Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Départ de Vaucouleurs

Jean Colin

Il vit Jeanne à Vaucouleurs, quand elle voulut aller en France, et la vit monter sur un cheval quand elle se mit en route ; il y avait avec elle Bertrand de Poulengy, Jean de Metz, Colet de Vienne, écuyers et sergents de Robert de Baudricourt.

Jean de Metz

Il lui demanda ensuite quand elle voulait partir ? Plutôt aujourd’hui que demain, et demain qu’après. Avec ses vêtements ? elle répondit préférer des vêtements d’homme ; il lui remit l’habit d’un de ses serviteurs, puis les habitants de la ville de Vaucouleurs lui firent faire un costume d’homme et des chausses, des guêtres et tout le nécessaire, et lui donnèrent un cheval valant environ seize francs.

Le témoin et Bertrand de Poulengy la conduisirent au roi à Chinon, à leur frais, avec deux serviteurs, Colet de Vienne, messager royal, et un certain Richard l’Archier.

Durand Laxart(l’oncle de Jeanne)

À son retour, les habitants de Vaucouleurs lui achetèrent des vêtements d’homme, et un équipement. Le témoin et Jacques Alain, de Vaucouleurs, lui achetèrent un cheval, douze francs, que lui remboursa Baudricourt.

Catherine

Lorsque Jeanne voulut se rendre auprès du dauphin, elle séjourna plusieurs fois chez elle par intervalles durant trois semaines, et fit dire à Robert de Baudricourt de la faire conduire, ce que le sire Robert refusa.

Voyant qu’on ne la conduisait pas au dauphin, Jeannette était pleine d’impatience, et le temps lui pesait comme à une femme enceinte.

Après cela le témoin et beaucoup d’autres crurent à ses paroles. Un certain Jacques Alain et Durand Laxart voulurent la conduire ; ils l’emmenèrent jusqu’à Saint-Nicolas mais retournèrent à Vaucouleurs, car Jeanne disait qu’il n’était pas honnête de partir ainsi.

À leur retour des habitants de Vaucouleurs l’équipèrent (vêtements, éperons, épée, …) et lui achetèrent un cheval.

Le témoin assista au départ de Jeanne vers le dauphin, conduite par Jean de Metz, Bertrand de Poulengy, Colet de Vienne avec trois autres, à cheval.

Henri Le Royer

Lors de son départ, on l’avertit des gens de guerre présents tout autour ; elle répondit qu’elle ne les craignait pas car sa voie était dégagée ; que s’il s’en trouvait sur le chemin, Dieu lui ouvrirait la route jusqu’au dauphin ; et qu’elle était née pour accomplir cela.

Bertrand de Poulengy

Vers le début du carême, Jeanne revint à Vaucouleurs afin d’être menée vers le dauphin. Lui-même et Jean de Metz se proposèrent ensemble de l’y conduire.

Elle put quitter ses vêtements féminins, de couleur rouge pour des vêtements d’homme et un équipement que lui-même, Jean de Metz et d’autres gens de Vaucouleurs lui firent préparer (éperons, guêtre, épées, … et un cheval).

Ils se mirent en route, avec Julien, serviteur dudit témoin, Jean de Honnecourt, serviteur de Jean de Metz, Colet de Vienne et Richard l’Archier. Le premier jour, craignant les bandes de Bourguignons et d’Anglais, alors tout-puissants, ils marchèrent la nuit.

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