J. Berriat-Saint-Prix  : Jeanne d’Arc (1817)

Cartes

246Explication des cartes

Carte I
ou carte visuelle du siège d’Orléans

Carte visuelle du siège d’Orléans (Jacques Berriat-Saint-Prix, Jeanne d’Arc, 1817)

1.
Observations

On a déjà indiqué, note 1, n° 3, les données qui ont servi à dresser cette carte. Elle est simplement visuelle, et l’échelle qu’on y ajointe ne doit être regardée que comme un moyen d’en apprécier les distances avec quelque approximation. Néanmoins, on croit que, vu les soins qu’on a apportés en la composant, elle suffira pour entendre tout ce qu’on dit du siège d’Orléans, soit dans l’ouvrage précédent, soit dans les auteurs contemporains.

2.
Bastilles

La position de plusieurs d’entre elles n’a pu être déterminée avec rigueur. On ignore le nom de celle du n° 31 de la carte, qu’on a placée à ce lieu, parce qu’il est dit positivement, dans l’Histoire de la Pucelle, p. 500 et 501 du Recueil de Godefroy, et f. 132 du Mss. B. R., n° 10,297, que les Anglais en établirent sur tous les chemins passants*.

* On rapporte d’ailleurs (Voy. Tripaut, 83 à 85) qu’un corps d’Anglais se logea d’abord aux environs de la croix de Fleury (n° 45 de la carte), et que plusieurs jours après, les Français se portèrent jusqu’à cette croix pour protéger des marchands qui se rendaient à Orléans, et à la marche desquels les Anglais mettaient obstacle ; ce qui annonce que les Anglais s’étaient ensuite établis entre cette croix et Orléans.

Il en est de même d’une autre dont on 247n’a pu non plus fixer précisément l’assiette ; mais elle devait être ou au n° 28, ou au n° 30. On a aussi quelque raison de penser que la bastille de la Croix-Boissée était vers le n° 26. Quant à celle du Colombier, il est fort probable qu’elle était au n° 27, parce que les Anglais de sa garnison faisaient des excursions et livraient des combats aux Orléanais aux environs du colombier Turpin, qui, d’après ce qu’observait Miquellus au siècle suivant (Voy. Aureliæ obsidio, etc., p. 26, édit. de 1560), était dans le lieu qu’occupe à présent la rue du Colombier, n° 22.

L’incertitude qu’on a éprouvée sur l’emplacement de ces diverses forteresses vient de ce que l’histoire déjà citée ne les nomme pas dans l’ordre où elles devaient être entre elles. À l’égard des autres bastilles, on croit les avoir très approximativement placées aux lieux qu’elles occupaient.

3.
Désignations

On verra dans l’Explication ci-après, § 5, les divers édifices, forts, etc., désignés sur la carte. Obligé de travailler sur une échelle fort petite, on s’est borné à y marquer les points utiles à l’histoire du siège d’Orléans.

4.
Églises brûlées

Voici les noms des églises de la rive droite que les Orléanais brûlèrent (Voy. ci-devant, note 216), et dont parle Tripaut, p. 11 et 15 : Saint-Aignan, n° 50 de la carte ; Saint-Michel, n° 51 ; Saint-Aux, ou Saint-Avit (aujourd’hui le séminaire. Voy. Polluche, 127), n° 54 ; chapelle du Martroy, n° 55 ; Saint-Victor, au faubourg de la porte Bourgogne, n° 52 ; Saint-Michel-sur-les-fossés, n° 56 ; 248les Cordeliers (depuis, les Récollets), n° 60 ; les Jacobins, n° 57 ; les Carmes, n° 59 ; Saint-Mathurin, n° 23 ; Aumône-Saint-Pouaire, n° 58 ; SaintLaurent, n° 25 ; Saint-Loup, n° 32 ; Saint-Marc, n° 42 ; Sainte-Euverte, n° 18 ; chapelle Saint-Aignan, n° 53 ; Saint-Vincent-des-Vignes, n° 41 ; Saint-Ladre ou Saint-Lazare, n° 46 ; Saint-Pouaire ou Saint-Paterne, n° 24 ; la Madeleine, n° 27 ; Saint-Gervais (aujourd’hui Saint-Phallier… V. Polluche, 19 et 153), n° 47.

5.
Explication des numéros de la Carte visuelle

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 et 11. Enceinte d’Orléans au temps du siège.

12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 8, 9, 10, 11 et 1… Enceinte actuelle.

  1. Notre-Dame de Recouvrance.
  2. Porte et boulevard Renard.
  3. Porte et boulevard Banier (ancienne).
  4. Poterne Saint-Samson.
  5. Porte Parisis.
  6. Évêché.
  7. Porte Bourgogne (ancienne).
  8. Poterne de la tour Neuve.
  9. Tour Neuve.
  10. Poterne Chesneau.
  11. Le Châtelet et porte du Pont (ancien).
  12. Jardin de la ville et jadis porte de Saint-Laurent.
  13. Porte et faubourg Madeleine.
  14. Porte et faubourg Saint-Jean.
  15. Porte Banier actuelle.
  16. Porte Saint-Vincent actuelle.
  17. 249Porte Sainte-Euverte (murée depuis).
  18. Sainte-Euverte.
  19. Porte Bourgogne actuelle, à l’extrémité de l’ancien faubourg. (Auprès est Notre-Dame Duchemin, qui était jadis la chapelle Saint-Aignan. — Voyez Expilly, 345 ; Polluche., 121.)
  20. Tour de la Brebis.
  21. Croix Morin.
  22. Rue du Colombier.
  23. La Visitation, jadis Saint-Mathurin.
  24. Saint-Paterne, nommé jadis Saint-Pouaire*.

    * Les Anglais de la garnison de Saint-Pouaire (n° 29) venaient faire le guet près de cette église. (Voy. Tripaut, 92.)

  25. Bastille de Saint-Laurent.
  26. (et 27) Bastilles de la Croix Boissée et du Colombier.
  27. (et 30) Dans l’un de ces points devait être une bastille. (Voy. ci-devant, §2.)
  28. Bastille de Saint-Pouaire.
  29. Ici devait être une bastille. (Voyez même §2.)
  30. Bastille de Saint-Loup.
  31. Bastille de Saint-Jean-le-Blanc.
  32. Bastille des Augustins.
  33. Boulevard des Tournelles.
  34. Les Tournelles.
  35. Bastille du champ de Saint-Privé.
  36. Bastille de l’île Charlemagne.
  37. Boulevard de la Belle-Croix de l’ancien pont.
  38. Mottes des Poissonniers et de Saint-Antoine**.

