Notes bibliographiques
Un témoin du socratisme chrétien au XVe siècle
Robert Ciboule
(1403-1458)
par
(1933)
Éditions Ars&litteræ © 2024
Introduction
93Depuis que son nom a été écrit par M. Étienne Gilson dans l’Esprit de la philosophie médiévale1, Robert Ciboule se trouve introduit dans l’histoire de la philosophie. À peine connu jusqu’ici, victime d’erreurs et d’incertitudes sans nombre, énigmatique sans doute pour la plupart, le second successeur de Gerson à la chancellerie de Notre-Dame paraît mériter l’attention par la rigueur systématique avec laquelle, dans une œuvre de pure vulgarisation théologique écrite en français vers 1450, il s’est appliqué à tirer du thème traditionnel de la connaissance de soi les conséquences qu’il implique, selon lui, pour la formation spirituelle du chrétien.
Dresser la liste des ouvrages qui s’occupent de Ciboule ou qui permettent de le comprendre, composer la bibliographie complète du Chancelier, tracer un tableau, ou plutôt un crayon sobre et précis de sa vie, présenter enfin en lui le témoin du socratisme chrétien, tel est le but de ces pages : on y trouvera une partie notable de l’étude annoncée naguère dans la deuxième série des Gifford lectures avec une bienveillance à laquelle je dois exprimer ici toute ma gratitude2.
94Notes bibliographiques
I. Ouvrages généraux et monographies
Liste chronologique des ouvrages généraux et des monographies où l’on trouve soit une notice sur Robert Ciboule, soit quelques allusions à sa personne ou à son œuvre3.
- 1560. Étienne Pasquier, Les recherches de la France ; édit. Guillaume de Luyne, Paris, 1665, pp. 475 D-476.
- 1584. La Croix-du-Maine, Bibliothèque française ; édit. Rigoley de Juvigny, Paris, 1772, t. II, p. 381.
- 1585. Du Verdier, Bibliothèque françoise ; édit. Rigoley de Juvigny, Paris, 1773, t. V, pp. 416-417.
- 1613. Jean Hordal, Heroinæ nobilissimæ Ioannæ Darc Lotharingæ vulgo Aurelianensis puellæ historia… Ponti-Mussi Apud Melchiorem Bernardum… MDCXII, pp. 205-206.
- 1652. Philippe Labbe, Specimini antiquarum lectionum græcarum, latinarumque supplementa decem… quibus Scriptores in quavis arte ac professione præcipui, et libri ferme omnes, partim hactenus editi, partim inediti, et mss. repræsentantur, Parisiis Apud Ioannem Henault… M.DC.LII… Supplementum VIII. Analecta quædam ex catalogo Codicum qui continentur in secunda parte… bibliothecæ regiæ, et in fasciculis nondum compactis…, p. 323, n° DCCCCXX.
- 1660 (vers). Jacques Le Batelier d’ Aviron, Le mémorial historique des évêques et comté d’Évreux. (Édité seulement en 1865 par Lebeurier [infra, n° 32], mais utilisé par Le Brasseur en 1722 [inf. n° 10].)
- 951670. Du Boulay, Historia universitatis parisiensis ; Paris, de Bresche, 1670, t. V, pp. 380-600, surtout 577, 600, 921.
- 1677. Jean de Launoy, Regii Navarræ gymnasii parisiensis historia opera omnia ; Coloniæ… MDCCXXXII, t. IV, Ia pars, III, liv. II (1400-1500), cap. 6, pp. 568-569, cf. pp. 549, 550, 551, 552.
- 1719. Jacques Lelong, Bibliothèque historique de la France, édit. 1769, p. 183, n° 17.201.
- 1722. Le Brasseur, Histoire civile et ecclésiastique du comté d’Évreux, Paris, chez François Barois… MDCCXXII, table chronologique (en tête, non paginée), et p. 294.
- 1733. (Edmond Martène et Ursin Durand, Veterum Scriptorum amplissima collectio, Paris, apud Montalant. MDCCXXXIII, p. 949 E4.)
- 1734. Fabricius, Bibliotheca mediæ et infimæ latinitatis, édit. Mansi, Patavii, MDCCLIV, t. VI, p. 96, col. 2.
- 1739. Bernard de Montfaucon, Bibliotheca bibliothecarum manuscriptorum nova, Paris, MDCCXXXIX, t. II, p. 1298 (catalogus mss. Ecclesiæ cathed. Laudunensis) n° 316.15 p. 1365 C (mss. cod. Cathedral. Ebroicensis).
- 1744. Catalogus codicum manuscriptorum bibliothecæ regiæ, Paris, MDCCXLIV ; t. III, 3 p. 132, n° MD, 7°, p. 141, n° MDXVII, 18°.
- 1752. Raynaldus, Annales ecelesiastici, édit. Mansi ; Lucæ, 1752, t. IX, p. 314.
- 1753. Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Histoire de Jeanne d’Arc, Vierge, Héroïne et martyre d’État ; seconde partie. Orléans, MDCCLIII, p. 190.
- 1754. Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Histoire de Jeanne d’Arc ; troisième partie, Orléans, MDCCLIV, p. 289.
- 1759. Gallia christiana, ex Tvpographia Regia MDCCLIX. t. XI, p. 623.
- 1761. Jean-Baptiste-Louis Crevier, Histoire de l’Université de Paris, Paris, MDCCLXI, t. IV, p. 223.
- 1772. Rigoley de Juvigny, édite La Croix-du-Maine (cf. 2) et le corrige par les remarques de Bernard de La Monnoye, écrites avant 1728 t. II, p. 381, n. 1 et par ses observations personnelles, p. 382.
- 961790. François de L’Averdy, dans Notices et extraits des Manuscrits de la bibliothèque du Roi, Paris, MDCCXC, t. III, pp. 295, 520.
- 1841. Paulin Paris, Les manuscrits françois de la Bibliothèque du roi, Paris, Techner, 1841, t. IV (suite du format in-folio mediocri), pp. 162-163 et Table, p. 454, col. 1.
- 1846. Jules Quicherat, Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc, Paris, 1846, t. III, pp. 326-328.
- 1849. Catalogue général des manuscrits des bibliothèques des départements, t. I, Laon ; Paris, Imprimerie Nationale, 1849, pp. 231-232, n° 436.
- 1850. Jules Quicherat, Notice des pièces de la réhabilitation ; Paris, 1850, p. 467.
- 1856. Théodore Lebreton, Biographie normande, Rouen, 1856, t. I, pp. 313-314.
- 1858. Édouard Frère, Manuel de Bibliographie normande ; Rouen, 1858, t. I, p. 245.
- 1858. Ernest Bourret, Essai historique et critique sur les sermons français de Gerson, Paris, 1858, pp. 58, 59.
- 1861. Jacques-Charles Brunet, Manuel du Libraire, t. II, col. 3-4.
- 1861. Théodore Graesse, Trésor des livres rares ; Dresde, 1861, t. II, p. 155, col. 2.
- 1863. G. Brunet, dans Nouvelle biographie générale de Hoefer, Paris, F. Didot, t. X, col. 523.
- 1865. Pierre-François Lebeurier (abbé), édite
Le mémorial historique des évêques, ville et comté d’Évreux, écrit au XVIIe siècle par Le Batelier d’ Aviron
; Évreux, Paris, Rouen, 1865, p. 132. - 1867. Alfred Franklin, Les anciennes bibliothèques de Paris ; Paris, 1867. t. I, pp. 23, 53, 54.
- 1868. Bibliothèque Impériale, catalogue des manuscrits français, I, Ancien fonds, Paris, F. Didot, MDCCCLXVIII, p. 45, col. 1 n° 447 p. 172. col. 2 n° 999.
- 1869. Grand Larousse universel, t. IV :
Ciboule
. - 1869. Théodore Graesse, Trésor des livres rares, Dresde, 1869, t. VII. Supplément, p. 184, col. 1.
- 1876. Léopold Delisle, Inventaire général et méthodique des manuscrits français de la Bibliothèque nationale, Paris, H. Champion, 1876, t. I, p. 89.
- 1877. Ludovic Lalanne, Dictionnaire historique de la France, 2e édition, Paris, Hachette, 1877, p. 533.
- 1877-1883. Ulysse Chevalier, Répertoire des sources historiques du moyen âge, I. Bio-bibliographie, 1e édition ; Paris, 1883, col. 454 (premier fascicule paru en 1877).
- 971885. Auguste Molinier, Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque Mazarine, Paris, Plon, juin 1885, p. 458, n° 954 p. 492, n° 993.
- 1885. Auguste Molinier, dans Catalogue général des manuscrits…, t. III, Manuscrits de la Bibliothèque de Corbeil (pp. 377-387) ; Paris, Plon, décembre 1885, p. 378, n° 2.
- 1885. Gaston du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, Paris, A. Picard, 1885, t. III, pp. 369, 376.
- 1886. Henri Martin, Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de l’Arsenal, Paris, Plon, décembre 1886, pp. 414-416, n° 2.109.
- (bis) 1886. Noémi-Noire Oursel, Nouvelle biographie normande, Paris, Picard, 1886, t. I, pp. 191-192.
- 1888. Gaston du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. IV, pp. 227, 257 n. 1, 259.
- 1888. Joseph Fabre, Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc, Paris, Delagrave, 1888, t. II, p. 182.
- 1889. Pierre Lanéry d’Arc, Mémoires et consultations en faveur de Jeanne d’Arc, Paris, A. Picard. 1889, p. 351 n. 1 et pp. 351-394.
- 1890. Gaston du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. V, pp. 207, 367.
- 1890. Jean-Baptiste-Joseph Ayroles, La vraie Jeanne d’Arc, Paris, Gaume, 1890, t. I, pp. 272-273 et pp. 271-291.
- 1890. Burey (vicomte de), Les Archives héraldiques d’Évreux, Évreux MDCCCXC, p. 99.
- 1891. Henri-Louis Bouquet, L’ancien collège d’Harcourt et le lycée Saint-Louis, Paris, Delalain, 1891, pp. 120-124, 124-138, 449, 602-634, 703, 705.
- 1891. Antoine Thomas, dans Grande encyclopédie, t. XI, article :
Ciboule
. - 1891. Auguste Molinier, dans Catalogue général des manuscrits de la Bibliothèque de Cambrai, Paris, Plon, juillet 1891, n° 241, n° 578.
- 1892. Alfred Leroux, Nouvelles recherches critiques sur les relations politiques de la France avec l’Allemagne de 1378 à 1461, Paris, 1892, pp. 318-319.
- 1893. Belon et Balme, Jean Bréhal, grand inquisiteur de France et la réhabilitation de Jeanne d’Arc, Paris, Lethielleux, 1893, p. 59 et ibid. n. 1 et 3.
- 1896. Charles Kohler, Catalogue des manuscrits de la bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris, Plon, juin 1896, t. II, p. 67, n° 1506.
