#Voix de Jeanne
6 témoins :
Jean Dunois
- Enquête à Orléans (22 février 1456)
De même, il se souvient qu’un jour après la libération d’Orléans, à Loches, Jeanne et lui allèrent trouver le roi. Celui-ci s’était retiré dans sa chambre avec son confesseur Christophe d’Harcourt et le chancelier de Trêves. Jeanne frappa à porte et, aussitôt entrée, se jeta à ses genoux en disant : Noble dauphin, cessez ces longues délibérations et allez à Reims vous faire couronner.
D’Harcourt lui demanda si elle tenait cela de son conseil ; elle répondit que oui, et qu’elle y avait été fort poussée. Il reprit : Ne voulez-vous pas nous dire de quelle façon se manifeste votre conseil, quand il vous parle ?
Elle répondit en rougissant : Je sais ce que vous voulez savoir et vous le dirai volontiers.
Le roi lui dit alors : Jeanne, répondriez-vous ici, en présence des assistants ?
Elle répondit que oui, et s’exprima ainsi : lorsqu’on ne croit pas ce qu’elle dit de la part de Dieu, elle se retire pour prier puis entend alors une voix lui dire : Fille Dé, va, va, va, je serai à ton aide, va
; et cette voix la réjouit fort ; si bien qu’elle désirerait rester toujours dans le même état. En parlant de ses voix Jeanne avait des élans de joie admirables et levait les yeux vers le ciel.
Thomas de Courcelles
- Enquête à Paris et à Rouen (2 avril 1456)
On disait qu’elle affirmait avoir eu des voix venant de Dieu.
Ignore si des informations avaient été faites, à Rouen ou dans le lieu de naissance de Jeanne ; lui-même n’en vit pas et au premières séances [préparatoires] du procès, il n’était question que des voix, qu’elle disait avoir entendues et affirmait venir de Dieu. On lui montra le registre du procès où il est précisé qu’en sa présence furent lues certaines informations préalables [séance du 19 février 1431], déclare n’avoir aucun souvenir de les avoir jamais entendu lire. — Après avoir consulté les pièces du procès, Jean Lohier lui dit qu’on ne devait pas procéder contre Jeanne en matière de foi sans une information préalable sur la réputation.
Jean d’Alençon
- Enquête à Paris et à Rouen (3 mai 1456)
Le roi décida qu’elle serait examinée par des gens d’Église et délégua l’évêque de Castres (son confesseur), les évêques de Senlis, Maguelonne et Poitiers, Pierre de Versailles, Jourdan Morin, et beaucoup d’autres, qui l’interrogèrent en présence du témoin sur les raisons de sa venue. Elle répondit qu’elle était venue de la part du Roi des cieux et qu’elle avait des voix et un conseil qui lui indiquaient quoi faire (bien que de cela il ne se souvient pas). Jeanne lui confia par la suite, au cours d’un repas (ils les prenaient alors ensemble), qu’elle avait été beaucoup questionnée, mais qu’elle savait et pouvait plus de choses qu’elle n’en avait dites. Le roi entendit le rapport des examinateurs et décida qu’elle serait de nouveau interrogée à Poitiers.
Jean Pasquerel(aumônier de Jeanne)
- Enquête à Paris et à Rouen (4 mai 1456)
Jeanne pleura abondamment, en invoquant Dieu et fut consolée, à ce qu’elle disait, car elle avait eu des nouvelles de son Seigneur.
Martin Lavenu
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Atteste que Jeanne soutint toujours et affirma jusqu’à la fin de sa vie que les voix entendues par elle venaient de Dieu, que toutes ses actions avaient été faites sur l’ordre de Dieu, et qu’elle ne croyait pas avoir été trompée par ces voix ; mais les révélations qu’elle avait eues venaient de Dieu.
Jean d’Aulon
- Déposition de Jean d’Aulon à Lyon (28 mai 1456)
Pour les faits de guerre, la Pucelle lui disait qu’elle avait un conseil qui la guidait. Il lui demanda qui était ce conseil, elle lui répondit qu’ils étaient trois : l’un restaient toujours avec elle, un autre allait et venait, et le troisième était celui avec lequel les deux premiers délibéraient. Un jour il la pria de bien vouloir lui montrer son conseil mais elle lui répondit qu’il n’était pas assez digne ni vertueux pour le voir ; il ne chercha plus à en savoir d’avantage.