Jakob Sprenger, Heinrich Kramer
: Malleus Maleficarum (1436)
Table des matière
Table des matières
Note. — Les titres suivants sont tirés de la traduction de la table des matières telle qu’elle apparaît en tête de l’ouvrage.
- Prolégomènes
- Première partie
Dix-huit questions :
- Affirmer l’existence des sorcières est-il tenu pour si catholique qu’il serait tout à fait hérétique de soutenir obstinément le contraire ?
- Est-il catholique d’affirmer que pour qu’il y ait un effet de sorcellerie, le démon doit toujours concourir avec le sorcier, ou si l’un peut produire un tel effet sans l’aide de l’autre ?
- Est-il catholique d’affirmer que de tels effets sont produits par des démons incubes et succubes, et que même de véritables êtres humains sont engendrés par ces démons, contribuant ainsi à la multiplication et l’origine des sorciers ?
- Est-il catholique d’affirmer que les actes des démons incubes et succubes ne sont propres qu’aux esprits les plus bas ?
- Est-il catholique d’affirmer que l’origine et la multiplication des œuvres maléfiques procèdent : soit de l’influence de corps célestes, sans le concours de démons ; soit de substances séparées que sont les moteurs des orbes célestes ; soit encore de la malice des hommes, jointe à des incantations et des paroles agissant par une quelconque vertu des étoiles ?
- Pourquoi trouve-t-on davantage de femmes que d’hommes infectées par cette hérésie ? La nature des femmes plus particulièrement encline à s’y adonner est examinée dans les cinq questions suivantes.
- Les sorcières peuvent-elles, par la vertu des démons, inciter les esprits des hommes à la haine ou à l’amour désordonné ? Comment aborder de tels sujets dans les sermons adressés au peuple.
- Les sorcières peuvent-elles, par leurs sortilèges, causer l’infertilité ou l’impuissance ? Avec comme question incidente : pourquoi l’acte est-il parfois empêché à l’égard d’une personne mais non d’une autre ?
- Les sorcières peuvent-elles, par une illusion trompeuse, faire disparaître les membres virils comme s’ils avaient été arrachés du corps ? Cette question s’accompagne de certaines autres difficultés annexes.
- Les sorcières peuvent-elles donner aux hommes des formes de bêtes ? Avec une autre difficulté incidente.
- Des sages-femmes sorcières qui tuent, de diverses manières, les enfants tant dans le ventre maternel qu’à l’extérieur.
- Affirmer que les œuvres des sorcières relèvent de la permission divine est-il tenu pour si catholique que nier cette permission serait tout à fait hérétique ?
- Deux autres permissions divines : celle concernant la chute du diable et celle de nos premiers parents. De ces permissions découle que toutes les œuvres des sorciers sont permises avec justice.
- Les crimes des sorciers dépassent-ils en gravité tous les maux que Dieu a permis depuis le commencement du monde ? Cette matière mérite d’être prêchée toute entière, avec la conclusion que ces coupables méritent, même en cette vie, les peines les plus sévères, plus encore que tous les scélérats du monde.
- Des innocents sont-ils souvent victimes de sorcellerie à cause des péchés des sorciers ?
- L’hérésie des sorcières dépasse-t-elle tous les autres genres de superstition ?
- Comparaison, en gravité, des crimes de sorcellerie à n’importe quels péchés des démons. (Explication et approfondissement de la question 14.)
- Réfutation des cinq arguments des laïcs qui prétendent que Dieu ne permet pas au diable et aux sorcières de disposer d’un tel pouvoir.
- Seconde partie
Deux questions divisées en chapitres :
- Remèdes permettant de se préserver des sortilèges
Question préliminaire : certaines personnes sont-elles, grâce aux bons anges, immunisées contre les attaques décrites ci-dessous.
- Des divers moyens par lesquels les démons, avec l’aide des sorcières, attirent des jeunes filles innocentes et honnêtes pour accroître leur perfidie.
- Comment elle font leur profession sacrilège, avec une déclaration d’hommage au diable.
- Comment elles sont transportées physiquement d’un lieu à un autre.
- Comment elles se soumettent aux démons incubes. On y traite aussi : de la manière dont elles se multiplient ainsi ; si l’incube agresse toujours la sorcière avec une infusion de semence ; s’il agit à un moment plutôt qu’à un autre, dans un lieu plutôt qu’un autre ; si elles se livrent à leurs actes dissolus de manière visible, avec plus ou moins de plaisir charnel ; si les incubes ne s’attaquent qu’aux femmes nées de leurs propres actes dissolus.
- De la manière générale dont elles exercent leurs maléfices en se servant des sacrements de l’Église ; et des six manières dont leur pouvoir naturel leur permet de causer de vraies maladies — mais pas de vraies guérisons — à toutes les créatures corporelles, excepté les corps célestes.
- Comment elles entravent la faculté de procréer.
- Comment elle font disparaître les membres virils. (La première partie n’avait traité que de la possibilité d’une telle pratique ; il s’agit maintenant d’en présenter le mode opératoire.)
- Comment elles donnent aux humains des formes de bêtes.
- Comment les démons demeurent dans les corps sans les blesser, lorsqu’ils opèrent ces transformations trompeuses.
- Comment les démons, par les agissements des sorcières, en viennent à habiter réellement le corps des humains.
- Comment elles peuvent provoquer n’importe quelle maladie. (Ce sujet n’est toutefois traité ici que dans ses grandes lignes.)
- Comment elles provoquent les maladies les plus graves chez les humains.
