Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Confession de Jeanne

Martin Lavenu

Déclare avoir entendu en confession Jeanne, à sa demande et requête, et la trouva dans ses derniers jours fidèle et pieuse. De même la renommée la tenait pour bonne catholique.

Le témoin ajouta qu’il avait entendu Jeanne en confession, avec l’autorisation des juges, avant le prononcé de la sentence, et lui avait administré le corps du Christ ; elle le reçut avec tant de dévotion et tant de larmes abondantes, qu’il ne saurait le raconter.

Après son abandon par l’Église, elle fut saisie par des soldats anglais, présents là en grand nombre, sans aucune sentence de juge séculier, et malgré la présence du bailli de Rouen et du conseil de la cour séculière ; il le sait, car il resta toujours avec Jeanne depuis le château jusqu’à la fin ; et il lui administra, lui qui parle, sur l’ordre des juges, les sacrements de pénitence et d’eucharistie.

Le matin du jour où mourut Jeanne, avant la sentence, il fut autorisé par les juges à entendre Jeanne en confession et lui apporter le Corps du Christ ; elle le reçut humblement, avec grande dévotion et beaucoup de larmes, au point qu’il ne saurait le raconter. Depuis cette heure il ne la quitta pas, jusqu’à ce qu’elle eût rendu l’âme.

Jean Massieu(huissier du procès)

Sait que Jeanne, avant qu’on l’eût prêchée et abandonnée [le jour du supplice] demanda la communion, et la reçut des mains de Martin Ladvenu, avec l’autorisation de l’évêque de Beauvais et du sous-inquisiteur ; l’hostie fut apportée par un certain messire Pierre, d’une manière très irrévérencieuse ; Jeanne se confessa deux fois et communia très dévotement et en répandant beaucoup de larmes.

Guillaume Manchon

Jeanne demanda à entendre la messe aux Rameaux et à Pâques ; elle demanda à se confesser et à communier ; on lui refusa la communion, ce dont elle se plaint, mais on lui permit de se confesser audit Loiselleur, qui en cela agissait avec fausseté.

Ignore si Jeanne a vécu en catholique ; l’entendit demander à entendre la messe, aux dimanches des Rameaux et de Pâques, et à se confesser et à communier à Pâques. On lui refusa la confession, ce dont elle se plaignit beaucoup ; elle put se confesser à Nicolas Loyseleur.

Thomas de Courcelles

Tient de Nicolas Loiseleur lui-même, que celui-ci sous un déguisement s’entretint à plusieurs reprises avec Jeanne, mais ignore ce qu’il lui disait. Il lui confia seulement qu’il se présenterait à Jeanne et lui ferait savoir qu’il était prêtre. Croit aussi qu’il entendit Jeanne en confession.

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