Textes : Recensions d’ouvrages
Recensions d’ouvrages
Courrier de Saône-et-Loire 8 janvier 1929
Annonce de la Chevauchée de Jeanne d’Arc dans les Études.
Lien : Retronews
Dans les Études, le P. Doncœur donne, pour le 5e centenaire de Jeanne d’Arc, La chevauchée de Jeanne d’Arc
.
L’Ouest-Éclair 12 janvier 1929
Annonce de la Chevauchée de Jeanne d’Arc dans les Études.
Lien : Retronews
Études. Revue catholique d’intérêt général, paraissant le 5 et le 20 de chaque mois. Numéro du 5 janvier 1929 : I. La chevauchée de Jeanne d’Arc (1429) Paul Doncœur ; II., etc.
La Croix 10 février 1929
Compte-rendu élogieux de la Chevauchée de Jeanne d’Arc, par Charles Baussan.
Lien : Retronews
Il signera également celui du Mystère de la Passion, en avril 1931, La Croix, 12 avril 1931.
La Chevauchée de Jeanne d’Arc
par le P. Doncœur
Une jeune fille de dix-sept ans qui traverse la France à cheval, qui commande aux soldats, commande aux chefs, commande à la victoire : la belle vision d’histoire et de poésie, et combien nécessaire, combien différente de tout ce que nous voyons aujourd’hui, combien rajeunissante ! Aussi, en cette année 1929, des milliers et des milliers de cœurs français regardent cinq cents ans en arrière, pour s’en réconforter, et nos sculpteurs ont décidé de marquer par des bornes de granit — où sera l’image de Jeanne d’Arc avec la date de son passage — les étapes de cette route merveilleuse.
Plus prompt qu’eux, le P. Doncœur a déjà sculpté en belle pierre de France et planté ces bornes d’art, d’histoire et d’enthousiasme dans un livre à la fois charmant et plein de pensée : la Chevauchée de Jeanne d’Arc (franco, 13,20 fr.).
Un livre qui court. Un carnet de route, un journal de voyage. Avant le départ, pourtant le P. Doncœur jette un large regard sur la grande pitié de France, que saint Michel montrait à Jeanne, depuis qu’elle avait treize ans : le roi d’Angleterre sacré roi de France, le pays dévasté, le peuple affamé ; il dit la révolte du sentiment national et combien était familière, dès le XVe siècle et dès le XIVe, l’idée de patrie et d’une patrie française :
La patrie est une chose nettement perçue et tendrement aimée. Nommez-la comme vous voudrez, pays ou patrie, les bonnes gens ne sont pas si empruntés, ils disent bien et clairement son vrai nom, son nom propre, et c’est la France.
C’est pour la France que Jeanne part, comme les voix du ciel le lui ont ordonné, de par le Roi du ciel
: Va, fille de Dieu, va, va…
Va !
Voilà le cri de la chevauchée. Voilà le mot de ce livre. Jeanne a, durant plusieurs années, lutté contre les appels de saint Michel, de sainte Catherine, de sainte Marguerite ; mais en ce jour des Rois de l’an 1429, elle ne peut plus demeurer à Domrémy : il faut partir. Elle s’en va à Burey, chez l’oncle Durand Lassois. — C’est la première étape qui commence, de Domrémy à Chinon. La seconde sera la marche sur Orléans ; la troisième conduira le roi à Reims ; la quatrième, par plusieurs détours, mènera Jeanne vers l’autre sacre
.
Burey, Vaucouleurs, Nancy, Saint-Nicolas-de-Varangeville, Vaucouleurs encore, et enfin le départ pour Chinon, la forêt de Clairvaux, Auxerre, Montargis, Gien,
la Loire, la France ou ce qu’il en reste. À dix lieues, c’est Orléans, un nom qui sonnait comme hier Verdun.
Bientôt, après Sainte-Catherine-de-Fierbois, ce sera Chinon ; Jeanne ira droit au gentil Dauphin et lui dira son secret. À Chinon, puis à Poitiers, elle sera surveillée, interrogée par les docteurs. Elle écrira aux Anglais sa lettre du 22 mars, sa sommation de quitter la terre de France, la plus belle page écrite en français
, dit le P. Doncœur. Mais les défaitistes l’arrêteront encore. Enfin, malgré eux, le 23 avril, Jeanne part de Tours ; le 28, elle fait entrer dans Orléans un convoi de vivres et elle y entre elle-même. Le 8 mai, elle prend la bastille des Tournelles et les Anglais lèvent le siège.
D’Orléans à Reims, ce qui allonge la route de Jeanne, ce n’est pas tant l’ennemi, la bataille de Patay ou la résistance de Troyes, que la prétendue prudence des conseillers qui ont toujours peur, qui parlent toujours de regagner la Loire.
Après Reims, les politiciens reprennent la même antienne. Jeanne est sans cesse contrecarrée et quelquefois trahie. Mais ne va-t-elle pas désormais vers l’autre sacre
, son sacre à elle ?
Dieu l’aime trop pour la laisser vieillir à la cour, ou dans la maison qu’elle a louée à Orléans, rue des Petits-Souliers ; il l’aime trop pour la laisser même retourner à Domrémy ou la laisser mourir au milieu du bon peuple de Crépy-en-Valois, et lui permettre de se reposer en un petit cimetière d’Île-de-France, au pied d’un clocher paysan. Il veut qu’elle ait à la main, à la place de son étendard, une palme, comme sainte Catherine, comme sainte Marguerite.
La chevauchée de Jeanne d’Arc jalonne dix provinces françaises. La P. Doncœur l’accompagne, comme Bertrand de Poulengy, botte à botte. Il ne dit rien, dans ce carnet de route, qu’il n’ait trouvé dans les documents historiques, dans les procès de Jeanne d’Arc et dans les chroniques du temps : il parle avec Quicherat, avec Alain Chartier, avec Georges Châtelain, avec la Complainte sur la bataille de Poitiers, avec Robert Blondel, etc. ; il a lu et il nous fait lire la lettre de Guy de Laval et le portrait dessiné par Perceval de Boulainvilliers ; mais il est là, lui-même, près de Jeanne ; sur cette vérité strictement, historique, il jette la couleur et la vie d’une imagination créatrice, mais véridique aussi, une imagination qui n’invente pas, mais qui se transporta dans le temps et dans le paysage, dans la réalité concrète des choses, des gens et des âmes.
Nous voyons ainsi la maison de Jeanne, son père, sa mère et, ses frères autour du feu ; nous entendons, le jour des Rois, les jeunes garçons de Domrémy qui passent en chantant : Trimousset ! et nous regardons Jeanne leur donner des œufs… C’est la dernière fois
, se dit-elle.
Nous la suivons des yeux, qui fait son petit paquet de linge, avant de s’en aller avec l’oncle Durand… Pour quinze jours, croit-on chez elle.
Et c’est pour toujours cependant. Quand il y a quelqu’un, Jeannette chante… Comme c’est deux fois plus dur de partir sans rien dire ! De dire :
Au revoir !en riant, en n’ayant l’air de rien, quand le cœur se déchire pour toujours !… Et, la robe rouge, la robe usée, s’en va sous la pluie.
Partout les détails familiers, les vrais, un grain de sentiment comme tout à l’heure, souvent un éclair de gaieté dans les yeux et dans la voix, colorent ainsi et animent, sans y rien changer, l’histoire. Quand, après avoir prié une dernière fois devant la Vierge de Notre-Dame des Voûtes, Jeanne sort de Vaucouleurs avec son escorte, Jean de Metz, Bertrand de Poulengy et les autres, nous la regardons partir dans son équipage de soldat : un pourpoint noir, une épée, un chaperon noir, une robe courte aux genoux, de gros gris noir, des chausses avec des houseaux, des souliers lacés, des éperons, et noua entendons, tout comme les bonnes gens de Vaucouleurs qui sont là, les vieux qui se souviennent des prophéties,
le martèlement sec des fers des chevaux sous la voûte de la Porte de France — la bien nommée, — et puis sourd sur le bois du pont abaissé.
Tout le livre vibre ainsi de ces notations vivantes. Jeanne y marche et nous marchons avec elle : nous apercevons les paysages qu’elle traverse : bois de Clairvaux ou prés verts de Touraine ; nous apercevons aussi les gens qu’elle rencontre et dont des bois du XVe siècle, heureusement choisis et heureusement semés dans le texte, nous donnent les portraits : gens de métiers ou gens de guerre, voiturier, berger, batelier, oiseleur, soldats à l’assaut d’une bastille, etc.