- 1897. Pierre Féret (abbé), La Faculté de théologie de Paris et ses docteurs les plus célèbres, Paris, Picard, 1897, t. IV, pp. 304-309.
- 1897. François Léon Chartier, L’ancien chapitre de Notre-Dame de Paris et sa maîtrise d’après les documents capitulaires, 98Paris, Perrin, 1897, pp. 53 et n. 2 (1326-1790). 74.
- 1897. Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque de Lille, Paris, Plon, 1897, p. 102, n° 131.
- 1897. Heinrich Denifle et Émile Chatelain, Chartularium Universitatis Parisiensis, t. IV, Introduct. pp. XXIX, XXXII ; et nos 2349, 2434, 2458, 2460,. 2502, 2504, 2517. 2558, 2563, 2579, 2595, 2624, 2647, 2648, 2649, 2660, 2661, 2666, 2669, 2673, 2677, 2680, 2681, 2688, p. 733, nos 2696, 2697, 2698, et Appendice, p. 741.
- 1897. Denifle et Chatelain, Auctarium Chartularii Universitatis parisiensis, t. II, Introduction, pp. XIII-XVI, et col. 494, 575, 602, 702, 703, 738, 771, 779, 783. 784, 834, 841, 867, 886.
- 1898. Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque d’Angers, Paris, Plon, avril 1898, p. 273, n° 269.
- 1898. Jules Fossey (abbé), Monographie de la cathédrale d’Évreux, Évreux, MDCCCXCVIII, pp. 68-69 et n. 1.
- 1898. Walter Arthur Copinger, Supplement to Hain’s Repertorium bibliographicum, London, H. Sotheran, t. II, p. 175, col. 2.
- 1899. Philippe-Hector Dunand, Histoire complète de Jeanne d’Arc, Toulouse, 1899, t. III, p. 536.
- 1900. Auguste Molinier et Félix Desvernay, Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque de Lyon, Paris, Plon, février 1900, t. II, p. 311, n° 1243.
- 1900. Nouveau Larousse illustré, t. III :
Ciboule.
- 1900. Albert-Joseph Devoisins, Notes sur l’Histoire de Breteuil, Évreux, 1900, pp. 32-41.
- 1902. Gustav Gröber, Grundriss der romanischen Philologie, Strassburg, Karl J. Trübner. II Band, I Abteilung, 5 Lieferung (Bogen 60-81 und Titethogen). p. 1166.
- 1904. Auguste Molinier, Les sources de l’Histoire de France, Paris, A. Picard, 1904, t. IV, p. 346, n° 4649.
- 1905. Ulysse Chevalier, Répertoire… I, Bio-bibliographie, 2e édition, janvier 1905, t. I, col. 924.
- 1906. Hugo von Hurter, Nomenclator litterarius, t. II. pp. 828829.
- 1906. Noël Valois, Histoire de la Pragmatique Sanction de Bourges, Paris, 1906, pp. XC, CXXXI. CXXXIII, CXXXIV, CLIV, 100 n. 2.
- 1906. Catalogue général, des livres imprimés de la Bibliothèque Nationale, Auteurs, Paris, MDCCCCVI, tome XXVIII, col. 1211-1212.
- 1908. John A. Ryan, dans The Catholic Encyclopedia ; New York. 1908, t. III, p. 768, col. 1.
- 99[1912.] Enciclopedia universal ilustrada europeo-americana, publicados por Hijos de J. Espasa en Barcelona, t. XIII, p. 36, col. 1-25.
- 1909. Noël Valois, La crise religieuse du XVe siècle. Le Pape et le Concile (1418-1450), t. II, pp. 143, 219, 220, 247, 248, 250, 252, 253, 255, 257, 302.
- 1911. Philippe-Hector Dunand, La première histoire en date de Jeanne d’Arc (1625-1630). Histoire de la Pucelle d’Orléans par Edmond Richer ; (ms. fr. B. N. 10.448 édité pour la première fois), t. I, p. 40.
- 1912. Philippe-Hector Dunand, La première histoire … t. II, pp. 287, 318.
- 1913. Pierre Champion, François Villon, sa vie et son temps, Paris, 1913, t. II, p. 341.
- 1921. Marius Sepet, Jeanne d’Arc, Tours, Marne 1921, p. 291.
- (bis) 1929. Félix Vernet, Nouvelle biographie normande, Paris, Bloud, 1929, p. 128 : nomme Robert Cibole (décédé en 1458) parmi plusieurs auteurs
d’ouvrages pour la méditation
. - 1930. Pierre Champion, Notice des manuscrits du procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc, Paris, 1930, pp. 15, 16, 21.
- 1932. Étienne Gilson, L’Esprit de la Philosophie médiévale, Paris, J. Vrin, 1932, t. II, p. 233 n. 32 (notes au chapitre I).
C’est surtout à propos du procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc, on le constate aisément, que le nom du Chancelier se rencontre chez les historiens, cela dès Étienne Pasquier (n° 1). Son mémoire a été publié par Pierre Lanéry d’Arc (n° 46), et analysé par Henri-Louis Bouquet (n° 50), d’après Jean-Baptiste-Joseph Ayroles (n° 48), qui en traduit d’importants fragments. Le reste de son œuvre, peu à peu dévoilée par la publication des catalogues, n’a guère attiré l’attention6 ou a parfois été grossi d’attributions imprudentes7. L’abbé Féret (n° 56), et Henri-Louis Bouquet (n° 50), étudient superficiellement son Traité principal, et Gustav Gröber (n° 68) signale de façon incomplète et trop peu précise ses sermons et opuscules inédits8.
100Il ne saurait être évidemment question de raconter ici, en utilisant cet inventaire chronologique sans doute à peu près complet9, l’histoire de l’histoire
de Robert Ciboule. Il va sans dire que le progrès dans le temps est loin d’entraîner toujours une connaissance plus parfaite, et que, d’autre part, toutes les variétés du plagiat se sont donné ici rendez-vous, depuis l’utilisation, fatale, des premières notices, jusqu’aux procédés les plus odieux où des originalités fardées s’abritent derrière de pudiques demi-aveux : ne nous arrêtons que pour clouer au pilori le plus cynique, Albert-Joseph Devoisins (n° 67), qui copie Bouquet (n° 50). Sans vouloir instituer une critique fastidieuse de nos sources de renseignements, je me contente de relever, dès les plus anciens témoignages, deux inexactitudes assez notables :
1. — Étienne Pasquier (n° 1), date de 1456 au lieu de 145310, la consultation de Robert Ciboule en faveur de Jeanne d’Arc.
2. — La Croix-du-Maine (n° 2), surtout, présente Ciboule comme un confesseur de Charles-Quint11.
Mais, corrigeant les quatre erreurs principales qui ont réussi à se glisser sous la plume d’historiens sérieux, j’en indiquerai les auteurs responsables12.
1. Le lieu de naissance. — Partout, c’est Breteuil que l’on nomme. Seuls Ayroles, et Belon et Balme13 font naître R. Ciboule à Ourches, près de Breteuil
. Cette précision extrême, les pères Belon et Balme l’ont acceptée, sans contrôle, du père Ayroles. Or, ce village n’existe pas en Normandie14 : un coup d’œil 101trop rapide a suffi au père Ayroles pour le créer. Il a mal lu, en effet, le texte qu’il copiait : Théodore Lebreton15 avait écrit : né à Breteuil, en Ouche16
. Le fougueux auteur n’en est d’ailleurs pas à une lettre, ni à un village près ainsi, on le voit citer, parmi ses sources, Le Brassier17
; c’est Le Brasseur18. Ainsi encore, il reproche à Du Boulay d’avoir tu, par rancune gallicane, le nom même de Ciboule19. Or Du Boulay va, au contraire, jusqu’à louer Robert Ciboule d’avoir, le premier, pris par écrit la défense de Jeanne d’Arc20. Mieux informé, Gustav Gröber a copié la phrase de Du Boulay, sans se demander toutefois si elle répondait bien à la réalité historique21.
2. Le cumul des dignités et bénéfices. — Les inadvertances et fantaisies chronologiques introduites par G. Brunet (n° 31), ont trouvé un plus large crédit : sa notice, de par sa place même, a été une source souvent utilisée. Il y affirme, tout à fait gratuitement, que Ciboule ne fut camérier du pape Nicolas V et doyen d’Évreux [qu’] après avoir rempli les fonctions de chancelier de l’Église de Notre-Dame de Paris
. C’est ne rien comprendre à la discipline de l’époque. Il est certain que R. Ciboule, comme les autres dignitaires ecclésiastiques, moins que beaucoup d’autres cependant, pratiqua le cumul des bénéfices. Nous savons qu’il renonça à tel ou tel pour des raisons personnelles, mais il est tout à fait sûr que, à sa mort, il était tout au moins, en même temps que camérier du pape, chancelier de Notre-Dame et doyen d’Évreux. L’erreur de G. Brunet a passé chez Alfred Franklin (n° 33), Antoine Thomas (n° 51) et John A. Ryan (n° 74).
3. Le Concile de Constance. — G. Brunet ajoute que R. Ciboule 102fut l’ambassadeur du roi
au concile de Constance. Confusion manifeste : on ne trouve pas trace de Ciboule à Paris avant 1430, et il n’est alors que bachelier ; en 1418, il devait avoir à peine quinze ans. Ludovic Lalanne (n° 38), et même Gustav Gröber (n° 67), ont pourtant recueilli cette évidente méprise, en l’aggravant : ce roi
, ils le nomment Charles VII22 !
4. La date de la consultation en faveur de Jeanne d’Arc. — G. Brunet écrit enfin : En 1437 (sic), il fut au nombre des juristes consultés sur la réhabilitation de la Pucelle.
Or nous savons que la procédure de réhabilitation ne commença qu’après le retour de la Normandie entière à la couronne, en 1450. Le mémoire de Ciboule est daté de janvier 1453. Il a cédé, dit-il, en l’écrivant à des sollicitations pressantes et répétées venant d’autorités auxquelles il ne lui était pas permis de résister. Mais il nous est complètement impossible de préciser l’origine et la durée de ces instances. 1437 est une date purement fantaisiste : elle a pourtant passé, naturellement, chez Lalanne (n° 38), et même, chose plus étonnante, chez Antoine Thomas (n° 51). Quant à la qualité de juriste
, Ciboule la décline lui-même dans la conclusion de son mémoire : il était seulement, nous le savons, maître en théologie.
Les trois ouvrages modernes les plus riches en documents sûrs sont le Cartulaire (n° 59), l’Auctarium (n° 60), et le livre d’Henri-Louis Bouquet (n° 50). Je les utiliserai beaucoup23. Gaston du Fresne de Beaucourt (n° 42, 44, 47), et Noël Valois (n° 72, 76), ne connaissent guère que l’activité diplomatique du Chancelier, mais ils ont retenu, sur ce point, plus d’un renseignement important.
