#Bataille de Patay
6 témoins :
- Jean Dunois
- Louis de Coutes, page de Jeanne
- Gobert Thibaut
- Jean d’Alençon
- Jean Pasquerel, aumônier de Jeanne
- Thibault d’Armagnac, dit Thibault de Termes
Jean Dunois
- Enquête à Orléans (22 février 1456)
De même, après avoir quitté Orléans, les Anglais se regroupèrent pour aller défendre leurs places sur la Loire. Le château Beaugency étant assiégés par les Français ils se dirigèrent vers celui de Meung-sur-Loire qu’ils tenaient encore. Lorsqu’ils apprirent que Beaugency était perdu, ils se réunirent en une seule armée, si bien qu’on crut qu’ils allaient fixer un jour pour la bataille. Les Français se rangèrent pour leur faire face. Alors le duc d’Alençon, en présence du connétable, de lui-même déposant et de plusieurs autres, demanda à Jeanne ce qu’il devait faire. Elle lui répondit à haute voix : Avez-vous de bons éperons ?
Tous demandèrent : Que dites-vous ? Devrons-nous tourner les talons ? — Non ! Ce seront les Anglais qui ne se défendront pas et seront vaincus ; et il vous faudra des éperons pour leur courir sus.
Il en fut ainsi : les Anglais s’enfuirent et, tant morts que prisonniers, il y en eut plus de quatre mille.
Louis de Coutes(page de Jeanne)
- Enquête à Paris et à Rouen (4 avril 1456)
Le lendemain, tous les assiégeants partirent pour Beaugency et Meung. L’armée du roi, où se trouvait Jeanne, les suivit. Les Anglais quittèrent Beaugency sans combattre, poursuivis par les gens du roi et Jeanne. L’avant-garde était conduite par La Hire, ce qui irrita beaucoup Jeanne, car elle aurait aimé en avoir la charge. L’avant-garde tomba sur les Anglais qui furent presque tous tués.
Gobert Thibaut
- Enquête à Paris et à Rouen (5 avril 1456)
Le témoin arriva à Beaugency à l’époque ou Talbot y fut conduit après avoir été fait prisonnier à Patay. De Beaugency Jeanne alla avec l’armée à Jargeau, qui fut prise par assaut, et les Anglais mis en fuite. Elle revint à Tours où se trouvait le roi, et de là ils partirent pour Reims.
Jean d’Alençon
- Enquête à Paris et à Rouen (3 mai 1456)
Beaucoup appréhendait la suite, mais Jeanne affirma qu’elle était sûre de la victoire : En nom Dieu, il les faut combattre ! s’ils étaient pendus aux nues, nous les aurons, car Dieu nous les envoie pour que nous les punissions
. Elle ajouta : Le gentil roi aura aujourd’hui la plus grande victoire qu’il eut jamais. Mon conseil m’a dit qu’ils sont tous nôtres. [En français.]
Les Anglais furent défaits et tués sans grande difficulté : ce fut un grand massacre d’Anglais, puis les gens du roi gagnèrent Patay. Talbot, fait prisonnier, fut amené devant le témoin, le connétable et Jeanne ; le témoin lui déclara qu’il ne s’imaginait pas le matin qu’il en serait ainsi, à quoi Talbot répondit que c’était la fortune de la guerre. — On retourna ensuite auprès du roi, qui décida d’aller à Reims pour son sacre.
Jean Pasquerel(aumônier de Jeanne)
- Enquête à Paris et à Rouen (4 mai 1456)
Après une procession solennelle avec sermon dans Orléans, on décida de se rendre auprès du roi, et Jeanne se mit en route. Les Anglais furent battus à Jargeau où ils s’étaient réunis, puis à Patay.
Thibault d’Armagnac(dit Thibault de Termes)
- Enquête à Paris et à Rouen (7 mai 1456)
Après la délivrance d’Orléans, il se rendit avec Jeanne et plusieurs capitaines à Beaugency, où étaient les Anglais. Le jour de la bataille de Patay, le témoin et feu La Hire informèrent Jeanne de l’avancée des Anglais en ordre de bataille. Elle les encouragea : Frappez audacieusement, ils prendront vite la fuite
, et aussitôt les Anglais furent mis en fuite. De même elle avait annoncé qu’aucun Français ne serait tué ou blessé sauf peut-être un petit nombre ; ce qui arriva puisque de tous nos hommes un seul fut tué, un noble de la compagnie du témoin.