Les mots de Jeanne racontent trop bien son âme, pour que le P. Doncœur n’ait pas tenu a en enchâsser quelques-uns dans son récit. Celui-ci, par exemple, qui dit son bel entêtement à obéir :
Il faut que j’aille vers le gentil Dauphin. C’est la volonté de messire le Roi du ciel. Dussé-je y aller sur les genoux, j’irai.
Et celui-ci, qui proclame l’assistance qu’elle recevait de ses voix :
Ne craignez pas. Ce que je fais, je le fais par commandement, car mes frères du paradis me disent ce que j’ai à faire.
Et cet autre, tout éclairé de son bon sens :
La paix, nous ne l’aurons qu’au bout de la lance.
Et ce dernier enfin, car on voudrait les dire tous, ce dernier, un peu mélancolique, où elle se retrouve paysanne de Domrémy :
Que je voudrais qu’il plût à Dieu, mon Créateur, que je m’en retournasse maintenant, quittant les armes, et que je revinsse servir mes père et mère et garder leurs brebis et bétail, avec ma sœur et mes frères, qui seraient grandement joyeux de me revoir, et faire ce que je voulais faire.
Vivant et vrai, le livre du P. Doncœur est, par-dessus tout, une chevauchée ; c’est un livre qui galope bellement, un livre qui chante, dans l’âme de Jeanne d’Arc, les qualités d’action, de marche en avant, de hardiesse, qui chante la vertu de jeunesse.
Jeanne d’Arc avait dix-sept ans ! Y pense-t-on assez ? Elle aimait les chevaux, les bons chevaux, et il n’y en avait point de si difficiles dont elle ne vint à bout ; elle aimait le plein air, elle aimait à aller de l’avant. Elle avait dix-sept ans, et le P. Doncœur a dédié son livre aux fils de France qui ont dix-sept ans en 1929.
Jeanne d’Arc, — leur dit-il, — veut se reconnaître dans le geste de ses frères et sœurs de dix-sept ans. Donc, 1929 doit être une année de joie toute juvénile. C’est en chantant que les cadets de Jeanne doivent l’acclamer en la suivant de Domrémy à Chinon, de Chinon à Orléans, d’Orléans à Reims, de Reims à Paris.
Va, va !
Jeanne va où les voix du ciel lui ont commandé d’aller. Elle ne va pas seulement, elle court. Elle a cet élan qu’elle avait le jour où à Domrémy elle luttait de vitesse avec ses compagnes pour gagner un chapel de fleurs. Jeannette, Jeannette, lui cria Hauviette ou Mengette, tu ne touches plus la terre, tu t’envoles !
Ne pas toucher trop la terre, aller de l’avant, obéir, mais obéir hardiment et sans se laisser arrêter par les petits conseils des gens trop sages, être jeune, voilà la leçon donnée par Jeanne d’Arc et ses dix-sept ans, voilà la leçon donnée par le P. Doncœur, dans ce délicieux et profond journal de marche. Il faut marcher.
Ce livre est un livre jeune, un livre qui sème de la jeunesse, et la jeunesse n’est-elle pas une des choses qui nous manquent le plus ?
Charles Baussan.
L’Ami du peuple 23 février 1929
Extrait de la Chevauchée de Jeanne d’Arc.
Lien : Retronews
La chevauchée de Jeanne d’Arc : le départ de Vaucouleurs
En marge des éphémérides de Jeanne d’Arc, nous sommes heureux de pouvoir donner, au jour anniversaire du départ de l’héroïne de Vaucouleurs — 23 février — l’extrait suivant du IVe carnet de route du Père Doncœur paru sous le titre général : La Chevauchée de Jeanne d’Arc :
Le mercredi 23, veille de Saint Mathias, apôtre, très tôt la messe, la confession. La communion, dernière prière à la Vierge des Voûtes. […]
Études 5 mars
Compte-rendu de la Chevauchée de Jeanne d’Arc, par Henri du Passage.
Source : Études (pères jésuites), janvier-février-mars 1929, 66e année, tome 198, p. 627.
Lien : Gallica
Paul Doncœur, — La Chevauchée de Jeanne d’Arc. Paris, Librairie de l’Art catholique, 1929. In-16, 25 : pages, avec bois. Prix : 12 fr.
Pour célébrer le cinquième centenaire de la campagne menée par Jeanne d’Arc, le P. Doncœur a écrit, nos lecteurs le savent, un carnet de route où se trouvent relatées les étapes héroïques de 1429. L’histoire est mise en tenue de marche et de bataille, très serrée en son exactitude, très vive en son mouvement. Les phrases se suivent, courtes, incisives, en un équipement militaire. Et Jeanne apparaît, non plus dans le recul poussiéreux du document lointain, mais en pleine vie, en belle action. Ses mots cinglent les discoureurs, sa décision bouscule les hésitants, sa vaillance entraîne les timides, sa bonté et sa vertu s’imposent aux médiocres et aux traîtres. Bref, suivant le mot de M. Hanotaux, elle releva le pays du péché de veulerie
.
Le P. Doncœur propose cet exemple de charme et de courage surtout aux jeunes ; en d’autres campagnes que celles de Jeanne la Sainte, mais avec une ardeur apparentée à la sienne, ils pourchasseront ce même péché mortel à la patrie.
Henri du Passage.
La Revue française 21 avril 1929
Antoine Redier, directeur de la Revue, recommande chaleureusement la lecture de la Chevauchée de Jeanne d’Arc.
Lien : Retronews
La chevauchée de Jeanne
Quelques-uns de nos camarades de guerre ont trouvé qu’en voulant honorer la mémoire de Jeanne d’Arc les 12 et 13 avril, au Grand Palais, on l’avait trahie. Il leur a déplu qu’on cherchât à reconstituer une fête du XVe siècle ; et ces costumes, cette cavalcade, ce mouvement, ces musiques, il leur a semblé que tout cela était une mascarade, indigne d’une aussi sainte mémoire.
[…]
La vérité est que nous sommes des hommes et des femmes, c’est-à-dire quelque chose d’extraordinairement frivole et que le problème, pendant ces mois du cinquième centenaire, le problème difficile à résoudre, mais qu’on résoudra, c’est de nous forcer à penser à Jeanne, c’est d’imposer, par tous les moyens honnêtes, son souvenir à notre piété.
Chacun s’en est mêlé, mais surtout ce Comité que préside Mme la générale Weygand et qu’on ne saurait trop louer d’avoir voulu et su, pour une grande cause, secouer notre torpeur.
Mes confrères les écrivains, eux aussi, ont fait de leur mieux. Nous avons parlé ici, plusieurs fois, d’un beau livre, que tous nos lecteurs doivent lire et ranger à une place de choix dans leur bibliothèque, la Sainte Jeanne d’Arc, de Marie Gasquet, dans cette collection des Grands Cœurs, la même où vient de paraître le Turenne, du général Weygand. Et je recommande à tous de se procurer aussi la Chevauchée de Jeanne d’Arc, du Père Doncœur.
Ce petit livre-là, c’est à son chevet qu il faut le placer, pour suivre, jour après jour, l’itinéraire de la glorieuse fille. Le livre se ferme à la date du 31 décembre 1429, en la saint Sylvestre.
Jeanne y apparaît dans sa vraie figure, à la fois sainte et humaine. Le Père Doncœur ne craint pas de nous montrer quelle elle aimait, la charmante fille, les jolies toilettes.
Le jeudi, 9 juin, — nous dit-il, — la colonne fait sa jonction avec la colonne égale de Dunois pour entrer à Orléans. On imagine la réception. Mais on veut la garder. Au prix de 13 écus d or on lui fait faire une robe et une huque de deux aunes de fine Bruxelles vermeille, une aune de vert perdu pour la huque, avec doublure de satin blanc et de sandal. Jeanne est ravie !
Et le 21 mars, son bonheur avait été le beau cheval que lui avait envoyé le duc d’Alençon
. Elle ne veut, ajoute le Père Doncœur, ni des chevaux de dames, ni des chevaux d’évêques.