- Comment les sorcières qui exercent comme sages-femmes causent des dommages plus graves que toutes les autres, soit en faisant périr les enfants, soit en les offrant aux démons.
- Comment elles s’en prennent au bétail par diverses nuisances.
- Comment elles provoquent la grêle, les tempêtes et la foudre.
- Des trois formes de sorcellerie propres aux hommes et non aux femmes : les sorciers-archers ; les enchanteurs qui protègent les armes contre les maléfices par des formules orales sacrilèges ; et ceux qui utilisent de brèves formules écrites.
- Remèdes pour lever les sortilèges
Question préliminaire : est-il licite de combattre un sortilège par un autre sortilège, ou par des moyens illicites ?
- Remède de l’Église contre les démons incubes et succubes.
- Remèdes contre les sortilèges d’infertilité.
- Remèdes contre les sortilèges d’amours ou de haines désordonnées.
- Remèdes pour les cas où la virilité a disparu par illusion trompeuse, ou ceux où les hommes sont transformés en bêtes.
- Remèdes pour les victimes de possession par sorcellerie.
- Remèdes, au moyen d’exorcismes licites, contre toutes les maladies causées par des sortilèges.
- Remèdes contre la grêle, la foudre et les sortilèges dirigés contre le bétail.
- Remèdes secrets contre certaines infestations secrètes des démons.
- Remèdes pour ceux qui se sont voués aux démons en échange de biens temporels.
- Remèdes permettant de se préserver des sortilèges
- Troisième partie : Des procès contre les sorcières
- De la manière d’engager le procès
Question préliminaire : les sorcières et leurs complices — ceux qui les cachent et les défendent — étant déjà soumis à la justice ecclésiastique et civile, les inquisiteurs peuvent-ils être déchargés de l’enquête à leur sujet ?
- Comment le juge doit-il engager un procès de foi
- Du nombre des témoins.
- Du nombre de fois qu’il convient de les interroger. (Peuvent-ils être contraints de prêter serment ?)
- De la qualité des témoins.
- De l’admission d’ennemis mortels comme témoins.
- De la manière de conduire le procès
- Comment citer et interroger les témoins ; comment soumettre les sorcières aux interrogatoires généraux comme première étape ; comment les soumettre aux interrogatoires particuliers. (Étape 1)
- Des divers doutes concernant les dénégations des sorcières. Quand peut-on incarcérer une sorcière ; quand doit-on la tenir pour manifestement convaincue de l’hérésie de sorcellerie. C’est la deuxième étape. (Étape 2)
- Comment la capturer et l’incarcérer. (Étape 3)
- Après sa capture, doit-on lui communiquer les noms des témoins. (Étape 4)
- Comment accorder les moyens de défense, avec la désignation d’un avocat. (Étape 5)
- Ce que doit faire l’avocat lorsque les noms des témoins ne lui sont pas divulgués. (Étape 6)
- Comment rechercher s’il existe une inimitié capitale entre l’accusée et les témoins. (Étape 7)
- Ce que doit faire le juge si l’accusée cherche à le récuser. (Étape 8)
- Ce que le juge doit prendre en compte avant d’envisager la prison et la torture ; pourquoi il ne doit pas se montrer trop prompt à soumettre la sorcière aux tourments, en raison du sortilège du silence. (Étape 9)
- Comment condamner l’accusée à la question ; et de quelle manière la questionner le premier jour. (Étape 10)
- Comment conduire la question. Des signes qui permettent de reconnaître une sorcière ; comment elles doivent être rasées ; des diverses précautions à prendre contre le sortilège du silence. (Étape 11)
- Quand et comment employer la seconde méthode d’interrogatoire ; des extrêmes précautions que doit prendre le juge. (Étape 12)
- De la manière de prononcer la sentence
- Lorsque les sorcières en appellent au fer ardent, peuvent-elles être condamnées sur la base de cet examen et jugement ?
- De ce que le juge doit observer en général, tant pour les sentences interlocutoires que pour les sentences définitives.
- De combien de manières le juge peut-il tenir une accusée pour suspecte, et sur quels soupçons peut-il fonder sa sentence ?
Quelle sentence porter :
- Contre une personne dénoncée mais totalement innocente.
- Contre une personne dénoncée et communément diffamée.
- Contre une personne dénoncée, diffamée, mais qui doit encore être soumise à la question et aux tourments.
- Contre une personne légèrement suspecte de l’hérésie.
- Contre une personne fortement suspecte.
- Contre une personne violemment suspecte.
- Contre une personne qui est, à la fois et de notoriété publique, diffamée et suspecte.
- Contre une personne qui a confessé l’hérésie, est pénitente, et sans récidive.
- Contre une personne qui a confessé et est pénitente, mais dont la récidive est probable.
- Contre une personne qui a confessé et est impénitente, mais dont la récidive est avérée.
- Contre une personne qui a confessé et est impénitente, mais dont la récidive est certaine.
- Contre une personne qui n’a pas confessé, mais qui a été reconnue coupable d’hérésie sur la base de témoins légitimes ou d’autres preuves judiciaires.
- Contre une personne reconnue coupable mais en fuite ou qui ne s’est pas présentée. (Contumace)
- Contre une personne qui a été dénoncée par une autre sorcière, brûlée depuis, mais n’a pas confessé.
- Contre une personne accusée non pas de jeter des sortilèges mais de les lever.
Questions fusionnées avec la précédente :
- Contre les sorciers archers, les enchanteurs d’armes et tous les nécromanciens quels qu’ils soient.
- Contre les sorcières sages-femmes, pire que toutes les autres en sorcellerie.
- De la manière d’engager le procès