Anne-François-Joachim Fréville

Vie de Jeanne d’Arc (1803)

Une Jeanne d’Arc pour la jeunesse du Consulat, puis de la Restauration.
Page de titre de la quatrième édition des Beaux traits du jeune âge (1824).
    Auteur
    Date de publication
    1803
    Catégorie

    Présentation

    Cette Jeanne d’Arc se situe à la charnière de deux époques : celle où l’on commence à s’appuyer sur les documents contemporains, au premier rang desquels les procès (L’Averdy), et celle des historiographes des XVIe et XVIIe siècles, chez qui Jeanne était encore coiffée d’un casque, ombragé d’un magnifique panache blanc.

    L’auteur, A.-F.-J. Fréville, ancien instituteur devenu l’un des auteurs pédagogiques pour la jeunesse les plus prolifiques de son temps — inventeur de multiples jeux pour apprendre en s’amusant et de recueils de récits édifiants pour apprendre par le modèle —, livre ici une Jeanne d’Arc très bien documentée (pour un ouvrage destiné à la jeunesse), qui réserve une place considérable au procès : près d’un tiers du récit. Partisan des Lumières, il n’échappe pas aux idées de son temps sur le Moyen Âge, un siècle ignorant et courbé sous le joug des préjugés. Jeanne y est portée par un peuple, toujours enthousiasmé et crédule, avant de succomber sous les coups d’ennemis qui avaient la simplicité de la croire magicienne.

    Comment explique-t-il Jeanne d’Arc ? La Pucelle n’est pas magicienne, certes, mais pour Fréville elle n’est pas plus une inspirée du Ciel, ni l’instrument des puissants — autant de systèmes concurrents qu’il récuse absolument.

    Conclure que cette fille illustre était une visionnaire, ou une espèce de mannequin, placé tantôt à droite, tantôt à gauche, pour faire mouvoir les troupes, c’est une absurdité palpable.

    Que propose-t-il ? Une explication toute humaine, où l’on croit lire du Michelet avant l’heure. Ses voix, ses prétendues révélations ou ses apparitions nocturnes (La jeune fille, à son insu, créait, pour ainsi parler, et réalisait ses propres idées, 1841) :

    Frappée par les misères de sa famille et par les continuels récits des ravages épouvantables des Anglais dans son malheureux pays, la force de son imagination lui retraçait réellement ces visions en songe ; son grand cœur en était sollicité ; et, vraiment pourvue de moyens extraordinaires, elle finit par se croire appelée au rôle important qu’elle a si bien exécuté, et qui l’a définitivement placée au rang des plus illustres personnages dans le temple de la gloire.

    Notes sur l’édition

    Tout au long de sa carrière, Fréville — ou ses éditeurs — multiplia les rééditions de ses œuvres, recombinant les textes différemment d’une édition à l’autre et réadaptant chacun aux enjeux politiques du moment. Ainsi le même chapitre sur Louis XVII passe-t-il de la vie du petit Capet, invoquée sous la République pour montrer comment l’aristocratie tirait profit de son privilège d’éducation (1798), à celle du jeune roi martyr, fils du plus juste des souverains, sous la Restauration (1818). La première version de sa Jeanne d’Arc parut en 1803, sous le Consulat ; mais son texte n’a pas été retrouvé, et c’est la version diffusée à partir de 1818 que nous publions ici ; elle a sans doute subi quelques ajustements.

    Éditions

    • 1803  : Paris, Genets (1 vol. in-12. Prix : 2,50 fr.)

      À la suite des Beaux exemples de piété filiale, 2e édition.

    • 1818  : Paris, Genets jeune (1 vol. in-12.)

      À la suite des Beaux traits du jeune âge, 2e édition.

    • 1822  : Paris, Genets jeune (= 1818) (1 vol. in-12.)

      À la suite des Beaux traits du jeune âge, 2e édition.

    • 1822  : Paris, Parmantier (= 1818) (1 vol. in-12.)

      À la suite des Beaux traits du jeune âge, 4e édition

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