Écrit par ce religieux qui, ayant bravement fait sa guerre, a dit tout haut, la paix faite, qu’on ne le mettrait plus, ni ses frères, à la porte de la France ; par ce confident de l’illustre maréchal Foch, par cet entraîneur qui, chaque année, conduit une élite de jeunes garçons sur les belles routes de France et les initie à la grande vie saine sous le soleil du bon Dieu, par cet écrivain vigoureux, âpre, ami des sommets, au style sobre, tendu, ardent, vous sentez bien que cette Chevauchée de Jeanne doit être un noble et précieux petit livre. J’ai voulu, par un ou deux exemples, vous montrer qu’il était, par surcroît, plein d’humanité et qu’il augmenterait, non seulement votre piété, mais votre tendresse pour la vierge de Donremy.
Antoine Redier
Études avril-mai-juin 1929
Publicité pour la Chevauchée, combinée à une collection de cartes postales.
Source : Études (pères jésuites), avril-mai-juin 1929, 66e année, tome 199.
Lien : Gallica
À l’occasion du Cinquième Centenaire de Jeanne d’Arc :
Magnifique collection de cartes postales en héliogravure, comprenant 90 sujets choisis avec soin et reproduisant : 1° Quelques œuvres statues ou tableaux, classés parmi les œuvres d’art, représentant Jeanne d’Arc, Charles VII, Marie d’Anjou, Philippe le Bon, etc. ; 2° quelques sujets historiques : Prise d’Orléans, Sacre du Roi à Reims, etc. 3° une série de monuments historiques de l’époque de Jeanne d’Arc : châteaux, donjons, cathédrales, cloîtres, portes fortifiées, vieilles demeures, remparts, auxquels reste attaché le souvenir de Jeanne d’Arc dans les villes et pays où elle vécut ou qu’elle traversa (Domremy, Vaucouleurs, Chinon, etc.)
La série complète de 90 cartes : 20 fr. ; Franco recommandé France. : 21 fr. 50 ; Étranger 24 fr. Cette Collection, que toutes les familles françaises voudront posséder, ainsi que tous ceux que passionne la merveilleuse histoire de notre héroïne nationale, constitue une remarquable illustration du volume :
La Chevauchée de Jeanne d’Arc par le R. P. Paul Doncœur
Un beau volume in-16, 264 pages, 8 cartes : 12 fr.
Volume et collection : Franco recommandé France : 34 fr. ; Étranger : 37,50 fr.
Aux Éditions Dillen et Cie (provisoirement) 5, place du Président-Mithouard, 5, R. C. Seine 32.450 ; Paris (7e) ; C. Ch. Post. Paris 544-95.
La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz 1er juillet 1929
Compte-rendu positif de la Chevauchée de Jeanne d’Arc, par Jacques des Gachons.
Un petit livre, un grand petit livre que toutes les jeunes filles de France et tous les jeunes garçons doivent posséder.
Lien : Retronews
Note. — Gachons fera également le C.-R. de la Passion, dans le mensuel Femina, juin 1931.
Ce qu’il faut avoir lu Par Jacques des Gachons
1° Histoire : La Chevauchée de Jeanne d’Arc (1429), par le Père Doncœur. — Son œuvre, s’écria un jour Gabriel Hanotaux, c’est qu’elle releva le monde du péché de veulerie.
Et d’abord son roi, son aîné de dix ans. Elle, à dix-sept ans ! Antoine de Chabannes a dix-huit ans ; Louis de Coutes, quinze ans ; Guy de Laval, qui sera fait comte de Reims, a vingt ans ; son frère André, dix-huit ans ; le duc René, vingt ans ; le duc d’Alençon, vingt-trois ans ; Rais, vingt-quatre ans ; Dunois, vingt-six ans… Aussi le Père Doncœur, grand entraîneur d’hommes, dédie son livre aux fils de France qui comptent dix-sept ans en 1929
. Ce n’est pas tant la veulerie qui règne parmi eux que l’inertie et les calculs des cœurs vieillis
. Contemplez l’abnégation de Jeanne et ce débordement de vie qui fait reculer la mort !
Elle se déferre elle-même de la flèche qui lui traverse l’épaule d’un demi-pied et fait mettre de l’huile d’olive sur la plaie avec un coton pour étancher le sang et du lard. [Suit l’assaut des Tourelles, p. 130-132, avec l’intervention du Basque qui tenait son étendard.] Au même instant, le pont s’effondre, miné par un brûlot, et les Anglais disparaissent dans la Loire.
Tel est le ton du récit, au jour le jour. On vit vraiment avec Jeanne, avec ses troupes. Un vrai carnet de route. Mais quelle route ! et devant nous, quelle chevetaine
! Une jolie édition, avec de vieilles gravures émouvantes, des cartes. Un petit livre, un grand petit livre que toutes les jeunes filles de France et tous les jeunes garçons doivent posséder.
Le Jardin des lettres 1er janvier 1931
Vient de paraître : Le Mystère de la passion de Jeanne d’Arc.
Lien : Retronews
Doncœur (P.). — Le Mystère de la passion de Jeanne d’Arc : 22 fr.
Même annonce dans le n° du 1er mai.
Lien : Retronews
Études 5 avril 1431
Compte-rendu du Mystère de la Passion, par Henri du Passage.
Source : Études (pères jésuites), avril-mai-juin 1931, 68e année, tome 207, p. 114.
Lien : Gallica
Paul Doncœur. — Le Mystère de la Passion de Jeanne d’Arc (1430-1431). Paris, Art catholique, 1931. In-16.
Après la Chevauchée
de Jeanne d’Arc que le P. Doncœur avait suivie jour par jour, voici les heures sombres de la prison et de la mort. Elles nous sont rappelées dans l’ordre chronologique et quotidien, en phrases brèves, jalons du drame dont elles signalent les péripéties sans les détailler. Car il ne s’agit pas de refaire l’histoire et d’ouvrir à nouveau les documents compacts. Mais il faut présenter, en une allure vive, et les décors et les acteurs. Ces notations réalisent le programme un peu à la manière du cinéma, dont elles ont la vivacité et la force expressive.
Cette Passion, en face de la victime singulièrement touchante, nous montre une longue galerie de bourreaux. Le P. Doncœur, à son tour, leur est impitoyable et ne leur accorde pas d’excuses. Ses sentences tombent sur le dos des mauvais juges à la façon des verges.
Mais finalement, ce drame comporte une haute leçon que l’auteur dégage pour les Cadets
auxquels il dédie encore ce huitième carnet de route
: d’une route qui est une voie douloureuse vers les sommets. D’autres que ces jeunes liront avec profit les pages vigoureuses que l’Art catholique, par le soin de l’impression, par la qualité des gravures, à mises en un cadre digne de l’héroïne et de la sainte.
Henri du Passage.
La Croix 12 avril 1931
Long compte-rendu du Mystère de la passion de Jeanne d’Arc, par Charles Baussan.
Lien : Retronews
Il avait signé celui de la Chevauchée : La Croix, 10 février 1929.
Le Mystère de la Passion de Jeanne d’Arc
Aux souvenirs qu’avait ramenés à nos cœurs de Français, autour de l’image désormais toujours présente de Jeanne d’Arc, le cinquième centenaire de la délivrance d’Orléans et du sacre de Reims, ont succédé, l’an passé, et se succèdent, en cette année 1931, d’autres souvenirs avec d’autres centenaires. Parce que les nouveaux souvenirs, ceux de Compiègne et ceux de Rouen, sont douloureux, nous n’en avons pas moins le devoir de les vivre et d’en avoir la piété. Ils sont liés, d’ailleurs, aux autres : la prison et le bûcher continuent l’épopée guerrière, comme l’épopée guerrière continuait l’enfance paysanne, et c’est de tout cela qu’est fait le visage de sainte Jeanne d’Arc.
Le voici. — Comme il a raconté la Chevauchée de Jeanne d’Arc en écrivant son carnet de route de 1429, un journal de batailles et de victoires, le P. Doncœur écrit aujourd’hui le journal de la prisonnière. Il avait, depuis Vaucouleurs, planté, sur les pas de la guerrière, une guirlande de stèles à travers la France : ce sont des croix qu’il plante maintenant en suivant la prisonnière de Compiègne au château du Bouvreuil, de la Grand-salle du Parement au cimetière de Saint-Ouen et à la place du Vieux-Marché. Péguy a dit : le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc ; le P. Doncœur dit : le Mystère de la Passion de Jeanne d’Arc (prix : 22 francs).