Notons enfin l’absence, dans cette longue liste chronologique, au moins d’un nom qui aurait dû y figurer : Ellies Du Pin. Dans sa Nouvelle bibliothèque des auteurs ecclésiastiques, t. XII (2e édition, Paris, Pralard, MDCCII), Du Pin énumère deux cent vingt-neuf auteurs ecclésiastiques qui ont fleuri en Occident dans le XVe siècle
(pp. 63-120). Tous ne sont pas célèbres. Beaucoup le sont moins que le Chancelier de Notre-Dame 103dont Launoy, qui paraît bien l’avoir rattaché arbitrairement au Collège de Navarre précisément en raison de son mérite, écrivait en 1677 : Robertus Cibollius, Parisiensis Theologus, multis inclaruit24…
Il est vrai que Du Pin, en exaltant les excellentes censures
portées par la Faculté de Théologie durant le XVe siècle, censures qu’il prétend citer intégralement25, oublie complètement l’affaire de Jeanne d’Arc26. L’ombre de Robert Ciboule aurait-elle empêché cet oubli ? Universitaire gallican, c’est Du Pin qui devrait recevoir, sans doute, le reproche que la vivacité du père Ayroles adressait, inconsidérément, à Du Boulay.
II. Manuscrits consultés
1. Archives nationales
A. — Série K :
- n° 1711 : Documents relatifs au Concile de Bâle (1435-1439).
B. — Série L :
- n° 553 : Catalogue des livres de la Bibliothèque du Chapitre de l’Église de Paris, signé par Buée, secrétaire du Chapitre, le 26 février 1790.
C. — Série LL :
Registres capitulaires de Notre-Dame :
- n° 116 = 1445-1450.
- n° 117 = 1450-1454.
- n° 118=1450-1456 (minutes).
- n° 119=1456-1460 (minutes).
Registres de Sarrazin :
- n° 241 = Canonici.
- n° 253 = Ceremoniale.
- n° 256 = De Claustro Ecclesiæ Parisiensis
- n° 265 = De pænitentiaria et cancellaria.
- n° 290 = Necrologium.
- n° 306 = De Capitulo.
C. — Série MM :
- n° 448 = Proviseurs du collège d’Harcourt.
- n° 453 = Bibliotheca Harcuriana, 1696.
1042. Bibliothèque nationale
A. — Fonds latin :
- n° 5.494 : Liber bedelli, écrit de 1421 à 143827.
- n° 8.577 : Lettres de Gérard Machet28.
- n° 15.627 ! Corpus basilense. fol. 281 r°-284 r° = relation française d’origine universitaire sur l’Assemblée de Bourges en 1438 XVe siècle29
- nouv. acq. n° 1.429 et =
Didascalicon
de Hugues de Saint-Victor. - n° 2.913
- n° 16.099 : Barthélémy l’Anglais, De proprietatibus rerum30.
B. — Fonds français :
- n° 216 : Jehan Corbichon, Le livre des propriétés des choses31.
- n° 10.448 : Edmond Richer, Histoire de Jeanne d’Arc (1625-1630)32.
III. Autres ouvrages
1. Un plagiaire de R. Ciboule
- Jean Bouchet, Les triomphes de la dame amoureuse, Louvain, J. Boyard, 1563.
1052. Sur quelques détails historiques
- Dom Antoine de La Taverne, Journal de la Paix d’Arras faite en l’abbaye royale de Sainct Vaast entre le Roy Charles VII et Philippes le Bon Duc de Bourgongne… A Paris chez Jean Billaine… MCDLI.
- Siméon Luce, La France pendant la guerre de Cent ans, Paris, 1890.
- Charles De Beaurepaire, Les États de Normandie sous la domination anglaise, Évreux, 1859.
- Auguste Longnon, Paris pendant la domination anglaise, Paris, 1878.
- Georges Grassoreille, Histoire politique du chapitre de Notre-Dame de Paris pendant la domination anglaise, Paris, 1882.
- Louis-Prosper, Gachard, Retraite et mort de Charles-Quint au monastère de Yuste, Bruxelles, 1854.
- Alfred Morel-Fatio, Historiographie de Charles-Quint, Paris, 1913.
3. Sur l’état des études, la vie universitaire et le mouvement des idées au début et à la fin du XVe siècle
- Augustin Renaudet, Préréforme et humanisme à Paris… (1494-1517), Paris, Champion, 1916 (riche bibliographie, pp. I-XLVIII).
- James L. Connolly, John Gerson, Reformer and mystic, Louvain, 1928 (bonne bibliographie).
4. Sur le Concile de Bâle
- Edmond Vansteenberghe, Nicolas de Cues, Lille, 1920 (et sa bibliographie)
- Noël Valois, pp. cit. 76.
5. Sur Guillaume de Saint-Thierry
- Pierre Rousselot, Pour l’histoire du problème de l’amour au moyen âge, dans Beiträge zur Geschichte der Philosophie und Theologie des Mittelalters, VI, 6, Münster, 1908. Appendice II, pp. 96-97.
- André Adam, Guillaume de Saint-Thierry, sa vie ses œuvres ; Thèse de Lyon, Bourg, 1923. 111 pp. in-8°.
- Léopold Malevez, S. J. La doctrine de l’Image et de la connaissance mystique chez Guillaume de Saint-Thierry ; dans Recherches de Sciences religieuses, t. XXII, 2, avril, 3, juillet 1932.
- Cf. Étienne Gilson, op. cit. n° 82. (Index p. 295.)
6. Sur Richard de Saint-Victor
- Dr. Joseph Ebner, Die Erkenntnislehre Richards von St. Viktor 106 Beiträge…, XIX, 4 Münster, 1917, 120 pp. in-8°33.
- Pierre Pourrat, La Spiritualité chrétienne, t. II, Paris, 1928, (7e mille) pp. 179-192.
- Dom J. Huyben, dans la Vie Spirituelle, t. V ; compte-rendu critique de Pourrat (n° 120) ; cf. surtout p. 305.
- Eugène Kulesza, La doctrine mystique de Richard de Saint-Victor ; thèse de Fribourg, édit. La Vie Spirituelle, s. d.
- Aimé Nicolas Fonck, dans l’article
Mystique
du Dictionnaire de théologie catholique, fasc. XC, 1e partie, col. 2613-2618. - Fulbert Cayré, Précis de Patrologie, Paris, 1930, t. II, pp. 445-45134.
- Cf. Étienne Gilson, op. cit. n° 82. (Index p. 296.)
7. Sur Barthélémy l’Anglais
- Charles-Victor Langlois, La connaissance de la nature et du Monde au moyen âge, d’après quelques écrits français à l’usage des laïcs, Paris, Hachette, 1911, pp. 114-17935
8. Sur Gerson vulgarisateur
- Marie-Josèphe Pinet, La montaigne de contemplacion. La mendicité spirituelle, de Jehan Gerson. Thèse complémentaire de Doctorat, Lyon, 1927, 105 pages in-8°36.
9. Sur l’optimisme chrétien
- Étienne Gilson, L’Esprit de la Philosophie médiévale, Gifford lectures, première série, Paris, J. Vrin, 1932, chap. VI, pp. 111-132, et notes pp. 257-267.
10710. Sur le Socratisme chrétien
- Cf. Étienne Gilson, op. cit. n° 82, chap. I, pp. 1-22, et notes pp. 227-23337.
IV. Les œuvres de Robert Ciboule
Je distingue les œuvres éditées, — latines et françaises — et les œuvres inédites — latines et françaises — parmi lesquelles je sépare celles qui sont d’une attribution certaine de celles dont l’authenticité est douteuse ou nettement controuvée.
1. Œuvres éditées
§1. Œuvre latine
Incipit :
Consideratio seu opinio venerabilis magistri Roberti Ciboule, Sacræ theologiæ professoris et cancellarii parisiensis, qui, tam ante hunc inchoatum processum, quam etiam post ejus inchoationem, requirentibus ejus consilium Dominis delegatis, scripsit super facto prædicti processus contra dictam Johannam, Rothomagi agitati prosequens quatuordecim qualitates seu qualificationes contra dictam Johannam in dicto processu et sententiis in eo contentis, attributas, non potuisse eidem Johannæ attribui vel colligi ex gestis dictæ Johannæ, dictis vel confessione prosequendo particulariter et signando unamquamque prædictarum quatuordecim qualificationum, sicut immediate in eadem opinione est descriptum.
De Puella quadam Johanna nuncupata quæ temporibus nostris, præter solitum fœminis et puellis usum, multa dixisse et miranda fecisse perhibetur38…
Ms. lat. B.N. 5.970, fol. 164 r°-174 r°39 édité par Pierre Lanéry d’Arc, op. cit. (n° 46), pp. 351-394.
108§2. Traités de spiritualité écrits en français
A. Le liure de saincte meditacion en congnoissance de soy
Il subsiste dans trois manuscrits dont deux sont à la Bibliothèque nationale, un à la Bibliothèque de Lille.
A = B.N. fr. 999.
Le liure des iustes autrement nomme de saincte meditacion compose par maistre robert ciboule chancelier de leglise nostre dame de paris.
XVe siècle, 295 mm sur 225 mm et 57 mm d’épaisseur ; relié maroquin rouge sur bois, plats aux armes de France. Au dos, titre doré en capitales : LE LIVRE DES JUSTES. Papier, 231 feuillets ; double foliotation, l’une, complète, en chiffres arabes l’autre, incomplète, en romains minuscules. Chaque page comprend, sauf quelques variations, 30 lignes de 40 à 45 lettres chacune le rectangle préparé pour l’écriture a, en général, 180 mm sur 127 mm : ces dimensions peuvent varier de 5 à 10 millimètres. L’initiale de chacun des trois livres est ornée les deux premières, lettres d’or sur fond bleu et rouge avec fleurs blanches la troisième, d’or, sur fond où est dessiné l’ichtus avec le panier. Titres de chapitres en rouge. À de très rares exceptions près, les citations sont soulignées de rouge et, jusqu’au fol. 123 v°, les références sont indiquées en marge, d’une écriture contemporaine qui paraît la même que celle du texte le plus souvent, cette manchette reproduit simplement la référence donnée dans le corps du texte sans ajouter de précision.
B = Lille n° 131.
Fol. 1 :
A noble et vertueuse dame madame de Glajon pour estreinnes de l’an souhaide bon heur son humble ministre et affectionné orateur F. Jacques Lebourgeois.
Suit une longue dédicace en vers, accompagnant le don de ce livre, qu’il avait reçu de M. Lesleu, lequel le tenait par testament de Mme de Trélon. À l’intérieur de la couverture, ex libris :
Bibliothec. maj. FF. MM. Recoll. Insul. cella 26. Littera A 10 N° 8.
