#Visions de Jeanne
4 témoins :
- Jean Le Fèvre
- Jean de Metz
- Jean Dunois
- Jean Pasquerel, aumônier de Jeanne
Jean Le Fèvre
- Enquête du cardinal d’Estouteville (9 mai 1452)
Elle répondait très sagement aux interrogations, mises à part les révélations, à tel point que pendant trois semaines il la crut inspirée. [Lefèvre assista à 6 interrogatoires entre le 21 février et 22 mars, puis à autant d’autres séances et délibérations.]
Jean de Metz
- Enquête au lieu de naissance de Jeanne (31 janvier 1456)
Il lui arriva de l’interroger si elle ferait ce qu’elle disait, elle répondait de n’avoir crainte ; Dieu et ses frères du paradis, qui la dirigeaient depuis quatre ou cinq ans déjà, l’envoyaient à la guerre pour recouvrer le royaume de France.
Jean Dunois
- Enquête à Orléans (22 février 1456)
Le soudain changement de vent juste après ses paroles d’espoir, l’entrée du ravitaillement au nez des Anglais beaucoup plus forts, sa vision de saint Louis et de Charlemagne priant Dieu pour le salut du roi et de cette cité, tout lui semble montrer que Jeanne était menée plus par Dieu que par un esprit humain dans sa conduite de la guerre.
De même, il se souvient qu’un jour après la libération d’Orléans, à Loches, Jeanne et lui allèrent trouver le roi. Celui-ci s’était retiré dans sa chambre avec son confesseur Christophe d’Harcourt et le chancelier de Trêves. Jeanne frappa à porte et, aussitôt entrée, se jeta à ses genoux en disant : Noble dauphin, cessez ces longues délibérations et allez à Reims vous faire couronner.
D’Harcourt lui demanda si elle tenait cela de son conseil ; elle répondit que oui, et qu’elle y avait été fort poussée. Il reprit : Ne voulez-vous pas nous dire de quelle façon se manifeste votre conseil, quand il vous parle ?
Elle répondit en rougissant : Je sais ce que vous voulez savoir et vous le dirai volontiers.
Le roi lui dit alors : Jeanne, répondriez-vous ici, en présence des assistants ?
Elle répondit que oui, et s’exprima ainsi : lorsqu’on ne croit pas ce qu’elle dit de la part de Dieu, elle se retire pour prier puis entend alors une voix lui dire : Fille Dé, va, va, va, je serai à ton aide, va
; et cette voix la réjouit fort ; si bien qu’elle désirerait rester toujours dans le même état. En parlant de ses voix Jeanne avait des élans de joie admirables et levait les yeux vers le ciel.
Jean Pasquerel(aumônier de Jeanne)
- Enquête à Paris et à Rouen (4 mai 1456)
Jeanne disait avoir demandé aux envoyés Dieu qui lui apparaissaient ce qu’elle devait faire ; ils lui firent faire son étendard, figurant notre Sauveur siégeant en juge sur les nuées du ciel, et un ange tenant dans ses mains une fleur de lys que bénissait le Sauveur. Le témoin arriva à Tours au moment où on peignait cet étendard.
Peu après Jeanne partit avec l’armée pour faire lever le siège devant Orléans ; le témoin ne la quitta plus jusqu’à sa prise devant Compiègne.
Jeanne pleura abondamment, en invoquant Dieu et fut consolée, à ce qu’elle disait, car elle avait eu des nouvelles de son Seigneur.
Elle disait souvent avoir reçu mission d’agir ainsi. Et quand on lui disait qu’on n’avait jamais vu des choses semblables, ni lu dans aucun livre, elle répondait : Mon Seigneur a un livre dans lequel aucun clerc n’a jamais lu, aussi instruit soit-il.