Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#étendard de Jeanne

Jean Dunois

Le vent tourna, comme à l’instant, les voiles des bateaux de ravitaillement furent immédiatement tendues. Lui-même s’embarqua, accompagné de frère Nicolas de Géresme, et ils passèrent l’église Saint-Loup en dépit des Anglais ; dès lors il eut grande confiance en Jeanne et la supplia de bien vouloir s’embarquer aussi et d’entrer dans Orléans, où elle était fort réclamée. Elle hésita, ne voulant pas abandonner ses hommes d’armes bien confessés. Il alla parlementer avec les capitaines afin qu’ils laissassent Jeanne entrer avec lui dans Orléans pendant qu’eux iraient traverser la Loire à Blois. Ils consentirent et Jeanne partit avec lui ; elle tenait son étendard, qui était blanc, avec l’image de Notre Seigneur tenant une fleur de lys. Elle traversa la Loire avec La Hire et ils entrèrent ensemble dans la ville d’Orléans.

Jean Pasquerel(aumônier de Jeanne)

Ils restèrent deux ou trois jours à Blois jusqu’à ce que les vivres soient chargées sur les bateaux. Elle lui fit confectionner une bannière [en français] figurant notre Seigneur crucifié, pour rassembler les prêtres ; deux fois par jours, matin et soir, ils les rassemblait pour chanter des hymnes à la bienheureuse Vierge ; et Jeanne était avec eux.

Elle exhortait aussi les hommes d’armes à se joindre, mais ils devaient s’être confessés le jour même ; et tous les prêtres étaient prêts à confesser ceux qui le voulaient.

Simon Charles

Arrivé devant Troyes, les troupes se trouvèrent sans vivres et presque prêtes à se retirer. Jeanne dit au roi de n’avoir aucune hésitation, et qu’il obtiendrait la ville le lendemain. Elle prit son étendard et ordonna de préparer les fagots. Le lendemain elle feignit d’en combler les fossés en criant : À l’assaut. Les habitants de Troyes envoyèrent quelqu’un pour négocier une capitulation avec le roi ; lequel entra ensuite dans la ville en grand apparat, Jeanne portant son étendard près de lui.

Seguin de Seguin

On demanda à Jeanne pourquoi elle avait un étendard, elle répondit qu’elle ne voulait pas se servir de son épée, ni tuer quelqu’un. — Jeanne détestait entendre jurer le nom de Dieu en vain, et avait horreur de ceux qui juraient ; elle disait à La Hire, qui avait l’habitude de dire beaucoup de jurons et de renier Dieu, qu’il reniât son bâton. Et ensuite ce La Hire, en présence de Jeanne eut coutume de renier son bâton.

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