#Rencontre de Jeanne et Charles VII
11 témoins :
- Jean Dunois
- Raoul de Gaucourt
- Regnault Thierry
- Louis de Coutes, page de Jeanne
- Simon Beaucroix
- Jean Barbin
- Jean d’Alençon
- Jean Pasquerel, aumônier de Jeanne
- Simon Charles
- Jean Moreau, habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy
- Jean d’Aulon
Jean Dunois
- Enquête à Orléans (22 février 1456)
Villars et Tillay l’avaient vue quand elle aborda le roi à Chinon ; celui-ci refusa deux jours de la voir, malgré son insistance pour libérer Orléans et le conduire à Reims. Elle réclamait une troupe d’hommes de guerre, des chevaux et des armes.
Raoul de Gaucourt
- Enquête à Orléans (25 février 1456)
Lui-même était au château de Chinon lorsque la Pucelle y arriva. Elle se présenta au roi avec grande humilité et simplicité, comme une pauvre petite bergère, et lui dit : Très illustre sire dauphin, je suis venue, envoyée par Dieu, pour porter secours à vous et au royaume.
Regnault Thierry
- Enquête à Orléans (8 mars 1456)
Dépose comme le précédent [Ricarville] sur comment elle fut reçue par le roi, et sur sa vie, conduite, dévotion et piété.
Louis de Coutes(page de Jeanne)
- Enquête à Paris et à Rouen (4 avril 1456)
L’année où Jeanne vint trouver le roi à Chinon, il avait quatorze ou quinze ans, et était au service du sire de Gaucourt, capitaine de Chinon, avec qui il passait son temps.
Jeanne arriva en compagnie de deux hommes et elle fut conduite au roi. Lui-même la vit plusieurs fois qui allait auprès du roi et en revenait.
Elle fut logée dans une tour du château du Coudray. Le témoin y passait toutes ses journée en sa compagnie ; mais de nuit, elle avait des femmes avec elle. Pendant son séjour au Coudray, des hommes de haute condition vinrent plusieurs jours pour s’entretenir avec elle ; ignore qui ils étaient, et ce qu’ils faisaient ou disaient car se retirait à leur arrivée. À cette époque du Coudray, il vit souvent Jeanne à genoux, priant ; il n’entendait pas ce qu’elle disait ; parfois elle pleurait.
Simon Beaucroix
- Enquête à Paris et à Rouen (20 avril 1456)
Était à Chinon avec Jean d’Aulon quand arriva Jeanne. Après avoir parlé avec le roi et son conseil, elle fut placée sous la garde d’Aulon. Elle l’accompagna à Blois, et de là jusqu’à Orléans, par la Sologne.
Jeanne recommanda à tous les hommes d’armes de se confesser en leur assurant que s’ils étaient en bonne condition, Dieu leur accorderait la victoire.
Jean Barbin
- Enquête à Paris et à Rouen (30 avril 1456)
Était à Poitiers à l’époque où Jeanne vint vers le roi à Chinon. Entendit dire que le roi ne voulut pas lui faire confiance tant qu’elle n’aurait pas été examinée par des clercs. Il aurait même envoyer enquêter au lieu de naissance de Jeanne, pour savoir d’où elle était.
Jean d’Alençon
- Enquête à Paris et à Rouen (3 mai 1456)
Dès le lendemain il se rendit à Chinon et trouva Jeanne qui s’entretenait avec le roi. Celle-ci lui demanda qui il était ; le roi répondit que c’était le duc d’Alençon ; alors elle déclara : Vous, soyez le très bien venu ! Plus nombreux seront-ils ensemble du sang royal de France, et mieux cela sera.
Le lendemain à la messe, le roi pris Jeanne à part, avec le témoin et La Trémouille. Jeanne fit plusieurs requêtes au roi, entre autres qu’il donnât son royaume au Roi des cieux, pour que le Roi des cieux le remette comme ses prédécesseurs, en son état antérieur.
On parla de beaucoup d’autres choses jusqu’au repas, puis le roi alla se promener dans les prés. Jeanne y courut avec la lance et le témoin la voyant lui donna un cheval.
Jean Pasquerel(aumônier de Jeanne)
- Enquête à Paris et à Rouen (4 mai 1456)
Le comte de Vendôme introduisit Jeanne dans la chambre du roi, qui lui demanda son nom : Gentil dauphin, j’ai nom Jeanne la Pucelle, et le Roi des cieux vous mande par moi que vous serez sacré et couronné à Reims [en français] ; et serez son lieutenant lui qui est roi de la France.
Après plusieurs questions elle dit à nouveau : Je te dis, de la part de Messire, que tu es vrai héritier de France et fils du roi [en français]. Il m’envoie pour te conduire à Reims où tu recevras la couronne et le sacre, si tu veux.
Le roi déclara ensuite que Jeanne lui avait dit certains secrets que personne ne pouvait savoir si ce n’est Dieu, et qu’il avait grande confiance en elle. Le témoin n’était pas présent et tient tout cela de Jeanne elle-même.
Simon Charles
- Enquête à Paris et à Rouen (7 mai 1456)
Lorsqu’on annonça Jeanne au château de Chinon, le roi hésitait encore à la recevoir. On lui apprit que Robert de Baudricourt avait écrit, que c’est lui qui envoyait Jeanne, laquelle avait traversé des territoires ennemis et passé des rivières presque miraculeusement ; alors il accorda l’audience.
Avant qu’elle n’arrive, le roi s’écarta des autres, mais Jeanne le reconnut bien et lui fit sa révérence. Leur entretient dura longtemps et le roi en sortit joyeux.
Jean Moreau(habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy)
- Enquête à Paris et à Rouen (10 mai 1456)
Lui-même est natif de Viéville près de Lamothe en Bassigny, non loin de Domrémy. Il n’a pas connu ni Jeanne, ni ses parents, mais à l’époque où Jeanne se trouvait auprès du roi de France, il apprit de deux marchands chaudronniers Nicolas Saussart et Jean Chando, comment Jeanne avait quitté la Lorraine. Elle s’était rendue à Vaucouleurs afin de convaincre Baudricourt qu’elle devait être conduite au roi de France, tant et si bien qu’il fut content de le faire. Arrivée à Chinon, on lui désigna un autre que le roi, à elle qui ne l’avait jamais vu, mais elle reconnut que ce n’était pas le roi. Enfin, après examen de clercs et de docteurs, elle parla au roi. Il n’en entendit plus parler jusqu’à ce qu’il la vît à deux prédications, à Saint-Ouen et au Vieux Marché.
Jean d’Aulon
- Déposition de Jean d’Aulon à Lyon (28 mai 1456)
La Pucelle s’entretint seule avec le roi et lui dit certaines choses secrètes (qu’il ignore). Peu après, le roi fit assembler son conseil, auquel participa le déposant, où il déclara que la Pucelle se disait envoyée par Dieu pour l’aider à recouvrer son royaume, alors occupé pour la plus grande partie par ses vieux ennemis les Anglais. Le conseil décida que la Pucelle, qui paraissait âgée de 16 ans environ, serait interrogées sur des points touchant la foi. Le roi convoqua plusieurs théologiens, juristes et autres experts, qui l’interrogèrent avec soin. Lui-même fut présent au conseil, lorsqu’ils firent leur rapport : ils affirmèrent publiquement ne voir en elle qu’une bonne chrétienne et vraie catholique, et la tenaient pour telle.