    ** Cette île a été détruite lors de la construction du pont actuel.

  39. Saint-Vincent-des-Vignes, paroisse et faubourg.
  40. 250Saint-Marc, paroisse.
  41. L’Orbette*.

    * Les Anglais de la garnison de Saint-Loup (n° 32) venaient faire le guet à l’Orbette. — (Voy. Tripaut, 80 ; Guyon, Histoire du diocèse d’Orléans, p. 216.)

  42. Isle qui était vis-à-vis Saint-Aignan.
  43. La Croix de Fleury.
  44. Les Chartreux, jadis St-Lazare ou St-Ladre.
  45. Saint-Phallier, jadis Saint-Gervais.
  46. Le pont actuel.
  47. Les trois faubourgs du Portereau.
  48. Saint-Aignan.
  49. Saint-Michel.
  50. Saint-Victor, faubourg de la porte Bourgogne.
  51. Chapelle de Saint-Aignan.
  52. Saint-Aux (ou Saint-Avit).
  53. Chapelle du Martroi.
  54. Saint-Michel-sur-les-Fossés.
  55. Les Jacobins.
  56. Aumône-Saint-Pouaire.
  57. Les Carmes.
  58. Les Cordeliers (depuis, les Récollets).

251Carte II
ou carte du théâtre de la guerre
au temps de Charles VI et de Charles VII, et surtout de Jeanne d’Arc

Carte du théâtre de la guerre (Jacques Berriat-Saint-Prix, Jeanne d’Arc, 1817)

Article Ier
Observations générales

Cette carte contient la position de tous les lieux dont il est question dans notre ouvrage ou dans l’itinéraire de l’article deuxième*.

* Excepté 1° les bourgs, etc., que le défaut d’espace n’a pas permis d’y placer (mais on indique dans l’ouvrage les villes de la carte dont ils sont voisins) ; 2° la partie méridionale de la France.

Elle a été dressée sur la carte de Hérisson pour les positions principales, les limites des provinces et les villes. On y a ajouté les bourgs, villages et châteaux omis dans la carte de Hérisson à cause de son peu d’étendue ; mais à un petit nombre d’exceptions près, et afin d’éviter de la confusion, on n’y a point compris les villes non citées dans notre ouvrage.

On répétera ici ce qu’on a déjà observé au sujet de la première carte. Quelque soin qu’on ait apporté à celle-ci, on ne la présente point comme un modèle de précision géographique ; il suffisait, pour notre objet, 252que les positions y fussent fixées avec quelque approximation.

N. B. Les limites des provinces sont indiquées par de très petits points (…) ; la route suivie par Jeanne d’Arc, par des points allongés, ou traits d’union (–—).

Article II
Itinéraire des voyages ou expéditions de Jeanne d’Arc

Voici un ouvrage entièrement neuf. Il est néanmoins si utile pour donner une idée juste des travaux de Jeanne d’Arc et de l’expédition la plus importante de Charles VII, qu’il est étonnant qu’on ne l’ait pas essayé jusqu’à ce jour. Il est vrai que le tracé de cet itinéraire offrait de grandes difficultés. Les anciennes Chroniques sont incomplètes et souvent inexactes. Aucune d’elles n’indique toutes les stations, et lorsqu’elles en énoncent de semblables, plus d’une fois elles leur donnent des dénominations différentes, et varient sur leurs époques, ou n’en indiquent point de précises. Presque toutes omettent les stations intermédiaires. Enfin, les indications sont rares, éparses, et en quelque sorte noyées dans les volumes où l’on est obligé de les chercher… Toutes ces observations s’appliquent aux procès de Jeanne d’Arc… Il a fallu, pour se tirer de ce labyrinthe, user encore de la méthode indiquée ci-devant à la note 1, n° III, c’est-à-dire comparer soigneusement toutes les relations, soit entre elles, soit avec des calendriers, des cartes, etc.

[Note. — Nous avons légèrement réarrangée la mise en page de l’itinéraire.]

Numéro.
Calendrier
(date dans l’actuel calendrier, et l’ancien si année différente)
Lieues
253§1
Voyages aux environs de Domrémy
1.
Avant ses expéditions

De Domrémy à Neuchâteau ; de Neufchâteau à Toul ; de Toul à Neufchâteau ; de Neufchâteau à Domrémy1.

2.
1428. Mai.

De Domrémy à Vaucouleurs, et retour, deux voyages2.

3.
Milieu de mai.

De id. à Nanci, et retour3.

4.
1429. Février.

De id. à Vaucouleurs, troisième voyage4.

§2
Voyage à la cour de Charles VII
5.
1429. (1428 ancien.) Fin de février et premiers jours de mars.
104 lieues

De Vaucouleurs à Chinon, 1° en traversant beaucoup de rivières, savoir5 : l’Ornain, le Saux, la Marne, l’Aube, l’Armançon, le Serain, l’Yonne, le Douant, le Loing, la Loire, le Cher et l’Indre ; 2° en passant par Saint-Urbain ; ensuite près d’Auxerre ; 254 enfin par Gien et Sainte-Catherine-de-Fierbois6.

6.
1429. (1428.) Premiers jours de mars.
6

De Chinon au Coudray, et du Coudray à Chinon7.

7.
1429. (1428.) Fin de mars et commencement d’avril8.
16

De Chinon à Poitiers9.

8.
Idem.
16

De Poitiers à Chinon.

§3
Expédition d’Orléans
9.
Idem.
22

De Chinon à Tours ; de Tours à Blois10.

9bis.
Idem.
44

De Blois à Chinon par Tours, et retour à Blois11.

25610.
1429. Fin d’avril.
13

De Blois à Orléans par la Sologne, ou le midi de la Loire12.

25711.
1429. Mai, 4.
11

D’Orléans aux environs de Pathay, dans la Beauce, et retour à Orléans13 ; ensuite, attaques diverses des bastilles, etc.14

12.
1429. Mai, 9, jusqu’à la fin du mois.
35

D’Orléans au-delà de Loches15, et retour à Loches.

13.
Idem.
20

De Loches à Tours ; de Tours à Loches16.

14.
1429. Juin, premiers jours.
29

De Loches à Saint-Aignan ; de Saint-Aignan à Selles ; de Selles à Romorantin ; de Romorantin à Orléans17.

258§4
Expéditions des environs d’Orléans, et bataille de Pathay
15.
1429. Juin, 11 et 12.
4

D’Orléans à Gergeau, qui fut pris18.

16.
Juin, 13 et jours suivants.
4

De Gergeau à Orléans.

17.
Idem.
3

D’Orléans au pont de Meun (prise).

18.
Idem.
2

Du pont de Meun à Beaugenci (prise).

19.
Idem.
7

De Beaugenci à Pathay (bataille).

20.
Idem.
7

De Pathay à Jenville (prise) et environs19.

21.
Fin de juin.
7

De Jenville à Orléans20.

22.
Idem.
44

D’Orléans à Sully ; de Sully à Saint-Benoît-sur-Loire ; de Saint-Benoît à Châteauneuf ; de Châteauneuf à Sully ; de Sully à Orléans ; d’Orléans à Gien21.

