#Jean d'Estivet, promoteur
7 témoins :
- Isambert de La Pierre
- Pierre Bouchier
- Guillaume Manchon
- Jean Tiphaine
- Guillaume de la Chambre
- Guillaume Colles, dit Boisguillaume, second notaire du procès
- Nicolas Taquel, troisième notaire du procès
Isambert de La Pierre
- Enquête du cardinal d’Estouteville (3 mai 1452)
Cauchon tenait le parti des Anglais. Croit qu’au début du procès il ordonna de la tenir entravée et désigna lui-même les Anglais pour la garder, interdisant que personne ne pût lui parler sans son autorisation, ou celle du promoteur appelé Benedicite [d’Estivet].
- Enquête du cardinal d’Estouteville (9 mai 1452)
Jean [de Saint-Avit], évêque d’Avranches fut menacé par le promoteur Benedicite [d’Estivet] parce qu’il refusait de donner son avis ; Nicolas de Houppeville fut menacé d’être exilé parce qu’il refusait d’assister au procès et de donner son avis.
Pierre Bouchier
- Enquête du cardinal d’Estouteville (8 mai 1452)
Sait bien qu’elle était en prison dans le château de Rouen ; mais ignore si elle était enchaînée ; personne ne pouvait lui parler sans l’autorisation de quelques Anglais qui avaient sa garde. Il ne l’a vit sortir qu’escortée d’Anglais. Certains étaient enfermés avec elle, dans une pièce fermée par trois clefs gardées l’une par le seigneur cardinal ou le susdit bachelier [le cardinal d’Angleterre ou son garde de sceau, mentionné à sa réponse à l’article 4], l’autre par l’inquisiteur, la dernière par messire Jean Benedicite le promoteur ; et les Anglais redoutaient fort qu’elle s’évadât.
Guillaume Manchon
- Enquête du cardinal d’Estouteville (8 mai 1452)
Le promoteur [d’Estivet] agit sans contrainte mais volontairement. Les assesseurs convoqués n’auraient pas osé s’y opposer. Pour le reste s’en rapporte à leur conscience.
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Croit qu’elle fut jugée à Rouen et non à Paris, car c’est là qu’était le roi d’Angleterre ; fut placée dans la prison du château de Rouen. — Lui-même fut forcé d’être notaire et le fit contre son gré, car n’osait s’opposer à un ordre du conseil du roi. — Les Anglais menèrent et financèrent le procès. Cauchon et d’Estivet le firent volontairement ; les autres assesseurs n’auraient osé refuser, tous avaient peur. — Au début du procès il fut convoqué dans une maison, près du château, par Cauchon, l’abbé de Fécamp, Nicolas Loyseleur et plusieurs autres ; Cauchon déclara qu’il lui fallait servir le roi, qu’il avait l’intention de faire un beau procès ; on nomma Boisguillaume pour l’assister.
Jean Tiphaine
- Enquête à Paris et à Rouen (2 avril 1456)
A été envoyé auprès de Jeanne par les juges ; y fut conduit par un dénommé d’Estivet. En présence de cet Estivet, de Guillaume de la Chambre et de plusieurs autres, il lui prit son pouls et l’interrogea sur son mal. Elle répondit qu’elle avait mangé une carpe envoyée par Cauchon, qu’elle croyait être la cause de sa maladie. D’Estivet lui répliqua qu’elle parlait mal et l’invectiva : Toi, paillarde, tu as mangé poissons en saumure et autres choses qui ne te conviennent pas.
; ce qu’elle contesta. Jeanne et d’Estivet échangèrent beaucoup de paroles injurieuses. — Le témoin apprit de quelques personnes présentes que Jeanne avait souffert de nombreux vomissements.
Guillaume de la Chambre
- Enquête à Paris et à Rouen (2 avril 1456)
Le cardinal d’Angleterre et le comte de Warwick l’envoyèrent chercher, ainsi que Guillaume Desjardins et d’autres médecins. Warwick leur dit qu’on disait Jeanne malade et nous ordonna de l’examiner et de la guérir, car le roi ne voulait à aucun prix qu’elle mourût de mort naturelle : il l’avait achetée cher, et ne voulait pas qu’elle mourût sans être jugée et brûlée. Le témoin et les autres médecins allèrent alors la voir ; lui-même et Desjardins la palpèrent sur le flanc droit et la trouvèrent fiévreuse ; ils préconisèrent une saignée mais Warwick s’y opposa : Gardez-vous de la saigner, car elle est rusée et pourrait se faire mourir.
Néanmoins elle fut saignée et aussitôt après guérie. — Sur ce arriva un certain Estivet, qui invectiva violemment Jeanne, l’appelant putain, paillarde, si bien qu’elle retomba malade. Warwick interdit à d’Estivet de l’injurier de nouveau.
Guillaume Colles, dit Boisguillaume(second notaire du procès)
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Le promoteur d’Estivet entra également dans la prison en se faisant passer pour un prisonnier . Il était très attaché aux Anglais, auxquels il voulait absolument plaire ; c’était un mauvais homme, harcelant les notaires et ceux qu’il voyait procéder avec justice ; il injuriait beaucoup Jeanne, l’appelant paillarde, ordure [en français]. Croit qu’il finit misérablement ses jours et qu’on le retrouva mort dans un pigeonnier, à une porte de Rouen.
Nicolas Taquel(troisième notaire du procès)
- Enquête à Paris et à Rouen (11 mai 1456)
Il reçut pour sa peine et pour son travail dix francs, et non vingt comme on le dit. Ces dix francs lui furent remis par les mains d’un certain Benedicite. D’où venait cette somme, il l’ignore.