Malleus Maleficarum / Le Marteau à sorcières (1436)
Présentation
Le Malleus Maleficarum (Marteau à sorcières), publié en 1486, est le traité médiéval de référence sur la sorcellerie. Il décrit les crimes attribués aux sorcières et les moyens de les extirper, offrant ainsi un témoignage capital sur la manière dont le droit, la religion et la société de l’époque concevaient le mal et sa répression.
Rédigé par deux inquisiteurs dominicains allemands — Jakob Sprenger (Jacobus dans sa forme latine, v. 1437-1496) et Heinrich Kramer (Henricus Institoris, 1436-1505) —, l’ouvrage se divise en trois parties : la première cherche à démontrer la réalité de la sorcellerie ; la deuxième décrit les pratiques des sorcières et expose les moyens de les combattre ; la troisième propose de traiter le mal à sa racine en poursuivant en justice et en exécutant les sorcières convaincues de leurs crimes, idée exprimée par le titre même du livre qui se présente comme un marteau pour frapper les sorcières.
L’hérésie de sorcellerie, qui touche davantage les femmes que les hommes, y est définie par deux éléments essentiels : l’apostasie de la foi chrétienne par l’hommage rendu à Satan, et les maux réels infligés par les sorcières. L’ouvrage multiplie les références (Écritures, pères de l’Église, droit romain, penseurs non chrétiens de l’Antiquité ou contemporains), mais s’appuie principalement sur trois autorités dominicaines : saint Thomas d’Aquin (parties 1 et 2), le Formicarius de Jean Nider (partie 2), et le Directorium inquisitorum de Nicholas Eymeric (partie 3).
Rapidement contesté au sein de l’Église dès les années 1490, puis finalement mis à l’Index en 1669, le Malleus Maleficarum inspira néanmoins de nombreux pouvoirs civils et religieux en Europe pendant plusieurs siècles.
Note sur la présente édition. — Celle-ci suit, notamment pour la pagination, la première impression réalisée à Spire par Peter Drach en 1486 (BnF, département de la Réserve des livres rares, E-840). Une partie de l'introduction et la table des matières ont été traduites en français. Le texte latin n’a pas été intégralement vérifié ; pour une version critique complète, on se reportera à l’édition de Christopher S. Mackay, en 2 vol., Cambridge University Press, 2006-2009.
Éditions
1508–1515 : Metz, Kaspar Hochfeder (608 p.)
BSB (Bayerische Staatsbibliothek)