Au fol. 1, on lit : O Jesu, sis michi Jesus
, suivi de la signature d’un curé d’Estaires. Au fol. 2, on lit : A Henry Lefebvre, s. du Mortier, 1620.
Fol. 2 :
Ce present volume se nomme le liure de meditacion, compose par maistre Robert Cibole chancellier de Nostre Dame de Paris.
Fol. 3 :
La vie des iustes en ce monde est exercitee en cinq choses.
Fol. 205 v° :
Recapitulacion de ce liure en general.
XVe siècle, 345 mm sur 230 mm relié bois, cuir. Parchemin, 211 feuillets, plus le feuillet préliminaire A. Au fol. 3, miniature représentant quatre Pères de l’Église. Encadrement et blason, 109écartelé aux 1 et 4 d’argent fretté de sable, aux 2 et 3 d’hermine à la croix de gueule, chargée de 5 coquilles d’or. Grandes et petites lettres ornées. (Récollets de Lille)40.
C = B.N. fr. 447
Anonyme. XVe siècle. Velin. 328 mm sur 228 mm et 123 mm d’épaisseur ; relié maroquin rouge sur bois, plats aux armes de France. 404 feuillets, reliés avec un feuillet de parchemin folioté 405 et contenant, en écriture de la fin du XVe siècle, la copie de quittances concernant un percepteur et un arpenteur du duché de Bourbonnais, délivrées à Montluçon en 1477 et 1478. Rectangle préparé pour !‘écriture 222 sur 125 mm. 25 lignes par page, 30 lettres en moyenne par ligne. Très belle écriture, citations en plus petits caractères, références en marge jusqu’à la fin. La place est partout réservée aux grandes majuscules et aux initiales, à la table des matières comme aux têtes de chapitres elles n’ont pas été exécutées. Assez nombreux cadeaux
finement dessinés. Texte très défectueux41.
On connaît de ce Traité deux éditions, du XVIe siècle toutes deux. La Bibliothèque nationale possède un exemplaire de la première et une réimpression seulement de la seconde.
1e édition, Paris 1510 B.N. Impr. Réserve D. 850.
Le livre de Meditation sur soy mesmes Composé par Maistre Robert Cybolle, chancelier de Nostre dame de Paris. Pour Simon Vostre, libraire demourant a la rue neufve nostre dame. A lenseigne sainct Jehan Leuangeliste.
Paris, 1510. Marque de Simon Vostre sur le titre. 86 feuillets à deux colonnes, petit in-folio, plus deux feuillets liminaires, titre et table caractères gothiques.
Fol. lim. r° :
Ce livre apartient aux freres Celestins de metz Frere dimenche des celestins.
V° + 2 r° table des trois parties.
Fol. 1 r° :
In hoc signo vinces.
La croix déverse ses flots de grâces sur cinq âmes pénitentes qui se tiennent debout dans un bassin hexagonal portant l’inscription : Les âmes penitentes.
Autour de la croix, sur banderoles, à gauche, ascendante : Sanguis eius super nos
, descendante : Remittuntur vobis peccata vestra
; à droite, ascendante : Miserere mei deus
.
sensuit Le Prologue de ce présent liure : Intitule le liure de saincte meditation Sur soy mesmes Premier chapitre [fol. 1 v° col. 1] En ce monde est exercee la vie des iustes en cinq choses…
Fol. 86 r° col. 2 :
Finis huius operis quod liber meditationum 110venerabilis viri, magistri Roberti cibole cancellarii beate marie virginis parisiensis dicitur completum Arzilleriis Anno domini millesimo quingentesimo decimo.
2e édition, Louvain 1556.
D’après Théodore Graesse (n° 30) et G. Brunet (n° 31), le même ouvrage aurait été réédité à Louvain en 1556, par Pierre Le Febvre, confesseur de Charles-Quint :
savante édition, augmentée, que les bibliophiles recherchent pour un motif absolument étranger au contenu du livre le libraire y a placé des lettres initiales représentant des animaux fort habilement dessinés42.
Réimpression de la 2e édition, Louvain 1596 (B.N. Impr. D 6.987.)
Le privilège placé en tête de cette édition porte la date du 28 septembre 1555 : il s’agit donc bien, très vraisemblablement, d’une réimpression.
Livre tres utile de saincte meditation de l’homme sur soy mesmes… composé par vénerable docteur maistre Robert Cibole jadis chancelier de Nostre Dame de Paris. Nouvellement reveu… par F. Pierre Le Febure… confesseur de l’Empereur Charles cinquiesme. Est adjouté et inséré à la troisiesme partie un traicté des grâces et opérations du Sainct Esprit et des oppugnations et maléfices contraires de l’esprit maling. Autheur le susdit F. Pierre. A Lovain aupres d’A.M. Bergangne 1596.
In-4°, XX-383 pages. P. 16, sept distiques de Jean Gallot, d’Arras, résument l’ouvrage de Ciboule et l’entreprise du F. Pierre43.
111B. Le liure de perfection
Trois manuscrits, dont deux à la Bibliothèque nationale et un à la Bibliothèque de Cambrai.
A = B.N. fr. 1.841
XVe siècle. 170 mm sur 240 mm et 48 mm d’épaisseur relié maroquin rouge sur bois plats aux armes de France. Au dos, titre doré en capitales : TRAITE DE PERFECTIO
(sic). Parchemin, 199 feuillets. Chaque page comprend 28 lignes de 35 lettres en moyenne. Rectangle préparé 104 mm sur 150 mm.
Fol. 1 v° :
Traicte de perfection humaine laquelle consiste en charite compose par Maistre Robert ciboule docteur en theologe (s.) Auec vne Exposition de Muliererem (s.) fortem quis inueniet, faicte par Maistre Jean de boiry euesque de meaulx44.
Fol. 3 r° :
Bibliothecæ regiæ 7866 [ancien 920].
ci commence le traictie de perfection fait par maistre Robert Cybole maistre en theologie. Prologue… [rubriqué, lettre d’or.]
Fol. 3 r°-9 : Prologue
.
13 v°-25 r° : De crainte de Dieu
.
25 r°-36 v° : De compunction de cuer
.
36 v°-55 v° : De contempnement du monde
.
55 v°-76 r° : De la vertu dumilite
.
76 r°-91 r° : La mortification de sa propre voulente.
91 r°-100 r° : De la purificacion de son cuer.
100 r°-129 r° : De la fructificacion de vertus
.
129 r°-147 v° : Du tiers estat cest assauoir de parfaicte charite
.
147 v°-166 r° : De charite du prochain
.
(166 v°-199 r° : Exposicion de Mulierem fortem quis inueniet
.)
B = B.N. fr. 13.277.
XVe siècle. 154 mm sur 230 mm et 35 mm d’épaisseur. Reliure moderne (1894). Au dos, titre en capitales : ROBERT CIBOULLE
. Parchemin. 123 feuillets plus quatre blancs préparés pour l’écriture rectangle 88 à 90 mm sur 140 mm. 29 lignes à la page, 40 lettres en moyenne par ligne.
Fol. 1 r° : Bibliothèque royale
. Une seconde main a écrit : Cest le liure Du chemin de la perfection crestienne
; et la première : Cy commence le liure de la perfection crestienne45
. Lettre bleue sur fond d’or. Texte défectueux. Corrections marginales jusqu’au fol. 19 r°.
112Fol. 123 r° : Cy finist le liure de perfection fait par Robert Ciboulle. Ingigne maistre en theologie. chanoine de paris et chancelier dicelle. Priez dieu pour luy.
C = Cambrai n” 241.
XVe siècle. 260 mm sur 185 mm. Parchemin. 2 et 149 feuillets. Initiales de couleur avec or. Relié veau. Recueil de plusieurs traités mystiques en français.
Fol. 1-120 r° :
Cy sensuit ung traictie intitule le Liure du Chemin, ouquel sont contenus pluseurs chapitres, alegacions et doctrines, et est comme ung pelerinage pour cheminer par le chemin des vertus en delaissant et eschieuant la voye des vices et pechiez comme il sensuyuent.
Table des chapitres. Début :
Perfection de la vie crestienne est en la vertu de charite.
Fin :
Cy fine le liure nomme le Chemin de perfection, fait par maistre Robert Cybole, docteur en theologie et chancelier et chanoine de Paris, et doyen d’Eureux. Priez pour lui46.
Deux éditions du XVIe siècle, toutes deux à la Bibliothèque nationale.
Édition sans date : B.N. Impr. Réserve D 80.189, in-8°, s. d.47.
Le livre de la perfection de la vie crestienne, compose par maistre Robert Cibole, docteur en theologie, chanoine et penancier de l’église de Paris. Paris. Philippe Pigouchet pour Simon Vostre.
Édition sans date : B.N. Impr. Réserve D 5.559.
La perfection de la vie chrestienne.
Cy fine la parfection de la vie chrestienne fait par Robert Cybole, indigne maistre en thélogie (s.), chanoine de nostre Dame de Paris et chancellier dicelle église.
Imprimé à Paris par Gilles Couteau. Paris, s.d. in-4°, sign. b-p. caractères gothiques planche gravée, marque de Gillet Couteau sur le titre48.
2. Œuvres inédites
§1. Manuscrits qui les contiennent
A = B.N. latin 1.500.
Corpus Basilense, in-folio, contenant des pièces copiées à Bâle pour le roi de France. Le secrétaire de la République de Bâte atteste leur authenticité le 14 février 1725. D’après le Catalogus… (n° 14), p. 132 :
113Codex chartaceus quo continetur… 7° Martini Bernier et Roberti Ciboli capucinorum epistola cardinali Arelatensi, Basileensis Concilii Præsidenti.
B = B.N. latin 1.517.
Même origine, même format, même destination, même attestation du 28 juin 1724 :
Literas et alia miscellanea ad concilium Basileense pertinentia.
N° 14, p. 141 :
Codex chartaceus quo continetur… 18° Littera M. Bertineri et Rob. Cibolæ ad Episcopum Lubicensem.
C = Laon 436.
XVe siècle. Papier in-4°. Provient de N.-D. de Laon :
Questiones in Aristotelis politica.
Au-dessous de l’explicit, et d’une autre main :
Lectura magistri Roberti Cybolli in theologia excetlentissimi professoris.
D = B.N. fr. 1.029.
XVe siècle. 200 mm. sur 292 et 43 mm. d’épaisseur plats aux armes de France. Titre au dos en capitales dorées : RELOIGE DE SAPIENCE
. 223 feuillets plus 3 et 2 blancs. Codex Colb. 1356, Regius 7328.3. Papier, à deux colonnes de 64 mm sur 188 à 192 mm, comportant chacune soit 34-35 lignes, soit 44-45, avec 25 a 30 lettres par ligne pas d’ornements, initiales omises. Premier folio, non paginé :
Sermons de maistre Jehan Gerson chancelier de nostre Dame de paris et docteur en theologie.
