Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

Déposition de Thibault d’Armagnac (dit Thibault de Termes)

Interrogé une fois en 1456.

Enquête de 1456

  • Interrogé le vendredi 7 mai 1456
  • Lieu : Paris, cour épiscopale

Les 39 témoins de l'enquête :

  1. Jean Tiphaine
  2. Guillaume de la Chambre
  3. Jean de Mailly
  4. Thomas de Courcelles
  5. Jean Monnet, secrétaire de Jean Beaupère
  6. Louis de Coutes, page de Jeanne
  7. Gobert Thibaut
  8. Simon Beaucroix
  9. Jean Barbin
  10. Marguerite La Touroulde, veuve de René de Bouligny
  11. Jean Marcel
  12. Jean d’Alençon
  13. Jean Pasquerel, aumônier de Jeanne
  14. Jean de Lénizeul, serviteur de Guillaume Érart
  15. Simon Charles
  16. Thibault d’Armagnac
  17. Aimon de Macy
  18. Colette, femme de Pierre Milet
  19. Pierre Milet
  20. Aignan Viole
  21. Pierre Miget
  22. Guillaume Manchon, principal notaire du procès
  23. Jean Massieu, huissier du procès
  24. Guillaume Colles, dit Boisguillaume, second notaire du procès
  25. Martin Lavenu
  26. Nicolas de Houppeville
  27. Jean Lefèvre
  28. Jean Lemaire
  29. Nicolas Caval
  30. Pierre Cusquel
  31. André Marguerie
  32. Maugier Leparmentier
  33. Laurent Guesdon, alors lieutenant du bailli de Rouen
  34. Jean Riquier
  35. Jean Moreau, habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy
  36. Nicolas Taquel, troisième notaire du procès
  37. Husson Lemaistre, habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy
  38. Pierre Daron, alors procureur de Rouen
  39. Seguin de Seguin

Devant :

Notaire :

Lire dans les différentes éditions

Français :

  • Gratteloup (Abrégé, 2023)
  • Duparc (Procès en nullité, t. IV, p. 84, 1986)
  • Fabre (Procès de réhabilitation, t. I, p. 281, 1888)

Latin :

  • Duparc (Procès en nullité, t. I, p. 403, 1977)
  • Quicherat (Procès, t. III, p. 114, 1845)
Noble et prudent seigneur, Thibault d’Armagnac, ou de Termes, chevalier, bailli de Chartres, âgé d’environ 50 ans. Interrogé le 7 mai 1456.
[Les deux précédents témoins ont été entendu le même jour. Les notaires se seraient donc absentés en cours de journée.]
Ne dépose que sur les articles 1-4.

Arrivée de Jeanne à Orléans.]

Fit connaissance de Jeanne lorsqu’elle vint à Orléans faire lever le siège ; il était alors en charge de la défense de la ville avec Dunois. — Lorsqu’ils apprirent son arrivée ils allèrent la chercher de l’autre côté de la Loire, près de Saint-Jean-le-Blanc, et la ramenèrent dans la ville.

Valeur militaire de Jeanne.]

Il la vit au cours des assauts contre les bastilles de Saint-Loup, des Augustins, de Saint-Jean-le-Blanc et du pont ; elle était plus vaillante que n’importe quel homme de guerre. Tous les capitaines admiraient son activité, et les peines et fatigues qu’elle supportait.

Mœurs et piété.]

Elle était bonne et honnête. Ce qu’elle faisait relevait plus du divin que de l’humain, car elle reprochait souvent leurs vices aux hommes d’armes. Le frère Robert Baignart, qui l’entendit plusieurs fois en confession, disait d’elle que c’était une femme de Dieu, que ce qu’elle faisait venait de Dieu, que son âme et sa conscience étaient bonnes.

Bataille de Patay.]

Après la délivrance d’Orléans, il se rendit avec Jeanne et plusieurs capitaines à Beaugency, où étaient les Anglais. Le jour de la bataille de Patay, le témoin et feu La Hire informèrent Jeanne de l’avancée des Anglais en ordre de bataille. Elle les encouragea : Frappez audacieusement, ils prendront vite la fuite, et aussitôt les Anglais furent mis en fuite. De même elle avait annoncé qu’aucun Français ne serait tué ou blessé sauf peut-être un petit nombre ; ce qui arriva puisque de tous nos hommes un seul fut tué, un noble de la compagnie du témoin.

Voyage vers Reims.]

Entre Troyes et Reims, le témoin fut toujours en la compagnie du roi et Jeanne.

Envoyée par Dieu.]

Pour lui, tout ce qu’a fait Jeanne, relève plus du divin que de l’humain. Elle se confessait très souvent, communiait et entendait pieusement la messe.

Valeur militaire de Jeanne.]

En dehors du fait de guerre elle était simple et innocente ; mais dans la conduite et la disposition des troupes, dans les faits de guerre et dans l’organisation du combat et l’encouragement aux troupes, elle se comportait comme si elle avait été le plus habile capitaine du monde, entraîné de tout temps à la guerre.

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