Mystère ? Oui et doublement. D’abord de combien de mystère n’est pas enveloppée cette fin de la vie de Jeanne d’Arc ? Mystère, l’abandon du roi Charles VII. Mystère, l’abandon des compagnons d’armes de Jeanne d’Arc. Mystère dans l’âme de ses juges. Mystère dans son âme, à elle. Et par-dessus tout, mystère des conduites de Dieu.
Ensuite, c’est bien un mystère
, et des plus émouvants, qu’a écrit le P. Doncœur. Il e donné à l’histoire l’action, le relief du drame. Ce livre est un journal, un calendrier établi sur les documents les plus certains, les pièces juridiques, le procès de condamnation et le procès de réhabilitation, les chroniques contemporaines, et nous avons cette incroyable surprise de voir dans leurs gestes, d’entendre dans leurs paroles, les personnages, Jeanne la première. C’est de la vie.
De la vie sombre et trouble, en cet hiver et ce Carême de 1430. Reims menacé, Compiègne menacé ; à Paris, la famine, les pillages, les pendaisons, un soulèvement qui se trame en faveur du roi Charles VII, mais qui échoue.
Au printemps, Jeanne d’Arc reprend la campagne. Mais les Saintes ne la conseillent plus sur les faits de guerre. Elles lui disent : Avant votre fête, Jeanne, vous serez prisonnière… Qu’elle na s’esbahisse ! Qu’elle prenne tout en gré. Dieu lui aidera.
Et, le 23 mai, le soir du combat de Margny, alors qu’elle est entourée de Bourguignons, la herse du pont de Compiègne tombe derrière elle. La voila captive !
L’exode à Beaulieu, la tentative d’évasion, le départ pour le château de Beaurevoir, en Cambrésis, et là, les visages compatissants des dames de Luxembourg : le P. Doncœur, de la plus saisissante manière, dit ces événements, dit ces scènes, comme il dit les pensées de Jeanne, au jour de la Fête-Dieu, quand elle écoute le son lointain des cloches de France : Cloches de Loire, cloches de Champagne, cloches de Domrémy ! Et ces cloches de Compiègne, les dernières entendues, qui sonnaient désespérément le tocsin, pendant le combat de Margny !
Les Saintes parlent instamment du ciel. Le 23 juin, dans la soirée, les feux de la Saint-Jean, autour desquels on danse, s’allument sur les collines. Flammes de bûcher, dont Jeanne ne peut distraire son regard.
Les Anglais réclament Jeanne ; l’Université de Paris la réclame aussi, pour la juger comme hérétique et sorcière. Et Jeanne est vendue. Jeanne est livrée. Tristes étapes encore, à cheval ou en barque : Arras, Saint-Valéry, la tour de la Fosse-aux-Lions du château d’Eu, enfin, le château du Bouvreuil, à Rouen. — Tu t’en viendras enfin au royaume du Paradis
, disent les Saintes à la prisonnière qui s’en va ainsi de cachot en cachot.
Le fidèle témoin qu’est le P. Doncœur suit maintenant Jeanne, du château du Bouvreuil à la salle du Parement ; il dit les noms des juges, il assiste à toutes les phases, à toutes les séances du procès ; il entend toutes les questions de Cauchon, Beaufrère [Beaupère !], La Fontaine ; il entend toutes les réponses de Jeanne ; il voit tout ce qui se passe à la prison et l’atmosphère même de cette prison ; il est au cimetière de Saint-Ouen et il sera, le 30 mai, sur la place du Vieux-Marché et il entendra venir du haut du bûcher, du milieu de la fumée, ces mots : Mes voix étaient bien de par Dieu
, et ces deux syllabes : Jésus !
Toute la vie de Jeanne d’Are, depuis le 1er janvier 1430 jusqu’à la fin, est présente, en ce livre, presque jour par jour. Établie sur les documents, cette histoire vit ; tous les faits y sont colorés par une imagination qui n’invente pas, mais qui voit les visages, le cadre, le temps et jusqu’aux paysages, qui, à côté des grands faits, aperçoit les petits, complément et explication des grands, qui, à côté des hommes d’armes aperçoit le menu peuple, — celui qui se souvient que, cette année-là, les roses étaient fleuries le jour des Rameaux.
Le P. Doncœur n’est pas seulement un historien, c’est un artiste. C’est aussi un psychologue. Il s’applique à lire dans les âmes des personnages, dans les âmes des juges de Jeanne d’Arc, et surtout dans l’âme de cette Sainte, et il y arrive. Il se sert souvent du calendrier comme d’une clé pour ouvrir cette cassette qu’est l’âme de Jeanne d’Arc. Les fêtes lui disent les souvenirs et les pensées qu’elle avait alors. Le dimanche de Lætare ne lui rappelait-il pas les promenades, avec Hauviette et Mengette, au Bois-Chenu et aux fontaines ? Et de quoi lui parlaient les fêtes de sainte Catherine et de sainte Marguerite, si ce n’est de la soumission due à la volonté de Dieu ?
Livre plein de profondeur et livre plein de vie et qui est bien un mystère
, un drame peuplé de personnages et travaillé de mouvement. La Sainte y demeure toujours la première, la plus en vue, mais des foules l’entourent et la regardent, toute la France de ce temps-là, avec le décor de ce même temps, que donnent à chaque page, un détail de mœurs, un trait, le décor que donnent aussi les gravures : L’Art catholique les a empruntées, avec son goût habituel, à d’anciens bois, et c’est bien le sentiment du temps de Jeanne d’Arc qui s’y retrouve partout depuis cette Annonciation et cette Visitation, jusqu’à ces combats d’hommes d’armes, ces silhouettes de tours et de remparts, ces assemblées de docteurs, jusqu’à ces vendangeurs dans leur vigne.
Livre plein de lumière et riche de leçons pour tous et que le P. Doncœur a bien raison d’offrir aux fils et aux filles de France qui auront vingt ans en 1931, pour qu’ils se souviennent que le salut de la France est venu d’un cœur de vingt ans, résolu à tout souffrir pour accomplir la tâche que Dieu lui avait assignée
.
Charles Baussan.
La Mode illustrée 10 mai 1931
Longue recension du Mystère de la passion de Jeanne d’Arc, par Jeanne-E. Durand, extraite de la Vie Catholique.
Lien : Retronews
Jeanne d’Arc
Jamais peut-être nous n’avons été aussi près de Jeanne d’Arc qu’en ces jours où nous touchons au terme de sa Passion.
Au terme… ou presque. Peu de jours nous séparent, en effet, de ce matin du 30 mai où, sur les sept heures — un soleil innocent, les parfums de la nuit fraîche
— Jean Massieu est allé trouver, dans sa prison, Jeanne qui n’a peut-être pas fermé les yeux pendant sa dernière nuit terrestre.
Mars 1431. Un silence, un recueillement de Semaine Sainte.
Précisément, la Passion de Jeanne ne ressemble-t-elle pas, toutes proportions gardées, à cette autre Passion que l’Église commémore depuis deux mille ans et sans laquelle le monde ne serait pas ce qu’il est ?
Péguy, qui l’aima, a dit de Jeanne qu’elle fut :
La sainte la plus sainte après sainte Marie.
Or, c’est sous le signe de Péguy que le Père Doncœur a placé son Mystère de la Passion de Jeanne d’Arc, la suite impatiemment attendue de la Chevauchée.
Il s’agit là encore d’un carnet de route, avec des notations au jour le jour, et tel que Jeanne, si elle eût été portée vers ces choses, eût pu le rédiger. Couleur du jour, états d’âme, pensées et action, actions surtout et ses paroles qui nous ont été conservées.
Le livre qui enclot deux années est double, mais il faudrait faire effort pour se déprendre du récit en chemin. Disons tout de suite un mot des images : de vieux bois anciens, à regarder un par un et dont le délicieux archaïsme est si proche encore de notre sensibilité.
Le premier livre nous avait laissé à la fin de l’année 1429, dans la détresse qui avait suivi l’échec de la Charité. Celui-ci commence avec l’année 1430 qui sera l’année de Compiègne.
