60 portraits en taille-douce. Par Mme Dufrénoy. À Paris, à la Librairie d’Éducation d’Alexis Eymery, rue Mazarine, n° 30. 1816

    Gallica : t. I, t. II, Jeanne d’Arc t. I, p. 362-369

  • 1820  : Paris, Eymery (4 vol. in-12.)

    Seconde édition, revue, corrigée et augmentée. Paris, à la Librairie d’Éducation d’Alexis Eymery, rue Mazarine. M. DCCC. XX.

    Google: t. I, t. II, t. III, t. IV, Jeanne d’Arc t. II, p. 234-260

  • 1824  : Paris, Eymery (= 1820) (4 vol. in-12.)

    Troisième édition, revue et corrigée. Paris, à la Librairie d’Éducation d’Alexis Eymery, rue Mazarine, n° 30. 1824

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