Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Entrée dans Orléans

7 témoins :

Jean Dunois

Le vent tourna, comme à l’instant, les voiles des bateaux de ravitaillement furent immédiatement tendues. Lui-même s’embarqua, accompagné de frère Nicolas de Géresme, et ils passèrent l’église Saint-Loup en dépit des Anglais ; dès lors il eut grande confiance en Jeanne et la supplia de bien vouloir s’embarquer aussi et d’entrer dans Orléans, où elle était fort réclamée. Elle hésita, ne voulant pas abandonner ses hommes d’armes bien confessés. Il alla parlementer avec les capitaines afin qu’ils laissassent Jeanne entrer avec lui dans Orléans pendant qu’eux iraient traverser la Loire à Blois. Ils consentirent et Jeanne partit avec lui ; elle tenait son étendard, qui était blanc, avec l’image de Notre Seigneur tenant une fleur de lys. Elle traversa la Loire avec La Hire et ils entrèrent ensemble dans la ville d’Orléans.

Jean Luillier

Interrogé si lui-même était dans la cité quand elle y entra, répond que oui. Elle fut reçue par tous, des deux sexes, petits et grands, avec autant de joie que si elle avait été un ange de Dieu ; ils espéraient être délivrés grâce à elle, comme cela arriva.

Jacques L’Esbahy

Il la vit à son entrée dans la ville ; elle voulut avant tout aller à la cathédrale, pour rendre hommage à Dieu.

Louis de Coutes(page de Jeanne)

Arrivés à proximité d’Orléans du côté de la Sologne, on les fit traverser, Jeanne, le témoin et plusieurs autres, et ils entrèrent dans la ville. — Jeanne était très meurtrie car elle avait couché toute armée la veille du départ de Blois.

Jean Pasquerel(aumônier de Jeanne)

Jeanne embarqua avec quelques hommes et entra dans Orléans. Elle le chargea de retourner à Blois avec les prêtres et la bannière, d’où il revinrent sans encombre avec beaucoup d’hommes d’armes. Elle alla à leur rencontre et tous entrèrent dans la ville, à la vue des Anglais, avec le ravitaillement. Cela était surprenant, car les Anglais, nombreux et puissants, armés et prêts à combattre, virent passer leurs ennemis faibles en comparaison et leurs prêtres qui chantaient, sans les attaquer.

Thibault d’Armagnac(dit Thibault de Termes)

Fit connaissance de Jeanne lorsqu’elle vint à Orléans faire lever le siège ; il était alors en charge de la défense de la ville avec Dunois. — Lorsqu’ils apprirent son arrivée ils allèrent la chercher de l’autre côté de la Loire, près de Saint-Jean-le-Blanc, et la ramenèrent dans la ville.

Jean d’Aulon

Dunois, qu’on appelait alors le bâtard d’Orléans, se trouvait dans la ville pour sa défense. Dès qu’il apprit la venue de la Pucelle, il fit assembler des hommes pour aller à sa rencontre, comme La Hire et d’autres. Ils décidèrent, pour plus de sûreté, d’y aller par la Loire en bateau, et la trouvèrent à un quart de lieue. Lui-même et la Pucelle montèrent dans un bateau et le reste des gens s’en retournèrent vers Blois. Ils entrèrent dans Orléans sans embûche avec Dunois et ses gens. Dunois la fit loger bien honnêtement dans la maison d’un notable bourgeois de la ville marié à une notable femme.

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