Jeanne est alors au château de Sully, qui est à La Trémoille, où l’on cherche vainement à l’étourdir dans le tourbillon des fêtes. Mais elle n’a pas un instant renoncé à l’action. Dans la région d’Orléans, aux châteaux des bords de la Loire, elle va trouver ses compagnons d’armes. Sont-ils toujours prêts à la suivre ? Au premier signe d’elle, ils se trouveront à Lagny, sur le front de bataille, au début d’avril.
Cette année avait foison de roses blanches au jour de Pâques fleuries… tant était l’année hâtive.
Pâques fleuries ! Quelle allégresse ! Hélas ! c’est la guerre. Bourguignons et Anglais la feront sans merci.
Et il y aura bientôt, à l’insu de tous, une autre guerre à mener pour Jeanne. Le 20 avril, en effet, dans les fossés de Melun, ses voix — ses voix qui l’ont toujours bien gardée ! — lui annoncent qu’elle sera prise avant sa fête, à la Saint-Jean d’été.
Oublierons-nous jamais son cri à elle, où la terreur enfantine le cède si vite à la soumission : Qu’au moins je ne languisse pas en prison !
Courage de Jeanne, si humain et si surnaturel, qui nous venge de nos mesquineries, de nos lâchetés, de nos calculs…
Mai 1430 ! Tous les mois de mai marqueront dans la vie de Jeanne. Le lundi 22, après six heures du soir, Jeanne est prise devant Compiègne qu’elle était allée sauver.
Alors les prisons commencent : Margny, Beaulieu, Ham, Beaurevoir (une halte bien douce avec l’amitié des trois dames de Luxembourg), Arras, Le Crotoy, Eu et Rouen, la dernière étape douloureuse.
L’histoire qui s’est arrêtée sur les gloires de Jeanne s’étend peu sur le temps où, enlevée brusquement à l’action, elle a connu le repos forcé, l’abandon, la solitude et les durs chemins de la sainteté.
— Aie tout en gré, ont dit les voix.
Longues et pénibles journées de Jeanne en prison ! Que s’est-il passé dans ce cœur de fille de 19 ans, pendant les douze mois de captivité et de torture ? Ce que nous en savons est si précaire et si trouble, sur les affirmations hostiles et perfides de ses juges.
Les saisons, l’une après l’autre, ont changé la couleur du ciel au-dessus de ses cachots, le cycle admirable de la liturgie a ramené aux mêmes fêtes les mêmes prières que Jeanne a dites en son cœur ; écartée des sacrements, elle a compté chaque jour les angélus des clochers… Et l’angoisse de la mort annoncée, consentie, la tourmente.
— Ne te caille pas de ton martyre. Tu t’en viendras enfin au Royaume du Paradis.
Histoire mille fois contée, mille fois relue, les scènes du procès de Rouen nous trouvent toujours avec la même émotion intacte.
Du long mémoire, débroussaillé par Quicherat, et qu’on lira avec un poignant intérêt, le Père Doncœur a détaché les répliques les plus significatives. Par la vertu d’une phrase sobre, dépouillée, il a créé autour de son récit juste l’atmosphère qu’il fallait.
Ainsi, entre les meilleurs livres, son livre vaudra spécialement par ceci qu’il nous restitue Jeanne au naturel, dans sa simplicité et sa vérité. Pas de littérature. Pas de commentaires ni d’impressions personnelles. L’auteur ici disparaît. On ne voit que Jeanne.
Sa fragilité et sa force, son adresse et sa simplicité, sa gravité, ses gamineries même, sa vaillance surtout, telle elle fut, telle nous la reconnaissons.
Imaginons que nous sommes là, assistant en secret aux interrogatoires. Nous marquons les coups. Bravo, Jeanne ! Bien dit ! Ce n’est pas à elle qu’il faut souffler ce qu’il y a lieu de répondre. Quand Frère Ysambert, charitablement, s’en avise, Cauchon le reprend avec aigreur.
Une question plus insidieuse que les autres. Quoi que Jeanne réponde, on le retournera contre elle.
— Passez outre.
Elle demandera la réponse à ses voix.
Bousculée, injuriée, maltraitée et détestée jusqu’à la mort par quelques-uns qui ont intérêt à la perdre, Jeanne, pendant les mois que dure l’inique procès, n’a pas eu un instant de faiblesse. À Saint-Ouen, oui, un peu plus tard, elle se laissa surprendre par la mauvaise foi des juges. Mais elle réagira aussitôt.
Alors, c’en est fait d’elle.
— Ha ! Rouen ! Rouen, mourrai-je cy ?
Une cérémonie aura lieu à Rouen à la fin de mai prochain en expiation de l’acte inique dont fut témoin, au matin du 30 mai 1431, la place du Vieux-Marché. Des jeunes filles jetteront des roses du haut de ce pont Mathilde, où les cendres de la martyre et son cœur intact furent jetés afin que jamais sorcherie ou mauvaiseté on n’en pût faire ou proposer
.
Le R. P. Doncœur a dédié son livre aux fils et aux filles de France qui auront 20 ans en 1931
, en souvenir des vingt ans inachevés de Jeanne d’Arc. Les jeunes, seuls, n’ont pas péché contre elle.
Mais ce livre s’offre à tous ceux qui l’aiment et qui, en l’invoquant, l’appelleront Jeanne, comme une amie très fraternelle, dans la simplicité de leur cœur.
Extrait de la Vie Catholique.
Jeanne-E. Durand.
L’Ouest-Éclair 19 mai 1931
Extraits du Mystère de la passion de Jeanne d’Arc.
Lien : Retronews
Les belles pages de :
Le Mystère de la Passion de Jeanne d’Arc
par le Père Doncœur
À quelque jours de ce 30 mai 1931, qui marquera le cinquième centenaire de la mort de Jeanne d’Arc, brûlée vive sur la place du Vieux-Marché, à Rouen, le Père Doncœur, l’auteur des Routes de Bretagne et d’une Chevauchée de Jeanne d’Arc, parue il y a deux ans, publie le Mystère de la passion de Jeanne d’Arc (1).
C’est un calendrier
établi au moyen des chroniques et des pièces juridiques des procès, et où l’auteur a cherché avant tout à évoquer la capture et l’horrible trahison de Rouen, d’après les propres paroles de Jeanne et de ses juges, telles que les documents en témoignent.
Et voici les pages, d’une émotion tragique et contenue, sur lesquelles s’achève le dernier acte de ce drame sublime.
[Suivent de nombreux extraits.]
(1) Le mystère de la passion de Jeanne d’Arc, 1430-1431, par le Père Doncœur, in-8 tellière de 400 pages, avec cartes et bois anciens. À l’Art catholique, 22 francs (franco 24 fr. 20).
La Nouvelle Revue des jeunes 1er juin 1931
Compte-rendu du Mystère de la passion de Jeanne d’Arc, par Robert Sébastien.
C’est un grand mystère, déjà signalé par Péguy, que le rapport de la vie de Jeanne d’Arc à la Vie de Jésus.
Lien : Retronews
Le Mystère de la Passion de Jeanne-d’Arc, par le Père Doncœur. — Paris, Art Catholique, In-16 de 460 p. avec cartes et bois anciens. 22 fr.
Après la Chevauchée de Jeanne que le Père Doncœur commémora en routier et en historien, voici la Passion. C’est un grand mystère, déjà signalé par Péguy, que le rapport de la vie de Jeanne d’Arc à la Vie de Jésus, celle-là nous reportant à celle-ci phase par phase : l’enfance à l’enfance, la mission à la mission, la passion à la Passion. Au triomphe des Rameaux ont succédé Gethsémani, le Prétoire, le Calvaire ; au Sacre de Reims succéderont l’échec devant Paris, les trahisons et les abandons, l’affaire de Compiègne, la geôle étroite, le scandaleux procès et le bûcher de Rouen. Et de même que la Résurrection suit la supplice du Sauveur, la libération de la France suit le supplice de Jeanne. — Ce sont là pensées qui s’imposent quand on observe de près l’étonnante destinée de cette enfant, la plus grande sainte, disaient les bonnes gens d’alors, après sainte Marie
. Pensées que ramène ce beau livre de la Passion qui nous permet d’accompagner jour par jour, parfois heure par heure, la libératrice dans la voie douloureuse que ses saintes lui ont fait prévoir (Oportebat sic pati Christum [Il fallait que le Christ souffrît ainsi]). — Le carnet-journal commence le 1er Janvier 1430 ; il finit le Mercredi 30 Mai 1431 par le martyre dont les Rouennais et un peuple immense, viennent de célébrer le Ve centenaire. L’édition est digne de l’Art Catholique. Les bois gravés qui l’ornent sont parfaitement choisis et situés. — (R. S.) [Probablement Robert Sébastien, d’après la liste en page 2.]