259§5
Expéditions pour le sacre de Charles VII
23.
1429. 29 juin au 17 juillet.
59

De Gien à Auxerre, d’Auxerre à Saint-Florentin ; de Saint-Florentin à Troyes ; de Troyes à Châlons-sur-Marne ; de Châlons à Sepsaux22 ; de Sepsaux à Reims23, en traversant ainsi le Loing, le Douant, l’Yonne, le Serain, l’Armançon, la Seine, l’Aube et la Marne24.

§6
Expéditions de l’Isle-de-France, de la Brie et environs
24.
20 juillet jusqu’au 13 août.
36

De Reims à Saint-Marcoul ou Corbény25 ; de Saint-Marcoul 260à Vailly26 ; de Vailly à Soissons27 ; de Soissons à Château-Thierry ; de Château-Thierry à Provins28.

25.
Idem.
17

De Provins à la Motte de Nangis29 ; de la Motte à Provins ; de Provins auprès de Bray30 ; de là, retour à Provins.

26126.
1429. Août, 14 au 28.
28

De Provins à Château-Thierry31 ; de Château-Thierry à la Ferté-Milon32 ; de la Ferté à Crépy ; de Crépy à Dammartin et environs33.

27.
Idem.
30

De Dammartin à Crépy ; de Crépy à Baron et à Montpiloy34 ; de Baron à Crépy ; de Crépy à Compiègne ; de Compiègne à Senlis ; de Senlis à Saint-Denis35.

26228.
1429. 29 août au 11 sept.
3

De Saint-Denis à la Chapelle (attaque de Paris) ; de la Chapelle à la Villette36 ; de la Villette à Saint-Denis37.

29.
1429. Du 12 sept. au 25 oct. environ.
67

De Saint-Denis à Lagny ; de Lagny à Provins ; de Provins 263à Bray ; de Bray à Courtenay, en passant la Seine au-dessous de Sens38 ; de Courtenay à Château-Renard ; de Château-Renard à Montargis ; de Montargis à Gien ; de Gien à Bourges39.

264§7
Expéditions et excursions du Berry et des environs
30.
1429. D’oct. à déc.
46

De Bourges à Mehun-sur-Yèvre ; de Mehun à Bourges ; de Bourges à40 Saint-Pierre-le-Moutier (siège et prise) ; de Saint-Pierre-le-Moutier 265à la Charité (siège) ; de la Charité à Bourges ; de Bourges à Mehun41.

31.
1429. Fin de déc.
36

De Mehun-sur-Yèvre à Gergeau ; de Gergeau à Mehun42.

32.
1430. (1429 ancien.) De janv. au 1er jours d’avril.
76

De Mehun-sur-Yèvre à Bourges43 ; de Bourges aux Marches 266de Berry44 ; des Marches de Berry à Melun, en passant par Bourges, Gien et Montargis45.

267§8
Expéditions de Lagny et Compiègne, ou dernières expéditions de Jeanne
33.
1430. Avril et commencement de mai.
9

De Melun à Lagny46. Défaite de Franquet d’Arras, aux environs, et retour à Lagny47.

26834.
1430. Suite de mai.
36

De Lagny à Soissons, en passant par Château-Thierry et Crépy ; de Soissons à Crépy ; de Crépy à Compiègne48.

26935.
1430. Idem.
12

De Compiègne à Pont-l’Évêque ; attaque infructueuse de ce bourg ; retour de Jeanne à Compiègne49.

27036.
1430. Idem.
28

De Compiègne à Lagny, en passant par Crépy et Château-Thierry50.

37.
1430. Idem, jusqu’au 24 mai.
28

De Lagny à Compiègne par jusque jusque Château-Thierry et Crépy51. Sortie et prise de la Pucelle52.

Total : 902
271§9
Résumé

Les voyages ou expéditions de Jeanne d’Arc, relatifs à son projet de sauver la France, ont commencé à la fin de février 1428 (Voy. ci-devant §2, n° 5) ; ils se sont terminés au 24 mai 1430 : ainsi, ils ont duré en tout quinze mois53.

Nous avons mesuré, avec exactitude, l’espace compris, à vol d’oiseau, entre chacune des stations indiquées depuis le même numéro jusqu’à la dernière expédition de Compiègne (n° 37), et nous avons trouvé que Jeanne d’Arc a parcouru, dans ce court intervalle de quinze mois, plus de neuf cents lieues (de 25 au degré). Si l’on réfléchit maintenant qu’à cette époque les grandes routes n’existaient point encore ; qu’il n’y avait qu’un très petit nombre de ponts ; que le territoire parcouru était semé de places ennemies ; que des partis battaient sans cesse la campagne… on sentira que ce n’est pas exagérer que de porter à un tiers de la distance, à vol d’oiseau, l’espace compris dans les détours que nécessitèrent ces divers obstacles : de sorte qu’au lieu de neuf cents lieues, Jeanne a dû en parcourir au moins douze à treize cents, et cela sans 272 parler des voyages qu’elle dut faire pendant les trois mois et demi (Voy. ci-devant note 43), à l’égard desquels nous n’avons aucune notion54… Enfin, remarquons que dans le petit intervalle où elle fit ces longues excursions, elle prit part à plus de vingt batailles, ou combats, ou sièges, ou levées de siège, etc.

Il nous semble que ce simple résumé suffirait à l’éloge de Jeanne d’Arc.

Notes

  1. [1]

    Sur ces voyages, voyez ci-devant note 243, n° 4, et 242, n° 2.

  2. [2]

    Voyez note 243, nos 4, 7 et 8.

  3. [3]

    Voyez note 243, n° 9, p. 184.

  4. [4]

    Voyez note 243, n° 10, p. 184.

  5. [5]

    Ces rivières sont indiquées ici dans leur ordre naturel, de l’orient à l’occident, de sorte qu’il sera facile de trouver sur la carte celles dont le défaut d’espace n’a pas permis d’y graver le nom.

  6. [6]

    Le premier jour, Jeanne vint coucher à l’abbaye de Saint-Urbain. (Réponse à son 2e interrogatoire dans Luchet, 381.) Sa route depuis Saint-Urbain jusqu’aux environs d’Auxerre a été tracée par conjecture et d’après ce qu’observent les auteurs ou témoins (Voy. note 243, n° 11 ; Laverdy, 303 ; Lenglet, I, 25 ; Tripaut, 49 ; Histoire de la Pucelle, 505 ; Belleforêt, 337), qu’elle fut obligée de traverser plusieurs rivières, et de faire beaucoup de détours pour éviter les places ennemies, etc.