Plus bas :
Jac. Aug. Thuani49.
Fol. 1 r° :
Iste liber pertinet chartusiensibus prope parisius.
Contient vingt et un sermons de Gerson, cinq qui sont attribués expressément à Robert cibole
par le rédacteur de la table des matières (même main que le reste du ms.) et, intercalés entre le premier et le second de cibole
, deux sermons : et de ces deux derniers nescio actorem
(fol. 223 v° col. 2).
E = B.N. fr. 1.762.
XVe siècle. 162 mm sur 240 mm et 26 mm d’épaisseur. Reliure du début du XIXe s. N
et couronne impériale au dos. Titre en petites capitales dorées : OPUSCULES DE CIBOULE
. Parchemin, 94 feuillets rectangle d’écriture 94 mm sur 150 mm, 32 lignes à la page, 45 à 50 lettres par ligne.
Fol. 1 r° le nom du possesseur : Brodeau
.
Fol. 1 v° : une main du XVIIe siècle a inscrit en tête :
Et Me Robert cibo~e docteur en theologie, chancelier de l’Universite de Paris et doyen d’Eureulx, fit en l’an 1456 un liure exprez contre 114ceulx qui auoient déclare la pucelle Jeanne hérétique. Pasquier liu. 6 des recherches de la France. chap. 5 de la derniere édition de 1621. p. 464.
Contient trois opuscules de Ciboule.
F = Arsenal 2.109.
XVe siècle. 212 mm sur 145 mm et 60 mm d’épaisseur. Relié parchemin blanc. Au dos (main du XVIIe s.) : Cibole, ou Cihoulle Traite de morale François
et, sur étiquette plus ancienne, à demi effacée, déchirée sur toute sa largeur : Plures T…ctactus D. Cibole p…arius parisiensis.
Sur le dernier plat extérieur (main du XVe s.) : Plures tractatus domini Cibole penitentiarii parisiensis. 86 + C.
371 feuillets, plus fol. A-D. fol. de garde + A r°-v° reste de feuilles de comptes où il est question de Clément VI.
Fol. B r° : Sensuit la table de ce present volume. Le quel est des celestins de paris.
Papier. Lignes préparées au crayon, rectangle de 88 mm sur 142 mm et de 27 lignes. Composé de quatre cahiers au moins :
Fol. 1-153 v°, et 164 r°-197 r° même main, soignée initiale bleue sur or.
Fol. 154 r°-163 v° autre main, expédiée, initiales rouges ; 23 lignes, non préparées.
Fol. 198 r°-210 r° autre main sans initiales.
Fol. 211 r°-271 r° autre main, semblable à la première. Contient un opuscule et deux sermons expressément attribués à Ciboule.
G = Mazarine 954.
XVe siècle. 144 mm. sur 217 mm. et 33 mm. d’épaisseur. Au dos, titre moderne en noir : CIBOULE. TRAITE DE LA CONSCIENCE
. 146 feuillets, papier, rectangle d’écriture 92 mm sur 143 mm, 25 à 37 lignes à la page, 30 lettres par ligne écriture cursive.
Fol. A v° :
Volumen signatum per 139.6 Celestinorum beate marie de parisius,
Tabula de contentis in isto volumine
Le liure de conscience compile par maistre Robert ciboule
La exposicion dudit maistre robert sur leuangile missus est angelus gabriel adeo
Tractatus de ascensionibus.
H = Mazarine 993.
XVe siècle, deux dates précises sont indiquées par le copiste fol. 10 r° : Scriptum… 1471
et fol. 84 r° : …1480
Reliure et titre modernes : VARII THEOLOGICI TRACTATUS
. Papier, 173 feuillets, 215 sur 139 mm et 33 mm d’épaisseur ; rectangle d’écriture 92 mm sur 159 mm, 39 lignes à la page, 35 lettres par ligne.
115Fol. 2 r° : Iste liber est monasterii celestinorum beate marie de parisius. sign. + 205.
Fol. 2 r°-v° : Table 49 traités, opuscules, prières ou récits de miracles touchant le sacrement d’Eucharistie.
Contient un sermon attribué à robert cibole
.
I = Sainte-Geneviève 1.506.
XVe siècle. 217 mm sur 144 mm ; reliure en cuir gaufré ancienne, 188 feuillets. Intégralement consacré à un sermon de la passion
par Robert Ciboule.
K = Angers 269.
Fin du XVe siècle. 213 mm sur 148 mm Parchemin. 149 feuillets. Reliure parchemin. Initiales peintes et dorées. Dominicains d’Angers. Opuscules de piété.
L = Lyon 1.243.
XVe siècle, 158 mm sur 117 mm. Couvert parchemin. 36 feuillets initiales de couleur. Contient un sermon de R. Ciboule.
M = Cambrai 578.
XVe siècle. 298 mm. sur 213 mm. Relié veau. 1 et 166 feuillets. Papier, appartenait à Saint-Aubert dès le XVIe siècle. Sermons de Gerson et Ciboule.
N = Corbeil 2.
XVe siècle. 255 mm. sur 175 mm. 101 feuillets, parchemin, initiales de couleur, une petite miniature au premier feuillet. Relié veau. Contient deux opuscules de piété50.
§2. Classement et attribution des œuvres inédites
Ces treize manuscrits contiennent quatre œuvres latines et trente-six œuvres françaises qui ont été plus ou moins expressément attribuées à Robert Ciboule. L’examen de la tradition manuscrite va nous permettre une rapide et suffisante discussion de leur authenticité.
I. Œuvres authentiques
On peut attribuer avec certitude à Ciboule seize œuvres inédites, trois latines : un commentaire et deux lettres ; — et treize françaises : quatre opuscules et neuf sermons.
A. — Œuvres latines :
- C :
Questiones in Aristotelis politica. Recommendacio huius libri politicorum cum omnium artium.
Desinit :Et hec de presenti questione et de isto octauo libre politicorum Aristotelis.
Au-dessous de l’explicit et d’une autre main :Lectura magistri Roberti Cybolli in theologia excellentissimi professoris.
- A et B : Deux lettres politiques, écrites en collaboration avec Martin Berruyer, doyen de Tours :
- L’une, B, fol. 60 r°-v°, adressée de Lyon, le 8 juillet 1439, à l’évêque de Lübeck, orateur du roi des Romains au Concile de Bâle ;
- L’autre, A, fol. 1 et 2 (la foliotation des diverses pièces du ms. est indépendante), écrite de Florence, le 8 août 1439, au Cardinal Aleman, président du Concile51.
117B. — Œuvres françaises :
Opuscules :
- E, fol. 3 r°-28 r° :
La pseaulme de beatus vir translatee de latin en francoys par maistre robert ciboule chancelier de nostre dame de paris. R. C.
- E, fol. 29 r°-65 r°
G, fol. 1 r°-57 r° = Le livre de bonne et de mauvaise conscience.
E, 29 r° :Cy commence le chapitre de bonne conscience fait par maistre robert cyboule chancelier de nostre dame de paris et doyen de eureulx. R. C.
45 r° :Cy commence le chappitre de mauluaise conscience fait par Me robert ciboule dessus nomme R. C.
G, fol. 57 r° :Explicit liber de consciencia celestinorum de parisius.
- E, fol. 66 r°-94 v° :
Ci commence le bien commun qui peut a tous proufiter est plus desirable et doit estre prefere au bien priue et particulier. R. C.
se termine par une prière qu’il ne faut pas en détacher pour en faire un opuscule à part fol. 92 v° :… ie diray a mon redempteur deuant que ie soie despoillee de ma cher que ie respondray en fourme doroison.
Fol. 94 v° :
Censuit loroison de lame soy complaignant a dieu alencontre de la cher/Dieu tout puissant nostre seigneur ie te prie tresdeuotement.… en la quelle tu regnes ung dieu glorieux aueques le pere et le henoit saint esperit Amen.
- F, fol. 86 v°-91 r° :
Response a la demande d’une noble dame faite par maistre R. Cyboulle M. en theologie, acteur de ce liure. Vostre question tresutile qui demande quest peche mortel. A bien le comprendre pressuppose deuant soy la congnoissance de trois petiz articlez. Le premier est quest peche. Le second comment se diuise en sa grande diuision peche. Le tiers commement (s.) se prent la mort en la saincte escripture.
Sermons :
- G, fol. 58 r°-93 v° :
Exposicio euangelii missus est a magistro Roherto ciboule, cancellario Beate marie de Parisius. Missus est angelus gabriel… quant la plenitude du temps fut venue ainsi comme dit saint paul…
fol. 58 v° :prenons par ordre le texte de nostre hystoire ainsi comme saint lue la raconte.
fol. 93 v° :affin que tous ceulx qui croient en luy ne perissent mais ayent vie perdurablement Il nous exaussera qui 118croions a luy du parfond du cuer qui a voulu descendre au parfond de ceste valee de larmes nostreseigneur jhesucrist qui viuit et regnat deus in secula seculorum Amen./Explicit/(autre main) : Explicit expositio euangelii. Missus est a magistro Roberto ciboule cancellario beate marie de parisius./Celestinorum beate marie de parisius…
- D, fol. 153 r° col. 1-166 r° col. 152 :
Item vng sermon le jour de penthecoste par me robert cibole thenme53 Quoniam filii dei estis… qui vautt autant a dire en commun langaige pour ce que vous estez filz et fillez de dieu.
- D, fol. 181 r° col. 2 inc.-193 r° col. 2 inc.
H, fol. 91 r°-114 r°
L, fol. 1-36 = M, fol. 142 v°-166 :Item vng tresdeuot sermon du sacrement de lautel par ledit cibole. thenme Qui manducat. Ce sont les parolles nostreseigneur jhesucrist reciteez par son euuangeliste monseigneur sainet jehan.
D, 193 r° :Saciabor cum apparuerit gloria tua je seray saoule et sacie quant ta gloire sera magnifestee et cierement donnee, quam gloriam nobis prestare dignetur ipse deus gloriosus amen.
- D, fol. 193 r° col. 2 med. - 197 r° col. 2 inc.
M, fol. 132-139 v° :Item vng sermon sur leuangile du vendredi dez quatre temps de laduent par ledit cibole. thenme Exurgens maria… Ce sont les parolles du sainct… euuangeliste nostreseigneur saint luc.
D, 197 r° :jhesus et sa doulce mere et jehan et la sienne auec le sainet zacharie et tous les autres sainctz soient auec nous en notre aide. amen.
- D, fol. 197 v° col. 1 med.-203 r° col. 1
F, fol. 265-271 v° (incomplet) = M, fol. 118 v° :Item vng sermon de perdre et trouuer dieu sur leuangile de dimenche dedans lez octauez de lepiphanie par ledit cibole thenme post triduum etc.
Ces parolles sont escriptes en leuuaugile saint lue.