Femina 1er juin 1931
Compte-rendu du Mystère de la passion de Jeanne d’Arc, par Jacques des Gachons.
C’est un grand mystère, déjà signalé par Péguy, que le rapport de la vie de Jeanne d’Arc à la Vie de Jésus.
Lien : Retronews
Note. — Gachons avait recensé la Chevauchée dans la Gazette, 1er juillet 1929 (pays basque).
Le Mystère de la passion de Jeanne d’Arc, 1430-1431, par le Père Doncœur.
L’hiver. Le carême. Compiègne. Captive. La vente. Livrée. Rouen. Préparatifs du procès. Le Procès. Le supplice… Jour par jour, c’est toute la vie publique de notre Sainte qui est racontée comme jamais on avait réussi à le faire. C’est la vie même, avec sa méchanceté, ses abominations, ses lâchetés, ses sursauts, et sur ce fond de réalisme, la silhouette de la torturée se dessine, telle vraiment, absolument telle qu’elle fut. Tout le long du récit, on a le cœur serré. Vous avez lu la Chevauchée de 1429, lisez la Passion de 1431. Rendons honneur, front courbé, à notre chère Libératrice, à la grande Voyante. Dieu hait-il les Anglais ? — De l’amour ou de la haine que Dieu a pour les Anglais ou de ce que Dieu fera à leurs âmes, je ne sais rien. Mais je sais bien qu’ils seront boutés hors de France, excepté ceux qui y mourront. Et que Dieu enverra victoire aux Français contre les Anglais.
Et en effet, cinq ans après le martyre de Jeanne, le dernier Anglais quitte Paris, en 1450, le dernier Anglais quitte la Normandie et trois ans plus tard le dernier Anglais quitte la Guyenne.
C’est donc, — commente le père Doncœur dans sa préface, — c’est donc au Te Deum des entrées triomphales que s’achève en réalité l’histoire de Jeanne. Il faut que les jeunes, ambitieux de grands services, n’oublient pas que les vainqueurs assistent rarement aux triomphes que leur mort a payés. Il faut aussi qu’ils sachent que nous laissons après nous une œuvre posthume, plus grande souvent et plus durable que celle dont nos yeux ont eu la joie.
L’Écho de Paris 4 juin 1931
Mention du Mystère de la passion.
L’œuvre la plus vivante qui ait été écrite sur Jeanne d’Arc.
Lien : Retronews
L’ouvrage du P. Doncœur est l’œuvre la plus vivante qui ait été écrite sur Jeanne d’Arc. Il faut lire ces livres incomparables : La Chevauchée (12 francs) et Le Mystère de la Passion de Jeanne d’Arc (22 francs). Éditions de l’Art Catholique.
La Revue française politique et littéraire 7 juin 1931
Revue culturelle sur le thème de Jeanne d’Arc : théâtre (le Procès, par les Pitoëff), cinéma (la Passion, de Carl Dreyer), livres (le Mystère de la Charité de Péguy, le Procès de condamnation de Champion, le Mystère de la Passion de Doncœur).
C’est un long poème douloureux et magnifique, où tous les mots sont vrais.
Lien : Retronews
[…]
Mais rien ne vaut la parole même de Jeanne. Elle nous a été conservée par les greffiers du procès de Condamnation. Et ces textes admirables ont été publiés d’abord par Quicherat, dans l’original latin, puis par M. Pierre Champion, qui nous en a donné une très belle traduction. On sait qu’il a publié également ce texte latin, et les fragments d’une longue minute en français qui nous a été conservée et rapporte quelques-unes des plus émouvantes répliques de Jeanne.
Le P. Doncœur, avec Le Mystère de la Passion de Jeanne d’Arc nous donne l’essentiel du Procès, les interrogatoires les plus importants, commentés avec autant d’intelligence que de vie. Il met en scène, avec un scrupuleux respect de la vérité, le long martyre de Jeanne. Son œuvre met à la portée de tous les textes assez difficiles à se procurer ou trop coûteux. C’est un long poème douloureux et magnifique, où tous les mots sont vrais.
Le Temps 7 juillet 1931
Annonce de la sortie de Qui a brûlé Jeanne d’Arc ?
Lien : Retronews
On signale, du R. P. Paul Doncœur, Qui a brûlé Jeanne d’Arc ?
Le Jardin des lettres 1er août 1931
Annonce de la sortie de Qui a brûlé Jeanne d’Arc ?
Lien : Retronews
Doncœur (R.-P.). — Qui a brûlé Jeanne d’Arc ? : 5,50 fr.
Études décembre 1949
Publicité pour la Jeanne d’Arc illustrée.
Source : Études (pères jésuites), octobre-novembre-décembre 1949, 82e année, tome 263.
Lien : Gallica
Un très beau cadeau :
Jeanne d’Arc, texte inédit du R. P. Doncœur, illustré de nombreuses et splendides photographies au film réalisé avec Ingrid Bergman.
Album héliogravure, format 24 x 24 sur beau papier : 490 fr.
Aux Presses d’Île-de-France, 1 rue Garancière, Paris 6e.
Études avril 1952
Souscription pour la Minute française.
Source : Études (pères jésuites), avril-mai-juin 1952, 85e année, tome 273.
Lien : Gallica
En souscription : La Minute française des interrogatoires de Jeanne la Pucelle, d’après le Réquisitoire de Jean d’Estivet et les manuscrits de d’Urfé et d’Orléans, par le P. Paul Doncœur.
Le Procès de Jeanne la Pucelle ne nous est parvenu que dans une rédaction latine établie par Cauchon longtemps après sa mort. Les Minutes françaises prises au cours des Interrogatoires ont disparu. Mais le P. Doncœur a pu réunir trois copies dérivées de ces minutes qui pour la première fois sont éditées en colonnes synoptiques. Du point de vue de la Science, depuis l’édition de J. Quicherat (en 1841) et celle de P. Champion (en 1920), rien n’a été publié d’une telle importance. D’autre part, les amis de Jeanne trouveront pour la première fois, dans une présentation de luxe, ses Réponses telles que les notaires les ont sténographiées. C’est le plus bel hommage que nous puissions offrir à la gloire de Jeanne.
Conditions de souscriptions : Close le 1er juin. Ce bel ouvrage, de format grand in-8°, d’environ 320 pages, avec une reproduction du ms. d’Orléans, est tiré, sur beau papier des Papeteries Bellegarde, à 450 exemplaires numérotés. Il est mis en souscription au prix de 2.950 fr. pour la France, et 3.000 fr. pour l’Étranger, franco. La liste des souscripteurs sera insérée dans l’ouvrage. L’envoi pourra probablement être fait au début de juillet.
Retourner le présent Bulletin de souscription à G. Le Bourgeois, 68, boulevard Saint-Marcel, Paris-Ve…
Études mai 1953
Compte-rendu de la Minute française par Joseph Lecler.
Source : Études (pères jésuites), avril-mai-juin 1953, 86e année, tome 277, p. 255-256.
Lien : Gallica
Paul Doncœur. — La Minute française des Interrogatoires de Jeanne la Pucelle, d’après le Réquisitoire de Jean d’Estivet et les Manuscrits de d’Urfé et d’Orléans. Melun, Librairie d’Argences, 1952. Grand in-8, 309 pages.
La minute française des interrogatoires de Jeanne d’Arc a été versée en 1456 au procès de réhabilitation. Depuis lors, nul ne sait ce qu’elle est devenue.
À défaut de ce document original, peut-on en retrouver des témoins directs, qui permettent de contrôler la version officielle du procès, l’instrument définitif rédigé en latin sur l’ordre de Pierre Cauchon ? Cette question a toujours préoccupé les historiens de Jeanne. Jusqu’à présent, deux transcriptions partielles ont joui à cet égard d’un crédit incontestable. En premier lieu, le réquisitoire du promoteur Jean d’Estivet. Il est rédigé en latin, mais dans sa servilité même, il apparaît comme un témoin fidèle du texte original. En second lieu, le manuscrit dit de d’Urfé, retrouvé à Paris vers 1790. Les érudits sont d’accord pour voir dans le texte français de ce manuscrit, non une traduction de l’instrument officiel, mais une copie directe de la minute du procès. Malheureusement, il ne s’agit, dans l’un et l’autre cas, que de transcriptions partielles.
