Déposition de Aignan Viole
Interrogé une fois en 1456.
Jeanne à Orléans.]
Eu connaissance de Jeanne à l’époque du siège d’Orléans. Jeanne fut logée dans la maison de Jacques Bouchier.
Prise de Saint-Loup.]
Le jour où le fortin de Saint-Loup fut pris, elle dormait et s’éveilla subitement : En nom Dé, nos gens ont bien à besogner [en français].
Elle se fit armer, et parti à cheval rejoindre les autres hommes d’armes qui se trouvaient près du fortin ; peu après le fortin fut pris.
Prise de la bastille du pont.]
Avant la prise du fortin du pont elle avait déclaré qu’il serait pris et qu’elle reviendrait par le pont, ce qui paraissait à tous impossible ; bien plus elle avait annoncé qu’elle serait blessée. Il en fut ainsi.
Départ des Anglais.]
Le dimanche après la prise des bastilles, les Anglais se rangèrent en bataille devant Orléans. La plupart des hommes d’armes sortirent pour combattre mais Jeanne, blessée et vêtue d’un jaseran [en français] (cotte de mailles), les rangea en bataille, tout en leur interdisant d’attaquer. Elle disait que c’était le désir et la volonté de Dieu de les laisser partir s’ils voulaient s’en aller ; et les hommes d’armes rentrèrent dans la ville.
Valeur militaire de Jeanne.]
On la disait extrêmement habile dans l’ordonnance de ses troupes pour le combat, au point qu’un capitaine exercé et savant en matière de guerre n’aurait su faire mieux. Aussi les capitaines en étaient-ils surpris et pleins d’admiration.
Mœurs et piété de Jeanne.]
Elle se confessait fréquemment, communiait très souvent et se comportait d’une manière très honnête en tous ses actes et propos. En dehors du fait de la guerre, elle était si simple que c’était merveille.
Envoyée par Dieu.]
Attendu ce qu’elle a fait et ce qui a suivi, le témoin croit qu’elle était conduite par l’esprit de Dieu, qu’en elle il y avait une force divine, et non pas humaine.