D, 203 r° :cest assauoir ycy par grace et aprez par gloire en éternelle vision de paradis Ipso concedente qui est verus deus homo ihesus christus amen.
- D, fol. 212 v° col. 1 med.-218 r° col. 2 fin.
F, fol. 224-237 (ajoute :In ramis palmarum in sancto seuerino…
) :Item vng sermon sur leuangile qui se dit le jour de pasquez fleurez a la beneisson 119des palmez fait par le dessus dit cybole. thenme. plurima autem turba. Les orateurs et les poetes anciens54.
D, 218 r° :dieu nous donra les biens de la terre et aurons cy paix en terre et lahault in excelsis quod ipse prestare dignetur dominus ihesus christus amen.
- F, fol. 95-119 v°. Sermon de la dédicace des églises :
Terribitis est locus iste… ce sont les parolles du saint patriarche et prophete iacob…
119 v° :Fait a paris a la benoite eglise de monseigneur sainct paul le dernier iour dauril lan mil IIIIC XLVI. R. C. ihesus. aue maria gracia plena.
- 8. F, fol. 251-265 r° :
Eratis sicut oues errantes. Pour ce que de nous sans layde de dieu nous ne pouons pas entendre.
265 r° :Per eximium sacre theologie professorem magistrum robertum cybole penitenciarium parisiensem.
- I, intégralement :
Sermon de la passion… fait par maistre robert cibole docteur en theologie et pronuncie a paris a saint iaques de la boucherie lan 1442… Posuerunt aduersum me mala pro bonis et odium pro dilectione. ce sont les parolles de nostreseigneur ihesucrist dictes par la bouche de dauid le prophecte…
Fin :a toy sire soit gloire et loenge et action de graces ou siècle des siecles. Amen.
II. Œuvres d’authenticité douteuse
Attribuées à R. Ciboule par les catalogues ou par divers auteurs55, je les range par ordre de probabilité décroissante.
120Œuvres françaises :
Les sermons et divers opuscules contenus dans le manuscrit F méritent peut-être un traitement de faveur. Nous avons déjà lu, en effet, la rubrique qui désigne Robert Ciboule comme acteur de ce liure56
. Il n’en résulte pas qu’il soit l’auteur
, au sens moderne du mot, de tout ce que le livre renferme nous verrons qu’une pièce au moins, et considérable, n’est certainement pas de lui. Mais il se peut que nous ayons là un recueil de sermons et de traités compilé
par Ciboule lui-même qui y aurait inséré quelques-unes de ses œuvres, recueil qui aurait subi des remaniements par l’adjonction de nouveaux cahiers, en attendant la reliure, ou au moment de la reliure, avant la fin du XVe siècle. Il me paraît d’ailleurs impossible de préciser davantage et de déterminer ce qui a le plus de chances d’appartenir à Ciboule57.
- F, fol. 119 r°-152 r° : Sermon des sept dons du Saint-Esprit, même incipit et explicit que :
D, fol. 170 r° col. 1-181 r° col. 1 :Item vng sermon du sainct esperit ouquel sont deuotement declairez les VII dons du sainct esperit thenme. Ascendisti in altum58.
170 r° : :… quant vng hault homme roy ou empereur.
181 r° :le present que vous mauez enuoye cest paradis59. Lesquielz sept dons yceluy saincl esperit nous vueille a tous donner Amen.
- F, fol. 62-74 r° :
Sermon de laduent.
- F, fol. 83-86 v° :
Cy ensuiuent X signes par lesquelz peuent congnoistre. les deuotes ames se ilz aiment nostreseigneur.
- F, fol. 91 v°-95 r° :
Cy sensuiuent le liure des contemplacions et meditacions de monseigneur saint bernard et de monseigneur saint augustin.
- F, fol. 154-160 v° :
Cy commence la vie monseignour saint iehan baptiste.
- 121F, fol. 160 v°-163 v° :
Cy apres sensuit la legende de monseignour saint cristophe.
- F, fol. 163 v° :
Une doctrine comprinse sur les II legendes dessusdictes
(en octosyllabes). - F, fol. 164-174 : Meditacion sur la mort.
- F, fol. 190-193 : Conseils d’abandon pour qui entre en religion.
- F, fol. 193-196 :
Cy sensuiuent les poins par lesquieulx on peut auoir paix en conscience.
- F, fol. 198-211 73 oraisons (en forme de collectes liturgiques) adressées à Jésus,
bon
,doulx dieu
,roy
, etc. - F, fol. 211-224 :
Sermo in passione domini apud sanctum germanum anthisidiorensem.
- F, fol. 237 v°-251 :
Sermon. Ibi eum videbitis.
- F, fol. 196 v°-198 :
Ce sont les IX paroles que prescha une fois maistre hebert de coulogne euesque et maistre en theologie.60
- M, fol. 139 v°-142 r° :
Chy sensieut ung tresutile traitie pour esmouuoir les crestiens a oir volentiers et deuottement la messe61.
- D, fol. 166 r° col. 2-170 r° col. 1 :
Item vng sermon de la vigile de penthecouste. thenme paraclitum62.
- N, fol. 1-94 :
Cy commence le liure qui est nomme le trésor a lame.
- N, fol. 95-101 :
Très chiere et amee seur. la première sur toutes aultres choses elle doibt amer63.
III. Œuvres inauthentiques
A. — Œuvre latine :
G, fol. 94 r°-146 v° : Opuscule64 : Incipit deuotus tractaculus de spiritualihus ascensionibus capitulum primum.
— Explicit 122Tractatus de asscensionibuz (s.) Celestinorum beate marie de parisius.
Trois sermons doivent être retirés de l’héritage littéraire prêté à Ciboule pour être restitués à Gerson65.
- F, fol. 174 v°-190 r°=K, fol. 132-149, sauf que F est anonyme. K :
Ensuit le texte du cinquiesme chappitre de lepistre saint pol ad galathas des fruis de lesperit.
Texte latin, puis :Deuote exposicion faite par maistre robert cibole. Pour congnoistre les douze fruis de lesperit.
C’est identiquement le même que D, fol. 17 v° col. 1-fol. 24 r° col. 2, attribue expressément à Gerson. - F, fol. 1-42 :
Sermon ou dialogue du frere et des cinq sœurs… Frere germain par lignage charnel mais plus par espirituel…
C’est le célèbre opuscule adressé par Gerson à ses sœurs. - F, fol. 42-62 : :
Cy sensuit vng sermon des anges fait par ledi docteur en leglise sainct pol… Factum est prelium… En ceste feste solennelle qui fait commemoracion des benoitz angles…
Ledi docteur
doit être l’auteur du dialogue qui précède : c’est Gerson.
IV. Œuvres perdues
A. — Œuvre latine :
Exposicio epistolæ ad romanos
, d’après Le Batelier d’Aviron (n° 6), qui écrivait vers 1660 : a escrit un commentaire sur les epistres de St Paul, dont le manuscrit se voit en la bibliothèque du chapitre d’Évreux
(p. 132) et B. de Montfaucon (n° 13), p. 1365 : Expositio Epist. ad Romanos.
B. — Œuvre française :
Le manuel aux filles d’après Robert Ciboule, Le liure de perfection, ms. A, fol. 92 r° :
Adoncques il est venu iusques a lextirpacion et expulsion facile de tous empeschemens vicieux soit de cogitacion ou affections creantes a pechie et de la maniere de les expeller y sera dit a present aucune chose et briefuement, car de ceste matiere jai parle en vng autre petit liuret intitule le manuel aux filles, a la requeste et instruction dune fille qui mest bien chiere en ihesucrist.
(C’est moi qui souligne.)
1233. Date des œuvres de Robert Ciboule
Quelques dates sont fournies par nos documents ; malheureusement, les Registres capitulaires ne renferment aucune allusion à l’activité littéraire du chanoine, du pénitencier, puis du chancelier. On peut distinguer :
A. — Dates certaines :
- 1439, 8 juillet : lettre à l’évêque de Lübeck ;
- 1439, 8 août : lettre au cardinal Aleman ;
- 1442 : Sermon sur la passion ;
- 1445 : Sermon sur le Saint-Sacrement, prononcé sans doute de nouveau en 1446 ;
- 1446, 30 avril : Sermon de la dédicace des églises ;
- 1453, 2 janvier : Opinio sur Jeanne d’Arc.
B. — Dates probables :
Si le Commentaire d’Aristote remonte aux années de la maîtrise ès arts et celui de saint Paul au deuxième cours de théologie, on aurait :
- 1424-1425 : Commentaire sur la Politique d’Aristote ;
- 1433 : Commentaire sur l’Épître aux Romains ;
- Entre 1449-1451, vraisemblablement, tout le recueil F, qui ne connaît que le Pénitencier.
- Peut-être après 1451, et certainement dans l’ordre suivant : Le liure de saincte meditacion en con~notssance de soy, Le liure de perfection ; car le second cite le premier.
- Le manuel aux filles, certainement antérieur au Liure de perfection, ne peut être daté par rapport au Liure de saincte meditacion.
Pour les autres sermons et opuscules, toute précision serait arbitraire.
Notes
- [1]
Étienne Gilson, L’Esprit de la Philosophie médiévale, Gifford lectures, deuxième série, Paris, J. Vrin, 1932, p. 233 (n. 32 au chapitre I). — Mon étude sur R. Ciboule dépend essentiellement du cours professé par M. Étienne Gilson en 1932 à la Faculté des lettres de l’Université de Paris : ce cours m’a permis en effet de rattacher mon auteur à un courant de pensée défini et, par conséquent, de le comprendre.
- [2]
C’est au regretté abbé Charles que revient l’honneur d’avoir découvert le Chancelier inconnu et pressenti son importance. Je dois à la confiance de M. l’abbé J. Calvet et à la libéralité de M. de Gigord la communication d’une partie de ses papiers : je les prie de vouloir bien trouver ici l’expression de ma vive reconnaissance. Il va sans dire, d’ailleurs, que j’ai repris toute l’enquête. Mes recherches ont plus d’une fois bénéficié des suggestions heureuses de M. l’abbé R. Carton : qu’il soit, lui aussi, remercié, ainsi que le Docteur et Mme E. Buisson, l’Œuvre de l’Encouragement des Études supérieures dans le Clergé, sans lesquels je n’aurais pu songer à étudier le témoignage de Robert Ciboule.
- [3]
J’élimine délibérément de cette bibliographie tout entière tous les ouvrages relatifs à l’histoire des faits, des institutions ou de la pensée au XVe siècle où j’ai vainement cherché le nom de Ciboule, il me paraît inutile d’accumuler, à propos de chaque personnage d’une période donnée, toute une bibliothèque ad omnia — patrologies, dictionnaires, Histoire littéraire de la France, manuels divers — dont il est bien entendu que l’on ne peut se passer. Je consacre la troisième section à l’indication de quelques livres qui ignorent Ciboule, mais qui sont particulièrement utiles pour aider à le comprendre, ou à le replacer dans son cadre historique.
