Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

Déposition de Jean Tiphaine

Voir : Jean Tiphaine (~1396–1469)

Interrogé une fois en 1456.

Enquête de 1456

  • Interrogé le vendredi 2 avril 1456
  • Lieu : Paris, cour épiscopale

Les 39 témoins de l'enquête :

  1. Jean Tiphaine
  2. Guillaume de la Chambre
  3. Jean de Mailly
  4. Thomas de Courcelles
  5. Jean Monnet, secrétaire de Jean Beaupère
  6. Louis de Coutes, page de Jeanne
  7. Gobert Thibaut
  8. Simon Beaucroix
  9. Jean Barbin
  10. Marguerite La Touroulde, veuve de René de Bouligny
  11. Jean Marcel
  12. Jean d’Alençon
  13. Jean Pasquerel, aumônier de Jeanne
  14. Jean de Lénizeul, serviteur de Guillaume Érart
  15. Simon Charles
  16. Thibault d’Armagnac, dit Thibault de Termes
  17. Aimon de Macy
  18. Colette, femme de Pierre Milet
  19. Pierre Milet
  20. Aignan Viole
  21. Pierre Miget
  22. Guillaume Manchon, principal notaire du procès
  23. Jean Massieu, huissier du procès
  24. Guillaume Colles, dit Boisguillaume, second notaire du procès
  25. Martin Lavenu
  26. Nicolas de Houppeville
  27. Jean Lefèvre
  28. Jean Lemaire
  29. Nicolas Caval
  30. Pierre Cusquel
  31. André Marguerie
  32. Maugier Leparmentier
  33. Laurent Guesdon, alors lieutenant du bailli de Rouen
  34. Jean Riquier
  35. Jean Moreau, habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy
  36. Nicolas Taquel, troisième notaire du procès
  37. Husson Lemaistre, habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy
  38. Pierre Daron, alors procureur de Rouen
  39. Seguin de Seguin

Devant :

Notaires :

Lire dans les différentes éditions

Français :

  • Gratteloup (Abrégé, 2023)
  • Duparc (Procès en nullité, t. IV, p. 32, 1986)
  • Fabre (Procès de réhabilitation, t. II, p. 13, 1888)

Latin :

  • Duparc (Procès en nullité, t. I, p. 347, 1977)
  • Quicherat (Procès, t. III, p. 46, 1845)

Maître Jean Tiphaine, prêtre, maître ès arts et en médecine, chanoine de la Sainte Chapelle royale de Paris, âgé d’environ 60 ans. Déjà produit le 10 janvier par les juges délégués (Jean, Guillaume et Jean Bréhal), interrogé sur les articles le vendredi 2 avril 1456.

Art. 1-4. Vie et dévotion de Jeanne

A connu Jeanne à l’occasion de son procès à Rouen. Il déclina la première convocation, mais vint à la seconde : elle faisait de très belles réponses. — Il assista à un interrogatoire où les juges et les assistants se tenaient dans une petite pièce, derrière la grande salle du château : elle répondait prudemment, sagement et avec beaucoup de courage.

Art. 5-8. Invalidité du procès dès son ouverture

Il se rendit à la seconde convocation par crainte des Anglais ; ignore avec quelle passion ils procédaient contre elle.

Art. 9. Cruauté et illégalité de l’incarcération

Jeanne était emprisonnée à l’intérieur d’une tour du château ; il la vit enchaînée par les jambes ; il y avait aussi un lit.

Art. 10. Dissimulation de l’examen de virginité

Ne sait rien.

Art. 11-14. Difficulté et acharnement des interrogatoires

Lors de l’interrogatoire auquel il assista, Beaupère était le principal interrogateur ; Jacques de Touraine, des frères mineurs, l’interrogeait parfois. — Touraine lui demanda si elle avait jamais été dans un lieu où des Anglais avaient été tués ; elle répondit : En nom Dieu si ay. Comme vous parlez doucement ! Pourquoi ne quittaient-ils pas la France et n’allaient-ils pas dans leur patrie ?. — Un grand seigneur anglais dont il ne se rappelle plus le nom, l’ayant entendue, déclara devant lui et Guillaume Desjardins : Vraiment c’est une femme bonne. Si elle pouvait être anglaise ! — Ajoute qu’aucun docteur, si savant et subtil, n’eût été embarrassé et épuisé, s’il avait été interrogé comme Jeanne, par tant de maîtres, devant une telle assistance.

Sur la maladie de Jeanne pendant ce procès A été envoyé auprès de Jeanne par les juges ; y fut conduit par un dénommé d’Estivet. En présence de cet Estivet, de Guillaume de la Chambre et de plusieurs autres, il lui prit son pouls et l’interrogea sur son mal. Elle répondit qu’elle avait mangé une carpe envoyée par Cauchon, qu’elle croyait être la cause de sa maladie. D’Estivet lui répliqua qu’elle parlait mal et l’invectiva : Toi, paillarde, tu as mangé poissons en saumure et autres choses qui ne te conviennent pas. ; ce qu’elle contesta. Jeanne et d’Estivet échangèrent beaucoup de paroles injurieuses. — Le témoin apprit de quelques personnes présentes que Jeanne avait souffert de nombreux vomissements.

A-t-il été consulté durant le procès Dit ne pas se rappeler avoir jamais donné dans le procès opinion autre que celle sur la maladie. [Le procès-verbal indique qu’il opina lors de la dernière délibération de relapse le 29 mai, où il suivit l’avis de l’abbé de Fécamp.]

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