Henri de Gorkum

Traité sur Jeanne d’Arc (1429)

Traité sur Jeanne d’Arc rédigé par le vice-chancelier de l’Université de Cologne après le retentissement de ses exploits à Orléans.
Auteur
Date de publication
juin 1429

Éditions

  • Du Pin : Joannis Gersonii Opera Omnia, 1706, t. IV, col. 864-868, d’après le ms. Français 23135 de la BnF.
  • Quicherat : Texte (latin) (Procès, t. III, 1845, p. 411-421), d’après les éditions imprimées (dont Du Pin).
  • Ayroles : Traduction (français) (Vraie Jeanne d’Arc, t. I, 1890, p. 60-68).

Chronologie

  • 1429

  • jun.

    Les exploits de Jeanne d’Arc résonnent à travers toute l’Europe. Henri de Gorkum, docteur en théologie et vice-chancelier de l’Université de Cologne, donne son avis par écrit.

  • 1606

  • Melchior Goldast (1578-1635), érudit suisse, publie à Francfort un recueil de textes sur Jeanne d’Arc intitulé De Sibylla Francica, qui contient le texte.

  • 1630

  • Edmond Richer commente et cite le traité dans son Histoire de Jeanne d’Arc.

    Le susdit auteur remarque fort bien qu’on doibt juger de ses révélations par ses mœurs et déportemens, suivant le dire de Nostre-Seigneur, ce que nous avons observé au premier livre. Au demeurant il ne parle pas de la prise ni de la mort de la Pucelle, et de là on doit colliger qu’il a escrit son traité l’année mesme qu’elle fit lever le siège d’Orléans et mena le Roy à Rheims : comme fit pareillement un autre théologien allemand sans nom, duquel le livre porte ce titre [Sibylla francica], sur le commun bruit qui couroit de nostre Pucelle par toute l’Europe. (Éd. Dunand, t. II, 1912, p. 314.)

  • 1706

  • Louis-Ellies Du Pin (1657-1719) publie les Œuvres complètes de Jean Gerson et inclut le traité, que son premier éditeur avait attribué à Gerson. Cependant, il en conteste la paternité et suggère comme véritable auteur : Henri de Gorcum , en se fondant sur le style.

    Lire : Opera, t. IV, col. 859, Google

  • 1753

  • Lenglet du Fresnoy analyse son traité dans le troisième volume de son Histoire de Jeanne d’Arc.

    Henri de Gorkum était un théologien hollandais, et par conséquent sujet du duc de Bourgogne. Dès que la Pucelle parut, il fut porté à écrire sur cette nouvelle merveille, et il le fit d’une manière extrêmement succincte. [...] Toutes ces paroles ne sont pas exemptes de certaines singularités. Malgré ce témoignage avantageux, on voit que l’auteur conserve l’esprit, mais non pas l’animosité du parti bourguignon. Il se garde bien de donner à Charles VII le titre de roi : il se contente de le nommer fils du roi Charles VI.

  • 1845

  • Quicherat, Procès, t. III, p. 411-421, donne le texte latin d’après les versions imprimées et le date de juin 1429. Il commente, Procès, t. V, 1849, p. 474 :

    Le début de cet opuscule est celui d’un écrit composé pendant que Jeanne était à l’apogée de sa gloire. [...] Le premier éditeur des œuvres de Gerson l’ayant trouvé dans un manuscrit, sans nom d’auteur et à la suite du mémoire écrit à Lyon en 1429, l’imprima sous le nom de Gerson. Ellies Du Pin a restitué à Henri de Gorcum la propriété de cet ouvrage, quoiqu’il l’eût trouvé également anonyme dans un manuscrit de Saint-Victor ; mais Melchior Goldast, dans son recueil De Sibylla francica, publié en 1606, avait donné un texte en tête duquel est nommé le véritable auteur. N’ayant pu retrouver le manuscrit de Saint-Victor cité par Du Pin, j’ai dû me contenter des éditions pour réimprimer cet opuscule.

  • 1890

  • Le père Ayroles, Vraie Jeanne d’Arc, t. I, 1890, p. 60-68, traduit le traité en français d’après l’édition de Quicherat.

