Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#La Hire

Pierre Compaing

Se souvient parfaitement qu’elle engageait les hommes d’armes à confesser leurs péchés ; et de fait, lui qui parle, a vu qu’à son instigation et à sa requête La Hire confessa ses péchés, ainsi que plusieurs autres de sa compagnie.

Louis de Coutes(page de Jeanne)

Le lendemain, tous les assiégeants partirent pour Beaugency et Meung. L’armée du roi, où se trouvait Jeanne, les suivit. Les Anglais quittèrent Beaugency sans combattre, poursuivis par les gens du roi et Jeanne. L’avant-garde était conduite par La Hire, ce qui irrita beaucoup Jeanne, car elle aurait aimé en avoir la charge. L’avant-garde tomba sur les Anglais qui furent presque tous tués.

Jean d’Alençon

Après quelques jours, on tint conseil ; les capitaines (dont le témoins) eurent la mauvaise surprise d’apprendre que La Hire était en pourparlers avec Suffolk. Il lui demandèrent de revenir et l’on décida de lancer l’assaut. Les hérauts crièrent : À l’assaut !. Jeanne dit au témoin : Avant, gentil duc, à l’assaut ! [en français] et comme il jugeait l’assaut prématuré, Jeanne lui dit : N’hésitez pas ! L’heure est prête quand il plaît à Dieu. […] Travaillez et Dieu travaillera.

Thibault d’Armagnac(dit Thibault de Termes)

Après la délivrance d’Orléans, il se rendit avec Jeanne et plusieurs capitaines à Beaugency, où étaient les Anglais. Le jour de la bataille de Patay, le témoin et feu La Hire informèrent Jeanne de l’avancée des Anglais en ordre de bataille. Elle les encouragea : Frappez audacieusement, ils prendront vite la fuite, et aussitôt les Anglais furent mis en fuite. De même elle avait annoncé qu’aucun Français ne serait tué ou blessé sauf peut-être un petit nombre ; ce qui arriva puisque de tous nos hommes un seul fut tué, un noble de la compagnie du témoin.

Seguin de Seguin

On demanda à Jeanne pourquoi elle avait un étendard, elle répondit qu’elle ne voulait pas se servir de son épée, ni tuer quelqu’un. — Jeanne détestait entendre jurer le nom de Dieu en vain, et avait horreur de ceux qui juraient ; elle disait à La Hire, qui avait l’habitude de dire beaucoup de jurons et de renier Dieu, qu’il reniât son bâton. Et ensuite ce La Hire, en présence de Jeanne eut coutume de renier son bâton.

Jean d’Aulon

Dunois, qu’on appelait alors le bâtard d’Orléans, se trouvait dans la ville pour sa défense. Dès qu’il apprit la venue de la Pucelle, il fit assembler des hommes pour aller à sa rencontre, comme La Hire et d’autres. Ils décidèrent, pour plus de sûreté, d’y aller par la Loire en bateau, et la trouvèrent à un quart de lieue. Lui-même et la Pucelle montèrent dans un bateau et le reste des gens s’en retournèrent vers Blois. Ils entrèrent dans Orléans sans embûche avec Dunois et ses gens. Dunois la fit loger bien honnêtement dans la maison d’un notable bourgeois de la ville marié à une notable femme.

Après s’être entretint avec la Pucelle sur comment défendre de la ville et mieux accabler l’ennemi, Dunois, La Hire et les autres capitaines décidèrent qu’on irait chercher des renforts de Blois. Dunois, le témoin et d’autres capitaines s’apprêtèrent à y aller avec leurs gens. Lorsque la Pucelle apprit leur départ, elle sauta à cheval et sortit avec La Hire et des gens à elle pour tenir l’ennemi à distance. Elle fit si bien que grâce à Dieu, Dunois, lui-même et leurs gens passèrent sans encombre, malgré la grande puissance et le nombre des ennemis ; puis elle rentra dans la ville. Lorsqu’elle apprit le retour des capitaines avec le renfort, elle monta à cheval et avec ses gens, partit à leur rencontre pour leur prêter main forte au cas où. La Pucelle, Dunois, le maréchal, La Hire, le témoin et leur gens entrèrent dans la ville au vu et au su des ennemis, sans la moindre opposition.

Les Français ne se sentant pas de force pour prendre cette bastille décidèrent de rebrousser chemin. Les plus vaillants d’entre eux, les seigneurs de Gaucourt, de Villars, et lui-même restèrent en retrait pour protéger les arrières. La Pucelle et la Hire montèrent chacun sur un bateau, la lance à la main, quand soudain on vit l’ennemi jaillir de la bastille des Augustin. La Pucelle et La Hire, toujours en première ligne, couchèrent leur lance et commencèrent à frapper, suivi par leur gens ; si bien que l’ennemi dut se réfugier dans la bastille.

Pendant ce temps, le témoin assurait la garde d’une passe avec sa compagnie, qui comptait un bien vaillant homme d’armes du pays d’Espagne, Alphonse de Partada. Un autre bel homme, grand et bien armé, décida de quitter le rang pour aller à l’assaut ; le témoin le somma de garder son poste mais il répondit qu’il n’en ferait rien. Ledit Alphonse le prit à parti, disant que d’autres aussi vaillants que lui restaient bien ; il répondit que lui ne resterait pas. Ils s’échangèrent des mots, et résolurent d’aller tous deux à l’assaut voir qui serait le plus vaillant. Bras dessus, bras dessous, il s’élancèrent vers la bastille. Là, un grand, fort et puissant Anglais causait de grands dommages et rendait la palissade infranchissable. Le témoin montra l’Anglais à un nommé maître Jean le Canonnier, qui d’un trait le jeta mort par terre. Les deux hommes s’engouffrèrent dans la bastille, et toute leur compagnie derrière eux. En peu de temps la place était prise. Quelques ennemis parvinrent à se réfugier dans la bastille des Tournelles au pied du pont, mais la plupart furent tués ou pris. Après cette victoire, la Pucelle, les seigneurs et leurs gens passèrent la nuit devant la bastille.

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