- [4]
Ces admirables érudits ont privé Ciboule d’un rayon de gloire : une fausse lecture les a conduits à transformer son nom en
Erboule
, créant ainsi de toutes pièces un personnage qui n’a jamais existé : cf. même ouvrage, Index (non paginé) :Robertus Erboule, vir doctus.
L’Amplissima collectio de Jean-Dominique Mansi, t. 31 A, col. 40, copie Martène :Erboule
. Pour la discussion de cette erreur certaine, cf. p. 129, note 1 (note 98). - [5]
Le premier tome est daté [de 1908], le tome 41 est de 1920, [le tome 70 et dernier, de 1930].
- [6]
En raison de son caractère même. Cf. Charles-Victor Langlois, La vie en France au Moyen Age de la fin du XIIe au milieu du XIVe siècle… d’après des moralistes du temps, Paris, Hachette, 1926. Introduction, p. XI :
Toute cette littérature pieuse — méditations, exhortations,
doctrinaux
, instructions, oraisons, etc. — plus ou moins teintée de mysticisme, aboutit plus tard à l’Imitation (sic). Il serait intéressant, au point de vue de l’histoire littéraire (dont la littérature d’édification en prose française est certainement, de nos jours, le canton le moins exploré), d’en dresser l’inventaire raisonné, pour l’embrasser ensuite d’un coup d’œil. - [7]
Cf. Bibliographie, pp. 119-122 : œuvres douteuses et inauthentiques.
- [8]
Gröber, op. cit., p. 1166 :
… Hss ferner Bibl. nat. 999. 13277 ( ?) (sic)
Ce point d’interrogation est de trop qu’il s’agisse de l’œuvre contenue en ce manuscrit ou de son attribution à Ciboule, il n’y a pas lieu de douter, car c’est le Liure de perfection ; cf. pp. 111-112. Mais la juxtaposition de ces deux cotes est injustifiée : il y a là deux œuvres différentes.
- [9]
Je signale cependant qu’il ne m’a pas été possible de consulter à temps trois ouvrages allemands indiqués par Alfred Leroux (n° 53), p. 315, n. 6, et où se trouveraient peut-être quelques traces de l’activité de Ciboule à Bâle en 1438-1439 :
- Adolf Bachmann, Die deutschen Könige und die kurfürstliche Neutralität (1438-1447) : ein Beitrag zur Reichs- und Kirchengeschichte Deutschlands Archiv für österreichische Geschichte, t. LXXV, Vienne 1889 et p. 318, n. 2.
- Johann Joachim Müller, Reichstagstheatrum unter Kaiser Friedrich, I, part. IV.
- Wilhelm Puckert, Die Kurfurstliche Neutralitat Wahrend Des Basler Concils.
Mais Gabriel Pérouse, Le Cardinal Louis Aleman, Paris, 1904, ignore Ciboule.
- [10]
Cf. Bibliographie, p. 123 et Biographie, p. 153.
- [11]
Distraction impardonnable, dont Paulin Paris (n° 22), avait déjà décelé l’origine : La Croix-du-Maine a confondu Ciboule, auteur du Livre de saincte meditacion, avec son éditeur de 1556, le F. Pierre Le Febvre, qui était bien, lui, confesseur de l’Empereur.
- [12]
Il ne s’agit ici que d’erreurs qui proviennent de distractions ou de pures fantaisies, non de lacunes de documentation. Ainsi, nous constatons, de Launoy à Chevalier, des variations sur la date de la mort 1458, 1459 ou 1460. Or, les Registres capitulaires de Notre-Dame la déterminent sans discussion possible : 1458. On a négligé de les consulter. Les notes biographiques s’efforceront de réparer ces négligences.
- [13]
Jean-Baptiste-Joseph Ayroles (n° 48), p. 372 ; Belon et Balme (n° 54), p. 59, n. 1.
- [14]
Cf. Paul Joanne, Dictionnaire géographique et administratif de la France, Hachette, 1899, t. V, p. 3123. Deux villages portent ce nom, l’un dans la Drôme, l’autre dans la Meuse.
- [15]
Théodore Lebreton (n° 26), p. 313.
- [16]
C’est-à-dire, dans le
pays de la Haute-Normandie compris aujourd’hui dans le département de l’Eure et pour une très petite part dans le département de l’Orne. Les principaux centres de population sont… Breteuil et Damville au S. E.
(Joanne, op. cit., p. 3114). - [17]
Ayroles (n° 48), p. 273, n. 1.
- [18]
C’est le n° 10 de ma bibliographie.
- [19]
Ayroles (n° 48), p. 272. U est vrai que Du Boulay a oublié Ciboule dans sa table des noms propres mais p. 921, il le nomme comme Recteur.
- [20]
Du Boulay (n° 7), p. 600 (ce qui, d’ailleurs, n’est pas tout à fait exact puisque Gerson était intervenu dès 1429, et d’autres depuis) :
Ianæ Puellæ defensionem primus omnium scripto suscepit M. Robertus Ciboullus tunc Cancellarius Parisiensis.
- [21]
Gröber (n° 68), p. 1166 :
Ciboule war der erste der in einer Streitschrift für die Jungfrau von Orléans eintrat.
- [22]
Gröber, loc. cit. (suite du texte) :
… und wirkte aïs Gesandter Karls VII auf dem Kostantzer Konzil.
Antoine Thomas (n° 51), suivi par John A. Ryan (n° 74), corrige en
Bâle
. - [23]
On ne saurait trop s’étonner de ne pas les trouver dans la liste de douze numéros dressée par Ulysse Chevalier (n° 70, 2e éd. 1905) on y rencontre Walter Arthur Copinger (n° 63) (postérieur d’un an à Denifle) qui se voit d’ailleurs attribuer assez gratuitement une erreur de bibliographie ; le t. IV du Cartulaire est cité dans quelques notices il aurait donc pu être introduit ici.
- [24]
Jean de Launoy (n° 8), p. 568.
- [25]
Ellies Du Pin, op. cit., chap.8, pp. 141-153.
- [26]
Pour établir la biographie de Ciboule et commencer à étudier son influence.
- [27]
Utilisé par Denifle (n° 59) pour toute cette période.
- [28]
Ce recueil contient quatre lettres adressées par le confesseur du roi à son ami Ciboule, entre 1439 et 1442. Ce sont des réponses à des lettres écrites, en bien plus grand nombre, par Ciboule : je n’ai pu trouver aucune trace de ces documents qui auraient été si précieux pour moi. Les lettres de G. Machet ont été connues et utilisées par Denifle (n° 59), et Noël Valois (n° 72 et 76). Je leur emprunterai à mon tour : mais je dois prévenir qu’il reste peut-être quelques détails à relever dans tel ou tel de ces folios compacts ; il est parfois question de R. Ciboule dans des lettres écrites à des tiers, et c’eût été une autre étude que de poursuivre partout les moindres allusions.
- [29]
C’est le document édité par Martène (n° 11), cf. p. 95, n. 1 (note 4) et Mansi. Noël Valois (n° 72) a corrigé l’erreur de lecture et restitué le nom de Ciboule. Cf. Biographie, pp. 128 et 129, n. 1 (note 98).
- [30]
Je n’ignore pas que l’œuvre de Barthélemy a été très souvent éditée : Charles-Victor Langlois, La connaissance de la nature et du monde (n° 125), pp. 121-123, signale quatorze éditions incunables et une réédition, encore, en 1609. Mais, pour étudier les sources de Ciboule, j’ai préféré à toute édition ce manuscrit, l’un des deux exemplaires qui appartenaient la Sorbonne et qui a eu des chances de se trouver entre les mains de mon auteur.
- [31]
La traduction française du De proprielatibus… a connu, elle aussi, un très grand succès cf. Charles-Victor Langlois (n° 125). Mais, pour cet ouvrage comme pour le texte original, j’ai mieux aimé étudier un des manuscrits du type de celui que lisait Ciboule, que l’une des nombreuses éditions, qui succédèrent, jusqu’en 1556, à celle de Mathieu Husz, à Lyon, en 1482.
- [32]
C’est le très important ouvrage imprimé pour la première fois par Philippe-Hector Dunand en 1911-1912 (n° 77, 78).
- [33]
Bien que l’analyse des textes de Richard relatifs à la contemplation soit loin d’y être exhaustive, cette étude me paraît serrer de très près la position exacte du grand théoricien mystique sur la connaissance de Dieu dans son image.
- [34]
Le père Cayré se refuse là, p. 450 n. 9, mais avec une réserve vraiment excessive, à suivre l’interprétation extrême et massive proposée par Pierre Pourrat (n° 120).
- [35]
Seule, l’édition de 1911 fait place à Barthélemy l’Anglais et à son traducteur Jean Corbechon (ou, d’après certains manuscrits, Corbichon). L’édition de 1926 les a abandonnés.
- [36]
Mlle Pinet écrit, p. 16 :
D’édition française du Livre de la montaigne de Contemplacion, il n’en existe aucune et il est fort probable qu’il n’en a jamais existé.
Il est, au contraire, certain qu’il en existe au moins une cf. Marie Pellechet, Catalogue général des incunables, Paris, 1909, III, 581, n° 5236, qui ne donne pas, d’ailleurs, une description parfaitement exacte, ainsi qu’on peut s’en convaincre en examinant l’exemplaire qui se trouve à la Bibliothèque nationale, Vélins, imprimé chez Antoine Vérard. en 1505. Cette date est proposée par John Macfarlane, Antoine Vérard, London, 1900, p. 94, n° 190.
- [37]
Aux témoignages réunis dans ces notes on peut joindre une phrase capitale de Gerson, citée et traduite en ces termes par James L. Connolly (n° 114), p. 133 qui ne semble pas en percevoir toutes les résonances :
A corollary to this teaching was his insistence upon the value of self-scrutiny and self-knowledge. No man he called learned who does not know himself. To know one’s self is to know one’s Theology.
N. 3 :
III, 1384 : Qui seipsum cognoscit, vitamque suam omnem, is novit Theologiam.
Après cette traduction ambiguë, et probablement erronée, la suite du paragraphe abandonne ce thème.
- [38]
Ce texte est emprunté à l’édition Lanéry d’Arc (n° 46), p. 351.
- [39]
Je ne m’attarde pas à la description des manuscrits où se lit cette consultation : on la trouvera, faite de main de maître, dans le récent ouvrage de M. Pierre Champion (n° 81). Je ne m’arrête pas non plus à la critique de l’édition assez fautive donnée par Lanéry d’Arc (n° 46). Mon but n’est que de dresser un catalogue aussi complet que possible en insistant seulement sur les éléments nouveaux de notre connaissance du Chancelier et de ses œuvres. Je consacrerai à son
opinio
, dans les notes biographiques, une brève analyse où j’essaierai surtout d’en saisir l’inspiration (Cf. Analyse du mémoire). - [40]
J’emprunte cette bonne description au catalogue (n° 58).