Reste un troisième texte, complet celui-là, le manuscrit 518 d’Orléans que Buchon a édité dans sa Collection des Chroniques nationales françaises. Mais sur l’autorité de Quicherat et, après lui, de Pierre Champion, les érudits n’ont voulu y voir jusqu’à présent qu’une simple traduction française de l’instrument officiel. Le P. Doncœur n’est pas de cet avis. Dans le présent volume, il a fait précéder la réédition du manuscrit d’Orléans d’une étude critique très importante. Celle-ci l’amène à écarter, pour de solides raisons, nous semble-t-il, l’hypothèse d’une traduction. Il s’appuie en particulier sur les constatations suivantes dont il fournit la justification détaillée : 1° le manuscrit d’Orléans rapporte, comme le manuscrit de d’Urfé, des circonstances ou des faits sur lesquels se tait la version officielle ; 2° le même manuscrit présente dans toutes ses parties les mêmes caractères rédactionnels que le manuscrit de d’Urfé : son allure directe, simple, populaire, tranche tout à fait sur les formules plus étudiées de la version officielle. Il peut donc être considéré comme un témoin direct et complet de la minute originale. Non seulement il corrige certaines inexactitudes et certaines insinuations de la version officielle, mais il nous donnerait également le texte authentique de la cédule d’abjuration, celle que prononça Jeanne le 24 mai 1431, texte beaucoup plus court que celui de la cédule insérée par Cauchon dans les grosses du procès.
L’étude critique du P. Doncœur est suivie de la publication parallèle des trois textes : réquisitoire en latin vulgaire de Jean d’Estivet, manuscrit de d’Urfé, manuscrit 518 d’Orléans. Cette synopse, établie avec un soin extrême, permet de comparer constamment le texte des trois manuscrits. Typographiquement, c’est un chef-d’œuvre. Du point de vue critique, cette confrontation ne peut que confirmer, croyons-nous, l’importance décisive du manuscrit d’Orléans. Désormais, il ne sera plus possible d’étudier le procès de Jeanne d’Arc sans collationner avec cette synopse le texte latin officiel de l’édition Quicherat. On doit féliciter le P. Doncœur de nous avoir fait faire un pas de plus vers la connaissance précise, dans leur teneur originale, des interrogatoires du procès de Rouen.
Joseph Lecler.
Études octobre-décembre 1953
Publicité pour la Minute française.
Source : Études (pères jésuites), avril-mai-juin 1953, 86e année, tome 279.
Lien : Gallica
La Minute française des interrogatoire de Jeanne la Pucelle, d’après le Réquisitoire de Jean d’Estivet et les manuscrits de d’Urfé et d’Orléans, par le P. Paul Doncœur.
Un fort volume in-4° de 314 pages avec trois reproductions hors texte. Prix : 3.200 francs — sur vélin de Bellegarde 4.000 francs. Melun, Librairie d’Argences, 4, rue de l’Éperon.
Cet ouvrage reconstitue d’après trois témoins la minute française des Interrogatoires de Jeanne. La rédaction officielle, latine, de Cauchon, publiée longtemps
après la mort de Jeanne, étant sujette à caution, on devra désormais se référer à cet ouvrage pour toute étude historique sur Jeanne.
Études décembre 1955
Compte-rendu du vol. 2 des Documents et recherches (l’Instrument public des sentences de condamnation), par D. L.
Source : Études (pères jésuites), octobre-novembre-décembre 1955, 88e année, tome 287, p. 417-418.
Lien : Gallica
P. Doncœur et Y. Lanhers. — Instrument public des sentences portées les 24 et 30 mai 1431, par P. Cauchon et J. Le Maître, contre Jeanne la Pucelle. Librairie d’Argences. Grand in-8°, avec planches hors texte. 900 francs.
Le cinquième centenaire de la réhabilitation de Jeanne d’Arc accentue l’intérêt de plus en plus vif porté à tout ce qui la touche. Il faut se réjouir des ouvrages de vulgarisation qui se multiplient en France et en Angleterre. Néanmoins on peut regretter que soient trop rares les ouvrages techniques qui se consacreraient à résoudre quelques-uns des problèmes qui sollicitent la recherche des archivistes et des historiens. On doit donc savoir gré aux auteurs d’avoir entrepris une Collection de Documents et Recherches qui constituera un corpus de textes rares ou inédits, source première de toute connaissance sérieuse de la vie, du procès et de la mort de Jeanne.
Un premier volume à offert une reconstitution de la Minute française du procès de condamnation. Il n’est plus possible désormais de citer ces actes sans tenir compte de cette édition. Les textes de Quicherat et de Champion, très difficiles d’accès, appellent de nombreuses corrections. Il faut souhaiter que soit bientôt établie une édition critique de la rédaction de Cauchon.
Le présent volume sort de l’oubli un document capital, le premier établi par Cauchon au lendemain de la mort de Jeanne. Il contient le récit officiel du Procès. Le texte en a été retrouvé aux manuscrits contemporains dé la Bibliothèque Nationale, du British Museum et dans une collection privée. Traduit et annoté, enrichi d’appendices et illustré de reproductions photographiques, il permet la lecture de ce document à tous ceux que le souvenir de Jeanne ne laisse pas indifférents.
Mais le cinquième centenaire du Procès de réhabilitation, ouvert à Paris le 17 novembre 1455 et clos à Rouen le 7 juillet 1456, rend plus opportune la réédition complète et critique des Actes de ce Procès, avant-propos, à sa manière, de la Canonisation. Un troisième volume (dès maintenant en souscription au prix de 1.200 francs) offrira le texte primitif et en partie inédit de la première enquête ordonnée par Charles VII en 1450, en vue de la réhabilitation de Jeanne d’Arc.
D. L.
Études juillet-août 1956
Compte-rendu du vol. 3 des Documents et recherches (l’Enquête de 1450), par Joseph Lecler.
Source : Études (pères jésuites), juillet-août-septembre 1956, 89e année, tome 290, p. 148.
Lien : Gallica
P. Doncœur et Y. Lanhers. — La Réhabilitation de Jeanne la Pucelle : L’Enquête ordonnée par Charles VII et le rapport de G. Bouillé. Ed. d’Argences.
On sait que le procès de Réhabilitation de Jeanne, conclu en juillet 1456 par les délégués du pape, avait été précédé par deux enquêtes dues à l’initiative de Charles VII. La première en 1450 rompit enfin le silence, et recueillit à Rouen les dépositions des témoins les plus informés. Ces dépositions avaient été publiées par Quicherat sur une mauvaise traduction. La présente édition est établie sur les manuscrits récemment découverts. Elle est accompagnée par l’édition et la traduction du premier rapport favorable à Jeanne dû au conseiller du roi G. Bouillé, doyen de Noyon, que l’on doit considérer comme le promoteur de la Réhabilitation. La Collection de Documents et recherches relatives à Jeanne offre par les trois volumes déjà parus un précieux Corpus Johannique qui s’impose à l’attention des historiens. Les volumes en préparation mettront en lumière des textes du plus grand intérêt.
J. Lecler.
Études avril 1959
Compte-rendu du vol. 4 des Documents et recherches (l’Enquête du cardinal d’Estouteville), par Joseph Lecler.
Source : Études (pères jésuites), avril-mai-juin 1959, 92e année, tome 301, p. 125.
Lien : Gallica
P. Doncœur et Y. Lanhers. — La Réhabilitation de Jeanne la Pucelle. II. L’Enquête du Cardinal d’Estouteville (mai 1452). In-8°. En souscription : M. le Bourgeois, 68, bd Saint-Marcel, Paris Ve.
