Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Absence de sentence séculière

Jean Massieu(huissier du procès)

Après la prédication de Nicolas Midi, Jeanne fut abandonnée par les ecclésiastiques. Ceux-ci partis, elle fut conduite, sans aucune sentence de justice séculière, au lieu du supplice.

Guillaume Manchon

Jeanne fut conduite au lieu du supplice avec une grande troupe d’environ quatre-vingt soldats armés d’épées ou d’épieux. Après son abandon par la justice ecclésiastique elle fut conduite au bailli, qui, sans autre délibération ou sentence, faisant un signe de la main, dit : Emmenez, emmenez. Ainsi fut-elle conduite au lieu du supplice où elle fut brûlée.

Après la sentence ecclésiastique prononcée par Cauchon, le bailli dit seulement, sans autre forme de procès ou autre sentence : Emmenez ! Emmenez !.

Pierre Cusquel

L’a entendu dire ; car aucune sentence ne fut prononcée par un juge séculier.

Isambert de La Pierre

Était présent et assure qu’aucune sentence ne fut prononcée par le juge séculier.

Richard de Grouchet

Il n’était pas présent et n’a jamais parler d’une sentence prononcée par un juge séculier. La rumeur disait qu’elle avait été conduite au supplice par force et injustement.

Pierre Miget

Ignore si une sentence séculière fut portée ; mais Jeanne fut conduite au supplice en grande hâte par des soldats anglais.

Deux sentences furent prononcées contre Jeanne ; elle fut ensuite livrée à la justice séculière. Ignore si l’on prononça une sentence séculière, mais aussitôt Jeanne abandonnée par l’évêque, elle fut saisie par les hommes d’armes anglais et conduite au supplice avec grande rage.

Martin Lavenu

Après son abandon par l’Église, elle fut saisie par des soldats anglais, présents là en grand nombre, sans aucune sentence de juge séculier, et malgré la présence du bailli de Rouen et du conseil de la cour séculière ; il le sait, car il resta toujours avec Jeanne depuis le château jusqu’à la fin ; et il lui administra, lui qui parle, sur l’ordre des juges, les sacrements de pénitence et d’eucharistie.

Après le prononcé de la sentence, Jeanne descendit de l’estrade où elle avait été prêchée, et sans autre sentence d’un juge laïc, fut conduite au bûcher par le bourreau.

Déclare qu’on avait mal procédé contre Jeanne, car il n’y eut pas de sentence laïque. Aussi lorsque deux années plus tard un dénommé Georget Folenfant avait été remis par la justice ecclésiastique à la justice séculière, lui-même avait été envoyé au bailli par l’archevêque et l’inquisiteur, pour qu’on procède selon la justice, avec prudence, et non pas aussi rapidement comme on l’avait fait pour la Pucelle.

Jean Riquier

Après la dernière prédication elle fut abandonnée par les ecclésiastiques, et aussitôt il vit que les soldats et hommes d’armes anglais la saisirent et la conduisirent directement au lieu du supplice ; il ne vit pas qu’une sentence eût été portée par un juge séculier.

Fut présent à la prédication du Vieux Marché, le jour où mourut Jeanne. Croit qu’elle mourut en catholique. Aussitôt après la sentence ecclésiastique il vit les sergents et hommes d’armes anglais la prendre et la conduire directement au lieu du supplice ; et ne vit pas que quelque sentence eût été rendue par un juge séculier.

Jean Fave

N’a pas entendu parler d’une sentence ou condamnation du juge séculier. Elle fut conduite directement au supplice.

Laurent Guesdon(alors lieutenant du bailli de Rouen)

Fut présent à la prédication du Vieux Marché, avec le bailli dont il était alors le lieutenant. Après le prononcé de la sentence ecclésiastique, immédiatement et sans intervalle, elle fut remise au bailli et sans attendre que le bailli ou le témoin, auxquels il appartenait de rendre une sentence, l’eût fait, le bourreau saisit Jeanne et la conduisit à l’endroit où le bois avait été préparé et où elle fut brûlée. Ce n’était pas régulier, car peu après on agit différemment avec un malfaiteur nommé Georges Folenfant. Après la sentence ecclésiastique, ce Georges fut conduit à la cohue [au marché] et condamné par la justice séculière ; et non pas mené aussi rapidement au supplice.

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