    Son écrit sur Jeanne d’Arc est daté du mois de juin 1429, encore avant le sacre. Il se compose de trois parties. Dans la première, l’auteur expose ce que la renommée publiait à Cologne de la vierge française, et il indique le but de son œuvre. Ce n’est pas de décider quel esprit anime la Pucelle, c’est de formuler un certain nombre de propositions et de raisons que l’on peut alléguer pour ou contre elle. Dans la seconde partie il avance les propositions qui militent en faveur de la jeune fille. Dans la troisième, celles que l’on peut leur opposer.

Références

  • A. G. Weiler, Henri de Gorkum (d. 1431), sa place dans la philosophie et la théologie à la fin du Moyen Âge, 1962.

    Titre original : Dr. A. G. Weiler, Heinrich von Gorkum (d. 1431) : seine Stellung in der Philosophie und der Theologie des Spätmittelalters. — 1962 — Uitgeverij Paul Brand, Hilversum — Benziger Verlag, Einsiedeln, Zürich, Köln. 343 p., in-8°.

    P. 104.

    Zweifel auch herrscht in der Literatur über die Autorschaft des Traktats De quadam puella, das von Jeanne d’Arc handelt (Nr. 33). Die in Lille befindliche Handschrift, welche die einzige zusammenhanglose Überlieferung bildet, kennen wir nicht. Die übrigen, uns bekannten Handschriften setzen das Traktat alle auf den Namen Heinrichs von Gorkum : Kodex Köln GB Fol. 72 und Paris, Mazarine 943 (1081). In der Ausgabe von Jean Gersons Opera Omnia kommt der Zweifel zum Ausdruck in der Bemerkung : sed videtur magis stilum magistri Heinrici Goricheym. A. Masson bleibt bei ihrer Meinung, Jean Gerson sei der Verfasser gewesen, übrigens ohne Angabe der Gründe, während Ayroles sich für Heinrich von Gorkum ausspricht. Wie aus der Analyse dieser Schrift hervorgehen wird, wurde sie in Regionen abgefasst, die dem Schauplatz der wunderbaren Ereignisse fern liegen. Hierdurch scheidet die Möglichkeit, dass sie von Jean Gerson verfasst wäre, aus. Gegen dessen Autorschaft spricht auch tier reservierte Tenor des Stückes, der mit dem positiven Ton, den Gerson in einer anderen Schrift über Jeanne d’Arc anschlägt, nicht in Übereinstimmung ist. Auch ein Zeugnis von anderer Seite will Heinrich von Gorkum als Verfasser gelten lassen. Jean Bouchet, Verfasser der Annales d’Aquitaine, (1474-1550), nennt Heinrich neben Jean Gerson als einen, der über Jeanne d’Arc geschrieben hat. Die Zeit, in der die Schrift verfasst wurde, last sich nicht genau feststellen. Masson behauptet auf unkontrollierbaren Gründen, sie datiere aus der Zeit nach der Krönung Karls VII. zu Reims, also aus der Zeit nach dem 17. Juli 1429. Ayroles setzt sie im Juni 1429 an, vor der Weihung. Die Schrift selber enthält keine einzige Angabe, aus der man auf ihre Datierung schliessen könnte. Am wahrscheinlichsten noch ist es nach unserer Meinung, dass Heinrich seine Gedanken niederschrieb, als Jeanne noch am Anfang ihres Auftretens stand.

    [Paternité du traité.] Des doutes subsistent également quant à l’attribution du traité sur Jeanne d’Arc : De quadam puella (n° 33). Nous n’avons pas eu accès au manuscrit conservé à Lille, le seul présentant une incohérence. Tous les autres qui nous sont parvenus attribuent bien ce traité à Gorkum, à savoir : le codex Köln GB Fol. 72 et le manuscrit Paris, Mazarine Ms 943 (1081). Dans l’édition des Opera Omnia de Jean Gerson [par Du Pin, 1706], l’éditeur ajoute : sed videtur magis stilum magistri Heinrici Goricheym [le style semble davantage appartenir à maître Henri de Gorkum]. Anne-Louise Masson [Jean Gerson, 1894] soutient que Gerson en serait l’auteur, mais sans justification, tandis que le père Ayroles [La Vraie Jeanne d’Arc, t. I, 1890] penche pour Gorkum. Comme il ressortira de l’analyse, le texte a été rédigé dans des régions éloignées du théâtre de ces événements extraordinaires, ce qui exclut que Gerson en soit l’auteur. De plus, le ton réservé contraste avec celui positif employé par Gerson dans son traité sur Jeanne d’Arc. Un autre témoignage vient également appuyer l’attribution à Henri de Gorkum : Jean Bouchet, auteur des Annales d’Aquitaine (1474-1550), cite Gorkum aux côtés de Gerson comme ayant écrit sur Jeanne d’Arc [Ayroles, La Vraie Jeanne d’Arc, t. III, 1897, p. 295].

