Déposition de Thibault d’Armagnac (dit Thibault de Termes)
Interrogé une fois en 1456.
Arrivée de Jeanne à Orléans.]
Fit connaissance de Jeanne lorsqu’elle vint à Orléans faire lever le siège ; il était alors en charge de la défense de la ville avec Dunois. — Lorsqu’ils apprirent son arrivée ils allèrent la chercher de l’autre côté de la Loire, près de Saint-Jean-le-Blanc, et la ramenèrent dans la ville.
Valeur militaire de Jeanne.]
Il la vit au cours des assauts contre les bastilles de Saint-Loup, des Augustins, de Saint-Jean-le-Blanc et du pont ; elle était plus vaillante que n’importe quel homme de guerre. Tous les capitaines admiraient son activité, et les peines et fatigues qu’elle supportait.
Mœurs et piété.]
Elle était bonne et honnête. Ce qu’elle faisait relevait plus du divin que de l’humain, car elle reprochait souvent leurs vices aux hommes d’armes. Le frère Robert Baignart, qui l’entendit plusieurs fois en confession, disait d’elle que c’était une femme de Dieu, que ce qu’elle faisait venait de Dieu, que son âme et sa conscience étaient bonnes.
Bataille de Patay.]
Après la délivrance d’Orléans, il se rendit avec Jeanne et plusieurs capitaines à Beaugency, où étaient les Anglais. Le jour de la bataille de Patay, le témoin et feu La Hire informèrent Jeanne de l’avancée des Anglais en ordre de bataille. Elle les encouragea : Frappez audacieusement, ils prendront vite la fuite
, et aussitôt les Anglais furent mis en fuite. De même elle avait annoncé qu’aucun Français ne serait tué ou blessé sauf peut-être un petit nombre ; ce qui arriva puisque de tous nos hommes un seul fut tué, un noble de la compagnie du témoin.
Voyage vers Reims.]
Entre Troyes et Reims, le témoin fut toujours en la compagnie du roi et Jeanne.
Envoyée par Dieu.]
Pour lui, tout ce qu’a fait Jeanne, relève plus du divin que de l’humain. Elle se confessait très souvent, communiait et entendait pieusement la messe.
Valeur militaire de Jeanne.]
En dehors du fait de guerre elle était simple et innocente ; mais dans la conduite et la disposition des troupes, dans les faits de guerre et dans l’organisation du combat et l’encouragement aux troupes, elle se comportait comme si elle avait été le plus habile capitaine du monde, entraîné de tout temps à la guerre.