    L’Histoire de la Pucelle (d. p. 505) ajoute qu’elle passa par Auxerre et plusieurs autres villes, villages et passages des pays ennemis… sans aucuns empêchemens… Nous croyons qu’il y a ici une faute d’impression ou de copie, et qu’il faut lire près au lieu de par. Il n’est pas vraisemblable qu’un cortège de sept personnes armées (Lenglet, I, 24) eût pu passer sans obstacle dans des villes de guerre. En conséquence, nous avons tracé la route près d’Auxerre et d’autres villes, et non par Auxerre, etc.

    D’Auxerre elle passa par Gien (ici elle arrivait dans les villes soumises au roi). — Dunois dans Laverdy, 352, note 26.

    De Gien, nous présumons qu’elle se dirigea sur Loches, par Romorantin, Selles et Saint-Aignan, parce qu’elle parcourut dans la suite la même route (Voy. ci-après n° 14 et note 17), qui, au reste, est à-peu-près en ligne directe.

    Elle passa ensuite à Sainte-Catherine de Fierbois avant d’arriver à Chinon. (Voy. Belleforêt, 350 ; Villaret, XIV, 383.)

  7. [7]

    Après son arrivée à Chinon, elle fut d’abord logée au château du Coudray, où elle reçut plusieurs visites. (Laverdy, 306.) Quant à l’époque de son arrivée, voy. note 243, n° 12.

  8. [8]

    Pâques, ou le premier jour de l’an 1429, était le 27 mars. (Tripaut, 73.)

  9. [9]

    Voyez note 243, n° 12.

  10. [10]

    Voyez Laverdy, 314 et 315 ; Lenglet, I, 51.

  11. [11]

    Lorsque Jeanne quitta la cour pour se rendre à Blois et de là à Orléans, la cour était à Chinon. Nous avons dit (note 243, n° 12) que l’époque de son départ n’était pas précisément connue. 1° Lenglet, t. I, p. 59, fixe son voyage à Blois au 18 ou 19 mars. 2° Tripaut, p. 69, la dit arrivée dans cette ville le 22. 3° La lettre qu’elle y écrivit aux Anglais (Voy. Histoire de la Pucelle, 308 ; Tripaut, 69 ; Belleforêt, 338 ; Lenglet, t. I, p. 52) est datée du mardi ou du samedi-saint, c’est-à-dire ou du 22 ou du 26 mars. (On l’a jointe ci-après, à la 3e pièce justificative, n° 4). 4° Il résulte d’un interrogatoire subi par Jeanne le 10 mars 1431 (calendrier actuel), qu’elle était auprès de Chinon dans les premiers jours d’avril 1429, puisqu’elle y fixe cette station à deux années avant l’interrogatoire, et au mois d’avril, immédiatement après Pâques (Voy. Lenglet, t. I, p. 159 ; Laverdy, 69), et que Pâques de 1429 était le 27 mars. 5° Elle devait même y être encore le 21 avril matin, d’après les lettres-patentes du même jour, citées dans un compte (Voy. Godefroy, p. 907), et où l’on ordonne de payer 100 livres à l’un de ses officiers pour les frais faits à Chinon et pour ceux à faire au voyage qu’ils avaient lors intention de faire… pour le secours d’Orléans. 6° Il résulte aussi de la narration de M. de Laverdy, p. 315, fondée sans doute sur quelque déposition, que Jeanne n’arriva à Blois que vers le 23 avril. (Il annonce, en effet, qu’elle y resta trois jours, et qu’on en mit autant à se rendre à Orléans : or, on arriva le 29 à Orléans.) Ces diverses leçons, si contradictoires au premier aperçu, se concilient très facilement, en admettant, comme nous le faisons au texte, n° 9bis, que Jeanne a fait deux voyages à Blois, l’un après le 18 mars, l’autre après le 20 avril. Pendant le premier, elle aura commandé ses bannières ou étendards à Tours (ils y furent faits et peints, suivant le compte indiqué ci-devant, note 311), et aura adressé (de Blois) ses lettres aux Anglais. N’en recevant pas de réponse (ils retinrent même son héraut… Voy. ci-devant p. 93), elle sera revenue à Tours, où elle aura pris les étendards, et de là, pour demander les ordres du roi, à Chinon, d’où elle sera repartie le 21 avril soir (après le paiement fait à son écuyer) pour Blois, où elle sera arrivée le 23 soir.

    Au reste, ceci prouve encore que si Jeanne fut un instrument de la cour, on eut bien peu de temps pour la former au rôle brillant qu’elle remplit si bien. (Voy. d. note 243, n° 12, p. 186.)

  12. [12]

    Voy. Tripaut, 88 ; Histoire de la Pucelle, 510 ; Chronique de France, 338, v° ; Lenglet, I, 60.

  13. [13]

    C’était pour aller au-devant du second convoi. (Voy. ci-devant, p. 65, et note 274, et les auteurs de la note 12.) Lenglet, t. I, p. 64, prétend, sans citer d’autorité, qu’il fut, comme le premier, amené par la Sologne. C’est une erreur. Tous les auteurs s’accordent à dire que ce fut par la Beauce, et la Chronique de France, 338, v°, ajoute qu’on l’amena jusques vers Pathay.

  14. [14]

    Voyez ci-devant texte, p. 65 et suivantes, notes 276 à 309.

  15. [15]

    Voy. sur ce voyage, ci-devant, note 311.

  16. [16]

    L’Histoire de la Pucelle, p. 515, et Tripaut, p. 115, indiquent plusieurs conseils tenus à Tours, d’où Jeanne dut revenir avec le roi à Loches, parce qu’il paraît par la lettre de Gui de Laval, citée à la fin de la note 311, qu’elle précédait le Roi, dans sa marche, à-peu-près d’une journée.

  17. [17]

    Voyez la même lettre, la note précédente, et d’Alençon dans Laverdy, p. 363, note 49. Jeanne partit de Selles le 6 juin. (Elle y était au moins depuis le trois.) Même lettre, p. 895, 896.

  18. [18]

    Voyez les autorités de la note 320.

  19. [19]

    Pour les voyages ou expéditions des nos 16 à 20, voyez ci-devant le texte, p. 74, et les autorités de note 322 à 326.

  20. [20]

    Voyez Tripaut, 132 ; Histoire de la Pucelle, 518 à la fin.

  21. [21]

    Tous ces voyages sont indiqués par l’Histoire de la Pucelle, p. 519, à l’exception de celui de Saint-Benoît-sur-Loire, dont parle le président Charle (dans Laverdy, p. 367, note 58). Il fut témoin, dit-il, d’exhortations faites au Roi par Jeanne, à Saint-Benoît, relativement à son sacre… Cela n’a pu se passer que dans un des voyages de Sully à Châteauneuf, Saint-Benoît étant situé entre ces deux villes.

    Dans cet intervalle (le 26 juin), l’amiral de Culant assiégea et prit Bony-sur-Loire.

