#Prise de Saint-Loup
7 témoins :
- Louis de Coutes, page de Jeanne
- Simon Beaucroix
- Jean Pasquerel, aumônier de Jeanne
- Colette
- Pierre Milet
- Aignan Viole
- Jean d’Aulon
Louis de Coutes(page de Jeanne)
- Enquête à Paris et à Rouen (4 avril 1456)
Elle revint à son logis et monta dans sa chambre. Le témoin croyait qu’elle allait dormir, mais peu après elle descendit et lui dit : Ah ! sanglant garçon, vous ne me diriez pas que le sang de France fût répandu !
, et lui ordonna d’aller chercher son cheval. Lorsqu’il revint, Jeanne avait été toute armée par la maîtresse de maison et sa fille ; elle lui ordonna d’aller chercher son étendard, qui était resté en haut, et le témoin le lui remit par la fenêtre. Jeanne s’en saisit et se précipita vers la porte de Bourgogne ; l’hôtesse dit alors au témoin de la suivre, ce qu’il fit. — Il y avait à ce moment une escarmouche du côté de Saint-Loup, et bientôt le retranchement fut pris. Jeanne rencontra quelques Français blessés, ce qui l’indigna. Dès que les Français la virent, ils se mirent à crier et s’emparèrent de la bastille de Saint-Loup. Des hommes d’Église qui fuyaient en habits ecclésiastiques vinrent au-devant de Jeanne ; elle défendit qu’on leur fît du mal et les fit conduire à son logis, les autres Anglais furent tous tués.
Simon Beaucroix
- Enquête à Paris et à Rouen (20 avril 1456)
Jeanne était à son logis lorsque, mue par une inspiration, elle déclara : En nom Dieu, nos gens ont beaucoup à faire !
Elle envoya chercher son cheval, s’arma et fonça vers la bastille de Saint-Loup où l’on attaquait les Anglais. Elle se joint à l’assaut et la bastille fut prise.
Jean Pasquerel(aumônier de Jeanne)
- Enquête à Paris et à Rouen (4 mai 1456)
Jeanne envoya les gens du roi assaillir la bastille de Saint-Loup. Lui-même et quelques prêtres se rendirent à son logis après le repas et la trouvèrent s’écriant : Où sont ceux qui doivent m’armer ? Le sang de nos gens coule sur la terre.
Dès qu’elle fut armée elle se précipita à l’assaut de la bastille de Saint-Loup. En chemin elle rencontra beaucoup de blessés et en eut une très grande douleur.
La bastille fut prise et ses défenseurs anglais faits prisonniers ; beaucoup furent tués aussi et Jeanne en eut grande douleur, elle les plaignait car ils étaient morts sans confession ; et aussitôt elle se confessa au témoin. Elle lui demanda également d’exhorter tous les soldats à se confesser leurs péchés et à rendre grâce à Dieu pour la victoire ; ou bien elle abandonnerait leur compagnie.
C’était le mercredi, veille de l’Ascension du Seigneur. Elle ajouta qu’avant cinq jours, le siège serait levé et qu’il ne resterait pas un Anglais devant la ville ; et il en fut ainsi.
Plus de cent Anglais de qualité occupaient la bastille, ils n’en resta pas un qui ne fût prisonnier ou mort.
Colette
- Enquête à Paris et à Rouen (11 mai 1456)
La veille de l’Ascension, alors qu’elle dormait, chez Jacques le Bouchier, Jeanne s’éveilla soudain, appela son valet d’armes, un dénommé Mugot, et lui dit : En nom Dé [en français], c’est mal fait. Pourquoi ne m’a-t-on pas réveillée plus tôt ? Nos gens ont beaucoup à besogner
. Elle se fit armer, monta à cheval, et, sa lance au poing, se mit à galoper droit à Saint-Loup, par la Grand Rue, si vite que le feu jaillissait du pavé.
Elle fit proclamer par son de trompe qu’on ne s’emparât de rien dans l’église.
Pierre Milet
- Enquête à Paris et à Rouen (11 mai 1456)
Jeanne dormait lorsqu’elle s’éveilla subitement disant que ses gens avaient à faire. Elle se fit armer et sortit de la ville ; et fit proclamer que personne ne devait prendre des biens de l’église.
Aignan Viole
- Enquête à Paris et à Rouen (11 mai 1456)
Le jour où le fortin de Saint-Loup fut pris, elle dormait et s’éveilla subitement : En nom Dé, nos gens ont bien à besogner [en français].
Elle se fit armer, et parti à cheval rejoindre les autres hommes d’armes qui se trouvaient près du fortin ; peu après le fortin fut pris.
Jean d’Aulon
- Déposition de Jean d’Aulon à Lyon (28 mai 1456)
La Pucelle, lui-même et d’autres gens de guerre sortirent de la ville pour soutenir l’attaque ; jamais il n’avait vu tant de gens d’armes de leur parti. Ils se dirigèrent vers une très forte bastille appelée Saint-Loup, qu’ils assaillirent et emportèrent rapidement et à très peu de perte. Tous les ennemis furent soit morts soit pris. Puis ils regagnèrent la ville et se reposèrent le reste de la journée.