Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Talents militaires de Jeanne

Jean Dunois

Interrogé s’il croit que Jeanne fut envoyée par Dieu, et que ses faits de guerre viennent d’une inspiration divine plutôt que d’un talent humain. Dit que oui, et pour plusieurs raisons.

Le soudain changement de vent juste après ses paroles d’espoir, l’entrée du ravitaillement au nez des Anglais beaucoup plus forts, sa vision de saint Louis et de Charlemagne priant Dieu pour le salut du roi et de cette cité, tout lui semble montrer que Jeanne était menée plus par Dieu que par un esprit humain dans sa conduite de la guerre.

De même, le siège d’Orléans levé, Jeanne se rendit avec les capitaines auprès du roi au château de Loches, pour lui demander d’envoyer des soldats reprendre les châteaux et villes situés sur la Loire (Meung, Beaugency et Jargeau) afin d’ouvrir la route vers Reims pour le sacre. Elle pressait le roi avec beaucoup d’insistance et fréquemment. Celui-ci envoya le duc d’Alençon, lui-même et les autres capitaines avec Jeanne afin de reprendre ces places ; ce qui fut fait en peu de jours, grâce à la Pucelle, comme il le croit.

L’armée royale arriva devant Troyes. On réunit le conseil pour savoir s’il fallait assiéger la ville ou la contourner et poursuivre vers Reims ; les avis étaient partagés ; Jeanne entra et dit : Noble dauphin, ordonnez l’assaut de la ville et je vous y ferai entrer avant trois jours, par amour ou par puissance et force, et la Bourgogne, pleine de fausseté, sera très stupéfaite. Alors la Pucelle s’avança avec l’armée et s’installa le long des fossés avec plus de prudence que deux ou trois chefs de guerre plus exercés et plus fameux. Elle travailla tant pendant la nuit que le lendemain, l’évêque et les citoyens, effrayés et tremblants, se soumirent au roi. On sut plus tard que les citoyens avaient perdu courage juste après l’intervention de Jeanne au conseil.

Robert de Sarciaux

Ajoute aussi que sur le fait de la guerre elle était très instruite, bien qu’étant une fille jeune et simple. Comme les capitaines n’étaient pas d’accords entre eux, elle allait souvent les voir, leur donnait des conseils salutaires, et les encourageait en leur disant d’espérer en Dieu, de ne pas douter, car tout viendrait à bonne fin.

Louis de Coutes(page de Jeanne)

De Tours elle alla à Blois, avec une compagnie d’hommes d’armes du roi ; laquelle compagnie eut dès lors grande confiance en elle.

Marguerite La Touroulde

Jeanne était fort simple et ignorante, sauf sur le fait de la guerre.

Elle chevauchait portant la lance aussi bien que le meilleur des hommes d’armes ; et ceux-ci l’admiraient fort pour cette raison.

Jean d’Alençon

On parla de beaucoup d’autres choses jusqu’au repas, puis le roi alla se promener dans les prés. Jeanne y courut avec la lance et le témoin la voyant lui donna un cheval.

Jeanne était d’un comportement simple et jeune, sauf pour la guerre. Là, elle était très habile, tant pour porter la lance, que pour rassembler l’armée, ordonner le combat et préparer l’artillerie. Tous étaient pleins d’admiration pour son habileté et sa prudence militaire, comme si elle avait été un capitaine guerroyant depuis vingt ou trente ans ; notamment pour la préparation de l’artillerie, en quoi elle excellait.

Simon Charles

Jeanne était très simple en toutes ses actions, sauf à la guerre où elle était très expérimentée.

Thibault d’Armagnac(dit Thibault de Termes)

Il la vit au cours des assauts contre les bastilles de Saint-Loup, des Augustins, de Saint-Jean-le-Blanc et du pont ; elle était plus vaillante que n’importe quel homme de guerre. Tous les capitaines admiraient son activité, et les peines et fatigues qu’elle supportait.

En dehors du fait de guerre elle était simple et innocente ; mais dans la conduite et la disposition des troupes, dans les faits de guerre et dans l’organisation du combat et l’encouragement aux troupes, elle se comportait comme si elle avait été le plus habile capitaine du monde, entraîné de tout temps à la guerre.

Pierre Milet

A entendu Gaucourt et d’autres capitaines dire qu’elle était très savante en matière de faits d’armes ; tous admiraient son habileté.

Aignan Viole

On la disait extrêmement habile dans l’ordonnance de ses troupes pour le combat, au point qu’un capitaine exercé et savant en matière de guerre n’aurait su faire mieux. Aussi les capitaines en étaient-ils surpris et pleins d’admiration.

page served in 0.29s (2,5) /