  22. [22]

    Sepsaux, château de l’archevêque de Reims.

  23. [23]

    Quant aux détails de cette expédition de Gien à Reims, pendant laquelle les villes indiquées ci-dessus se soumirent ou furent prises, voyez les autorités de la note 330.

  24. [24]

    Ces rivières sont indiquées ici dans leur position naturelle, du sud-ouest au nord-est.

  25. [25]

    On emploie ces noms indifféremment. (Voyez Tripaut, 146 ; Histoire de la Pucelle, 524 ; Monstrelet, II, 47.)

  26. [26]

    On apporta ici à Charles les clefs de Soissons et de Laon. (Tripaut, 146 ; Histoire de la Pucelle, 524.)

  27. [27]

    Ici l’on apprit la soumission de Château-Thierry, de Crécy-en Brie, de Provins, de Coulommiers et de plusieurs autres villes. (Tripaut et Histoire de la Pucelle, ibid. Voy. aussi Monstrelet, II, 49 et 50, qui cite (outre les précédentes), quatorze villes ou châteaux, et finit également par les mots et plusieurs autres.

    En calculant les diverses époques indiquées par Tripaut, p. 146, il paraît qu’on dut arriver à Soissons vers le 23 au 25 juillet. Il ajoute que le roi y fit séjour par aucun temps… Ce séjour dut se prolonger jusqu’au commencement d’août, puisqu’à cette époque Charles fit délivrer à Jeanne un cheval, comme cela résulte du compte déjà cité à la note 311.

  28. [28]

    Voy. Tripaut, et Histoire de la Pucelle, ibid.

  29. [29]

    Château près de Nangis. (Voy, Histoire de la Pucelle, 524 ; Chronique de France, 342 ; Tripaut 147 : il dit Maugis, mais c’est une faute d’impression). Le roi s’y avança pour présenter la bataille au duc de Bedfort, qui s’était porté à Corbeil et Melun (et même jusqu’à Montereau, selon Monstrelet, II, 47) ; mais Bedfort s’en retourna à Paris. (Mêmes auteurs.) Le 7 août il avait envoyé une espèce de défi au roi. (Voyez Monstrelet, ibid.)

  30. [30]

    Cette marche rétrograde de Charles après la retraite de Bedfort, qu’il eût au contraire fallu poursuivre, fut l’effet des insinuations des courtisans. Heureusement on ne put forcer le passage de la Seine à Bray, ce qui obligea de revenir combattre dans l’Isle-de-France. (Voy. mêmes auteurs.)

  31. [31]

    La Chronique de France, fol. 342, fixe le voyage de Château-Thierry à la veille de la mi-août.

  32. [32]

    Dunois (dans Laverdy, p. 369, note 68) cite cette excursion à la Ferté.

  33. [33]

    Voy., sur les excursions du n° 26, Tripaut, 148 à 150 ; Histoire de la Pucelle, 525 ; Chronique de France, 342.

    Les armées françaises et anglaises furent, pour la seconde fois, en présence ; Charles était aux environs de Dammartin, et Bedfort à Mitry, à deux lieues au S. O. de cette ville. Après quelques escarmouches il se retira sur Paris. (Mêmes auteurs.)

  34. [34]

    Ou Mont-Piloi, ou Mont-Piloer, ou Mont-Piloir, bourg et montagne un peu au N. O. de Baron.

  35. [35]

    Quant aux excursions du n° 27, voyez Tripaut, 151 à 162 ; Histoire de la Pucelle, 525 à 528 ; Chronique de France, f. 342, 343.

    Les mêmes armées se rapprochèrent encore. Celle de Charles était entre Baron et Mont-Piloi ; celle de Bedfort sur la petite rivière qui passe à Baron. Toutes les dispositions furent faites pour une bataille, et Jeanne fut placée au corps chargé des escarmouches, avec Dunois, Lahire, etc… Ces escarmouches furent assez vives, mais au bout d’un jour les deux armées se replièrent. (Voy. mêmes auteurs.) Le roi apprit à Crépy la soumission de Compiègne et de Beauvais, et à Saint-Denis celle de Lagny. (Voy. idem.) Il entra à Compiègne le 22 août (Lenglet, t. I, p. 142 ; t. II, p. 160) et à Saint-Denis le 29, selon l’Histoire de la Pucelle, 529, et la Chronique de France, f. 343, v°. Selon Tripaut, p. 162, Charles partit de Senlis environ le dernier jour d’août… Peut-être même n’est-ce que le 1er ou le 2 septembre, puisqu’il est dit, dans le compte cité à la note 311, que le roi fit donner à Jeanne un second cheval, à Senlis, au mois de septembre. Mais il est aussi possible que de Saint-Denis elle soit retournée à Senlis pour cet objet. Il y aurait alors quelques lieues à ajouter à l’itinéraire.

  36. [36]

    On n’a pu graver sur la carte que l’un de ces deux bourgs, qui, au reste, sont très voisins.

  37. [37]

    Quant aux excursions du n° 28, voyez Tripaut, 162 à 167 ; Histoire de la Pucelle, 528, 529 ; Chronique de France, 343.

    Le 8 septembre on attaqua Paris. (Voy. Laverdy, 338 ; Journal de Paris, 127.) Jeanne traversa le premier fossé, entra dans le second et le sonda. Blessée soudain d’un coup de flèche à la cuisse, elle ne voulut point renoncer à son projet ; elle fit apporter des claies et des fascines pour combler le fossé ; entre prise qu’elle n’abandonna qu’à la nuit ; encore fallut-il l’envoyer chercher à plusieurs reprises. Sa plaie ne fut pansée qu’après son retour. (Voy. Tripaut, 165 ; Chartier, 36 ; Histoire de la Pucelle, 528 ; Chronique de France, 343 ; Monstrelet, II, 50.)

  38. [38]

    Bray se soumit cette fois à Charles et lui livra passage, tandis que Sens le refusa. (Voy. Tripaut, 168.) Ainsi Villaret, XIV, 458, se trompe lorsqu’il place avant l’arrivée de Philippe à Paris (c’est-à-dire avant le 30 septembre… ci-après note 39) la réduction de Sens et celle de Melun, qui n’eut lieu que plusieurs mois après. (Voy. note 45.)

  39. [39]

    Quant aux excursions du n° 29, voyez Chartier, 37 ; Berry, 379 ; Chronique de France, 343, et surtout Tripaut, 168 et 169.