    [Datation.] La datation de ce texte demeure incertaine. Masson affirme, sans fondements vérifiables, qu’il daterait de la période postérieure au couronnement de Charles VII à Reims, soit après le 17 juillet 1429. Ayroles, pour sa part, le situe en juin 1429, avant le sacre. Le texte lui-même ne contient aucun élément permettant d’en fixer la date. Selon nous, il est le plus probable qu’Heinrich ait rédigé ses réflexions alors que Jeanne était encore au début de son parcours. [Soit la position de Ayroles : après la libération d’Orléans en mai, avant le sacre en juillet.]

    Mit dem ihm eigenen Verständnis für die tatsächlichen Wechselfälle des menschlichen Lebens hebt er hervor, wie sich die Notwendigkeit ergeben kann, am Sonntag Kranke zu pflegen, einen gerechten Krieg zu führen (was z.B. die Gegner der Jeanne d’Arc geleugnet hatten), die Ernte unter Dach und Fach zu bringen, an den Stadtverstärkungen zu arbeiten, die Salzmühlen in Gang zu halten, Pferde zu beschlagen, Markt abzuhalten usw.

    Avec sa compréhension caractéristique des vicissitudes de la vie humaine, il souligne comment il peut s’avérer nécessaire, même un dimanche, de soigner des malades, de mener une guerre juste (ce que, par exemple, les adversaires de Jeanne d’Arc lui avaient nié), de rentrer les récoltes, de travailler aux fortifications de la ville, de faire fonctionner les moulins à sel, de ferrer les chevaux, ou encore de tenir le marché, entre autres.

    P. 275-277.

    Ungleich schwieriger muss es den Zeitgenossen gefallen sein, das Erscheinen der Jeanne d’Arc zu beurteilen. Dieses Mädchen, das in Männerkleidung zu Pferde in den Kampf zog, das sich auf Stimmen und Erscheinungen berief, und in den Lauf der Geschichte so glorreich eingriff, stellte die Theologen, die man zur Beurteilung ihres Auftretens um Richtlinien bat, vor ein nicht geringes Problem.

    L’apparition de Jeanne d’Arc a plongé nombre de ses contemporains dans une perplexité autrement plus grande. Le cas de cette jeune fille, qui combattait à cheval vêtue en homme, qui se référait à des voix et des apparitions, et qui intervenait de manière si glorieuse dans le cours de l’histoire, posait un sérieux problème aux théologiens requis de donner leur avis.

    Johannas Ruf war auch bis nach Deutschland gedrungen, und auf Grund dieser „communis famæ relatio, a pluribus fide dignis ad has partes translata“ machte auch Heinrich von Gorkum seine Gedanken über die Jungfrau von Orleans bekannt, wie es Jean Gerson in Frankreich getan hatte.

    La renommée de Jeanne s’était propagée jusqu’en Allemagne ; c’est donc sur la base de ce qu’en disait la renomée publique, telle que rapportée jusqu’ici par plusieurs personnes dignes de foi (communis famæ relatio, a pluribus fide dignis ad has partes translata), que Henri de Gorkum publia ses réflexions sur la Pucelle d’Orléans, comme Jean Gerson l’avait fait en France.