La Collection Documents et Recherches relatifs à Jeanne la Pucelle s’enrichit d’un nouveau volume consacré aux premiers actes canoniques de la Réhabilitation. Après un long silence de plus de vingt ans, Rome enfin prend en mains la cause de Jeanne, sur l’initiative du cardinal normand Guillaume d’Estouteville, envoyé comme Légat auprès de Charles VII. Sachant faire œuvre agréable à celui-ci, qui deux ans plus tôt avait prescrit une première enquête, et sûr de ne pas déplaire au Pape qui l’avait envoyé traiter de la paix, le Légat prit sur lui d’ouvrir une Enquête canonique, qui recueillerait les dépositions des survivants du Procès de 1431. Comparurent alors notaires et assesseurs de Cauchon, qui s’empressèrent de témoigner en faveur de celle que leurs votes avaient conduite au bûcher. Ils ne manquèrent pas de charger Cauchon et les Anglais ; et plusieurs pour se blanchir invoquèrent un heureux oubli. L’Enquête se termina sans qu’un jugement fût rendu, mais à l’unanimité l’innocence de Jeanne fut attestée ; si bien que, retournant à Rome, le Légat accompagné des juristes de la cour pontificale, put décider le Pape à poursuivre le procès. Avec l’Inquisiteur Jean Bréhal, ils préparèrent les actions juridiques qui devaient cette fois aboutir à une cassation formelle des sentences de Cauchon. Une étape décisive était donc franchie. Pour l’histoire, les dépositions recueillies fourniraient avec celles de l’Enquête de 1450, un dossier contemporain, plus précieux que les Chroniques elles-mêmes. Le texte de ces dépositions est ici établi sur des manuscrits inconnus de Quicherat. Il semble que le dossier est cette fois définitif. Un dernier volume sous presse contiendra les Actes de la Réhabilitation de 1456 dans la rédaction épiscopale, éditée pour la première fois en son texte intégral, après la reconstitution du fameux manuscrit de d’Urfé, que Quicherat et Champion croyaient à tort poser un problème insoluble.
Joseph Lecler.
Études janvier 1961
Compte-rendu de Paroles et Lettres de Jeanne la Pucelle, par Joseph Lecler.
Source : Études (pères jésuites), janvier-février-mars 1961, 94e année, tome 308, p. 144.
Lien : Gallica
Paul Doncœur. — Paroles et Lettres de Jeanne la Pucelle. Plon, 1960. In-8°, 190 pages. 9,25 NF.
Nous devons au P. Doncœur et à Mlle Lanhers de patients travaux pour retrouver, dans leur texte intégral, les deux procès de Jeanne d’Arc le procès de condamnation et les trois enquêtes qui aboutirent, vingt-cinq ans plus tard, à sa réhabilitation. Quatre volumes de Documents et Recherches relatives à Jeanne d’Arc ont été déjà publiés. Un cinquième va paraître. De toutes ces recherches érudites, le P. Doncœur a tiré, dans le présent recueil, deux séries de textes la première, et la plus importante, nous livre, dans leur teneur la plus fidèle, les paroles de Jeanne, telles qu’elles nous viennent des interrogatoires et des témoignages des contemporains. La seconde série renferme les lettres que dicta Jeanne au cours de sa mission et dont quelques-unes seulement nous sont parvenues en original. Très habilement l’auteur a groupé les paroles de Jeanne dans un cadre biographique qui en rend aisée la lecture. Rien de plus attachant, rien de plus émouvant que ce florilège. Le bon sens de la paysanne, la finesse et l’esprit de répartie, la familiarité avec le monde surnaturel, un sens chrétien authentique tous ces traits du caractère de Jeanne fusent spontanément dans ses propos et ses réponses. Il faudra l’astuce diabolique de ses juges pour embrouiller un instant son esprit sous le harcèlement des interrogations insidieuses. Mieux que bien des biographies, ce petit livre nous permet d’atteindre dans le vif la physionomie spirituelle de la sainte. Le P. Doncœur ne nous dit pas ce que peut signifier cette exclamation de la Pucelle qui revient de temps à autre dans ses propos : Par mon martin !
Études juin 1961
Souscription pour le vol. 5 des Documents et recherches.
Source : Études (pères jésuites), avril-mai-juin 1961, 94e année, tome 309.
Lien : Gallica
Documents et Recherches relatifs à Jeanne la Pucelle, V, La réhabilitation de Jeanne la Pucelle : La Rédaction épiscopale du procès de 1455-1456, Texte établi et annoté par P. Doncœur, s.j. et Y. Lanhers.
Avec ce tome V, les Documents et Recherches
renouvellent la documentation de base de toute étude sérieuse sur la réhabilitation de Jeanne la Pucelle. Après le tome I consacré à la Minute, le tome II à l’Instruction des sentences, le tome III à l’Enquête de G. Bouillé, le tome IV à l’Enquête du Cardinal d’Estouteville, ce tome V présente la version du procès de 1455-1456, méconnue jusqu’ici, écartée par Quicherat comme rédaction d’essai, alors qu’elle est, d’après les canonistes romains, la plus autorisée des rédactions de ce procès, étant faite par les juges et en leur nom. Ce volume contient en particulier, dans leur meilleure teneur, les dépositions de tous les témoins de 1455 et 1456 et, peut-être, grâce au manuscrit d’Orléans, une rédaction différente de la sentence de réhabilitation.
Un volume. 350 pages 45 NF. Éditions Desclée de Brouwer.
Études juin 1961
Nécrologie du père Doncœur (décédé le 21 avril), par Jean Rimaud.
Source : Études (pères jésuites), janvier-février-mars 1961, 94e année, tome 309, p. 348.
Lien : Gallica
Le père Doncœur nous a quittés
Pour mesurer et apprécier l’influence du P. Doncœur, sa place dans l’histoire religieuse de la France, au lendemain de la victoire de 1918 et depuis, il faut attendre. L’heure qui sonne à nos oreilles ne peut être celle de la vérité et de la justice. Mais, au moment qu’il les quitte, ses amis ont le droit et le devoir de se souvenir, pour lui dire merci, pour se sentir aussi ses compagnons toujours. Ce n’est qu’un au revoir, mes frères.
[…]
Études février 1962
Compte-rendu du vol. 5 des Documents et recherches (la rédaction épiscopale du Procès de réhabilitation), par Joseph Lecler.
Source : Études (pères jésuites), janvier-février-mars 1962, 95e année, tome 312, p. 290.
Lien : Gallica
Documents et Recherches relatifs à Jeanne la Pucelle. Tome V. La Réhabilitation de Jeanne la Pucelle. La rédaction épiscopale du procès de 1455-1456. Texte établi et annoté par P. Doncœur et Y. Lanhers. Desclée de Brouwer, 1961. Gr. in-8., 348 pages.
Le P. Doncœur est mort à la tâche, en poursuivant ses recherches sur les procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d’Arc. Voici le cinquième volume qu’il a préparé et fait éditer comme les autres avec la fidèle collaboration de Mlle Lanhers. Dans les deux volumes précédents (III et IV) ont été présentées et publiées deux enquêtes préalables à la réhabilitation de la Pucelle (1450 et 1452). Avec le présent volume nous abordons le procès officiel. Il s’ouvrit à Notre-Dame, le 7 novembre 1455, par décision du pape Callixte III, sur la supplique adressée à Rome par la famille Darc. La sentence fut prononcée le 7 juillet 1456, après six mois d’enquêtes en Lorraine, à Paris et à Rouen. On sait qu’elle cassa le procès de Rouen de 1431, mais sans se prononcer expressément sur la personne de Jeanne et sa fidélité à l’Église.
Les actes du procès de réhabilitation ont bien été publiés par Quicherat, mais celui-ci a donné la préférence au texte des manuscrits notariés
. Il ne considérait le manuscrit d’Urfé (B. N. ms latin 8838) que comme une rédaction d’essai. Ce dernier document présente néanmoins des particularités importantes : ce ne sont plus les notaires qui y parlent à la première personne, mais les évêques, délégués du pape ; en outre c’est le seul qui contienne la minute française du procès de condamnation et la copie privilégiée du texte latin de ce procès. Au désavantage de cette rédaction épiscopale
, comme l’appelle le P. Doncœur, il faut reconnaître qu’elle n’est qu’une copie, et une copie en fâcheux état, du fait de mutilations et du mélange inextricable de deux écritures dans le registre relié. Fort heureusement cette confusion vient d’être réparée par regroupement des cahiers primitifs dans leur ordre naturel, après que le manuscrit eût été décousu. Le texte publié par le P. Doncœur n’est autre que celui du manuscrit d’Urfé ainsi reconstitué. Nous avons ainsi le texte unique d’une rédaction épiscopale
qui pourra être utilement confrontée avec les rédactions notariales
, lorsque l’édition critique de ces dernières sera un jour publiée.
Joseph Lecler.