    En examinant avec soin la relation de Tripaut, et comparant le temps qu’exigèrent les parties du voyage dont il omet les époques, et celles dont il indique les dates, et en tenant compte des séjours, il paraît, 1° que le roi quitta Saint-Denis le 12 septembre et arriva à Gien le 19 ; 2° qu’il en partit vers le 20 ou le 22 octobre, et arriva à Bourges du 22 au 25. Il annonce, en effet, que Charles attendit à Gien aucuns jours, croyant avoir accord avec le duc de Bourgogne, et qu’il s’en retourna à Bourges lorsqu’il fut averti que le duc avait renouvelé son traité avec Bedfort (on accorda seulement une trêve à Charles… Voy. ci-devant p. 78 et note 336), et était retourné en Picardie… Or, nous voyons par le Journal de Paris, p. 127 et 128, que Philippe, arrivé à Paris le 30 septembre, en était reparti la veille de Saint-Luc, ou le 17 octobre. Il fallut bien ensuite quelques jours pour en recevoir avis et se rendre à Bourges.

    N. B. Les auteurs remarquent que dans toutes les excursions ou expéditions décrites ci-dessus aux nos 23 à 29, Jeanne accompagna toujours le roi.

  40. [40]

    C’est à Mehun qu’on arrêta les expéditions de Saint-Pierre-le-Moutier et de la Charité… L’assemblée de la compagnie de Jeanne se fit ensuite à Bourges, d’où l’on se rendit à Saint-Pierre-le-Moutier. (Voy. Daulon dans Lenglet, II, 126.) Jeanne montra aux attaques de Saint-Pierre le même courage qu’à celles d’Orléans, de Paris, etc. Les Français ayant été repoussés lors de l’assaut, elle resta presque seule, et malgré les exhortations des officiers, près des fossés, exposée aux traits des ennemis (elle avait ôté son casque), et cria à haute voix qu’on apportât des fagots et des claies pour faire un pont… On lui obéit ; on passa les fossés et la ville fut prise en un moment. (Voy. Daulon, d. p. 126 et suiv.) Chartier, 39, et la Chronique de France, 344, parlent aussi de cet assaut, mais sans détails.

    Nous ne connaissons ni l’époque, ni la durée précise de ce siège… Daulon, ibid., dit qu’il dura aucun temps… Comme on se rendit ensuite à la Charité où l’on était à la fin de novembre, il est probable que Saint-Pierre fut assiégé au commencement de ce mois.

  41. [41]

    Le siège de la Charité fut levé au bout d’un mois. (Chronique de France, 344 ; Berry, 381.) Chartier, 39, et Belleforêt (ibid., 353, d’après l’interrogatoire de Jeanne) en font aussi mention. On peut présumer qu’on échoua par défaut de ressources et non point de courage. À la fin de novembre, d’Albret et Jeanne, qui commandaient, réclamaient des secours en argent, faute de quoi ils seraient, disaient-ils, obligés de lever le siège. Le 24, la ville de Bourges établit un impôt d’un 13e sur le vin, et chargea le fermier d’envoyer à d’Albret et Jeanne 1300 écus d’or pour entretenir l’armée occupée au siège. (Voy. le bail dans l’Histoire du Berry par La Thaumassière, liv. 3, chap. 28, p. 161.) Après la levée du siège on dut, pour rendre compte de l’expédition, revenir à Mehun-sur-Yèvre, où il paraît que le conseil se tint pendant les mois de novembre et décembre.

  42. [42]

    Jeanne avoue dans ses réponses qu’elle fut à Gergeau, où elle coucha plusieurs nuits avec une femme nommée Catherine. (Voy. Belleforêt dans la Chronique de France, f. 353.) D’un autre côté, on lui impute d’avoir communié à Noël dans cette ville. (Voy. ci-devant note 392, n° 6) : c’est donc à cette époque qu’elle fit le voyage de Gergeau.

    De Gergeau elle dut revenir à Mehun, où on lui donna des lettres de noblesse le 29 décembre. (Elles sont datées simplement du mois, dans le Recueil de Godefroy, p. 898 ; mais Laverdy, p. 340, en fixe la date au 29.)

  43. [43]

    De Mehun Jeanne vint sans doute à Bourges. On sait qu’elle y fit quelque séjour après l’expédition de l’Isle-de-France (Voy. Laverdy, 334, 339) ; ce doit être vers cette époque, d’autant que ses lettres de noblesse furent enregistrées le 16 janvier (Voy. Godefroy, p. 899) à la chambre des comptes, que Charles avait transférée dans cette ville.

    Nous perdons alors sa trace jusque vers la fin de mars. Il est pourtant à présumer qu’elle ne resta pas toujours à Bourges, puisque Charles VII, qu’elle accompagnait ordinairement, séjourna pendant cet intervalle à Chinon (il y était vers le mois de janvier, ainsi qu’on peut l’induire de la Chronique de France, f. 344, v°), à Vierzon (vers le 26 janvier), à Gergeau (en février), et à Sully (les 6, 13 et 28 mars). Voy. Pièces fugitives relatives à l’Histoire de France, in-4°, t. 1, p. 94 ; Histoire générale de Languedoc, t. 4, p. 475.

  44. [44]

    Jeanne était ès marches de Berry avant l’expédition de Lagny, dont on parlera tout à l’heure. (Voy. Chronique de France, 345, ligne 2.) (Chartier, p. 41, dit au pays de Berry.) Ce mot marches signifie en général frontières. Dans cette occasion il doit s’entendre de la frontière méridionale du Berry, des points qui le séparent de la Marche proprement dite, parce que les cantons de la Marche qui touchaient aux autres provinces s’appelaient les marches de telle province. On disait, par exemple, les marches du Limousin. (Voy. Encyclopédie, Dictionnaire géographique, mot Marche.)

  45. [45]

    Elle se trouva vers les fêtes de Pâques à Melun (Voy. Lenglet, t. I, p. 124 ; Belleforêt dans la Chronique de France, f. 353) qui, depuis peu, s’était soumis au roi… (Voy. Chartier, 44 ; Berry, 380 ; Monstrelet, II, 56.) Les points intermédiaires de la route la plus courte, des Marches à Melun, sont Bourges, Gien et Montargis.

  46. [46]

    N. B. Les historiens, tels que Berry, Chronique de France, f. 345, et Monstrelet, II, f. 56 à 58, sont peu d’accord, soit entre eux, soit avec eux-mêmes, sur les dates et l’ordre des expéditions ou excursions indiquées ci-dessus aux nos 33 à 37… Il a fallu encore user de la méthode citée plusieurs fois, pour trouver l’itinéraire le plus probable de Jeanne d’Arc. Au reste, nous avons accordé, dans cette occasion, plus de confiance à Monstrelet qu’aux autres historiens, parce qu’étant au siège de Compiègne (Voy. idem, f. 58), il devait avoir présents à la pensée les faits qui précédèrent la prise de Jeanne, d’autant qu’ils se passèrent dans l’intervalle de moins d’un mois.

  47. [47]

    Voy. Chartier, 41 ; Lenglet, t. I, p. 125, et t. 3, p. 150 ; Chronique de France, 345, au commencement ; Belleforêt, ibid., 1 352 ; Monstrelet, II, 57.