    Zunächst beschreibt Von Gorkum, was er von dem Auftreten dieses Mädchens, „juvencula pastoris cuiusdam filia“ gehört hat : von ihrem Anspruch, sie sei von Gott gesandt worden, um das französische Volk, dieses geistige Israel, das stets in Glaube und Kult sich ausgezeichnet hatte, zum Gehorsam gegen den König zurückzuführen; von den übernatürlichen Zeichen, die ihr Auftreten rechtfertigen sollten, wie die Offenbarung von Herzensgeheimnissen und das Voraussehen der futura contingentia; von ihrer männlichen Haartracht, ihrer Kleidung und ihren Waffen ; von ihrem begeisterten Kampfe zu Ross, der ihre Mitkämpfenden mit neuem Mut beseelte, den Feind aber lähmte; wie sie, nachdem sie vom Pferde gestiegen, wiederum ihre Mädchenkleider anzog und sich darauf über alle Massen unerfahren in weltlichen Dingen, „quasi innocens agnus imperita“ zeigte; schliesslich von ihren Tugenden und ihrer Abneigung gegen Gewalt. Ihr Auftreten brachte viele Städte dazu, sich dem Dauphin zu unterwerfen.

    Gorkum commence par résumer ce qui se disait alors de cette jeune fille, fille d’un berger (juvencula pastoris cuiusdam filia) : sa prétention à se dire envoyée par Dieu pour ramener à l’obéissance envers son roi le peuple français, cet Israël spirituel qui s’est toujours distingué par la foi et le culte ; la justification de sa mission par des signes surnaturels, comme la révélation de secrets intimes ou l’annonce de futurs contingents (futura contingentia) ; sa coiffure, ses vêtements et ses armes d’hommes ; son ardeur au combat, qui encourageait ses compagnons d’armes et paralysait l’ennemi ; sa simplicité dès qu’elle était descende de cheval et avait repris ses habits féminins, comme un agneau innocent et ignorant (quasi innocens agnus imperita) ; enfin, ses vertus et son aversion pour la violence. Par son intervention, les villes se soumettaient au Dauphin.

    Gesetzt den Fall, alles wäre wirklich so geschehen, wie es berichtet wurde, so ergeben sich für Heinrich einige Probleme: ist Jeanne d’Arc ein gewöhnlicher, sterblicher Mensch oder ist ihre menschliche Gestalt nur Schein? Wirkt sie dies alles auf menschliche Weise, oder wirkt durch sie eine höhere Ursache? Ist letzteres der Fall, handelt es sich dann um einen guten oder um einen bösen Geist? Soll man daher ihren Worten Glauben schenken und ihre Taten als von Gott bewirkt gutheissen, oder sind sie teuflisch und illusorisch?

    En admettant que tous ces faits soient avérés, Gorkum voit surgir plusieurs questions : Jeanne d’Arc est-elle une simple mortelle ou sa forme humaine n’est-elle qu’une apparence ? Accomplit-elle tout cela par des moyens humains, ou est-elle l’instrument d’une cause supérieure ? Si oui, cette cause est-elle un esprit bon ou mauvais ? Faut-il croire en ses paroles et tenir ses actions comme étant inspirées par Dieu, ou les réprouver comme des illusions diaboliques ?

    Heinrich hat sich an ein Urteil nicht herangewagt. In dieser heiklen Materie hat er sich darauf beschränkt, „non asserendo, sed collative dictando“, einige Propositionen für und gegen ihr Auftreten, „more [modo] problematico“, zusammenzutragen. Das endgültige Urteil überliess er subtileren Geistern. Aber jedenfalls hielt er eine Untersuchung nach ihrem verborgenen wie öffentlichen Gehaben sowie nach der Wahrheit ihrer Prophezeiungen, zwecks Erlangung einiger Sicherheit, für notwendig. Heinrich gibt also nur einige Anhaltspunkte für eine solche Untersuchung. Weil er über keine weiteren tatsächlichen Daten verfügt als das, was er vom Hörensagen weiss, ist diese Zurückhaltung für ihn der einzig mögliche Standpunkt.

    Gorkum n’ose pas formuler de jugement définitif. Dans une matière aussi délicate, il préfère ne rien affirmer mais confronter diverses propositions pour et contre Jeanne (non asserendo, sed collative dictando), en adoptant une méthode problématique (modo problematico). Aussi laisse-t-il le jugement final à des esprits plus subtils, suggérant qu’on enquête sur ses mœurs, tant publiques que privées, ainsi que sur la véracité de ses prophéties. Gorkum se contente donc de fournir quelques pistes. Ne disposant d’aucune donnée factuelle autre que ce qu’il avait entendu dire, cette prudence était pour lui la seule position possible.

