Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Blessures de Jeanne

Jean Dunois

Un autre fait le conforte qu’elle agissait de par Dieu. Le 7 mai au matin, au début de l’assaut du boulevard du pont, Jeanne fut blessée d’une flèche au cou mais n’abandonna pas la bataille, ni ne prit de remède pour la blessure.

Jean Luillier

Se rappelle bien que le 7 mai 1429 au matin, un assaut fut lancé contre le boulevard du pont au cours duquel elle avait été blessée d’une flèche. L’assaut se prolongea si tard le soir qu’on voulut l’abandonner. Alors la Pucelle vint leur recommander de ne pas renoncer ; elle se saisit de son étendard et le plaça sur le bord du fossé. Aussitôt les Anglais frémirent, et les gens du roi reprirent courage : ils repartirent à l’assaut sans trouver de résistance. Le boulevard fut alors pris et les Anglais qui s’y trouvaient s’enfuirent, mais tous moururent. Classidas et les autres capitaines qui gardaient la bastille, tentant de se réfugier dans la tour du pont d’Orléans, tombèrent dans le fleuve et s’y noyèrent. Une fois la bastille prise, tous les partisans du roi rentrèrent dans la cité d’Orléans.

Marguerite La Touroulde

On racontait des fables sur Jeanne ; on lui disait qu’elle allait sans crainte à l’assaut car elle savait bien qu’elle ne serait pas blessée, à quoi elle répondait n’avoir pas plus de garantie qu’un autre.

Jean Pasquerel(aumônier de Jeanne)

Et elle le chargea de se lever le lendemain encore plus tôt qu’aujourd’hui : Demain, tenez-vous toujours près de moi car j’aurai beaucoup plus à faire, et le sang coulera au-dessus de mon sein.

Après le déjeuner, Jeanne fut atteinte d’une flèche au-dessus du sein comme elle l’avait prédit ; elle eut peur et pleura, puis fut consolée. Quelques soldats proposèrent de charmer [en français] sa blessure : Je préférerais mourir plutôt que déplaire à Dieu ; ajoutant qu’elle mourrait bien un jour, ne savait pas quand, où et comment, ni à quelle heure ; cependant, elle acceptait d’être soignée si l’on ne pêchait pas. On pansa sa blessure avec de l’huile d’olive et du lard ; Jeanne se confessa au témoin, pleurant et se lamentant puis elle retourna à l’assaut.

Jean d’Aulon

Le lendemain matin, la Pucelle convoqua les seigneurs et capitaines qui se trouvaient devant la bastille gagnée la veille afin d’aviser la suite. On convint que la priorité était désormais le gros boulevard que les Anglais avaient construit devant la bastille des Tournelles. La Pucelle et les capitaines répartirent leur gens autour du boulevard et l’assaillirent de toutes parts. L’effort dura du matin jusqu’au soleil couchant sans parvenir à rien prendre. Les capitaines, considérant l’heure tardive et la fatigue générale décidèrent de sonner la retraite. Celui qui portait l’étendard de la Pucelle voulut suivre le mouvement et remit l’étendard à un homme du seigneur de Villars nommé le Basque, que le témoin connaissait pour brave. Craignant que si l’on renonçait aujourd’hui, le boulevard et la bastilles demeurassent aux ennemis, il eut l’idée de porter l’étendard bien en avant, comptant sur l’affection qu’il inspirait à tous les gens de guerre pour les relancer à l’assaut. Observant l’entreprise, le témoin demanda au Basque s’il le suivrait dans la bastille. Ayant obtenu sa promesse, il se jeta dans le fossé et, se protégeant des jets de pierre avec son bouclier, parvint jusqu’au pied du boulevard, persuadé que son compagnon l’avait suivi. Mais au moment où celui-ci allait s’élancer, la Pucelle, qui venait d’apercevoir son étendard dans les mains d’un autre, l’agrippa par le bout en criant : Ha ! Mon étendard ! mon étendard ! Comme aucun des deux ne lâchait, l’étendard ballottait, si bien que les autres crurent qu’elle leur faisait signe. Le témoin vit cependant que le Basque ne l’avait pas suivi et lui dit : Ha, Basque, n’avais-tu pas promis ? ; ce dernier tira un grand coup sur l’étendard, l’arracha des mains de la Pucelle, et s’en fut rejoindre son camarade. Tous les gens de la Pucelle se rallièrent et se ruèrent à l’assaut. En peu de temps le boulevard et la bastille étaient pris. — Ce soir-là, comme Jeanne l’avait annoncé le matin-même, les Français rentrèrent dans Orléans par le pont. Elle avait été blessée d’un trait durant l’assaut, il l’a fit soigner.

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