- [41]
Les bourdons y abondent, et les omissions. Toutefois, bien que notablement
deterior
, ou plutôt en raison même de sa qualité textuelle inférieure, ce manuscrit, matériellement très soigné, rend quelques services pour l’établissement du texte. L’orthographe y est constamment rajeunie. - [42]
Cette édition, dans la mesure où je peux en parler d’après sa réimpression de 1596, a dû paraître
savante
parce qu’elle reproduisait les références marginales des manuscrits. Mais la révision opérée par l’éditeur, la même probablement qu’en 1596, ne permet pas de l’utiliser pour une édition critique. - [43]
In sese quisquis tentat descendere veræ et
Semina nosse cupit quæ pietatis habet :
Membrorum quis sit totius corporis vsus
Quæ vires animæ : quid meditetur in his :
Nocturna versato manu, versato diurna
Hoc opus haud operæ præmia parua feret.
Quicquid in hoc potuit Lectorem offendere : mendas
Sustulit innumeras, expoliitque Faber.
Omnibus utque suis constaret partibus, vnum
Consummato operi, quod deerat, inseruit :
Munera quæ infundat diuinus spiritus in nos :
Quid faciant : contra quid malus obijciat.
Sic liber hic lectus placuit tibi Maxime Cæsar,
In lucem auspicio vt siueris ire tuo.
- [44]
Il s’agit sans doute de Jean de Briou, évêque de Meaux de 1426 à 1435. Cf. Pius Bonifacius Gams, Series episcoporum Ecclesiæ catholicæ, p. 576, col. 1, et Konrad Eubel, Hierarchia Catholica Medii Aevi, t. I, p. 334. Le père Labbe, qui a connu et décrit ce manuscrit 5 (n° DCCCCXX), a lu
bouy
, mais il faut certainement lire cinq lettres, en distinguant l’i de l’r. - [45]
la
est ajouté au-dessus de la ligne, etcrestienne
dans la marge au bout de la ligne, ce dernier mot par la seconde main déjà signalée. - [46]
Description empruntée au catalogue (n° 52).
- [47]
Description empruntée au catalogue (n° 73).
- [48]
Même remarque.
- [49]
Ernest Bourret (n° 28) fait remarquer qu’il s’agit là du célèbre chancelier de Thou.
- [50]
Pour C, I, K, L, M, N, je me borne à reproduire la description donnée par les catalogues. D’autre part, en raison des longs travaux effectués à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, je n’ai pu obtenir communication de I.
- [51]
J’accepte donc l’authenticité de ces deux lettres. Cependant, le témoignage des deux manuscrits ne peut manquer de provoquer quelques hésitations. A écrit en effet :
Martini Bernier et Robert Ciholi capucini.
Et B
humiles seruitores et capitulum M. Bertiner et Ro. Cibola.
Sans hésiter, Noël Valois (n° 76), p. 143, n. 5 et p. 219, n. 3 et 4, identifie ces personnages avec Martin Berruyer, doyen de Tours et Robert Ciboule, chanoine de Paris, tous deux connus — et rapprochés ainsi — par les lettres de créance données par Charles VII à ses ambassadeurs à Bâle, de Saint-Aignan en Berry le 10 septembre 1438 (cf. n° 83, fol. 463 r°). Au contraire, Alfred Leroux (n° 53), pp. 318-319, qui n’utilise que B, conserve, sans faire ce rapprochement
Bertinier et Cibole
. Étant donné tout le contexte historique, la solution de Noël Valois paraît s’imposer. Les divergences s’expliqueraient aisément par des inadvertances de copistes : le premier nom, écrit :Martinum Beruerij
dans 83, peut être lu Bernier ou Bertiner selon que le texte copié l’avait écritBeru…
ouBerru…
. Le deuxième nom, écritCibole
dans le même document 83, aurait vu sa finale interprétée eni
ou ena
. Il semble plus difficile de rendre compte decapucini
et decapitulum
. Le premier terme, si l’on voulait le maintenir, contraindrait à distinguer Robertus Ciboli du Robert Ciboule que j’étudie ici : il y aurait entre eux l’abîme infranchissable qui séparerait un séculier d’un régulier. Si l’on reculait devant cette distinction, invraisemblable en effet, de deux hommes portant le même nom et le même prénom, chargés en même temps de la même mission et associés à deux personnages caractérisés par des ressemblances analogues, on pourrait, à la rigueur, proposer quelques hypothèses : on verrait en ces deux personnages, Berruyer et Ciboule, deux membres du Tiers-Ordre de Saint-François. Mais, quoi qu’il en soit du premier, le second ne paraît pas avoir nourri de sympathie particulière à l’égard des Franciscains : nous trouverons des traces de ses luttes contre leurs empiétements, et son œuvre spirituelle semble étrangère à l’influence de leurs plus grands docteurs ; son Liure de saincte meditacion, si peu ouvert pourtant aux querelles du temps, ne néglige pas d’attaquer assez vivement certaines prétentions des Mendiants.On pourrait peut-être supposer que les deux signataires, arrivés incognito à Florence (ce qui est exact) se seraient divertis, après avoir sollicité l’hospitalité des Capucins, à usurper cette qualité dans leur lettre au grave cardinal Aleman. — Ou encore que, pour mieux assurer cet incognito auquel ils paraissent tenir, les deux ambassadeurs se seraient présentés réellement au couvent comme d’authentiques Frères. Hypothèse romanesque, mais nullement invraisemblable : elle rendrait compte de la sollicitude du frère gardien et des termes de la suscription qu’il ajoute à la lettre. — Mais il est sans doute plus raisonnable d’abandonner purement et simplement les deux leçons des manuscrits, remplis l’un et l’autre de fautes de lecture, surtout d’erreurs dans l’interprétation des abréviations, et de conjecturer que
capucini
etcapitulum
recouvrent et dissimulent un même mot, qui ne serait peut-être pas très différent decanonici
. - [52]
J’emprunte l’indication des sermons de D et de leurs thèmes à la table des matières de ce manuscrit, fol. 223 v° col. 2. J’y ajoute l’incipit et l’explicit du sermon.
- [53]
Faut-il écrire
thenme
outheume
? Ernest Bourret (n° 28) littheume
. Le mot n’est écrit complètement qu’une fois. Godefroy ne connaît ni l’une ni l’autre de ces formes ; La Curne ne signale quethesme
. Jusqu’à plus ample informé, je préfèrethenme
, par nasalisation de l’e. - [54]
Il faut citer intégralement cet appel à l’autorité des anciens, tant profanes que sacrés :
Les orateurs et les poetes anciens, et ceulx qui sentremettoient de escripre ou reciter les histoires et les fais notables selon la grandeur et exigence de la matiere qui estoit a traictier trescurieusement appliquoient et disposoient leur stille et nentreprenoient point aucune chose qui fut trop haulte sans inuocacion de laide souueraine. Cecy scauent assez ceulx qui frequentent les escriptures des docteurs tant chretiens que aussi payens. Et pour ce disoit platon qui estoit le diuin philosophe in thimeo prima parte omnibus mos est et quasi religio quædam qui vel de maximis rebus vel de minimis aliquid acturi sunt precari auxilium diuinitatis. Dit platon il est de coustume a tous ceulx qui veulent tractier quelconques grande ou trespetite chose prier et requerir laide de la diuinite, nous auons de present a traictier vne histoire qui n’est pas petite.
Ce recours à Platon est assez étonnant chez Ciboule : je n’ai pas relevé chez lui d’autre citation du divin philosophe. Il venait sans doute de lire ou de relire Boèce, De consolatione philosophiæ, III, pr. IX, P. L. 63, col. 757 A-B :
Sed cum, uti in Timæo Platoni, inquit, nostro placet, in minimis quoque rebus divinum præsidium debeat implorari, quid nunc faciendum censes, ut illius summi boni sedem reperire mereamur ?
Cf. la note de l’édition de 1674. Le texte du Timée se trouve, à 27 c, éd. Rivaud, pp. 139-140.
- [55]
En particulier par Pierre Féret (n° 56), p. 308, n. 1, qui, uniquement sur la foi du catalogue de l’Arsenal, accepte comme authentique tout le contenu de manuscrit F, y compris le Dialogue du Frère et des cinq sœurs et les neuf paroles de maistre hebert de coulongne.
- [56]
Cf. supra, p. 117, b) 4.
- [57]
Henri Martin (n° 43), n’hésite pas : tout est de Ciboule. Il est suivi par Féret, cf. note 2, p. 119 (note 55).
- [58]
C’est le second de ceux dont le scribe de D écrit, fol. 223 V col. 2 :
et de ces deux derniers nescio actorem
. Cf. p. 113. Le fait que ce sermon se retrouve dans ces deux manuscrits n’est pas sans conférer une sérieuse probabilité à l’hypothèse de l’authenticité. - [59]
F s’arrête là pour faire place à une courte méditation, fol. 152 r°163 v° :
Ascendam in palmam et apprehendam fructum eius. salmon dist ces parolles es quantiques…
[
Je monterai sur le palmier et j’en saisirai les fruits
, dit Salomon dans ses cantiques.]distinguée à tort par le catalogue comme un
sermon du paumier
. - [60]
Si l’on admet que le recueil est de Ciboule, il aurait pu réunir là neuf propositions, d’allure proverbiale, commentées un jour de façon pittoresque sans doute par
hebert de coulongne
. Qu’on lisecoulongne
, avec le catalogue, ouconlongne
, il s’agit sans doute d’un docteur originaire de Cologne. - [61]
Dans un recueil qui contient dix sermons de Gerson et trois autres formellement attribués à Ciboule, et authentiques cf. p. 118, nos 3, 4 et 5, entre les deux premiers et le troisième.
- [62]
Le premier des deux
d’auteur inconnu
. Cf. p. 120, n. 3. - [63]
Ces deux dernières attributions sont proposées par Auguste Molinier (n° 41), mais paraissent peu vraisemblables.
- [64]
C’est le même opuscule qui est contenu dans le manuscrit Mazarine n° 930, fol. 1 r°-61 v°. Les
Additions et corrections
du Catalogue… 1890, t. III, p. 394, attribuent ce dernier ouvrage à Gérard de Zutphen, mais négligent de rapprocher de G, pour préciser qu’il ne peut s’agir d’une œuvre de Ciboule. - [65]
Restitution, toutefois, qui ne pourra être tout à fait certaine qu’après un examen critique des œuvres attribuées ordinairement à Gerson. Le fréquent rapprochement, dans les manuscrits, de ces deux noms d’inégale notoriété aurait fort bien pu profiter à Gerson plus qu’à Ciboule. Un doute subsiste donc à l’égard de cette catégorie ; il me paraît très léger.