    Heinrich führt aus der Hl. Schrift Gründe und Vergleiche mit dem Auftreten von Propheten und heiligen Frauen wie Esther, Judith und Deborah an, welche für oder wider Johannas göttliche Sendung sprechen sollen. Es sollen, nach seiner eigenen Aussage, nicht mehr als einige Hinweise für ein Urteil in diesem oder ähnlichen Fällen sein. Man gewinnt jedoch den Eindruck, dass er persönlich zu einem günstigen Urteil über Johanna neigt. Der Ton, in dem die ersten Argumente für ihr Auftreten gehalten sind, lässt auf eine gewisse Sympathie schUessen, die bei strenger Neutralität unangebracht gewesen wäre. Von seinen Argumenten gegen ihr Auftreten behauptet Heinrich, Johannas Gegner könnten sie zu ihren Zwecken ausschlachten: „ex quitus patet qualiter huius viae fautores suam partem possint colorare, oppositam viam impugnando“. Ayroles schliesst aus der Verwendung des Terminus „colorare“, Heinrich nehme diese Argumente selber nicht ernst. Aber auch ohne Ayroles’ Schluss gelten zu lassen, kann man vermuten, dass Heinrich das göttliche Eingreifen in die Geschichte nicht für unmöglich hält.

    Gorkum s’appuie également sur les Écritures pour trouver, parmi les prophètes ou les femmes saintes comme Esther, Judith et Deborah, des arguments pour ou contre la mission divine de Jeanne ; rappelant que de telles comparaisons ne servent ici qu’à aiguiller le jugement. On le sent toutefois pencher en faveur de Jeanne. Le ton qu’il emploie pour exposer les arguments en sa faveur suggère une certaine sympathie, qui eut été déplacée dans une approche strictement neutre. Quant aux arguments contre, il affirme que les adversaires de Jeanne pourraient les exploiter en les interprêtant (colorant) dans leur sens (ex quitus patet qualiter huius viae fautores suam partem possint colorare, oppositam viam impugnando). Pour le père Ayroles, l’emploie du terme colorer (colorare) indiquerait que Gorkum ne considérait pas ces arguments sérieusement. Cependant, même sans adopter sa conclusion, il est raisonnable de supposer qu’il ne rejetait pas l’idée d’une intervention divine.

    Zwar führt er in der vierten Proposition einen der augustinischen Kemgedanken an, dass es nicht wahrscheinlich sei, Gott sende jetzt, unterm Gesetz der Gnade, ausserordentliche Gesandte, die zeitliches Glück zu bringen hätten. Aber er muss eingesehen haben, dass in diesem Fall Höheres auf dem Spiele stand als bloss zeitliches Gut. Ohne so weit zu gehen wie der Erzbischof von Embrun, Jacques Gelu, der in der Erhebung Frankreichs eine Erhebung des Glaubens erblicken wollte, hat Heinrich von Gorkum, die Rückkehr des Friedens in Frankreich herbeisehnend, die Möglichkeit eines göttlichen Eingreifens in die endlosen Händel der irdischen Grössen nicht für ausgeschlossen gehalten. Aber in einer Welt voller Aberglaube hat er wohl eine tiefgehende Untersuchung nach Johannas Gehaben für nötig geurteilt, um klar unterscheiden zu können, ob hier der gute oder der böse Geist am Werke sei.

    Certes dans sa quatrième proposition, il évoque l’idée augustinienne selon laquelle une telle intervention semble peu probable de nos jours, à savoir que Dieu se serve, sous la loi de la grâce, de personnes extraordinaires pour un bienfait temporel ; mais il admet que, dans ce cas précis, l’enjeu dépasse le simple bien temporel. Sans aller aussi loin que l’archevêque d’Embrun, Jacques Gelu, qui voyait dans l’élévation de la France une élévation de la foi, Henri de Gorkum, qui espérait le retour de la paix en France, n’écarte pas la possibilité d’une intervention divine dans les luttes entre puissances terrestres ; mais il estime nécessaire, dans un monde plein de superstitions, une enquête approfondie sur les mœurs de Jeanne afin de distinguer plus clairement quel esprit était ici à l’œuvre, bon ou mauvais.

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