    Monstrelet place le récit de la défaite et exécution de Franquet après celui des expéditions de Noyon et de la prise de Soissy (ci-après, n° 34 et 35) ; mais, comme nous l’avons déjà observé, il y a très peu d’ordre dans son ouvrage. Il annonce d’abord (f. 56), 1° que le duc de Bourgogne célébra la fête de Pâques à Péronne (Pâques était le 16 avril) ; 2° qu’au commencement de 1430 (c’est-à-dire après Pâques) il se rendit avec ses gens d’armes à Montdidier, où il fut aucuns jours ; 3° qu’il assiégea Gournay-sur-Aronde (à six lieues S. O. de Noyon), et se hâta de traiter avec la garnison, afin d’aller au secours d’un château dont les Français levèrent le siège sur l’avis de son projet ; 4° qu’il alla passer environ huit jours à Noyon ; 5° qu’il assiégea Soissy… Monstrelet raconte alors, f. 56, v°, et 57, l’attaque de Pont-l’Évêque, et successivement l’établissement des corps de l’armée du duc dans les villages voisins de Compiègne. Enfin il passe à la défaite de Franquet, dont il fixe l’époque au commencement de mai.

    Si l’on suppute le temps qu’exigèrent les marches diverses de Péronne à Montdidier, de Montdidier à Gournay, de Gournay à Noyon, de Noyon à Soissy, le siège de Gournay, etc. ; et si l’on y ajoute les séjours à Montdidier et Noyon, on voit que le duc ne put commencer le siège de Soissy qu’au mois de mai, après la défaite de Franquet. Cette première époque une fois déterminée, il est facile de fixer, avec assez de certitude, les époques des dernières expéditions de Jeanne, et même de faire accorder les historiens dans leurs récits, comme on le verra dans les notes suivantes.

    N. B. Villaret, XV, 7 et suiv., a commis beaucoup d’erreurs quant à ces expéditions de Jeanne ou de Philippe. Il les place entre autres avant le débarquement de Henri VI à Calais (jour de Saint-George ou 23 avril… Monstrelet, II, 58), qui est antérieur à la plupart.

  48. [48]

    Le détour par Château-Thierry était nécessaire pour passer la Marne, et Lenglet (t. I, p. 128) suppose qu’elle passa par Crépy, puisqu’il annonce que de Soissons elle y retourna.

    Le but de cette expédition était de secourir Soissy (ou Pont-à-Soissy, ou Choisy-sur-Oise), assiégé par le duc de Bourgogne, et situé entre l’Aisne et l’Oise, près de leur confluent. Il fallait passer l’Aisne à Soissons ; le gouverneur refusa le passage (Voy. Lenglet, ibid. ; Chronique de France, f. 345), ce qui força Jeanne de retourner à Crépy et d’aller chercher un passage à Compiègne pour inquiéter au moins les convois des assiégeants. (Voy. la note suivante.) Berry, 381, dit qu’on reçut Jeanne dans Soissons, du moins pour y passer une nuit, et qu’elle alla ensuite à Compiègne.

  49. [49]

    Quoique le seul Monstrelet (f. 56 v° et 57) parle de cette expédition, nous n’hésitons pas à la placer ici, par les motifs déjà indiqués aux notes 46 et 47, et parce que les Français durent la tenter pour faire lever le siège de Soissy, poste important qui les rendait maîtres du cours de l’Oise et de l’Aisne au-dessus de Compiègne, et mettait obstacle aux entreprises que Philippe pouvait former contre cette ville, ou les places, telle que Lagny, situées au midi de l’Aisne. Philippe, qui sentait la nécessité de s’en emparer, avait pris des mesures pour empêcher que la garnison de Compiègne n’interceptât ses vivres (Voy. Monstrelet, ibid.) qu’il tirait de Montdidier, Noyon et autres villes de Picardie, et qui lui parvenaient, selon toute apparence, par le pont ou port de Pont-l’Évêque, bourg situé à 600 toises au midi de Noyon, et défendu par un détachement de l’armée anglaise. Il avait en conséquence placé un corps de troupes dans les faubourgs de Noyon, afin d’être à portée de secourir les Anglais en cas d’agression. L’événement justifia sa prévoyance. Jeanne d’Arc, Chabanes, Xaintrailles, etc., avec deux mille hommes, vinrent en effet de Compiègne attaquer les Anglais, et ils étaient au moment de les forcer, lorsque les Bourguignons, postés à Noyon, accoururent, mirent les Français entre deux feux, et les contraignirent à se replier sur Compiègne.

    Cette expédition fait d’autant plus d’honneur au courage de Jeanne, qu’elle s’exposait à être coupée par l’armée bourguignonne chargée du blocus de Gournay. Mais si elle avait réussi, le plan de campagne de Philippe eût entièrement échoué.

  50. [50]

    Ce départ de Jeanne, de Compiègne, à la veille d’un siège, paraît d’abord singulier. Mais tant que Soissy n’était pas pris, il était difficile de connaître précisément les projets de Philippe. En passant par Soissons, que le gouverneur Bournel venait de lui vendre (Berry, 381 ; Chronique de France, 345), il pouvait se porter sur Lagny, que son parti avait déjà essayé plusieurs fois d’enlever à Charles VII. Le voyage de Jeanne à Lagny explique d’ailleurs une de ses réponses (Voy. Belleforêt dans la Chronique, f. 352), où elle dit que le tribunal de Lagny employa quinze jours au procès de Franquet. Or, si elle ne fût pas revenue à Lagny après l’expédition de Noyon, il eût été impossible qu’elle s’y fût trouvée à la fin du procès… Enfin Chartier, p. 42, et la Chronique de France, f. 345, disent positivement qu’elle partit de Lagny pour Compiègne, lorsqu’elle apprit que cette ville était déjà un peu à l’estroit.

  51. [51]

    Voyez la fin de la note précédente ; et, quant à la route, le commencement de la note 48.

  52. [52]

    D’après ce qu’on a observé (note 50, à la fin), Jeanne fut peut-être obligée de livrer un combat pour s’introduire dans Compiègne. Le jour même de son arrivée (Villaret, XV, 18) elle fit la sortie où elle fut prise, lorsque pendant la retraite elle fermait l’arrière-garde.

  53. [53]

    Remarquons de nouveau combien la comparaison des calendriers est nécessaire à l’intelligence de l’histoire ancienne.

    Si, en effet, on s’en rapporte uniquement à l’ancien calendrier, comme ces voyages ont commencé (Voy. même n° 5) à la fin de février 1428, et ne se sont terminés qu’au 24 mai 1430, on serait porté à croire qu’ils ont duré vingt-sept mois au lieu de quinze.

  54. [54]

    Si Jeanne suivit alors la cour, comme on le présume dans cette note, il faudrait ajouter plus de cent lieues au calcul précédent.

