Anne-François-Joachim Fréville

Vie et mort républicaines du petit Émilien (1794)

Un petit saint de la République devenu, la ferveur retombée, le modèle de l’enfance.
Frontispice.
  • (amélioré avec IA)
Auteur
Date de publication
1794
Catégorie

Présentation

Le 22 brumaire an II (12 novembre 1793), A. F. J. Fréville — maître dans une petite pension, auteur de quelques-uns des ouvrages pédagogiques les plus populaires du temps, et surtout fervent partisan de la République — perd Émilien, son fils de sept ans (nommé, comme son aîné Émile, d’après l’ouvrage éponyme de son idole Rousseau). Dévoré de chagrin, le père entreprend de raconter la vie et la mort de son enfant chéri : pour se consoler, pour se souvenir, et pour en tirer un récit propre à inspirer l’imitation chez la jeunesse républicaine.

Sous sa plume, le petit Émilien apparaît comme une sorte de saint républicain, modèle de toutes les vertus. Il est aimable, poli, rieur, ami des bêtes, studieux. Avant même de savoir marcher, il demande à apprendre à lire, puis à écrire. Apercevait-il un vieillard infirme, un aveugle ou une femme demandant l’aumône, il courait leur donner le peu d’argent qu’il avait. Recevait-il une poire, il s’empressait de chercher des petits camarades avec qui la partager. Gagnait-il une pièce d’argent de poche, il la reglissait discrètement dans celle de son père. La joie et l’amour de Fréville pour son petit garçon respirent dans chaque ligne.

Ce bonheur domestique, c’est celui-là même que peint Rousseau dans La Nouvelle Héloïse (1761), dans son tableau du domaine de Clarens : la joie calme et pleine d’une famille retirée loin du bruit et des vanités de la ville, jouissant sans partage de la présence continuelle des siens, ce bien le plus précieux. Même harmonie, même sérénité — à cette différence près que Rousseau abandonna ses cinq enfants aux Enfants-Trouvés, quand Fréville, lui, vivait réellement ce qu’il décrivait. On se prend à goûter avec le père cette félicité si complète. Aussi l’irruption de la maladie, les quarante-quatre heures d’agonie et la mort n’en sont-elles que plus bouleversantes : de la joie et du bonheur du père, on bascule dans la pitié la plus complète.

Notes sur l’édition

Ce texte fournit le matériau de ce qui allait devenir l’ouvrage le plus célèbre de Fréville, la Vie des enfants célèbres, dont la vie du petit Émilien constitue l’essentiel du second volume. Lot de choix dans les distributions de prix, sans cesse remanié et augmenté, l’ouvrage connaîtra au moins six éditions du vivant de l’auteur et quatre posthumes, jusqu’à la dixième en 1856 — plus de soixante ans après la mort du petit garçon, près d’un quart de siècle après celle du père. Nous publions ici la première édition, celle de 1794, dans une typographie légèrement modernisée, enrichie de notes et suivie d’un court dossier réunissant quelques documents annexes.

Images (2)

[1794]

Frontispice original.

Par : François-Marie-Isidore Queverdo

[1803]

Frontispice révisé.

Éditions

  • 1794  : Paris, Gueffier (1 vol. in-16 de XII-204 p. Prix : 1 liv. 10 fr.)

    Vie et mort républicaines du petit Émilien. Suivies de moralités instructives, du jeu de la Pirouette-géographe, de celui de l’Alphabet et de l’Apologue du décadi ; pour servir à l’éducation des enfants. Par le C. Fréville. Ce fils chéri vécut trop peu pour mon bonheur, Mais assez pour servir de modèle à l’enfance. À Paris, chez Gueffier jeune, Imprimeur-libraire, rue Gît-le-Cœur, n° 16. An II de la République.

    Gallica

  • 1798  : Paris, Dugour et Durand (2 vol. in-12.)

    [Tome II de] Vie des enfants célèbres, ou Les modèles du jeune âge, suivis des plus beaux Traits de piété filiale

    Gallica, Google, ONB (I), ONB (II, Émilien : p. 143-286)

  • 1798  : Hambourg et Brunswick, Fauche et Cie (2 vol. in-12.)

    [Tome II de] Vie des enfants célèbres, ou Les modèles du jeune âge, suivis des plus beaux Traits de piété filiale

    SUB (I), SUB (II, Émilien : p. 123-246)

  • 1803  : Paris, Genets aîné (2 vol. in-12.)

    2e édition, revue et augmentée.

    Google (I)

  • 1810  : Paris (2 vol. in-12.)

    3e édition.

  • 1818  : Paris, Genets jeune (2 vol. in-12.)

    4e édition.

    Google (I)

  • 1820  : Paris, Genets jeune (2 vol. in-12.)

    5e édition.

    Archive (I), Archive (II), Google (I), Google (II, Émilien : p. 107-216)

  • 1824  : Paris, Parmantier (2 vol. in-12.)

    6e édition.

  • 1836  : Paris, Didier (2 vol. in-12.)

    7e édition.

  • 1839  : Paris, Didier (2 vol. in-12.)

    8e édition.

  • 1841  : Paris, Didier (2 vol. in-12.)

    9e édition.

  • 1856  : Paris, Didier (2 vol. in-12.)

    10e édition.

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