273Article III
Table alphabétique des villes, bourgs, villages et châteaux désignés dans la 2e carte

N. B. Afin d’en faciliter la recherche, on donne ci-dessous leurs degrés de longitude et de latitude.

Les chiffres les plus rapprochés des noms sont ceux des pages de l’ouvrage où il en est question… Les mots V. Tab. indiquent les villes, etc., dont il est fait mention dans la dernière table alphabétique.

On a aussi indiqué ci-après quelques bourgs que le défaut d’espace a empêché de placer sur la carte ; mais on a désigné en même temps les lieux de la carte dont ils sont le plus rapprochés.

Long.Lat.
Abbeville, 1391950
Alençon, 83, 1381748
Amiens1949
Angers, 1381747
Anthon, voy. Tab.2245
Arras, 2192050
Auxerre, 140, 254, 2552147
Azincourt, voy. Tab.1950
Baron, 2612049
Bar-sur-Ornain, ou Bar-le-Duc, 1852248
Baugé, voy. Tab.1747
Beaugenci, voy. Tab.1947
Beaurevoir, 2292050
Beauvais, 2621949
Besançon2347
Blois, 255, 2561947
Bony, voy. Tab.2047
Boulogne, 1391950
274Bourges, 20, 45, 127, 263 à 2662047
Bray, 260, 2632048
Calais, 1, 82, 2681950
Châlons-sur-Marne, 2382248
Châlons-sur-Saône2246
Chappe, voy. Tab.2148
Chartres, 145, 1601948
Châteaudun, 1601848
Château-Neuf, 77, 1601947
Château-Renard, 2632047
Château-Thierry, 260, 261, 268 à 2702149
Chaumont2248
Cherbourg, 109, 1251649
Chinon, 61, 176, 184, 194, 253 et suiv1747
Choisy. Voy. Soissy.
Compiègne, 79, 261, 268 et suiv2049
Corbeil, 2602048
Corbéni, voy. Saint-Marcoul
Cosne, 30, 139, 1452047
Coulommiers, 2602048
Courtenay, 2632048
Crécy en Ponthieu, 391950
Crécy en Brie, 2602048
Crépy, 261, 268 et suiv.2049
Crevant ou Cravant, voy. Tab.2147
Dammartin, 2612049
Dijon2247
Domrémy, 178 et suiv., 2532348
Estampes, 1411948
Évreux, 144, 2131849
Fierbois (Sainte-Catherine de), 2541847
275Genève2346
Gergeau, voy. Jargeau
Germigny, 93, 2382049
Gien, 77, 78, 258, 259, 263, 2662047
Gournay-sur-Aronde est un peu au N. O. de Noyon. V. ce mot, et 267, 268
Gueret1646
Guines, 2201950
Harfleur, 23, 1301749
Ivry, 391948
Janville, ou Jenville, ou Yenville, 76, 1601948
Jargeau, ou Jergeau, ou Gergeau, voy. Tab.1947
Labussière, voy. Tab.2246
La Chapelle est près la Villette. V. ce mot, et 262
La Charité, 2652047
La Croisette, voy. Tab.2248
La Ferté-Hubert ou la Ferté-Senneterre, 160, 2132047
La Ferté-Milon, 2612049
Lagny, 262, 267 et suiv.2048
La Gravelle, voy. Tab.1648
Lamotte-Nangis, près Nangis, voy. ce mot
Langres2247
Laon, 2602149
La Rochelle1646
Laval, 148, 1551648
Lavillette, 2622048
Le Coudray, 2541847
276Le Crotoy, 2291950
Le Mans, 1551748
Lille, 332050
Loches, 73, 210, 2571847
Lyon, 322245
Mâcon, 39, 1472246
Marches de Berry, 2661946
Marchenoir, 160, 2141947
Meaux., voy. Tab.2048
Mehun-sur-Loire, voy. Tab.1947
Mehun-sur-Yèvre, 264, 2651947
Melun, 137, 260, 2662048
Metz2349
Meulan, voy. Tab.1949
Mitry est un peu au S. O. de Dammartin. V. ce mot et 261
Montargis, 155, 263, 2662047
Montdidier, 2672049
Montereau, voy. Tab.
Montpiloy est un peu au N. O. de Baron. V. ce mot et 261
Mont-Pipeau, à 2 lieues N. de Mehun-sur-Loire. V. ce mot et 160, 214
Moulins2046
Nancy, 181, 1842348
Nangis, 2602348
Nantes1647
Neufchâteau, 1812348
Nevers2046
Nogent-le-Roi, 1601948
Nogent-le-Rotrou, 1601848
277Nogent-sur-Seine, 2172148
Noyon, 268, 2692049
Orléans, voy. Tab.1947
Paris, voy. Tab.2048
Pathay, voy. Tab.1948
Péronne, 2672049
Pluvier ou Petivier, 1601948
Poitiers, 39, 1871846
Pont-à-Soissy. V. Soissy.
Pont-l’Evêque, bourg à 600 toises au midi de Noyon, voy. Noyon
Pontorson, 421648
Provins, 260, 2622048
Puiset ou Puiseaux, 1602048
Rambouillet, 1601948
Rennes1748
Reims, voy. Tab.2149
Roanne2146
Rochefort, 1601948
Romorantin, 254, 2571947
Rosbecq, voy. Tab.2150
Rouen, 33, 134, 138, 2441849
Rouvray, voy. Tab.1948
Roye, 2382049
Saint-Aignan, 255, 2571947
Saint-Benoît-sur-Loire, 2582047
Saint-Denis, 261, 2622048
Saint-Florent, 1941647
Saint-Florentin, 2592147
Saint-Jame-de-Beuvron, voy. Tab.1648
Saint-Marcoul, ou Corbéni, 2602149
278Saint-Pierre-le-Moutiers, 79, 2642046
Saint-Riquier, voy. Tab.1950
Saint-Urbain, 253, 2542248
Sainte-Catherine, voy. Fierbois1947
Selles, 254, 2571947
Senlis, 2612049
Sens, 137, 2632048
Sepsaux, 2592149
Soissons, 260, 268 et suiv.2049
Soissy, ou Pont-à-Soissy, ou Choisy-le-Bac, ou Choisy-sur-Oise, 267 à 2692049
Sully, 77, 160, 258, 2662047
Thoury, à une lieue E. de Jenville, voy. ce mot et 160
Toucques, 1321749
Toul, 181, 2532348
Tours, 145, 2551847
Troyes, 136, 215, 2592148
Vailly, 2602149
Vaucouleurs, 181 à 185, 2532348
Vaudemont, 1852348
Verdun2349
Verneuil, voy. Tab.1848
Vezelay, 1402147
Vierzon, 2661947
Yenville, voy. Janville

Fin de l’explication des cartes.

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